‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 90 sur 212 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

N RQ nn — À

Fig. 256. — Lieuse Manigand et Vinière.

la douille, après avoir attaché au crochet l’un des bouts d’un lien en corde, et faisait passer le manche sous la gerbe. Puis, introduisant l'extrémité libre du manche dans une boucle plus grande formée à l’autre bout du lien, il faisait glisser la boucle le long du manche, en s’aidant du pied, jusqu'à ce que la douille l’eût traversée. En repoussant la lieuse en avant, le lien se dégageait de l'outil, et la gerbe était serrée.

Plus simple et plus commode est le système de liage Vermorel, qui utilise l'aiguille (voy. ce mot) inventée en 1879 par M. Bernard. Les liens employés sont en corde de 3 à 5 millimètres de diamètre et de 12,50 de longueur, portant d’un côté une boucle et de l’autre deux nœuds : cette dernière extrémité est colorée en rouge. L’ouvrier chargé du liage est muni d’une ceinture en cuir qui porte quatre crochets; chacun de ces crochets peut recevoir vingt-cinq liens.

Pour lier une gerbe, l’ouvrier prend à sa ceinture un des liens, et accroche le deuxième nœud au chas de laiguille. Il passe l'aiguille sous la gerbe, en gardant la boucle du lien dans la main gauche. Puis il introduit la pointe de l'aiguille dans la boucle, et tire l'aiguille en se redressant, jusqu'à ce qu’elle ait dépassé la boucle (fig. 257). Par une légère secousse, le nœud sort du talon de l’aiguille et la gerbe est liée. Pour délier la gerbe, l’ouvrier cherche le bout coloré de la corde, et le tire pour faire échapper la boucle. Le lien peut servir un grand nombre de fois.

Dans le liage à la ficelle, exécuté avec tous ces appareils, on obtient le serrage en faisant passer un nœud dans une boucle, ou entre les fils formant la cordelette.

Les lieuses se composent parfois simplement de pièces en bois ou en métal, appelées aussi serreurs,

LIEUSE

uniquement destinées à faciliter la ligature d’un lien en corde ou d’un lien en fil de fer. Chaque lien est muni de son serreur qui reste attaché à la gerbe ou à la botte. Il en faut donc un grand nombre. Mais le bas prix de ces pièces rend possible l'application de ce système.

To

Tim

Fig. 257. — Ouvrier serrant une gerbe avec la lieuse Vermorel.

Le serreur Leblanc-Winckler (fig. 258) est un des plus connus. C’est une sorte de crochet métallique fixé à l’une des extrémités de chaque lien. Pour opérer le serrage, on peut faire faire au brin hbre de la cordelette seulement un demi-tour en dessous du crochet. En faisant un second tour, comme

Fig. 258. — Gerbe liée d’après le système Leblanc- Winckler. LS

l'indique la figure, on obtient une ligature d’une grande solidité.

LIEUSES AUTOMATIQUES. — Les lieuses automatiques, employées au liage des récoltes, peuvent être montées sur l'appareil destiné à effectuer la coupe, ou bien indépendantes de celui-ci. Dans le premier cas, la machine complexe chargée d’exécuter en même temps les deux travaux, celui de

LIEUSE

la coupe et celui du liage, prend le nom de moissonneuse-lieuse (voy. MOISSONNEUSE). Dans le second cas, la machine uniquement destinée au liage des gerbes, porte le nom de lieuse indépendante.

Les lieuses indépendantes prennent sur le sol les tiges de céréales déposées par la moissonneuse, les élèvent jusqu'aux organes du liage, les lient, et les laissent retomber à terre sous forme de gerbes. Ces machines ont sur les moissonneuses-lieuses l'avantage de laisser à la récolte le temps de sécher, avant qu'elle soit serrée et mise en gerbes. Mais elles présentent le grave inconvénient de déterminer un égrenage assez important des épis, lorsque la récolte a été coupée un peu trop mûre, par suite des manipulations nombreuses auxquelles les tiges sont soumises. En outre, les lieuses indépendantes exigent un attelage de deux chevaux et un conducteur, tandis que les moissonneuses-lieuses n’ont besoin pour fonctionner que d’un cheval de plus que les moissonneuses simples, de telle sorte que le travail effectué par les lieuses indépendantes ressort à un prix plus élevé que celui de la moissonneuse-lieuse.

Les lieuses indépendantes ont fait leur apparition en France, il y a une dizaine d'années. Une des premières est celle de Johnston.

Elle se compose d’un bâti, surmonté d’un siège et porté par trois roues : deux roues porteuses, montées sur le même essieu ct servant à la commande de l’appareil lieur ; une roulette placée en arrière, destinée à maintenir l’équilibre, tout en permettant à la machine de pivoter sur elle-même.

Le mécanisme consiste en trois engrenages, qui actionnent un rouleau et un tablier sans fin devant monter les tiges sur une tablette placée à l'arrière du bâti, où elles

LIEUSE

Depuis quelques années, des appareils de liage automatique, désignés sous le nom de lieuses de paille, sont ajoutés aux machines à battre à grand travail pour faire la mise en bottes immédiate de la paille battue.

L'une des plus simples et en même temps des plus ingénieusement conçues est sans contredit la lieuse de paille Albaret. Dès 1878, M. Albaret faisait figurer à l'Exposition universelle une lieuse au fil de fer appliquée à une batteuse fixe. Mais depuis cette époque la machine de M. Albaret à subi de nombreuses modifications. Le liage au fil de fer a cédé la place au liage à la ficelle.

Telle qu’elle est construite aujourd'hui, cette lieuse se compose (fig. 259) d’un bâti monté sur deux roues, de manière à former un appareil distinct de la batteuse. Un brancard peut y être fixé pour le transport. Elle est reliée à la batteuse par

sont saisies par les organes du liage. Le rouleau, garni de pointes, est placé à l'avant. En tournant, il saisit les tiges sur le sol et les amène à l’élévateur.

Quant au lieur, c’est celui de

toutes les machines à lier. Il est disposé de façon à faire le liage indistinctement au fil de fer ou à la ficelle. Le conducteur peut de son siège, par l'intermédiaire d’une pédale, régler la marche du lieur, et obtenir des gerbes d'une grosseur convenable, toujours <onstante. Les gerbes sont déchargées en long sur la piste.

La lieuse indépendante Pécard est également d'origine américaine. Un bâti est porté par deux roues. Sur l'axe de ces roues est monté un cylindre armé de longues dents. Un deuxième axe, garni de dents plus petites, est placé en arrière et en contrebas du premier, presque au niveau du sol. Les tiges, déposées à terre par les ràteaux de la moissonneuse, sont saisies par ces cylindres, en même temps qu'elles sont maintenues par des tiges verticales flexibles. Lorsqu’elles sont réunies en assez grand nombre pour constituer une gerbe, un déclanchement se produit qui met en marche l’appareil lieur: Le liage se fait au fil de fer. La gerbe liée est repoussée par un mouvement de ressort sur un tablier incliné d’où elle tombe à terre, sur le côté, de telle sorte que la piste est dégagée pour le prochain passage de la machine. La lieuse est actionnée par un seul cheval, qui est attelé sur le côté, pour ne pas piétiner les tiges couchées sur le sol.

Fig. 259. -- Lieusc dé paille Albaret,.

deux tirants. La paille, débitée par les secoueurs, tombe sur une grille, dont on peut régler à volonté l'inclinaison, de façon à la mettre en place quelle que soit la hauteur des secoueurs. La paille est alors saisie par les branches courbes de croisillons en fer, montés sur un arbre animé d’un mouvement de rotation, et conduite à l'appareil lieur proprement dit. La botte se forme par un apport continu de matière. Lorsque la quantité est suffisante, le lieur se met en marche et lie la botte, qui est ensuite poussée sur le sol.

Les bottes ont toutes la même grosseur, d’ailleurs variable à volonté. La machine peut facilement lier dix bottes à la minute. Elle est donc en mesure de desservir les plus fortes batteuses.

Récenment, la batteuse Hornsby a été complétée par une lieuse de paille battue, intéressante surtout par la façon originale dont elle est fixée à la machine à battre. L'appareil peut occuper par rapport au bâti de la batteuse trois positions différentes : 1° il peut être abaissé presque jusqu’au sol; dans ce cas, la paille battue, projetée par les secoueurs hors de la batteuse, passe au-dessus de la lieuse, et tombe à terre non liée; la machine à

Page 1