LATTE
Laticifères) qui leur a été donné. Ts sont d’ailleurs faciles à distinguer, une fois formés, de toutes 1cs autres sortes de vaisseaux. Leur paroi est ordinairement mince et dépourvue de ces dessins (ponctuations, réticulations, etc.) si fréquents partout ailleurs. Leur diamètre est fort inégal, renflé ou rétréei de la façon la plus irrégulière. Enfin ils sont presque toujours ramifiés, et leurs divisions s’anastomosent de l'un à l’autre, d’où résulie un réseau plus ou moins compliqué. La Chélidoine en fournit de beaux exemples (fig. 223).
Il est également certain que, chez quelques plantes, le latex s'aceumule dans des espaces intercellulaires où il est versé par les cellules environnantes dans lesquelles il s’est formé. Il s’agit donc ici de véritables canaux sécréteurs dépourvus à l’origine de paroi propre, et dont le pourtour se limite plus ou moins distinctement avec l'âge par un dépôt de matière solide, d'épaisseur variable, provenant du liquide contenu.
Les organes laticifères ne sont point uniformément répandus dans tous les tissus. Chez les plantes cellulaires, telles que les Champignons, on les observe surtout au voisinage de la surface du pied. Dans les Phanérogames, c’est le parenchyme cortical ou foliaire qui en est particulièrement muni. On en trouve quelquefois aussi au
Fig. 223. — Fragment de tissu de la Chélidoine, avec vaisseaux laticifères.
pourtour de la moelle ; mais il est tout à fait ex-
ceptionnel de rencontrer des vaisseaux laticifères dans le tissu ligneux. Le Papayer (Papaya Carica Gaertn.) constitue une de ces curieuses et rares exceptions. E. M.
LATTE. — Lame de hois étroite et mince, employée dans la construction des toitures, des plafonds, des cloisons et des clôtures.
La latte se fabrique en général par le procédé de la fente; mais on débite aussi à la scie les lattes qui servent à la confection des treillages. Le Chêne est l'essence qui fournit les meilleures lattes. C’est en bois de Chêne que sont faites celles qui servent au plafonnage et aux couvertures.
Les dimensions des lattes sont assez variables. La longueur de celles dites de couverture est de 1%,056, leur largeur de 0,111 à 0",167, leur épaisseur de 0,002 à 0,005 (1 à 2 lignes).
Les lattes employées au plafonnage et au cloisonnage sont désignées dans le commerce sous le nom d'échancillons. Les dimensions de l’échancillon sont: longueur, 1",16 ; largeur, 0",042; épaisseur, 0®,002 à 0,007 (2 à 3 lignes). La latte de couverture, dite aussi latte de cœur ou latte grise, ne doit pas contenir d’aubier. L'échancillon ou latte blanche peut être, en partie, formée d'aubier.
La première condition pour débiter le Chêne en lattes est qu'il se prête bien à la fente ; il faut donc qu'il soit droit et ’sans nœuds. Les déchets de
LAURACÉES
merrain, les brins de taillis de 0,40 de tour, les portions saines des arbres gélifs, roulés ou attaqués de pourriture rouge, peuvent être débités en lattes. Les troncs destinés à la fabrication des lattes sont d’abord sciés, au moyen du passé-partout, en billes de la longueur voulue, puis chacune de ces billes est fendue en quartiers dans le sens
des rayons médullaires. On enlève le cœur, dont
on tire des échalas, le reste est partagé en tranches perpendiculaires aux rayons médullaires et d’une largeur égale à celle que doivent avoir les lattes. Ces tranches, qui portent les noms de levées ou d’apprèts, sont ensuite divisées au moyen du coutre et dans le sens des rayons médullaires en lames minces qui sont les lattes. Ces lattes sont réunies en bottes de 25 ou de 50; elles se vendent généralement au cent. - B. DE LA G.
LATRINES. — La valeur agricole des déjections humaines est démontrée ailleurs (voy. ENGRAIS) ; il ne peut être question ici que des dispositions à prendre pour en éviter la déperdition dans les fermes. Le moyen le plus simple et en même temps le plus efficace d'utiliser l’engrais humain est de placer les latrines à proximité du tas de fumier, ou au-dessus de la fosse à purin, de telle
Fig. 224. — Latrines pour une habitation rurale.
sorte que le mélange des déjections avec le purin se fasse immédiatement. Pour les petites habitations rurales, M. Nast a proposé une disposition simple et hygiénique que représente la figure 224; un récipient F est enfoncé en terre, et recouvert en partie par un abri D; une couverture demi-circulaire G est mobile et permet d'opérer la vidange en temps opportun. On peut, avec profit, amener,
par un conduit souterrain, les eaux ménagères
dans le récipient. | LAUMOND (biographie). — Jean-Charles-Joseph, comte Laumond, né à Arras (Pas-de-Calais) en 1753, mort en 1825, remplit un grand nombre de fonctions publiques pendant une longue carrière d'homme politique. 11 fut membre de la Société nationale
d'agriculture. On lui doit une statistique du dépar-
tement du Bas-Rhin (1802). HR LAURACÉES (botanique). — Famille de plantes
LAURACÉES Dicotylédonées, qui a reçu son nom du genre Laurier (Laurus T.), le seul autrefois connu, mais qui ne représente point le type le plusparfait de ce groupe. Il vaut mieux examiner tout d’abord les Cannelliers (Cinnamomum Burm.), arbres ou arbustes asiatiques dont quelques espèces sont assez fréquemment eultivées dans nos serres.
Les Cannelliers ont les fleurs régulières et hermaphrodites, à réceptacle creusé en une coupe assez profonde. Sur les bords de celle-ci s’insèrent
LAURACÉES
qu’une loge dans laquelle un placenta pariétal porte un seul ovule inséré vers la partie supérieure de la cavité, descendant et anatrope avec le micropyle dirigé en haut et en dedans. Le fruit est une baie peu succulente, à la fin desséchée, induviée par le périanthe persistant, et dont la graine contient sous ses téguments un gros embryon exalbuminé.
Les Cannelliers sont des arbres ou arbustes très élégants, à feuilles coriaces, quelquefois alternes, le plus souvent opposées, triplinerves, sans stipules.
Fig. 225. — Fleur de Cannellier, entière et coupée en long.
un double périanthe et l’androcée. Le calice comprend trois sépales (le plus souvent blanchâtres) libres, égaux et valvaires dans le bouton. La corolle est formée de trois pétales alternes avec les sépales, également valvaires. On compte à l’'androcée douze étamines disposées sur quatre verticilles trimères, alternes et dissemblables. Les deux premiers verticilles, dont le plus extérieur estsuperposé au calice, comportent six étamines formées chacune d’un filet libre et aplati, terminé par une anthère introrse
227. — Fruit du Laurier (Laurus nobilis) entier et coupé en long.
Fig.
dont les quatre loges (étagées deux par deux) s'ouvrent par autant de petits panneaux relevés de bas en haut. Le troisième verticille diffère des premiers parce que les étamines qui le composent ont les anthères extrorses et les filets munis à leur base de deux grosses glandes. Quant au quatrième, il est stérile, ses trois pièces étant réduites à l’état de staminodes. Au fond de la coupe réceptaculaire s’insère un gynécée monocarpellé. Son ovaire, libre et surmonté d'un style un peu dilaté au sommet, n'a
Fig. 226. — Diagramme de là fleur du Cannellier.
Leurs fleurs, toujours petites et nombreuses, forment des grappes ramifiées de cymes. On en connait au moins cinquante espèces, toutes propres aux régions chaudes de lPAsie.
Les Lauriers ont des fleurs dioiques ou polygames, qui représentent un type réduit. Leur périanthe est simple et formé de quatre pièces. Les fleurs mâles ont douze étamines (dont quelques-unes peuvent manquer) munies d’anthères introrses, déhiscentes par deux panneaux seulement, et glanduleuses ou non à la base. Les fleurs femelles possèdent quatre staminodes et un gynécée construit sur le même plan que celui des Cannelliers. Le fruit n’est pas accompagné par le périanthe. Les Lauriers ont les feuilles alternes et les fleurs disposées en petites ombelles axillaires. On n’en connait que deux espèces.
Les autres genres réunis dans la famille qui nous occupe au nombre de cinquante environ, ont tous la même organisation fondamentale, surtout en ce qui regarde le gynécée, mais se différencient par des caractères de valeur secondaire qui ont permis de diviser le groupe en sections variant d'ailleurs, suivant les auteurs, quant à leurs limites et à leur nombre. Ces caractères variables sont empruntés : au réceptacle qui peut être exceptionnellement plan ou convexe ; au nombre des pièces du périanthe ; au nombre des étamines et à leur orientation; à la présence autour du fruit d’une induvie réceptaculaire ou à son absence; à la nature des feuilles qui peuvent être simples ou composées (rarement), alternes ou opposées; et, enfin, à l’inflorescence qui varie depuis la grappe et l'épisimples jusqu'aux dispositions mixtes les plus compliquées.
Les Lauracées ont les affinités les plus étroites avec les Monimiacées, car on peut dire que leur gynécée représente un des carpelles de ces dernières supposé isolé. Elles ont aussi des points de ressemblance manifestes avec les Protéacées, les Elæagnacées et les Berbéridacées.
On a décrit dans cette famille plus de mille espèces, dont le nombre sera sans doute beaucoup réduit quand elles seront mieux connues. Toutes, à quelques exceptions près, végètent dans une zone
LAURACÉES
dont les limites ne dépassent guère le trentecinquième degré de latitude, de part et d'autre de l'équateur. C’est dire que ce sont essentiellement des plantes des pays chauds.
Bien qu’exotiques et peu connues chez nous, les Lauracées n’en constituent pas moins un des groupes végétaux les plus importants au point de vue pratique. Leur caractère technique, pour ainsi dominant, consiste dans la production de principes volatils et aromatiques, souvent très abondants. Ce sont des huiles essentielles fabriquées par les feuilles ou l'écorce d’une foule d'espèces, ou des matières camphrées dont leur bois est comme saturé (voy. CAMPHRIER).
C’est au genre Cinnamomum que nous devons les écorces si appréciées comme condiments ou aromates, connues sous le nom de Cannelles. Les plus usitées sont la Cannelle de Ceylan (C. zéilanicum Breyn., Laurus Cinnamomum L.), et la Cannelle de
LAURAGAISE
aussi en utilise-t-on plusieurs sortes dont l’origine botanique n’est pas très bien connue. Les coffres qu'on en fabrique écartent souvent les insectes par l'odeur qu'ils dégagent, et sont recherchés pour enfermer les étoffes précieuses. Les coffrets en bois de Camphrier sont devenus chez nous d'un usage courant. E. M.
LAURAGAISE (zootechnie). — Est ainsi qualifiée la population ovine qui se trouve entre Toulouse et Castelnaudary, sur les plaines de l’ancien Lauragais, partagé entre le département de l'Aude et celui de la Haute-Garonne. Cette population, nom= breuse et remarquable à plusieurs égards, tout à fait appropriée au système de culture qu'imposent la nature du sol et les conditions économiques, est généralement considérée et désignée en son pays comme une race particulière. C’est simplement une des meilleures variétés de la race des - Pyrénées, dont elle représente avec une complète
Fig. 228. — Bélier Lauragais.
Chine (GC. Cassia BI.), plus grossière et moins estimée. On emploie quelquefois aux mêmes usages le fruit dit improprement Noix de Girofle (Ravensara aromatica Sonner), qui vient de Madagascar, Tout le monde connait l’emploi culinaire des feuilles du Laurier d'Apollon (vulg. Laurier-Sauce), le seul représentant spontané de la famille dans les parties les plus chaudes de notre pays, et dont l’imagination des poètes à fait, on ne sait trop pourquoi, le symbole des vertus artistiques et guerrières.
Quelques Lauracées ont des fruits comestibles, parce qu'une certaine portion de matière sucrée vient se Joindre aux principes odorants. Le plus connu sous ce rapport est le fruit appelé Poire d’avocat (Persea gralissima Gaertn.), très estimé aux Antilles et ailleurs.
Le péricarpe contient fréquemment beaucoup de matière grasse. La baie du Laurier commun fournit une sorte d'huile concrète, verdâtre, fréquemment employée dans la médecine vétérinaire. D’autres espèces donnent une sorte de cire propre à faire des bougies.
Le bois des Lauracées est souvent dur et très fin ;
uniformité le type naturel (0. À. t‘berica). Entre cette variété et celle du Larzac, un peu plus éloignée du berceau de la race, il n’y a qu'une différence de degré et d'aptitude.
Dans la variété Lauragaise, la taille ne varie qu'entre 0",60 et 0",65. Le squelette est relativement fin, les membres sont courts, et la tête est toujours dépourvue de cornes. Le corps est ample, mais plus dans la partie postérieure que dans l’antérieure, ce qui fait paraitre la poitrine étroite. Chez les brebis, les mamelles sont généralement bien développées ; cependant leur activité est médiocre, ce qui est dû, sans nul doute, à la sécheresse habituelle du elimat local, les plaines où elles vivent étant fréquemment balayées par le vent terrible et énervant de sud-est que, dans le pays, on appelle vent d’autan.
La toison s'étend jusque sur le front et sur les joues, mais non sur les membres. Elle est tassée et ferme, en mèches compactes et formées de brins frisés régulièrement, comme ceux de la laine de Mérinos. Leur diamètre ne dépasse pas 0,025.
Cette toison diffère ainsi beaucoup de celle qui est
LAURENCELLE
naturelle à la race. Il n’est pas difficile de savoir d’où elle vient. Dès 1750, d’Etigny, intendant de Béarn, introduisit d’ Espagne des béliers Mérinos qui furent alors croisés avec les brebis du Lauragais. Plus tard, on fit de même avec ceux de la bergerie impériale de Perpignan. Les croisements ne fur ent pas assez suivis pour amener la substitution du type Mérinos à celui des Pyrénées, et, après leur abandon, l’atavisme de ce dernier reprit entièrement ses droits, quant aux formes, ainsi qu'on l’a constaté plus haut. Mais la ténacité du lainage s’est manifestée là comme dans plusieurs autres occasions semblables. Il en est résulté que, dans la variété Lauragaise, la toison conserve généralement une supériorité incontestable de valeur sur celles de toutes les autres variétés de là même race. Cette toison pèse communément 3 kilogrammes, pour un poids vif de 35 à 40 kilogrammes, qui est celui des moutons.
Contrairement à ce qui se montre sur le Larzac, ce sont les moutons qui forment la plus forte pro= portion dans la population. C’est que les brebis ne peuvent ici être exploitées que pour produire des agneaux, qui, presque tous, sont élevés en vue de la laine et de la viande, qui constituent le revenu des troupeaux. Les moutons Lauragais approvisionnent la boucherie des villes de la région et notamment de Toulouse. Ils sont répandus, et les brebis aussi, jusque dans le Gers, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne. On en trouve aussi dans les plaines de l'Ariège.
La variété Lauragaise n’a point échappé à la manie d'amélioration par croisement. Nous avons vu figurer dans les concours de la région des métis Dishley-lauragais, New-kent-lauragais, des Dishleymérinos-lauragais et, en dernier “lieu, des Southdown-laurag gais. Toutefois, cela, fort heureusement, n’est jamais sorti des limites du petit groupe de dilettantes qu'il y a partout et qui opèrent en vue des succès de concours, sans s'occuper du profit industriel. De tels métis eussent: fait triste figure dans les plaines brûlantes du Lauragais. Les paysans n’ont jamais voulu en tenter l'épreuve, ct ils ont eu grandement raison.
LAURENCELLE (horticulture).— Genre de plantes de la famille des Composées, originaires de l’Australie. On cultive, dans les jardins de la France méridionale, la Laurencelle rose (Lawrencella rosea), plante rameuse, à feuilles étroites et linéaires, dont les rameaux se terminent par des capitules à involucre rose, longuement pédonculés.
LAURÉOLE (horticulture). — Voy. DAPHRNÉ.
LAURIER (sylvicullure). — On désigne sous ce nom plusieurs végétaux qui appartiennent à des familles très différentes et qui n’ont qu’un caractère commun, celui d’avoir des feuilles persistantes.
LAURIER FRANC. — Le plus commun est le Laurier franc (Laurus nobilis), nommé aussi Laurier d’Apollon, Laurier sauce. Il est le seul représentant en France de la famille des Lauracées. Ce Laurier ne dépasse guère, dans la France méridionale, la taille d’un arbuste, mais en Corse et en Algérie il atteint les dimensions d’un arbre. Sa tige est droite, ses branches redressées lui donnent un port fastigié. Ses feuilles alternes, simples, entières, ovaleslancéolées, sont d'un vert lisse ; elles sont persistantes et aromatiques. Les fleurs diviques sont pourvues d’un involucre; elles sont blanchâtres et disposées en petites ombelles pédonculées à l’aisselle des feuilles. Le fruit est une drupe globuleuse, noire, de la grosseur d’une cerise.
Les feuilles renferment une huile essentielle, très odorante. C’est à cette propriété que l'arbre doit son nom de Laurier sauce, car on emploie ses feuilles pour aromatiser différents mets.
Le Laurier franc est un arbre du Midi. En dehors de la région de l'Olivier, il doit être placé à labri d’un mur exposé au midi ou cultivé en caisse. I