LIGATURE
bon nombre de légumes doivent être liés, afin d'amener le blanchiment (voy. ce mot) des feuilles qui seront livrées à la consommation.
D'une telle diversité d'emploi résulte une wa-
riation très grande dans la nature des liens usi-.
tés; ils diffèrent suivant les opérations auxquelles ils sont destinés : c’est donc celles-ci qu’il convient d'étudier en indiquant la nature des liens employés.
Dans le greffage, le plus souvent il y a lieu d'appliquer une ligature, laquelle a pour effet de maintenir en contact immédiat le sujet et le greffon, d’en empêcher le desséchement et, par suite, de hâter et de favoriser la reprise. La nature des liens employés et-la façon d'appliquer la ligature varient suivant la greffe. D'une façon générale, un lien, pour être de bonne qualité, doit être solide, d’une durée suffisante pour assister à la soudure des parties mises en contact et en même temps suffisamment élastique pour permettre aux tissus de s’accroître sans être coupés par lui.
Dans le cas des greffes délicates faites à l’air libre ou sous verre, telles que greffes en écusson ou en placage, un grand nombre de substances peuvent être employées avec succès. La laine filéé est fréquemment usitée : elle est d’un bon usage, étant en même temps suffisamment solide et possédant une grande élasticité, elle n’a que l'inconvénient d’être d’un usage dispendieux; aussi, dans les pépinières, se sert-on plus volontiers de substances végétales diverses, parmi lesquelles les plus recommandables sont les feuilles de Massette (Typha) et de Spargaine (Sparganium).
Croissant à l’état spontané dans la plupart des marais de France, il est aisé de s’en procurer à son compte. Le Raphia, que l'on trouve abondamment dans le commerce à très bas prix, fournit un lien de très bonne qualité ; il est souple, d’un usage commode et peu dispendieux; le seul inconvénient que l’on puisse lui reprocher, c'est d’être peu extensible et, par suite, de couper les écorces, si l’on ne prend soin de supprimer la ligature dès que la croissance à lieu et que sa présence est devenue inutile.
Il n’est pas indifférent de pratiquer la ligature de la greffe d’une facon quelconque ; il importe, au contraire, que le lien soit solidement appliqué et qu'il maintienne un contact absolu entre les parties mises en présence. À cet effet, dans le greffage en placage comme dans celui en écusson, il convient de commencer la ligature de façon que l'œil ou le fragment appliqué sur le sujet ne soit pas chassé en dehors de la partie incisée. C’est ainsi que dans lécussonnage ordinaire, on commence toujours la ligature par le haut de la greffe pour chasser l’écusson vers le bas et lui donner plus de solidité. Habituellement on place le lien en le maintenant avec le pouce de la main gauche; puis, à l’aide de la main droite, on applique des spires successives et l’on a soin de serrer un peu davantage au point de l'insertion de l'œil, afin d'augmenter l’adhérence; finalement on termine par une boucle qui peut être aisément déliée.
On a préconisé récemment des sortes de petites plaques en caoutchouc percées d’un trou pour laisser passer l'œil de l’écusson, ainsi que le pétiole de la feuille qui l'accompagne, et dont les deux