LIMONIER
sur Ja composition des limions, Dans tous les cas, si l’on en compare la richesse en matières azotées à celle des fumiers, l'avantage reste le plus souvent aux limons. Il serait donc de la plus haute importanee pour l’agriculture d'utiliser les eaux de tous les fleuves afin de leur enlever la plus grande partie des limons qu'ils charrient; malheureusement, si l’on excepte la basse Egypte et une partie de la Lombardie, l'aménagement (les eaux sous ce rapport est encore partout dans l'enfance, et malgré les exemples des heureux résultats obtenus, résultats qui ont été mis encore récemment en évidence par la pratique de la submersion des Vignes phylloxérées, on laisse presque partout les limonages s'effectuer naturellement par les crues automnales ou hivernales périodiques, sans entreprendre les travaux dont l'exécution serait largement rémunérée par les excédents de récoltes.
L’exécution des travaux de ce genre sur une
grande échelle dans une vallé comporte une technique analogue à celle du colmatage (voy. ce mot) ; il n’y à donc pas lieu d'insister davantage à cet égard. Mais il est un autre ordre de travaux que les cultivateurs riverains des cours d’eau peuvent entreprendre isolément pour profiter du limonage. Ces travaux consistent, non seulement à utiliser les submersions naturelles pour .les terres que les crues recouvrent spontanément, mais aussi à créer des dérivations artificielles pour faire bénéficier de ces crues les terrains qui sont en dehors de leur périmètre. La seule condition à remplir est que les eaux puissent s’en retirer d’elles-mêmes complètement et avant la reprise de la végétation, car leur séjour prolongé à cette époque pourrait compromettre la récolte.
« I'est un autre mode d'application des eaux limoneuses que l’on peut pratiquer à défaut des eaux de rivière et même à défaut d'eaux courantes. C’est l'appropriation des fossés et des chemins pour recevoir les eaux de pluie et d'orage et les diriger sur les terres. Ces eaux, qui ont passé le plus souvent sur des champs cultivés, renferment des matières très fertilisantes qu'il ne faut pas laisser perdre, et l'appropriation des fossés pour cet objet n’exige le plus souvent que peu de frais. Les prairies, situées généralement dans les parties basses des exploitations, sont appelées à en profiter particulièrement. Parmi les exemples d'applications de ce genre, nous citerons spécialement celui de M. Albert Le Play, sur sa ferme de Ligoure (Haute-Vienne). Sur cette ferme, les terres labourées dominant les prairies, M. Le Play a cherché à utiliser la totalité des eaux pluviales s’écoulant des terres en labour, en établissant un système de rigoles qui amènent ces eaux sur les prairies; ces rigoles sont combinées de telle sorte que 2 hectares de prairies correspondent à une égale étendue de terres labourées et fumées. Les prés sont ainsi irrigués par des eaux pluviales qui ont couru sur des terres labourées. Ces eaux ont entrainé, tant come matières dissoutes que comme matières limoneuses en suspension, de fortes proportions de la richesse des champs cultivés. En établissant une expérience comparative sur deux parcelles, dont l’une était soumise à cette influence et l’autre y était soustraite, M. Le Play a obtenu sur la première un accroissement de rendement de 1870 kilogrammes de foin par hectare. Tout agriculteur soucieux de ses véritables intérêts doit éviter que les eaux limoneuses de ses fossés ou de ses chemins ne s’écoulent sans avoir été complètement utilisées. H. S.
LIMONIER (arboriculture). — Le Limonier (Citrus limonum Risso), vulgairement Citronnier, est un des principaux types du genre Cüitrus. En voici les principaux caractères, d’après Baillon : c’est un arbuste dépassant rarement 3 ou 4 mètres de hauteur, ordinairement fort ramifié, avec des branches anguleuses; les jeunes pousses et les bourgeons
LIMONNIER
sont de couleur pourpre rougeûtre, et les aisselles
des feuilles sont souvent pourvues d’épines aiguës ;
les feuilles sont ovales-aiguës, d'un vert fréquemment un peu jaunâtre, à bords souvent découpés
de crénelures assez distantes; les fleurs, le plus
souvent solitaires, parfois en groupes de deux ou
trois, ont des pédoncules assez longs, et sont sou-
vent unisexuées ; les pétales, blanes en dedans, sont
teintés en dehors de pourpre vineux ou rosé; les
étamines, à peu près aussi longues que la corolle, sont au nombre de vingt à quarante ; l'ovaire est
accompagné d’un épais disque hypogyne; le style
est épais et court, obconique; le fruit est une baie
(VOy. LIMON).
Le Limonier est originaire de l'Inde; il est cultivé dans toute la région méditerranéenne, surtout en Italie et en Sicile, aux îles Açores et aux Canaries. En France, on le cultive en pleine terre dans la basse Provence et dans l’ancien comté de Nice; dans les autres parties du pays, c’est un arbre d'ornement qu’on doit élever en caisse. On en connait un certain nombre de variétés, lesquelles diffèrent surtout par la forme du fruit ; les principales sont : le Limonier ordinaire, à fruits de moyenne grosseur, ovales oblongs, lisses, d’un jaune pâle, terminés par un mamelon obtus, à suc acide très abondant ; le Limonier Bignette, à fruits ovoïdes arrondis, assez lisses, légèrement sillonnés, d'un jaune verdâtre, terminés par un mamelon obtus, à moitié détaché par un sinus, à pulpe très riche en suc acide ; le Limonier Ponzin, à fruits gros ovales, ordinairement striés et cannelés, terminés par un petit mamelon, à pulpe peu acide; le Limonier 4 grappe, à fruits ovales oblongs, légèrement rugueux, réunis par grappes de deux ou trois, terminés par un mamelon allongé, souvent courbé, à suc très acide ; le Limonier a fruits doux, dont la pulpe est fade, et non acide.
Dans la France méridionale, le Limonier fleurit pendant presque toute l’année : il en résulte qu'on a des fruits dans toutes les saisons. On appelle. graneli ceux qu’on récolte au printemps, verdami ceux qu'on cueille en été, prime fiou les fruits d'automne, seguada fiou ceux d'hiver. La méthode de culture est celle qui est adoptée pour l’Oranger (voy. ce mot). La multiplication se fait le plus souvent par greffe en écusson sur franc ou sur Bigaradier. Le Limonier est moins rustique que l’Oranger ; aussi on lui réserve les situations les mieux abritées ; il suffit d’une température de — 2 degrés pour le faire souffrir.
Sous les climats septentrionaux, on cultive les Limoniers, comme les Orangers, dans de grandes caisses qu'on sort en plein air pendant la saison chaude, mais qu’on rentre pendant l'hiver dans les orangeries (voy. ce mot).
LIMONNIER (z0olechnie). — Nom du cheval ou du mulet placé entre les limons de la charrette,. dans les attelages de plusieurs chevaux en file, pour la traction des lourdes charges.
Le limonnier, pour bien remplir son importante fonction, doit présenter un certain nombre de qualités. [1 lui faut d'abord une taille élevée, avec des reins courts et solides, afin que la voiture chargée puisse être convenablement équilibrée et ne pèse pas trop sur son dos à la descente, mais aussi qu’en tous eas il puisse encore la supporter sans fléchir, lorsque son centre de gravité se déplace en avant. Une distance de 0",30 à 0",40 entre le niveau de la sellette qui supporte la dossière et celui des limons n’est pas de trop. Il doit avoir des membres forts, des articulations très puissantes et des bons pieds, pour éviter les chutes, contre les quelles il convient d’ailleurs de le préserver en munissant toujours la charrette d’une chambrière tutrice. Ces chutes sont en effet particulièrement dangereuses pour lui. Enfin une intelligence audessus de la moyenne lui est nécessaire, en raison
LIMOUSINE
du rôle qui lui revient dans la direction à imprimer à la voiture, surtout pour le démarrage de la charge, et aussi pour retenir celle-ci sur les pentes. ÿ
La solidité des appuis, assurée par les qualités de construction des membres, est une condition indispensable en ce dernier cas ; mais le limonnier intelligent et adroit, qui doit bien employer ses efforts, en augmente considérablement l'efficacité. Tous les charretiers expérimentés et observateurs seront de cet avis. Il est curieux de voir opérer, en ce genre, les vieux limonniers rompus à toutes les finesses de leur métier. Où la charge reste immobile sous un effort énorme déployé avec fougue, ils la font céder avec une aisance surprenante, après l'avoir progressivement ébranlée par une série de tractions obliques bien combinées.
Quelques races chevalines seulement peuvent fournir les sujets de taille et de corpulence suffisantes pour être tout à fait propres à la fonction dont 1l s’agit, laquelle exige un poids vif qui ne soit pas au-dessous de 700 kilogrammes. Plus ce poids est dépassé, d’ailleurs, mieux cela vaut, la puissance mécanique croissant en raison directe des augmentations. Au premier rang se placent, sous ce rapport, les variétés françaises et anglaises de la race Britannique, les Boulonnaiïs et les Suffolk, les premiers étant remarquables surtout par leur agilité, leur adresse et leur intelligence; après viennent les variétés Flamande, Picarde et Poitevine de la race Frisonne et quelques sujets exceptionnels de la variété Brabançonne, dans la race Belge; enfin, parmi les Mulèts, quelques-uns des plus forts de la variété du Poitou. On ne trouve
guère de véritables limonniers, du moins pour les
attelages de gros transport à quatre ou cinq chevaux, en dehors de ces catégories-là. Il en sort bien quelques-uns du pays où s'élèvent les Percherons, mais ils y ont été importés comme poulains, pour la plupart, et en tout cas ils n’appartiennent pas à la race du lieu. Ils sont du type Britannique ou du type Frison dit perchisé. A. S.
LIMOUSINE (z00{echnie). — On qualifie de Limousine une variété de chacun des quatre genres d'animaux Equidés, Bovidés, Ovidés et Suidés. Ces quatre. variétés sont toutes également importantes par leur population et par leurs qualités propres. Elles méritent conséquemmentune grande attention.
VARIÉTÉ CHEVALINE. — Les chevaux du Limousin, qui se trouvent dans les départements de la Creuse, «de la Corrèze et de la Haute-Vienne, ont joui durant longtemps d'une réputation qui ne s’est ternie que depuis l2 commencement de ce siècle, par la faute de ceux qui ont eu la prétention de les améliorer. Ils étaient renommés pour leur vigueur, leur sobriété et leur élégance, à la fois comme chevaux de guerre et comme montures de dames. Ils appartenaient et n’ont point cessé d’appartenir, malgré tout, à la race Asiatique qualifiée chez nous d’Arabe. Il est reconnu qu'ils furent introduits en Limousin à la suite de la bataille de Poitiers, où l’on s'empara de la plus grande partie de la cavalerie des Sarrasins. Les barons du pays, compagnons de Charles-Martel, établirent des haras avec leur part de butin, et ainsi se forma la population chevaline de ce pays, qui en était jusqu'alors dépourvu.
N'eût-on point de documents historiques à l’appui de cette origine, on serait conduit à l’admettre néanmoins par la seule constatation des caractères eràniologiques et par l'impossibilité de l’attribuer à une migration quelconque, analogue à celle qui explique la présence du même type naturel dans les landes de Bretagne, par exemple. Les hippologues fantaisistes, à l'imagination facile, ont fait jouer là comme partout un rôle prépondérant aux Croisades: C’est commode, et sans doute les Croisés du Limousin n’ont point manqué de ramener des
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chevaux d'Orient. Muis il n’en est pas moins avéré qu'avant leur départ pour la première Croisade ils en possédaient déjà d’origine orientale.
De l’ancienne variété chevaline Limousine, dont il n'existe plus, hélas! aucune trace, les auteurs du siècle dernier nous ont laissé des descriptions qui permettent de s’en faire une idée exacte. Les chevaux de celte variété ne dépassaient point la taille de 1,50. Leurs formes étaient sveltes, avec un cachet de haute distinction, hérité de leurs ancêtres orientaux. Ils avaient les membres fins et solides, mais souvent un peu déviés. Ils rachetaient ce défaut de régularité par une grande adresse dans . la marche et par une grande solidité dans l'appui des pieds, dont les sabots étaient excellents. Leur rusticité, leur courage, leur vigueur et leur longévité étaient proverbiales. En toute circonstance leur cavalier pouvait toujours compter sur eux, pour la guerre, pour la chasse ou pour le voyage. Ils ne le laissaient jamais en peine ni en détresse. On en voyait de toutes les robes, comme en Orient,
Ces qualités si éminentes et à la fois si pratiques, les anciens Limousins les devaient en même temps à leur origine première et au régime qu'on leur laissait suivre sur les pâturages agrestes de la province, produisant des herbes fines et aromatiques. Ils étaient tardifs, mais une fois développés dans ces conditions naturelles ils avaient acquis un tempérament à toute épreuve. Avec la Restauration vint, pour notre malheur, l'anglomanie. Elle florit rapidement, en Limousin, par l'intermédiaire du haras de Pompadour. Les étalons Anglais de course, tout à fait disproportionnés et par leur taille et par leurs exigences nutritives ou hygiéniques avec les ressources alimentaires et les habitudes locales, eurent bientôt raison de l’ancienne variété. À sa population robuste et rustique succédèrent des chevaux plus grands et souvent plus élégants, sans nul doute, mais étroits de poitrine, minces de corps; aux longues jambes dont les articulations se montraient d’une faiblesse désespérante. Il n’y avait plus assez de matière première pour remplir le moule amplifié. Irritables à l’excès, comme leurs pères, ces chevaux ne pouvaient plus suffire aux exigences d’un travail un peu soutenu, sans qu'il se produisit aussitôt à leurs membres des avaries qui leur faisaient perdre toute valeur, si méme leur courage.était assez grand pour vaincre les douleurs dues à l'insuffisance articulaire.
C'est l'évidence de ces résultats déplorables, menaçant d’une ruine irrémédiable la population chevaline du Limousin, qui fit naître dans l'esprit de Gayot, alors directeur de Pompadour, l’idée de la création de l’étalon Anglo-arabe qui, dans sa pensée, devait en produire de meilleurs. Bientôt appelé à diriger lui-même lAdministration des haras, il mit cette idée en pratique; mais dans son court passage il n'eut pas le temps de lui faire porter ses fruits. L’anglomanie reprit le dessus, et plus puissante que jamais dans les dix premières années du second Empire, elle acheva la destruction totale de la variété Limousine.
Le plus grave, c’est que, dégoûtés par tant de mécomptes, les éleveurs abandonnèrent en grand nombre la production chevaline et ne l'ont point reprise depuis, bien que l'Administration fût revenue à de meilleurs errements. Après 1860 on décida, en effet, que le dépôt de Pompadour, comme ceux de toute la circonseription du Midi, n'aurait plus que des étalons Orientaux ou des Anglo-arabes de petite taille. Considérant la difficulté de se procurer les premiers en Orient, on rétablit en 1874 l’ancienne Jumenterie, en vue de les produire chez nous. De telles décisions ne peuvent qu'être approuvées. Au moins, de la sorte, si l'Administration intervient sans nécessité dans la production, son intervention ne fera pas de mal. La plupart des étalons qu'elle met à la disposition des éleveurs limousins sont
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appropriés aux conditions de milieu par leur taille et leur corpulence. Et l'on ne peut méconnaitre que, dans son ensemble, la population actuelle s’est en grande partie relevée de la précédente décadence, ainsi que l’a constaté un auteur du pays, M. F. Vidalin, aussi impartial que compétent. Malheureusement, ceux qui avaient abandonné la production chevaline pour donner tous leurs soins à la production bovine, dont le succès n'a fait que grandir, ne l'ont point reprise. Ils ont eu tort, aussi bien au point de vue de leur propre intérêt qu'à celui de l'intérêt du pays, grandement engagé à ce que le Limousin redevienne un centre puissant pour la remonte de la cavalerie légère. Les deux genres de production ne sont point incompatibles. Ils peuvent marcher de front sans inconvénient ni pour l’un ni pour l’autre. Sur les pâturages où les bêtes bovines ont passé, les chevaux trouvent encore facilement à se nourrir. La conformation de leurs lèvres et de leur appareil dentaire permet qu'ils tondent les herbes de plus près que cela n’est possible aux Bovidés. Celles que ces derniers laissent sont à peu près perdues quand on ne les
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exclusivement dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, où la terre est exploitée par métayage, sous la direction de propriétaires
éclairés et amis du progrès, en même temps que
conscients, pour la plupart, de leur devoir et de leur véritable intérêt. Dans les métairies, les tra-
vaux de culture et les charrois sont le plus souvent
exécutés par les vaches, qui produisent ainsi de la force motrice en même temps qu’elles portent ou nourrissent leurs veaux. Après sevrage, le jeune bétail est vendu. La plupart des màles vont dans la Dordogne et dans les parties voisines de la Charente, où ils deviennent les bœufs Limousins si connus sur le marché d'approvisionnement de Paris. Ils y arrivent gras après avoir fourni une courte carrière de travail.
Dans son état actuel, cette variété se distingue de ses voisines l'Agenaise et la Garonnaise (voy. ces mots) par des caractères de formes et de couleur qui ne sont pas toujours très tranchés, surtout chez les taureaux. Il nous est arrivé, dans un concours de la région, après avoir subrepticement fait permuter de stalle un Garonnais et un Limousin, de nous réjouir en voyant signaler chez celui-ci, d’après la pancarte, tous les prétendus caractères diflérentiels du premier, et de triompher gaiement de la petite confusion de la vietime de cette innocente plaisanterie, obligée de reconnaitre, après cela, que la méthode cräniologique avait vraiment du bon.
Cependant, quand on envisage l’ensemble de la
population, on constate
Fig, 267. — Taureau Limousin.
fait point consommer par des juments ou des poulains. Il serait donc désirable que les cultivateurs limousins suivissent le conseil qui leur est donné de reprendre partout, sans diminuer en rien la production bovine qui fait leur fortune, l’ancienne production chevaline qui avait acquis, par ses qualités, une si légitime réputation. Avec le principe admis de Ja sélection des reproducteurs dans la variété locale même, ils ne pourraient que réussir sans augmenter de beaucoup leurs frais.
VARIÉTÉ BOVINE.— La variété bovine Limousine est incontestablement la meilleure de toutes celles qui composent la race d'Aquitaine, dont la bonne réputation s’est solidement établie dans ces derniers temps. On peut même dire, en considérant l'ensemble de sa population, qu'il n'y en a guère, non seulement en France, mais encore en Europe, qui lui soient supérieures. Les conditions d'existence ont été grandement améliorées par les soins donnés aux prairies et aux cultures du Limousin, et bon nombre des éleveurs qui s’en occupent comptent parmi les plus distingués. À l'Exposition universelle de Paris, en 1878, notamment, les nombreux sujets exhibés par eux ont vivement attiré l'attention des étrangers compétents, qui jusqu'alors ne se douaient point que notre pays possédàt de telles richesses en bétail.
Ea variété Limousine se produit à peu près
que la conformation est en général meilleure et . plus régulière dans la variété Limousine. On n'y rencontre point de dos fléchis comme chez les Garonnais, où ils sont la règle. L’attache de la queue est toujours moins élevée.
I n'y à pas non plus de cornes basses, c’est-à-dire déviées à ce point qu'on soit obligé d’en amputer une pour qu'il soit possible de coupler les bœufs au joug. 11 y a en outre beaucoup plus de disproportion entre la taille des bœufs et celle des vaches. Les bœufs Limousins ne sont qu’un peu moins grands que les Garonnais ; les vaches, au contraire, le sont beaucoup moins. Chez elles, le squelette est relativement fin. Leurs mamelles sont rarement bien conformées. Les quartiers antérieurs manquent en général de développement. Toutefois l’activité de ces mamelles est suffisante pour que les vaches, après avoir bien nourri leur veau, donnent encore quelques litres de lait par jour. On en rencontre, dans les Charentes, qui sont exploitées comme laitières par les petits cultivateurs. Enfin le pelage est généralement de nuance moins claire. Il est au moins rougeâtre et souvent rouge clair chez les bœufs, toujours avec le mufle et le bord libre des paupières rosés, tandis que les Garonnais et les Agenais sont uniformément du froment le plus pale. J La variété Limousine a fait, dans ces derniers temps, de tels progrès dans le sens de la précocité du développement, qu'on n'y trouverait peut-être plus un seul bœuf qui ne fût pourvu de sa dentition permanente complète avant l’âge de quatre ans révolus. Cela tient à l'excellente alimentation que reçoivent les jeunes en toute saison et aux soins
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dont ils sont l’objet, de la part des petits cultivateurs qui les exploitent dans les métairies de la Dordogne et de la Charente. L'amélioration des formes est due, en grande partie, à l'habileté des éleveurs et à la sélection persévérante qu'ils font de leurs reproducteurs des deux sexes. On cite, dans la Haute-Vienne surtout, et à juste titre d’après nos propres observations, les vacheries de M. Duvert, de M. de Léobardy, de M. Teisserenc de Bort, qui ne le cèdent en rien aux plus renommées de l'Europe, n’en déplaise à l'enthousiasme irréfléchi de nos anglomanes. Il est facile d’établir, du reste, par des faits pratiques, opposés aux réclames inconsidérées, que les bœufs Limousins, après avoir été utilisés aux travaux agricoles, puis engraissés facilement, peuvent être mis, comme animaux de boucherie, au rang des plus remarquables sous le double rapport de la quantité et de la qualité de la viande produite. Les recherches comparatives, exécutées par la commission chargée de suivre le rendement des sujets primés au concours général d'animaux gras, l'ont péremptoirement établi, dès qu’elles furent scientifiquement instituées. A moins de s'inscrire en faux contre les faits constatés ainsi officiellement, avec toutes les garanties d’authenticité, on ne pourrait pas le contester.
Un bœuf Durham-Charolais, qualifié de Nivernais, et âgé de quarantesept mois, prix d'honneur du concours, pesait dans un état excessif d’engraissement 965 kilogrammes.
Il a rendu 620 kilogram- ‘mes de viande nette (poids des quatre quartiers),
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que le Nivernais. Les différences en sa faveur sont toutes très notables. Elles le seront encore bien plus si nous le comparons aux purs Courtes-cornes, réputés si inconsidérément comme l'idéal de la boucherie. En effet, le même genre de recherches a montré que chez ces derniers le déchet de la viande nette n’atteint pas moins de 40 pour 100 et que sa teneur en matière sèche nutritive ne dépasse pas 30 pour 100. En outre, dans cette matière sèche, la proportion de graisse est telle qu’elle en déprime considérablement la digestibilité et par conséquent la valeur nutritive, tandis que dans la viande de Limousin cette proportion n’a jamais dépassé, à notre connaissance, la moitié de celle de la protéine, ce qui porte la digestibilité des deux groupes de principes immédiats au maximum. Cette condition influe en outre sur la saveur de la viande, qui est naturellement bonne dans toute la race d'Aquitaine et reconnue comme telle par tout le monde. La façon dont la chair s’engraisse, dans la variété Limousine, la rend tendre et encore plus finement savoureuse. Du reste, toutes
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