‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 45 sur 212 · IL · texte numérisé non relu

IL

LANDES

verbe: Lande Lu fus, lande tu es, lande lu resteras, est vrai dans toute son acception.

Landes des terrains jurassiques. — Les différents étages calcaires du système oolithique donnent fréquemment des terres si peu profondes que la culture arable y est peu rémunératrice ; elles sont alors abandonnées et se recouvrent de végétaux peu développés, d'herbes fines qui sont consommées par les bêtes ovines. Au premier abord, de semblables surfaces répondent peu à l’idée qu’on se fait des landes; mais il n’en est pas moins vrai qu'au point de vue agricole, nous sommes là en présence de véritables landes qui doivent leur aspect et leur végétation spéciale à la nature minéralogique des roches sous-jacentes.

Les causses du midi de la France qui sont situées sur la grande oolithe offrent une vaste étendue pierreuse et aride où l’on ne voit ni plantations ni bâtiments. La faible couche de terre argileuse rougeàtre qui est mélangée aux pierres calcaires ne suffit pas à conserver une humidité suffisante; dès les premières chaleurs tout est sec et dénudé. Ce n’est qu’ aux rares endroits où l’assise argileuse devient assez puissante, où l’eau est retenue, que la population s'est agglomérée, que les villages ou

les fermes se sont élevés. Il résulte de cet état de-

choses que certaines communes n’ont pas dix habitants par kilomètre carré.

-La terre des causses n’est pas susceptible de culture dans le sens étroit du mot; elle exigerait, pour donner de passables récoltes de céréales, des fumures dont on est loin de disposer sur ces plateaux élevés; aussi se contente-t-on d'augmenter les ressources fourragères destinées aux troupeaux de bêtes ovines qui parcourent ces contrées, en semant du Sainfoin. Cette plante rustique, mélangée aux petites Fétuques qui poussent spontanément, est consommée par les brebis dont le lait est transformé en fromage de Roquefort.

C'est encore la grande oolithe qui forme les garrigues de l'Hérault et du Gard. Ce sont des collines à sol argilo-calcaire-ferrugineux très pierreux et dont le sous-sol rocheux affleure malheureusement en nombre d'endroits. Cette dernière circonstance surtout s'oppose à la culture des garrigues qui, abandonnées à elles-mêmes, donnent naissance au Chêne vert, au Chêne bâtard ou Garouille formant des groupes plus ou moins espacés, souvent rabougris, entre lesquels poussent le Romarin, le Thym, la Lavande, quelques Fétuques, ainsi que les Genêts épineux et les Cystes.

Sur toutes les parties à sous-sol rocheux, la multiplication des végétaux ligneux, des différents Chênes et des Pins d'Alep doit être poursuivie ; ailleurs, 1à où la terre meuble s’est accumulée dans les dépressions ou bien quand le sous-sol est fissuré, le défrichement et la création de vignobles ont donné parfois de très beaux résultats ; les Oliviers, les Müriers se montrent également appropriés à cette dernière situation.

Le corallien et le portlandien présentent aussi de véritables landes pierreuses dont la Vigne peut utiliser les parties les moins mauvaises, tandis que les Pins noirs d'Autriche ou les Pins sylvestres prospèrent seuls sur les autres points.

Landes du terrain crétacé. — Les savarts de la Champagne pouilleuse doivent encore être assimilés aux surfaces que nous passons en revue dans ce rapide résumé. Les plateaux et les mamelons formés par la craie dure sont souvent tout à fait rebelles à la culture arable. Les sols crayeux sont, en effet, loués de propriétés physiques détestables. La terre fine et peu profonde qui recouvre la roche fissurée se délaye dans l’eau pendant l'hiver, de façon à former une véritable bouillie que les gelées soulèvent, de telle sorte qu’au printemps les plantes déracinées périssent dès les premières chaleurs. D'ailleurs, aussitôt qu'une période de sécheresse

certaine épaisseur ;

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arrive, il se produit à la surface du terrain une croûte résistante sur laquelle les rayons du soleil sont réfléchis à tel point que les récoltes ont leurs parties aériennes dans un milieu brülant, tandis que leurs organes souterrains, comprimés par la couche durcie, sont à une température relativement basse. Dans ces mauvaises conditions de végétation, les produits sont toujours très faibles. Les Pommes de terre, le Seigle, le Sainfoin se partagent les points les moins arides avec les Vignes qui arrivent à donner une haute valeur à plusieurs régions crétacées. Ailleurs, c’est la lande qui à été longtemps sans destination avant qu'on se soit décidé à y planter lés Pins.

La Provence doit sa véritable physionomie aux calcaires crétacés qui affectent, dans cette partie de la France, des caractères assez voisins de ceux présentés par les calcaires jurassiques. Cependant, leur désagrégation est généralement plus facile, la couche meuble est plus profonde, les parties cultivables sont proportionnellement plus développées. Il n’en est pas moins vrai qu'une étendue encore très grande est délaissée et que les végétaux spéciaux au sol et au climat ont envahi ces calcaires. On y observe des Menthes, du Romarin, des Lavandes mêlés à une herbe fine et fournissant, comme les craies de la Champagne et les calcaires jurassiques, un pâturage à moutons.

Les cultures arbustives peuvent être établies partout où la terre meuble s’est accumulée sur une la Vigne, les Oliviers, les Amandiers qui oceupent déjà de grands espaces peuvent être multipliés, et les Pins d'Alep sont susceptibles de résister à l’aridité des pentes dénudées.

Landes des terrains tertiaires et diluviens. — Parmi les terrains tertiaires ou diluviens, il en est peu qui soient abandonnés à la lande. Cependant, le pliocène forme les landes de Gascogne, tandis qu'un diluvium, dont les éléments proviennent des roches primitives du plateau central, porte les landes de la Brenne et de la Sologne.

Les landes de Gascogne constituent une vaste région de 700 000 hectares, dont le sol, exclusivement siliceux, est formé d’un sable d'autant plus fin, qu'on se rapproche davantage du littoral, et passant presque au gravier vers la limite orientale de la contrée. Ce sable, accumulé sur une épaisseur de 0,50 à 0",80, suivant les points considérés, re— pose sur une couche imperméable et impénétrable appelée alios. L’alios a l'aspect d'une roche à texture grenue, de couleur rouge foncé ou noirâtre ; il offre une grande dureté et semble résulter de l’agglutination du sable supérieur par l’oxyde de fer et les matières organiques acides. C’est cette assise imperméable qui a l’action la plus marquée sur le milieu. Considérée au point de vue agricole, elle retient en effet les eaux abondantes des pluies automnales, et transforme par suite le pays en marais, jusqu'au moment où la chaleur solaire ayant évaporé cette eau stagnante, la lande offre alors une surface desséchée et aride. Ces alternances de submersion et de sécheresse intense rendaient toute exploitation sérieuse impossible, et avaient entrainé le développement d’une végétation sans valeur, composée en majeure partie dé Bruyère, d’Ajone, de Carex. De maigres troupeaux, de rare Bovidés, et quelques petits chevaux pâturaient dans ces landes.

Dès 1849, M. Chambrelent montra que l’on pouvait profiter de la pente générale que présente cette région, du côté de l'Océan, pour obtenir économiquement son assainissement complet. Il prouva qu'à la suite de ce travail, le Pin maritime et diverses espèces de Chênes pouvaient donner, au milieu de ces sables, de très beaux produits. Sous l'influence de la loi du 19 juin 1857, l’assainissement et la plantation des landes de Gascogne ont suivi une marche rapide, et aujourd’hui, là où le

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berger landais pouvait seul, avec ses longues échasses, marcher sans danger, on voit s'élever de belles forêts de résineux ou de Chênes, traversées par des routes bien entretenues et séparées par des intervalles libres qui parent aux dangers d'un incendie général. Des prairies ont été créées à la place des étangs, et la culture arable s’est établie autour des habitations. Le Maïs, le Millet, le Seigle réussissent très bien, et comme conséquence de tous ces travaux, l’insalubrité traditionneile du pays a considérablement diminué. Il est vrai que cette transformation si heureuse n’est pas absolument générale; mais les résultats obtenus montrent ce qu'on est en droit d'attendre de l’application continue des mêmes moyens.

M. Duponchel, qui s’est beaucoup oecupé de la question du colmatage, a proposé de colmater les landes à l’aide des limons argilo-calcaires enlevés aux roches tertiaires qui entourent le plateau de Lannemezan. Il a démontré qu’on pouvait réunir, à une cote suffisamment élevée, un cube d’eau assez considérable pour colmater, à raison de 500 mètres cubes par hectare, 24 000 hectares par an. Le limon serait obtenu artificiellement par l'établissement de carrières d’abatage de roches et par la dilution des matériaux produits, au moyen de jets d’eau.

Les 45000 hectares qui composent la Sologne sont formés par un diluvium qui a comblé une cuvette calcaire et dont l'épaisseur, énorme au centre (90 à 69 mètres), décroît considérablement sur les bords. La nature du sol est tantôt argileuse, tantôt siliceuse, et 1l est rare que ces deux éléments soient mélangés dans de bonnes proportions ; presque partout ils sont séparés et constituent des strates plus ou moins puissantes, qui alternent les unes avec les autres. D'une manière générale, on peut dire que les strates siliceuses sont plus importantes que celles qui sont composées d’argile ; mais toujours l'argile se rencontre soit dans le sol, soit dans le sous-sol, de sorte qu’en tous les points de la Sologne, on trouve une nappe d’eau stagnante qui parfois atteint le niveau supérieur du terrain qu'elle rend marécageux, et qui jamais ne descend à plus de 2 mètres de profondeur.

L’excès d’eau stagnante, le manque de calcaire, tels sont les caractères agricoles de la Sologne. On voit que cette région présente une grande analogie avec celle des landes de Gascogne ; aussi les mêmes procédés d'amélioration ont-ils donné les mêmes résultats heureux.

L’assainissement obtenu par la canalisation des cours d'eau et par de nombreux drainages, a rendu la Sologne moins insalubre. Les semis de Pins maritimes sur les sables légers, le boisement par les essences feuillues, Bouleaux, Chênes, Hôtres, sur les terres moins infertiles, ont sensiblement accru la richesse du pays. Enfin, le défrichement des meilleures parties a livré à la culture arable des étendues considérables, tandis que les parties irrigables se transformaient en prairies.

La marne, amenée à prix réduits par les canaux et par le chemin de fer de Paris-Orléans qui traverse toute la Sologne, a été un élément puissant de la transformation. Son intervention a permis de cultiver le Froment à la place du Seigle sur les terres noires et acides.

L'état et la constitution de la végétation spontanée sont des indices auxquels les cultivateurs ont recours en ce qui concerne la destination à donner au terrain. Si les plantes naturelles sont très développées, si l’on voit dominer le Genêt à balai, le Genêt d'Angleterre, avec la grande Fougère et les brumailles ou Bruyères à balais, la culture arable doit être préférée ; avec des marnages ou des chaulages et des phosphatages, le Froment réussit dans ces terres. Le petit Ajone, les petites Bruyères, s'élevant au milieu des Mousses, des Lichens et des Laiches, caractérisent les landes

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sablonneuses, à sol noir, stérile, qu'il serait imprudent de défricher; le boisement est indiqué dans ce cas. Enfin la Bruyère quaternée vient sur les fonds marécageux, au milieu des Joncs et des Roseaux ; elle indique une certaine fertilité et prouve que le sol peut, après desséchement, porter des prairies ou être labouré.

La Brenne, qu'on a appelée la petite Sologne, présente 100000 hectares de terrains dont les caractères diffèrent peu de ceux de la Sologne et qu'il convient de traiter de la même façon.

On voit, par ce rapide exposé dans lequel nous n'avons envisagé que-les grandes régions de landes, que toutes les parties de la France renferment encore de ces surfaces presque improductives. Mais quand on examine à qui appartiennent ces terres vagues, on s'aperçoit que la majeure partie est soumise au régime de la propriété collective; ce. sont des biens communaux. La propriété privée s'accommode mal de cet état de choses et, quand la vente ou le partage des landes communales s’effectue, leur mise en valeur suit généralement de près le changement qui est intervenu dans leur mode de possession. Feb:

LANDES (DÉPARTEMENT DES) (géographie). — Le département des Landes a été formé, en 1790, d’une partie du Bordelais, d’une portion du Béarn, et de tout ou partie des trois pays de Gascogne : les Landes, la Chalosse et le Comdomois. Le Bordelais a fourni 100 509 hectares; le Béarn, 33 830 ; les Landes, 604492 ; la Chalosse, 126 567 et le Comdomois, 43 900 hectares. Le département est compris entre 43° 30’ 10” et 44° 32’ de latitude et entre 2° 12” et 3° 50” de longitude occidentale. Il est borné : au nord, par le département de la Gironde; à l’ouest, par l’océan Atlantique; au sud, par les Basses-Pyrénées, et à l’est, par les départements du Gers et de Lot-et-Garonne. Sa surface est de 932 130 hectares. Sa plus grande longueur, de l'embouchure de l'Adour à Arx, c’est-à-dire du sud-ouest au nord-est, est de 144 kilomètres environ; sa largeur de l’ouest à l’est varie entre 23 et 112 kilomètres. Il est divisé en 3 arrondissements, comprenant 28 cantons et formant un total de 333 communes.

L’arrondissement de Mont-de-Marsan, le plus vaste de tous, occupe le nord et l’est du département; immédiatement au-dessous sont les arrondissement de Dax et de Saint-Sever; le premier, à l’ouest ; le second, à l’est du département.

Le département des Landes est divisé par l’Adour en deux régions bien distinctes : les Landes et la Chalosse. Les Landes forment un vaste plateau triangulaire limité : à l’ouest par l'Océan, au nord-est par le Ciron et la Garonne, et au sudest par l’Adour, la Midouze, la Douze et l’Estampon. La partie méridionale des Landes appartient seule au département. Les Landes situées à l’ouest, le long du littoral, sont coupées de nombreux étangs et désignées généralement sous le nom de Marensin ; c’est la région la plus boisée. Au sud du Marensin est la Maremne, pays chaud et maréeageux. Vers le nord et au centre s'étendent les Grandes-Landes; vers le sud-est, les Pelites- Landes. La Chalosse occupe tout le terrain compris entre la rive gauche de l’Adour et l'extrémité sud du département. Ce pays est mouvementé, parce qu'il renferme les contreforts des Pyrénées. Enfin, le long du littoral on trouve des dunes; leur largeur moyenne n'excède pas 6 kilomètres.

Le département est traversé de l’est à l’ouest par une série de petits monticules appelés collines landaises. Le point culminant de ces collines est situé à Maillas (140 mètres).

Au point de vue du régime des eaux, le département des Landes appartient à quatre bassins : Le bassin de l'Adour, le bassin des Etangs, le bassin de la Leyre et celui de la Garonne. j

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Le bassin de l’Adour comprend, à lui seul, près des deux tiers du département. L’Adour entre dans le département au-dessus d’Aire, où il devient flottable, Il arrose Cazères, sépare les sables et les pins des Landes des collines boisées de la Chalosse, baigne Grenade, passe au pied de la colline de Saint-Sever, à Pontoux, à Dax. L'Adour reçoit : la Grave, la Molle, l'Ourdeu, le Bahus, le Gabas grossi du Bas, du Petit-Bas, de l’Escu, de la Mere et du Landon; enfin la Midouze, formée à Mont-de-Marsan, de la réunion de la Douze et du Midou.

La Douze est formée, à Roquefort, par la réunion de la Doulouze et de l'Estampon. Ce dernier est formé par la réunion de la Launay, de la fontaine dEstigarde, de la Honne et du Retgéous. La Midouze reçoit, dans le département, l'Estrigon, le ruisseau de Géloux, le Bez, le Suzan et le ruisseau de Laretjon.

Les autres affluents de l’Adour sont : le Lizon, le Louts, grossi du Rezenou et de la Gouangue; le Luy, les Gaves, formé par la réunion du Gave de Pau et du Gave d'Oloron ; enfin, la Bidouze.

Au pied des dunes, de nombreux étangs forment une longue ligne parallèle au rivage. Ces étangs sont, en allant du nord au sud, l’étang de Cazau et de Sanguinet qui dépend en partie du département de la Gironde et reçoit le Gourgue ; le petit étang de Biscarosse, qui reçoit les eaux de l’étang de Cazau ; l'étang de Biscarosse et Parentis qui s'écoule dans l’étang d’Aureilhan et reçoit le Moulasse; l'étang d'Aureilhan qui reçoit le Canteloup et le ruisseau d'Escource ; l'étang de Saint-Julien beaucoup plus au sud, qui est en voie de desséchement et qui reçoit le ruisseau de Mezas et se verse dans l'océan par le courant de Coutis. Puis viennent ensuite les éfangs de Lit, de Léon, de Moliets, de La Prade, du cap Moisan ; l'étang de Soustous qui reçoit le ruisseau de Magescq, le ruisseau du Bourg et le ruisseau de Hardy; l'étang de Tosse, formé de l'étang Noir, de l'étang Blanc et de l'étang de Hardy, enfin l'étang de Hossegor, l'étang d'Orx.

La Leyre, affluent du bassin d'Arcachon, n’a que 8 kilomètres de cours dans les Landes. Vers la Garonne se dirigent la Gélise et le Ciron.

L'arrondissement de Mont-de-Marsan renferme les grandes et les petites Landes; son sol n’est mouvementé que dans sa partie orientale voisine de l’Armagnac; les forêts de Pins y sont nombreuses. Celui de Saint-Sever renferme une grande partie de la Chalosse; il est accidenté et sillonné par de nombreux cours d'eaux. Celui de Dax renferme le Marensin; les dunes y sont importantes, elles s'étendent depuis l’Adour jusque près de Mimizan; il renferme aussi une partie de la Chalosse.

Le climat des Landes est le climat girondin; il est tempéré. La température moyenne annuelle est de + 12° ; en hiver, elle est de + 6° et en été de + 21°. Les plus fortes chaleurs moyennes s'élèvent en juillet et août à + 30° et + 36°. Le voisinage de la mer et celui des Pyrénées occasionnent souvent de brusques variations. Les brouillards sont épais en hiver, surtout auprès des étangs, ct les grêles sont assez fréquentes dans la partie sud et surtout dans les cantons de Mugron ct de Hagetmau, pendant le mois de juin.

Le nombre des jours de pluie est de 135 à 140. La hauteur d’eau tombée annuellement serait de 120 à 100 millimètres à Cap-Breton, de 100 près de Vicux-Boucau, de 80 près de Léon et de Roquefort, de 70 près de Mimizan et de 60 seulement sur la Doulouze, l'Estampon, le Midou et l’Adour au-dessous de Saint-Sever. Les pluies sont surtout fréquentes pendant les mois de mars, d'avril et de mai; elles sont amenées par les vents d’ouest.

Les terres des Landes appartiennent presque exclusivement au terrain tertiaire supérieur (plio-

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cène); le cordon littoral est formé par des alluvions marines ; au nord du département on rencontre quelques affleurements du terrain mivocène, alors qu'au sud, au contraire, c’est le crétacé inférieur qui affleure. « La bande des dunes de Gascogne, de l’Adour à l'embouchure de la Gironde, dit M. de Lapparent dans son Trailé de géologie, se prolonge sur plus de 200 kilomètres, et occupe, sur une largeur meyenne de 4 à 5 kilomètres, pouvant quelquefois aller à 7 ou 8, une superficie de 90 000 hectares. On évalue le volume des sables ainsi amoncelés à 20 ou 30 milliards de mètres cubes. Les dunes de Gascogne sont presque uniquement constituées par des grains de quartz ; on y trouve aussi un peu de lydienne et de fer oxydulé. La proportion de calcaire que les débris de coquilles y peuvent introduire ne s'élève pas au-dessus de 0,3 pour 100. » -

Certains faluns que l’on rencontre par places appartiennent au système miocène. Le pliocène est représenté par l'important dépôt du sable des Landes. Ce sable, dépourvu de débris organiques et caractérisé par un banc d’alios (voy. ce mot), a été attribué par quelques auteurs à l’époque quaternaire. L’alios est, en effet, un grès quartzeux, d'un brun noirâtre, qui existe fréquemment à une faible profondeur sous les plaines sableuses, comme celle des Landes. L’alios est composé de grains quartzeux, agglutinés, par des matières organiques et par un ciment d'oxyde de fer, hydraté, qui le rend dur et ferrugineux. M. Faye a établi que ce grès résulte de l'entrainement , par dissolution, des matières organiques de la surface et de la concentration qui s'opère en été, par l’évaporation de la nappe souterraine d'infiltration, à un niveau à peu près constant. De cette façon, à mesure que la nappe baisse, les éléments se déposent au milieu du sable et lui servent de ciment.

Le sol de la Chalosse est argilo-calcaire, argilocaillouteux ou argilo-siliceux, et assez souvent il repose sur un lit de marne. La molasse coquillière occupe souvent les sommets de la Chalosse. Sur les bords de l’Adour, on trouve des alluvions fertiles contenant des silex, de la craie et du grès vert. Sur le littoral, on rencontre quelques bassins tourbeux, mais d’une faible puissance.

La superficie du département des Landes est de 932130 hect. 50. Voici comment elle est répartie d’après le cadastre achevé en 1842 :

hectares Terres ‘labourables...::,.5, 2.000 158914 Prés ELLE ARMES RENE 29635 Vignes. 7,55 15 FRA Me LE PERS 19681 Bois. RS le res ous dan AU CE 233244 Vergers, pépinières, jardins... 4743 Oseraies, aulnaies, saussaies.......... 4756 Carrières CtimIMEs Prier esse ete 72 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 2009 Canaux de navigativn.........,..... Le AD Landes, -pâtis, bruyères, etc..5,:240%% 424971 MIAnPS eme PR AR de to fe 11035 Châtaigneraies......... ds ee ET 3339 Propriétés baties=. Ace RP PERSE ‘ 3724 Total de la contenance imposable..... 895420,5 Total de la contenance non imposable. 36 710 Superficie totale du département... ° 9952130,5

D'après le cadastre, la superficie des terres labourables représentait 17 pour 100 de la superficie totale du département; la surface consacrée aux prés formait 3 pour 100 de cette même surface; celle consacrée aux bois était de 25 pour 100 de la surface totale. à

En 1852, les terres labourables représentaient 18 pour 100 de la surface totale; en 1862, elles formaient 20 pour 100 de cette même surface ; d’après la statistique de 1882, les bois qui, en 1842, n'oc-

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cupaient que 25 pour 100 de la surface totale, occupent o5 pour 100 de la même surface. C’est là un progrès considérable, dû surtout à la plantation des dunes (voy. ce mot).

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d'après celle de 1889, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :

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