LIVÈCHE
fromages ordinaires ; il demande de cinq à six mois pour les gros fromages. Au moment d'expédier les fromages, on les colore avec une solution de rocou.
Avec 100 litres de lait, on obtient, dans les exploitations bien dirigées, 5 kilogrammes de beurre et quatre à cinq fromages. D'après Morière, le revenu brut d’une vache dont le lait sert à fabriquer du beurre et du fromage de Livarot, est au minimum de 600 franes par an. On doit réagir contre la tendance à un écrémage excessif, car les fromages très maigres sont de plus en plus délaissés par les consommateurs, et leur multiplication peut avoir une influence néfaste sur l’ensemble de la fabrication du livarot.
LIVÊCHE (botanique). — On désigne ordinairement sous ce nom vulgaire un assez grand nombre de plantes de la famille des Ombellifères, qui diffèrent plus ou moins les unes des autres et peuvent même appartenir à des genres distincts. Nous indiquerons les principales, et particulièrement celles qui intéressent l'agriculture.
Les véritables Livêches constituent le genre Levislicum K., qui est extrêmement voisin des Angéliques (Angelica L.), dont il se distingue à peine par ses fleurs jaunes et ses ombelles accompagnées d’involucres et d’involucelles à bractées nombreuses, connées à la base (voy. OMBELLIFÈRES). La seule espèce que l’on trouve en France, dans les Alpes du Dauphiné notamment, est le Levis-
ticum officinale K. (Ligusticum Levisticum L.,
Angelica Levisticum AÏl.), grande herbe de 1 mètre à 1 mètre et demi, à feuilles très découpées, vertes, luisantes et extrêmement odorantes. Le fruit est ailé par le développement des côtes marginales. Cette plante est fréquemment cultivée sous les noms impropres d’Ache, Ache de montagne, etc., pour sa racine, qui est assez usitée en médecine, et substituée à la vraie racine d’Ache, laquelle est fournie par l’Apium graveolens L.
Les autres Livêches usitées appartiennent au Eu Meum T., qui se distingue parmi les autres
mbellifères par l'absence de calice à la fleur; par son fruit à section circulaire, relevé de côtes saillantes, carénées et toutes égales; par ses vallécules, munies de plusieurs bandelettes; par l’absence d’involucre à l’inflorescence.
Il existe chez nous deux espèces de ce genre : le Meum Athamanticum Jacq. (Athamantha Meum L., vulg. Cistre, Fenouil des Alpes, etc.) et le M. Mutellina Gærtn. (Phellandrium Mutellina L., Ligusticum Mutellina Al., vulg. Livéche, Muteline, ete.). Ces deux plantes sont abondamment répandues dans presque toutes les prairies montagneuses du Centre et de l'Est. Toutes deux ont des fleurs blanches ou un peu rosées, et les feuilles deux ou trois fois pinnées, très découpées ; mais dans la première, les divisions ultimes de ces feuilles sont capillaires, tandis que la Muteline les a lancéolées-linéaires. En outre, cette dernière a la tige cannelée, haute de trente centimètres environ; la tige est lisse dans l’autre espèce, et d’un tiers plus courte.
Les deux plantes dont il s’agit sont aromatiques, très recherchées des bestiaux, et surtout des vaches, pour lesquelles elles constituent un aliment excellent. On pense généralement que le lait doit à la présence de ces espèces une saveur agréable, qui se retrouve dans les fromages, ceux de Gruyère notamment. On a souvent conseillé d'en essayer la culture dans les plaines, là où le sol est léger et siliceux ; mais le succès n’en paraît pas probable, l'altitude étant sans doute une des conditions essentielles de leur développement. E. M.
LIVISTONA (arboriculture). — Genre de Palmiers, de la tribu des Coryphinées, à frondes palmées, flabelliformes, dont on connait une quinzaine d’espèces qui sont cultivées dans les serres comme plantes ornementales. Ces arbres, originaires de
pre
LOASACÉES
l'Asie orientale et de l'Australie, ont un stipe tantôt lisse et élevé, souvent renflé à la base, tantôt court et recouvert par les bases persistantes des feuilles. Les espèces les plus répandues sont le Livistona de Chine et le L. austral.
Le Livistona de Chine (L. sinensis), originaire du midi de la Chine, est cultivé dans beaucoup de pays, à l’air libre en Algérie et même en Provence, dans les serres tempérées de toute l’Europe. Il peut atteindre de 7 à 9 mètres de hauteur ; ses larges feuilles, disposées en éventail, sont d’un beau vert päle et ont des lobes longuement bifides. C’est une plante très usitée dans la culture en appartements, où on la confond souvent avec le Latanier de Bourbon.
Le Livistona austral (L. australis), originaire d'Australie, est, comme le précédent dont il a la taille, très répandu dans les serres d'Europe ; il est robuste et gracieux; ses feuilles, de couleur foncée et à reflets métalliques, sont arrondies et larges ; leurs pétioles, très allongés, se teintent de rouge en vieillissant.
A ces espèces, il convient d'ajouter le L. rotundifolia, de Java, dont la hauteur atteint de 15 à à 20 mètres dans la Malaisie ; le L. inermis et le L. humilis, l'un et l’autre de l'Australie. Ces trois espèces appartiennent, en Europe, à la serre chaude.
LIVRÉE (entomologie). — Voy. BOMBYCIENS.
LOAM. — Mot anglais, qui a été employé quelquefois par les agronomes français. Ce mot sert à désigner les terres naturellement fertiles et qu’on peut travailler sans trop de peine; il correspond à l'expression vulgaire de terre franche.
LOASACGÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones. Elle a reçu son nom du genre Loasa Adans., dont nous indiquerons brièvement les caractères essentiels.
Les fleurs sont régulières et hermaphrodites, avec un réceptacle creusé en forme de sac allongé, un peu variable dans sa forme et ses dimensions, suivant les espèces considérées. Sur son ouverture, le réceptacle porte d’abord un calice de cinq sépales imbriqués (quelquefois un peu inégaux), dont les bords peuvent être plus ou moins découpés: La corolle comprend cinq pétales alternes, libres, le plus souvent creusés en nacelle et étalés ; quelquefois plans, dressés et connivents de manière à rappeler la corolle de certaines Campanules. L'androcée, inséré au même niveau que le périanthe, comprend un nombre indéfini d’étamines groupées en dix faisceaux fort dissemblables. Cinq d’entre eux sont superposés aux pétales; on y compte plusieurs étamines dont les filets, d’abord plus ou moins recourbés en dehors et en bas, exécutent (chez beaucoup d'espèces au moins) des mouvements spontanés qui portent l'anthère en dedans. Celle-ci est basifixe, biloculaire, à déhiscence longitudinale et latérale. Les cinq faisceaux superposés aux sépales sont stériles. On y observe trois lamelles pétaloïdes et colorées, occupant le bord d’une sorte d’écaille créusée en capuchon, et qui porte deux baguettes filiformes. L’ovaire, infère et adhérent, est surmonté d'un style simple ou divisé au sommet en trois à cinq lobes. Sa cavité est unique et contient de trois à cinq placentas pariétaux, chargés d’ovules anatropes. On observe en outre, au-dessus du niveau de l’androcée, un disque plus ou moins volumineux. Le fruit consiste en une capsule souvent tordue en spirale, et déhiscente par un nombre de fentes égal à celui des placentas. Les graines, très nombreuses, contiennent sous leurs téguments un albumen eharnu qui entoure un embryon rectiligne.
Les Loasa sont des herbes volubiles ou dressées, souvent chargées de poils brülants, à feuilles opposées ou alternes, simples ou composées, sans stipules. Leurs fleurs, tantôt sessiles, tantôt pédonculées, sont solitaires ou forment des cymes.
Les Gronovia L., et quelques autres genres de la
LOBÉLIACÉES
mème famille, se distinguent facilement à ce que leur androcée est isostémoné et que leur ovaire ne renferme qu’un seul ovule, inséré en haut de la loge. Leur fruit est un achaine, et leur graine n'a pas d’albumen. Ce sont des herbes à feuilles alternes.
Les Loasacées sont très voisines des Cucurbitacées, dont elles se distinguent surtout par l’hermaphroditisme de la fleur, et par la constitution si spéciale de l'androcée dans la plupart des genres. Elles ont aussi des rapports manifestes avec les Onagrariacées et les Bégoniacées.
Cette famille, peu nombreuse, contient une dizaine de genres et environ cent espèces qui, sauf une seule, appartiennent toutes aux parties les plus chaudes de l'Amérique méridionale. Elle n’a aucune importance pour l’agriculture proprement dite; mais elle fournit un certain nombre de plantes à l’'ornementation des jardins et des serres. Une des espèces le plus abondamment cultivées est le Loasa Lateritia Hook. (Cajophora Lateritia Benth., Blumenbachia Schrad.), plante chilienne volubile, remarquable par son feuillage élégamment découpé et ses grandes fleurs d’un rouge orangé, mêlé de jaune et de pourpre. On la multiplie facilement de semis. Tenue en serre tempérée et sèche pendant l'hiver, elle dure plusieurs années. Elle est excellente pour tous les cas où l’on recherche les plantes grimpantes; mais il faut se tenir en garde contre les démangeaisons que causent les poils rudes dont elle est liérissée, et qui s’introduisent facilement sous l’épiderme, quand on la manie sans précaution.
D'autres espèces, appartenant aux genres Mentsent L., Cevallia Lag., Klaprothia H. B. K., sont
igalement cultivées, mais moins répandues. E. M.
"LOBÉLIACÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones, proposée par quelques auteurs pour yranger les Lobélies (Lobelia L.), les Isotoma Lindl., les Centropogon Presl. et quelques autres genres. Mais ces plantes possèdent les caractères essentiels des Campanulacées auxquelles il convient de les rapporter. Elles y forment alors une section caractérisée surtout par l’irrégularité de la fleur souvent résupinée, par la synanthérie plus ou moins complète des étamines, et par l'existence fréquente d'un -suc propre lactescent, àcre et dangereux (voy. CAMPANULACÉES). E. M.
LOBÉLIE (horticulture). — Plante qui a donné son nom à la famille des Lobéliacées. Les Lobélies (Lobelia L.) sont des herbes habituellement vivaces, caractérisées par des fleurs irrégulières à corolles bilabiées, dont la lèvre supérieure est à deux pièces, profondément séparées par une fente allant jusqu’au tube. Les étamines, au nombre de cinq, sont réunies à la partie inférieure au tube de la corolle. L’ovaire, biloculaire, donne naissance, à la maturité, à une capsule induviée par les pièces du périanthe. Plusieurs espèces sont cultivées comme ornementales.
Lobélie érine (Lobelia erinus L.). — Cette espèce, la plus usitée de toutes dans l’ornementation, est de dimensions réduites ; elle forme sur le sol des touffes gazonnantes de 15 centimètres environ. Ses ameaux grêles, le plus souvent hispides, portent de petites feuilles spatulées, dentées, disposées dans un ordre alterne et à l’aisselle desquelles naissent des fleurs solitaires d’un bleu plus ou moins foncé suivant les variétés, ou bien encore blanches ou rosées. C’est une charmante plante, qui est d’un
grand secours dans l’ornementation, où elle sert notamment à constituer des bordures autour des corbeilles, ou bien à former des tapis. Cette Lobélie donne des graines abondantes, et il est aisé de la multiplier par ce moyen. On doit faire les semis en septembre et repiquer les plantes dès qu’elles ont quelques feuilles, dans de petits godets dans lesquels elle passeront l'hiver sous châssis munis