LES \N
Fig. 220. — Phalène hiémale Fig. 221. — Phalène hiémâle. male femelle.
d'ailes, elle vit le long des troncs d'arbre; ne pouvant pas voler, elle monte, la nuit, le long des murs jusqu'aux lanternes à réflecteurs, après les becs de gaz, dont la clarté l’attire. La chenille, d'un vert plus ou moins clair, présente sur le dos une ligne longitudinale médiane d’un vert foncé, accompagnée de deux autres d’un blanc jaunûâtre; le long des flanes court une bande blanchâtre interrompue, la face ventrale est vert bleuâtre. La chrysalide repose dans une petite coque enfouie en terre. Les papillons éclosent à la fin de l’automne et se rencontrent en novembre et décembre. Les jeunes chenilles sortent des œufs au premier printemps; après plusieurs mues, elles quittent les
LARYNGOTOMIE
arbres pour se chrysalider en terre. A cette époque, elles mesurent 2 centimètres 1/2 de long, et se distinguent des autres chenilles arpenteuses par une certaine fermeté élastique (Brehm). Ces chenilles attaquent surtout les arbres fruitiers, mais aussi nombre d’essences forestières; elles rongent les jeunes feuilles, les bourgeons à fruits et même les jeunes fruits, dans lesquels elles pénètrent par l'œil (Maurice Girard). D’après le même auteur, ces chenilles vivent abritées sous des feuilles réunies entre elles ou maintenues repliées’avec de la soie; elles englobent aussi les jeunes fruits dans ces lacis soyeux. Les moyens pour détruire ces insectes nuisibles sont de divers” ordres : pour les chenilles, il faut les recueillir et les écraser une à une dans les feuilles qu’elles habitent, sans arracher celles-éi qui ne tardent pas à reprendre; on enlèvera les jeunes fruits attaqués pour les brûler, et on les reconnaitra à ce qu'ils se détachent très facilement de la branche. Pour empêcher les femelles de monter sur les arbres pour y pondre, il faut enduire le pied des arbres avec une substance gluantc, les entourer d'un cylindre de papier goudronné, ou d’une ceinture protectrice composée de poix ou autres matières poisseuses, où les insectes se prennent dès leur sortie de terre. C’est à l’automne, alors que les chrysalides dorment en terre, dans leurs cocons, qu'il faut ainsi protéger les arbres, et l’on sera étonné souvent du nombre d'insectes femelles que l’on trouvera englués dès les premiers jours d’éclosion. C’est ainsi que Taschenberg nous apprend que, par ce moyen, on a capturé, en Suède, vingt-huit mille femelles sur un espace restreint. Les Allemands ont fabriqué de nombreuses colles pour cet usage. Tous ces procédés sont sans doute excellents, mais il faut compter qu’un certain nombre d'insectes peuvent franchir cet anneau gluant; il est donc nécessaire de faire une chasse active aux papillons et aux chenilles. M. M.
LARICIO (sylviculture). — Nom d’une espèce de Pin (voy. ce mot).
LARIX (sylviculture). — Voy. MÉLÈZE.
LARMIER (z00technie). — On appelle larmier un repli de la peau de la face, partant de l'angle interne de l'œil et se prolongeant jusqu’au fond d’une dépression que présente l’os lacrymal dans sa portion faciale. Il en résulte une sorte de canal cutané en communication directe, par le bord de la paupière inférieure, avec la muqueuse conjonctive. Le larmier n'existe que chez les animaux ruminants, et non pas chez ceux de tous les genres. Parmi les domestiques, on ne le trouve que chez les Ovidés. Les ouvrages classiques de zoologie signalent tous son absence chez les chèvres, et ils en font un des caractères distinctifs entre leur genre Ovis et leur genre Capra, admis depuis Linné. Cette absence est en effet réelle chez deux des trois espèces domestiques de chèvres, mais la troisième, celle de la chèvre d'Afrique, est comme toutes les espèces de brebis pourvue d’un larmier. Il faut donc renoncer à ce prétendu caractère distinctif. Chez les diverses espèces d’Ovidés, où il ne manque jamais, le larmier ne se présente pas toujours avec la même profondeur ni la même étendue sur la face. Profondeur et étendue, nécessairement corrélatives, sont toujours les mêmes dans chaque espèce, mais non dans des espèces différentes. Elles fournissent par conséquent l’un des bons caractères pour distinguer les espèces entre elles. Et c’est pourquoi, ainsi que : pour l’autre motif, dit plus haut, nous avons défini le larmier ici. Il n’y aurait pas eu sans cela de raison pour en parler. A. S.
LARVE (entomologie). — Voy. INSECTES.
LARYNGITE (vétérinaire). — Voy. ANGINE.
LARYNGOTOMIE (vétérinaire). —Voy. TRACHÉO- TOMIE. +
LARZAC
LARZAC (zootechnie).— Le Larzac est un plateau calcaire situé dans le département de l’Aveyron, sur lequel existe, de temps immémorial, une nombreuse population ovine connue sous le nom de race du Larzac. On la distingue de celle des Causses albigeoises, qui en sont voisines. Elle s'étend sur les arrondissements de Saint-Affrique
et de Milhau, sur ceux de Florac, dans la Lozère,
et de Lodève, dans l'Hérault, par conséquent au delà des causses du Larzac. On la trouve jusque dans le canton de la Canourgue, dans le Gard. Cette population est remarquable surtout par son mode exceptionnel d'exploitation, qui la fait désigner parfois par la qualification de race lailiere. En réalité, c’est une des variétés de la race des Pyrénées (0. A. iberica), qui occupe l'extrémité nord-est de l'aire géographique de cette race. La véritable désignation qui lui convient est par conséquent celle de variélé du Larzac. En raison de sa grande importance économique, d’après ce qu'on va voir, elle mérite une description détaillée. Dans cette variété la taille se maintient, chez Les brebis, qui sont surtout intéressantes, entre 50 et 60 centimètres, avec une longueur de à
LARZAC
mais ici elle dépasse de beaucoup la moyenne. Aussi est-elle l’objet principal de l'exploitation. Les brebis sont entretenues en vue de la production du lait pour la fabrication des fromages de Roquefort, qui donne lieu à une industrie dont l'importance va sans cesse grandissant. La Société des caves réunies de Roquefort, dont les opérations sont exposées ailleurs (voy. ROQUEFORT), à ouvert à cette production d'énormes débouchés. A la fin du siècle dernier, la population de la variété comptait au plus 50000 brebis laitières ; aujourd'hui, on lévalue à environ 500000 ; elle a done décuplé. Ce serait toutefois se tromper de beaucoup, si lon en concluait que la production du lait a seulement suivi la même progression. Anciennement, les brebis rendaient en moyenne par tête la quantité nécessaire pour faire annuellement un peu moins de 5 kilogrammes de fromage. Les auteurs du temps disent qu’il fallait le lait de neuf ou dix brebis pour en obtenir 40 kilogrammes. Maintenant chacune en donne couramment, en son année de lactation, de 15 à 16 kilogrammes. Dans quelques
corps de 4 mètre à 1", 25. Ces
deux dimensions rapprochées, =
et surtout quand on les com-
pare à celles des autre va-
riétés de la même race, montrent que les membres ont été raccourcis par la culture. La tête est toujours dépourvue de cornes, même chez les mâles, ce qui est encore un résultat de sélection. Le cou est gros et court, avec un fanon. La poitrine est ordinairement un peu étroite, mais les lombes et les hanches sont toujours larges. Leur ampleur est souvent extraordinaire, ainsi que l'écartement des membres postérieurs. Celui-ei est dù au grand développement des mamelles, tel parfois qu’il rend la marche difficile. Fréquemment on y observe quatre mamelons normaux, c’est-àdire donnant tous du lait.
Tayon en a le premier fait la remarque, en croyant que la particularité était exclusivement propre aux brebis du Larzac, tandis que Daubenton l'avait déjà signalée d'une manière générale. Elle se constate en effet dans toutes les races.
Souvent la toison se rapproche, par la forme de ses mèches et de ses brins, de celle des Mérinos. Cela est dû à d'anciens croisements opérés au commencement de ce siècle avec des béliers provenant des bergeries impériales et introduits notamment par le général Solignac, en 1809. Ces croisements n’ont point laissé de trace en ce qui concerne les formes du squelette. A cet égard l’atavisme de la race Ibérique a complètement éliminé celui de la race Mérine, mais 1l n’en a pas été de même pour le lainage, dont la persistance offre d’ailleurs d’autres exemples analogues. Quels que soient ses caractères, cette toison des brebis du Larzac atteint souvent jusqu’au poids de 3 kilogrammes et ne descend que très rarement au-dessous de celui de 25,500. Ce poids inférieur ne s’observe que chez les vieilles brebis épuiséés par une lactation prolongéé, ayant perdu une partie de leur laine.
La caractéristique zootechnique essentielle de cette variété se tire de l'activité extraordinaire de ses mamelles, dont l'aptitude a été fortement développée par la gymnastique depuis longtemps. Cette aptitude est naturellement forte dans la race,
Fig. 222. — Brebis du Larzac.
troupeaux, le rendement s'élève jusqu'à 25 kilogrammes par tête et exceptionnellement jusqu’à 30. La comptabilité de la Société des caves fournit sur ce sujet des documents précis. Ce rendement à donc au moins triplé, et par conséquent le Larzac produit aujourd’hui, au bas mot, trente fois autant de lait de brebis qu'il en produisait au siècle dernier. Il n’y a pas d'autre exemple, en Europe, d'une telle production. Elle est encouragée par la faveur de plus en plus grande qu'obtient le produit, gràce à l'habileté des industriels qui l’exploitent.
Ce mode d’exploitation de la variété du Larzac commande une conduite particulière des troupeaux. Presque tous lés agneaux mâles et la plupart des femelles sont vendus pour la boucherie, quelques jours après leur naissance. Nous pensons qu’on n’élève pas assez d’agnelles pour remplacer tôt les mères, après qu’elles ont atteint leur pleine puissance de lactation. On attend, pour les réformer et les renouveler, qu’elles soient épuisées. C’est un tort. Non seulement on obtient ainsi moins de lait de la même quantité d'aliments consommés par les laitières, mais encore les toisons et les brebis vendues ont moins de valeur. Les peaux des agneaux qui sont ainsi tués chaque année alimentent les fabriques de ganterie de Milhau et de Meyrueis, établies sans aucun doute pour les utiliser. On estime que de la sorte le produit annuel en argent