‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 115 sur 212 · LOIR · texte numérisé non relu

LOIR

Sauterelle verte (Locusta viridissima) a été signalée souvent comme mangeant la nuit de petits papillons, des chenilles; les anciens auteurs la considéraient même comme friande d'œufs de hannetons. Cette dernière observation, qui recommanderait cet insecte à notre intérêt, est malheureusement peu fondée. Les nombreux genres de Locustiens sont répandus dans le monde entier, et les formes des tropiques se font remarquer soit par leur taille gigantesque, soit par leur aspect foliacé, soit par le revêtement épineux de leur corselet. Plus modestes sont nos espèces indigènes réparties dans les genres Locuste ou Sauterelle, Dectique, Ephippigère, Phanéroptéra, Méconéma, etc. M. M.

LODOICEA (botanique). — Genre de Palmiers, de la tribu des Borassinées, à frondes palmées flabelliformes, dont on ne connaît qu’une seule espèce, le Cocotier des Séchelles (Lodoicea Sechellarum). C’est un des plus beaux Palmiers connus, qui atteint jusqu'à 30 mètres de hauteur, et dont le fruit énorme est considéré comme une merveille végétale. On n’a pas réussi à le faire croitre dans d'autres contrées, pas plus que dans les serres.

LOIR (z00logie). — Genre de petits mammifères rongeurs, comprenant un assez grand nombre d'espèces, dont trois se rencontrent en Europe, et notamment en France. Les Loirs (Myoxus) sont caractérisés par seize dents molaires, marquées sur leur couronne de plis transversaux, et pourvues de racines distinctes ; la conque auditive est entière, le museau est allongé et garni de moustaches, la queue est longue et se termine par un plumeau de poils. Les Loirs vivent sur les arbres dans les forêts, les vergers et les jardins; ils se nichent dans les trous des arbres ou des murs; pendant l’hiver, ils s’'endorment plus ou moins longtemps suivant la rigueur de la saison. Leur fécondité est très grande; la femelle donne de trois à six petits. Les espèces sur lesquelles il convient d'’insister sont : le Loir vulgaire, le Lérot et le Muscardin.

Le Loir vulgaire se rencontre surtout dans l’est et le midi de la France. C’est un petit animal (fig. 278), long de 30 à 35 centimètres, à dos gris avec reflets noirätres et à ventre argenté, la partie

Fig. 278. — Loir.

inférieure de la queue présente une bande longitudinale blanchâtre. Son principal habitat est dans les forêts de Chênes et de Hêtres ; il se nourrit de fruits, et il ronge tous ceux qu'il trouve à sa portée; on doit donc le considérer comme un animal nuisible. On raconte que les Romains élevaient et

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engraissaient, dans des sortes de garennes, les Loirs dont ils appréciaient fort la chair.

Le Lérot (fig. 279) est plus petit que le Loir vulgaire ; sa taille dépasse rarement 27 centimètres, du museau à l'extrémité de la queue. Son pelage est brun en dessus, blanc en dessous; la queue est plus foncée, avec l'extrémité blanchàätre. Beaucoup plus répandu que le Loir vulgaire, il vit surtout

Fig. 279. — Lérot.

dans les vergers et les jardins, où il fait, au crépuscule, de grands ravages dans les arbres fruitiers ; il niche surtout dans les trous des murs et dans les arbres. On lui fait la chasse au fusil ou avec des pièges.

La troisième espèce, le Muscardin, est de taille moitié plus petite ; sa longueur ne dépasse pas, avec la queue, qui est aussi longue que le corps, 15 à 16 centimètres; son pelage est fauve clair par dessus et blanchâtre en dessous ; la queue est d’un roux terne. Ce petit rongeur vit surtout dans les bois ; il s’y montre friand des noisettes, d’où son nom vulgaire de croque-noix ; mais il est quelquefois commun dans les vergers. Alors on lui fait la guerre en plaçant sur les arbres des fruits empoisonnés, procédé qui peut être dangereux. On arecommandé aussi d’entourer le pied des arbres d’une bande de papier glacé, sur laquelle les ongles du petit animal n'ont pas de prise; mais ce procédé ne peut pas servir pour les espaliers.

LOIR-ET-CHER (DÉPARTEMENT DE) (géogra-

phie).— Le département de Loir-et-Cher a été formé, en 1790, d’une portion de la Touraine, à laquelle il a emprunté 26 989 hectares et de l’Orléanais qui lui a fourni environ 600 000 hectares, répartis entre l'Orléanais propre, le Blésois et le Dunois. Il est traversé dans son milieu par le premier degré de longitude oucst du méridien de Paris et il est compris entre 48 degrés et 48° 30’ de latitude septentrionale. Le département de Loir-et-Cher est borné : au nord, par celui d'Eure-et-Loir; au nord-est, par celui du Loiret ; au sud-est, par celui du Cher ; au sud, par celui de l'Indre ; au sud-ouest, par celui d'Indre-et-Loire ; au nord-ouest, par celui de la Sarthe. Sa superficie est de 635 092 hectares. Sa plus grande longueur, du nord-ouest au sud-est, de la commune du Plessis-Dorin à celle d'Orçay, est d'environ 125 kilomètres; sa largeur varie de 40 à 950 kilomètres. Son pourtour, en ne tenant pas compte des sinuosités secondaires, est de 400 kilomètres.

Le département est divisé en trois arrondissements, comprenant 24 cantons et 297 communes.

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L’arrondissement de Vendôme occupe lenord-ouest ; celui de Romorantin, le sud-est; entre les deux et au centre du département est celui de Blois.

La vallée de la Loire divise le département en deux parties à peu près égales : celle du nord comprend la Beauce et le Perche, séparés à leur tour l’un de l’autre par la vallée du Loir; celle du sud est la Sologne. Ces deux régions de plateaux sont bien distinctes, au point de vue de Ja nature du sol et de la physionomie du pays.

Le Perche est la contrée la plus accidentée et la plus agreste du département. Le Perche vendômois est formé par des collines boisées qui vont se rattacher, au nord, dans les départements d'Eure-et-Loir et de la Sarthe, aux massifs du Perche proprement dit. On y rencontre des bois de Pins à résine, du côté de Mondoubieau, et des forêts comme celles de Fréteval et Vendôme. Sur le plateau, les champs sont limités par des levées de terre que couronnent des haies vigoureuses. La colline la plus haute du Perche, le Haut-Cormont, à 256 mètres d’altitude ; elle se trouve près de Fontaine-Raoul, au sud-est de Droué. Les coteaux qui dominent le Loir, sur la rive droite, n’ont que de 130 à 160 mètres d'altitude.

La Beauce est un immense plateau monotone qui, dans Loir-et-Cher, a une altitude moyenne de 125 à 150 mètres. On rencontre encore quelques bois du côté de Marchenoir, où se trouve une belle forêt.

La Sologne s'étend, à une altitude variant de 75 à 125 mètres, au sud et au sud-est de la Loire, entre ce fleuve et le cours du Cher. Cette région était jadis une forêt. Cette contrée s’est améliorée. Depuis vingt ans environ, ses voies de communication se sont multipliées ; de nombreux étangs ont été desséchés. Au sud de la Sologne et du département, la vallée du Cher a des versants chauds et rocheux dont les vins sont célèbres dans le pays.

Toutes les eaux de Loir-et-Cher se dirigent vers la Loire, soit directement, soit par la Cisse, le Cher et le Loir.

La Loire à, dans le département, un cours de 60 kilomètres; elle y arrose Lestiou, Avaray, Nonan, Muides, Saint-Dyé, Suèvres, Cour, Ménars, Saint-Denis, Blois, Chouzy, Chaumont, Rilly et Veuves. Elle reçoit l’Ardoux, la Tronne, la Noue, le Cosson et le Beuvron. Le Cosson, venu du Loiret, coule d’abord en Sologne où il baigne Chambord dont il traverse le parc; ilreçoit le ruisseau d’Arignan et la Noue. Le Beuvron a 100 kilomètres de cours dans Loir-et-Cher ; il baigne la Motte-Beuvron ; il reçoit le Mallard, le ruisseau d’'Azenière, la Tharonne, le Néant, le ruisseau de Montrieux- Villeneuve, la Bonne-Heure, le ruisseau de Cour- Cheverny, la Bièvre.

La Masse où Amasse arrose Vallières-les-Grandes ; elle se perd dans la Loire à Amboise (Indre-et- Loire). La Cisse est formée de deux ruisseaux : l'un vient des marais de Pontijoux, reçoit le Vaux- Profond et baigne Averdon ; l’autre naît à Lancôme. Elle a un cours de 60 kilomètres dans le département.

Le Cher a 80 kilomètres de cours dans Loir-et- Cher ; il y reçoit la Prée, la Sauldre, le Fouzon, le Hodon, les ruisseaux de Chäteau- Vieux, de Saint- Aignan, de Saint-Romain, de Monthou, de Faverolles et d’Espeigne. La Sauldre arrose Salbris, Romorantin ; elle reçoit comme affluents : la Pelite Sauldre grossie de la Boule-Morte; le Méan, le Naon grossi du Coussin, la Reré, la Beauce, le Morantin, le ruisseau des Maulnes et la Croisne.

Le Loir à 90 kilomètres de cours dans le département, il arrose Vendôme ; il reçoit à Cloyes (Eureet-Loir) le Droue qui a presque tout son cours dans Loir-et-Cher ; à Pézon, le Gratte-Loup; au-dessus de Meslay, le Réveillon, puis successivement : la Houxée, le Boulon, la Brisse, les ruisseaux de Lunay, de Saint-Rimay, de Saint-Arnoult, de Saint-Martin-des-Bois, le ruisseau de Fontaine en

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Beauce, la Gouffrande, la Cendrine, la Braye, le Coitrou et la Grenne.

Le département de Loir-et-Cher est traversé dans sa partie sud, sur une longueur de 44 kilomètres, par la branche principale du canal du Berri; on y trouve aussi le canal de la Sauldre, commencé en 1848, achevé en 1868, reliant les gisements de marne de Blancafort au chemin de fer d'Orléans. Un autre canal, celui de Sologne, doit relier très prochainement au Cher la jonction du canal de Briare et du canal latéral à la Loire.

Le climat de Loir-et-Cher est doux et tempéré; il est sain, en dehors de la Sologne. Blois a une température moyenne de 11°,5. On compte en moyenne par an o1 jours très beaux, 113 Jours couverts, 201 jours nuageux, 27 journées de brouillards, 12 de neige et 50 à 60 de gelée. La hauteur d’eau tombée annuellement est de 0",646.

Au point de vue géologique, le département de Loir-et-Cher appartient surtout à la période crétacée et au groupe tertiaire.

Les sables du Perche appartiennent à l'étage cénomanien; ils sont supportés par une marne glauconienne à Scaphiles æqualis, à Catopygqus carinalus et à Discoidea subuculus. Les sables du Perche sont des sables ocreux, dans lesquels on trouve Amm. navicularis, Ostrea carinata, Rhynchonella compressa, Trigonia crenulata, O. columba. L'étage turonien donne, sur la limite du Perche, la craie à inocérames qui est exploitée pour le marnage. Elle contient des silex noirs en bancs irréguliers. L’étage se termine en haut par une craie sableuse, micacée, à silex noirs tuberculeux, contenant Ostrea columba gigas et Callianassa archiaci. La base est formée par 1 à 2 mètres d’une craie noduleuse et glauconienne reposant sur une couche de sable et de grès. Cette craie donne lieu dans la vallée du Loir à des escarpements caractéristiques, où lon voit une multitude d'ouvertures d'anciennes carrières souterraines, transformées pour la plupart en habitations. C’est la craie de Touraine, jaunâtre, micacée, durcissant à l’air et remarquable par la finesse et l'égalité de son grain.

Le groupe tertiaire est représenté par le système éocène. À la base de l’éocène se développe un conglomérat de silex non roulés, provenant de la craie et empâtés dans une argile rouge et blanche. A l'air cette argile devient terreuse, se mélange de limon et donne l'argile à silex du Perche. Ce même conglomérat argileux est très développé aux abords de la Sologne. Sa gangue y est souvent siliceuse et a été transformée par des émanations de calcédoine en un poudingue d’une extrême dureté. Dans le Blésois, le conglomérat à silex atteint par endroits 30 mètres d'épaisseur.

Le système miocène a donné naissance aux sables de Sologne qui sont supportés par les marnes de l'Orléanais. Les sables et argiles de la Sologne atteignent sur la rive droite de la Loire 40 mètres d'épaisseur et sont de formation plus ancienne que les faluns de Touraine. «Les sables de la Sologne, dit M. de Lapparent dans son Traité de Géologie, longtemps renommés pour leur infertilité, dont triomphe pourtant la culture forestière, et pour la nature imperméable du sol, qui facilite la formation d’étangs, en rendant la fièvre endémique, ne présentent aucun indice de classement mécanique ; dépourvus de restes organiques, ils ont tous les caractères des dépôts boueux et offrentune grande analogie avec les sables kaoliniques de l'Eure. »

La couche végétale dans la Sologne blésoise appartient au diluvium ; elle est argilo-siliceuse ou silico-argileuse avec plus ou moins de galets et elle repose ordinairement sur un sous-sol argileux. Les coteaux qui dominent la Loire et les collines qui bornent la vallée du Cher sont formés de calcaires d’eau douce. Il existe à Couffy et à Meusnes des bancs de silex pyromaque que l’on exploitait

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autrefois pour en extraire des pierres à fusil. Il existe des dépôts de faluns à Coutres et à Thenay.

La superficie du département de Loir-et-Cher est de 635 092 hectares; voici comment elle est répartie d’après le cadastre achevé en 1839 : ;

hectares Terres‘labourablés 5.078, 0001920 Pres RTE PER AR Free 28 965 Vignes ter see is he Dle ns Te ee 25 48% Bois. Are si Pas OA RE MoURrSS 63951 Vergers, pépinières, jardins........ : 6320 Oseraies, aulnaies, saussaics....,..... A Carrières et minés ... ...... RDA LE 83 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 635 Canaux de navigation..... PA Te Ra 446 Landes, pâätis, bruyères, etc........ ; 69565 Kiahpse. 72.5) ACT Re | 9812 Propriétés bâties: SR ete 2439 l'otal de la contenance imposable...... (604177 Total de la contenance non imposable... 309135 Superficie totale du département...... 635092

La superficie des terres labourables reéprésentait 61 pour 100 de la superficie totale du dépar-

tement; la surface consacrée aux prés formait

4, 5 pour 100 de la même surface; celle consacrée aux bois était de 10 pour 100 de la surface totale.

Le tableau qui suit indique l’étendue des terres cultivées en céréales, en 1852 et en 1882 :

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