AIDE
LANDES
forte pente ou les sommités arrondies des grandes masses porphyriques. Dans ce dernier cas, le boisement est tout indiqué et les belles forêts du Morvan sont un exemple de ce qu’on peut obtenir dans un pareil milieu. Les Pins réussissent dans les situations les plus arides, les Bouleaux, les Hêtres, les Chênes même viennent, dès que la profondeur du sol augmente.
L'étude des roches cristallisées et des différentes terres qui résultent de leur désagrégation, a montré nettement que l’acide phosphorique et la chaux ne s’y rencontrent qu'en proportion insuffisante ; les résultats obtenus par l'application des amendements calcaires et des engrais phosphatés a prouvé que les indications données par l'analyse chimique étaient un guide certain en la circonstance. Le bon aménagement des eaux qui sont si abondantes au milieu des pays granitiques à permis bien souvent une transformation heureuse des landes par la création de prairies irriguées, dont le foin, d’abord mal constitué, s’améliorait sous l'influence des matières minérales dont nous venons de parler.
Landes des terrains de transition. — La Bretagne, l’'Anjou et le Maine, l’Ardenne nous offrent des terrains de transition recouverts plus ou moins par la lande. Les terres schisteuses qui dominent dans cet étage géologique se couvrent d’une végétation spontanée qui diffère un peu de celle que nous avons constatée sur les débris granitiques. Le Genêt à balai est moins abondant et manque souvent tout à fait; par contre, l’Ajone prend une place prépondérante, Tantôt c’est le grand Ajonc, tantôt c’est le petit Ajonc. Le premier occupe les schistes tendres qui se désagrègent sur une épaisseur relativement grande et donnent ainsi des sols dont l’assainissement se fait assez bien, le second pousse dans les situations moins favorisées, là où le sous-sol, formé de lames de schistes durs, est très superficiel et arrête à la fois les eaux supérieures et les racines des plantes. Les grès arides qui affluent aussi en nombre d’endroits au milieu des schistes ne donnent naissance qu’au petit Ajonc. Ces deux plantes principales sont associées à diverses Bruyères, notamment à la Bruyère ciliée et à des Graminées telles que la Molinie bleue, la Fétuque à petites feuilles, le Nard raide.
Parmi tous ces végétaux, le grand Ajonc est le seul qui ait une importance agricole sérieuse. Il est employé comme fourrage (voy. AJonc) et les rendements élevés qu’il fournit expliquent l’engouement que les Bretons ont pour cette précieuse Légumineuse que la culture améliore d’ailleurs dans le sens de l'élimination de ses puissantes épines. L’Ajonc queue de renard, cette Luzerne de la Bretagne, d’après Léonce de Lavergne, est le résultat de cette amélioration.
La présence du grand Ajone est l'indice d'un fonds sur lequel le défrichement doit être tenté ; sur les points où il refuse de croître, au contraire, la culture arable est toujours peu productive et la transformation en prairies ou le boisement doivent être adoptés.
M. Risler a montré qu’on pouvait quelquefois obtenir directement la prairie à la place de la lande, sans passer par la culture arable. L'irrigation méthodique avec les eaux acides qui coulent sur les terres schisteuses, combinée avec l'apport de poudre d'os à des doses variant de 1000 à 2000 kilogrammes par hectare, a suffi pour faire disparaitre les Bruyères et les Ajones, tandis que les Légumineuses des prés et les bonnes Graminées les rem plaçaient peu à peu.
Les grès siluriens et dévoniens, au contraire, présentent peu d'exemples d'entreprises prospères de défrichement ; 1l est vrai que leurs mauvaises propriétés agrologiques sont encore aggravées par ce fait qu'ils occupent souvent les pentes des collines. Quoi qu'il en soit, c’est pour eux que Ie pro-