‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 47 sur 212 · VARIÉTÉ CHEVALINE DES LANDES DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ CHEVALINE DES LANDES DE BRETAGNE

— Cette variété a été ainsi nommée pour la distinguer de celles du Conquet et de Léon, qui habitent la Bretagne comme elles, mais qui sont d’une autre race (voy. IRLANDAISE). Celle des landes ne se trouve que dans le Morbihan et dans le centre du Finistère et elle est de race Asiatique. Elle est, en Bretagne, au moins contemporaine des premiers monuments mégalithiques dont cette province est si riche, et sa présence immémoriale est un des meilleurs arguments à l'appui de l’origine attribuée aux constructeurs de ces monuments. Lorsque nous avons-mis le fait en évidence par nos études crâniologiques, il a été aussitôt accepté, avec toute sa signification, par tous les auteurs qui s'occupent avec compétence des temps préhistoriques. Nul, parmi eux, ne doute que les petits chevaux des landes de Bretagne ne soient venus d'Asie avec les migrateurs aryas. Ils ont pu se perpétuer sur ce sol aride, non occupé avant eux, grâce à la sobriété et à la rusticité bien connue de leur race.

Actuellement ils sont devenus rares avec leurs caractères primitifs. Non pas que la population chevaline de la région ait diminué, bien au contraire, mais les tentatives maladroites faites pour l'améliorer en grandissant la taille lui ont fait perdre, chez la plupart des individus, ces caractères. Ceux qui ont échappé à l'influence de l’administration des haras, vivant et se reproduisant quasi librement sur la lande, sous l’œil indifférent du paysan breton, attaché à ses vicilles traditions, représentent encore l’ancien type. Celui-ci est de petite taille, 1,20 à 1,30 au plus, parfois 1 mètre seulement. Il a la tête longue et forte proportionnellement, l’encolure grêle, la poitrine étroite, le dos un peu tranchant, la croupe courte et les mem-

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bres souvent déviés. Il n’est point beau. Sa robe, le plus souvent grise, est cependant parfois noire, baie ou alezane. Mais sous ces dehors peu séduisants il est doué d’une rusticité à toute épreuve et d’une énergie indomptable ; il semble infatigable. Pratiquement l’ancien petit cheval des landes de Bretagne a donc des qualités de premier ordre. Mais aux yeux de nos hippologues officiels il a toujours eu le défaut irrémissible d’être de petite taille et de ne pas pouvoir fournir au hussard et au chasseur la monture de garnison qu'ils peuvent seule comprendre ; il fallait absolument le grandir.

Un dépôt fut à cet effet établi à Lamballe, et on le pourvut d’étalons de la variété Anglaise de course. À la suite de cela on ne vit plus, aux environs de Carhaix, de Loudéac, dans le centre principal de production de ce qu’en Bretagne on appelle les chevaux fins et distingués, dans a Cornouaille, en un mot, que des sujets haut montés sur des membres grêles et sans solidité, à poitrine mince et à croupe étroite, énergiques sans doute en apparence, et irritables, mais incapables de résister à la moindre fatigue et n'ayant plus rien de la rusticité primitive. En vérité, les non-valeurs ne se comptaient plus.

Depuis un certain temps on est revenu à de meilleurs errements, en présence de ces résultats déplorables qui frappaient tout le monde. Les étalons Anglais ont été abandonnés et remplacés par ceux qu’on appelle Arabes, moins grands et de tempérament plus rustique. Il se produit maintenant, dans la région bretonne centrale, quelques bons chevaux de cavalerie légère. Il n’est pas douteux qu'avec la passion traditionnelle des Bretons pour les chevaux, et avec la nature du sol qui leur communique une constitution solide, nerveuse, fine, de la rusticité et de la sobriété, un bon choix d’étalons Asiatiques de petite taille et une sélection convenable des juments n'arrivent à faire de ce pays un très bon centre de production. Il faudrait seulement se persuader que l'hérédité ne suffit pas pour grandir les chevaux d’une manière utile. Dans un moule plus grand, plus de matière première est nécessaire, sans quoi les proportions font défaut et l’objet est manqué. Les éleveurs des landes de Bretagne doivent donc se résigner, jusqu'à ce que les progrès de la culture aient enrichi leur sol en acide phosphorique et en chaux, à ne produire que de petits chevaux. Ils ne les obtiendront bons et valables qu’à cette condition.

VARIÉTÉ OVINE DES LANDES DU NORD. Sous cette désignation est comprise une nombreuse population | ovine qui occupe aujourd’hui toutes les terres incultes du nord de l’Europe, et qui, sans aucun doute, si l’on voulait en faire une étude détaillée, devrait être divisée en plusieurs variétés locales. Elle se trouve en Russie, en Pologne, en Islande, en Norvège, en Suède, en Danemark, sur les bruyères du Hanovre, et jusqu'au commencement du siècle elle s étendait à la Poméranie, au Mecklembourg et à la Silésie, d’où elle a été éliminée par les Mérinos. Elle habite aussi les plus hautes parties de l’Ecosse et les friches du nord de l'Irlande. On en possède d'anciennes descriptions dues à Linné et à Viborg.

Sur ces points si divers par leur situation, mais à peu de chose près semblables sous le rapport climatérique, le type naturel se montre identique. C’est celui de la race du Danemark (0. À: ingevonesis), qui compte aussi des ONE sous des climats plus doux.En Hanovre, où le progrès agricole réduit de plus en plus les troupeaux qui lui appartiennent, à mesure que la région des bruyères est défrichée, la variété est connue sous le nom de Haideschnucke, et l Rs des auteurs allemands a été attirée surtout par la brièveté relative de la queue. Ils l’appellent volontiers, pour ce motif, mouton à courte queue (Kurzschwaentigeschaf,.

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Wilckens est allé jusqu’à faire de cette particularité un caractère suffisant pour diviser l’ensemble des Ovidés ariétins en deux groupes. En général, chez eux, la queue descend plus ou moins au-dessous du niveau du jarret; chez ceux des landes du Nord, au contraire, elle s'arrête au plus bas à ce niveau ‘ et souvent au-dessus.

La taille est variable entre 0,65 et 0",70, avec des membres relativement longs et un squelette grossier, peu musclé, une grosse tête à l'extrémité d'un cou long et mince. La toison, peu étendue, est le plus souvent mélangée de longs poils ou

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