‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 93 sur 212 · ART · texte numérisé non relu

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LIGER

bords, après avoir été plus ou moins tendus à la main, peuvent être retenus par une petite pince en fil de fer. L'emploi de cet engin est expéditif et assez économique ; il a l'inconvénient de pes un serrage égal partout et peut-être insuffisant e

de cer tains points.

Dans les greffes moins délicates telles que celles en fente ou en couronne, on est obligé de se servir de liens solides tels que ficelles ou même osier fendu, comme cela a lieu dans le greffage de la Vigne.

Pour le palissage (voy. ce mot) des arbres fruitiers, on se sert principalement de deux sortes de liens : l’osier pour le liage des grosses branches et le jonc ou le raphia pour maintenir les jeunes rameaux offrant peu de résistance. On peut employer les brins d’Osier entiers ou fendus suivant la longueur. Le plus souvent la ligature se fait en appiiquant un seul tour de lien autour de la branche; dans certains cas cependant, pour donner plus de solidité, il est préférable d’entourer la branche plusieurs fois. Pour attacher une brauche à l’aide de l’osier, sur un fil de fer, on commence par placer le lien à cheval sur ce fil, puis après avoir tordu une fois les deux brins sur eux-mêmes, on emprisonne la branche, on tord à nouveau plusieurs fois, et on termine en faisant revenir un des deux brins sur lui-même par une torsion et en plaçant l’extrémité sous la branche attachée. Le liage à l'aide du raphia se fait comme avec de la ficelle par un simple nœud.

Quand il convient de lier les plantes contre un tuteur (voy. ce mot), on peut se servir de toute espèce de ligature, pourvu que celle-ci soit solide et de longue durée.

Pour le liage des légumes que l’on veut blanchir, les maraichers se servent le plus souvent de paille de Seigle trempée dans l’eau, puis piétinée, afin de la rendre plus souple. Il suffit de deux ou trois brins pour lier les salades ou pour confectionder les bottes des divers légumes que l’on doit porter au marché. ; J. D

LIGER (biographie). — Louis Liger, né à Auxerre (Yonne) en 1658, mort en 1717, agronome français, s’est fait connaitre par la publication d’un grand nombre d'ouvrages sur l’agriculture, qui ont eu du succès au dix-huitième siècle. Les principaux sont : une refonte de la Haison rustique de Charles Estienne et Liébault, sous le titre Économie générale de la campagne ou Nouvelle Maison nue (2 vol., 1700), le Jardinier fleuriste (2 vol., 1704), Dictionnaire pratique du bon ménager (2 vol.,1715),réimprimé en 1751 sous le titre de Dictionnaire universel de l agriculture par La Chesnaye-Desbois, Le Nouveau Théâtre d’agriculture et Ménage des champs (1712). H.S.

LIGNE. — La ligne est pour nous un engin de pêche à la mer ou en rivière; elle se compose de la ligne proprement dite, de la canne ou des cordées.

La ligne proprement dite est le fil auquel on attache l’hameçon. Elle peut être tenue à la main ou attachée par son extrémité à un point fixe tel que grelot, bouée, canne. Ce fil peut être tissé en chanvre, crin ou soie. On répartit les lignes en deux grandes catégories : lignes dormantes et lignes flottantes. La première comprend les lignes de fond, d’où trois sortes de pêche, savoir, pêche aux jeux, pêche à soutenir, péche aux cordes ; aux lignes

flottantes, appartiennent les lignes au coup, au vif,

à fouelter, a rouler, a la mouche artificielle, à l’insecle naturel.

Nous laissons aux ouvrages spéciaux le développement que comporterait chacun de ces modes de pêches à la ligne. Nous nous bornerons à rappeler que chaque espèce de poissons se pêche avec une ligne différemment armée (amorcée) et cela selon saisons, vents, fonds, etc.

Nous remarquerons seulement que pour la truite, la ligne ne doit jamais porter ni flotte ni plomb.

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En mer, la pêche aux lignes se faït dans de tout autres conditions, non seulement de temps et de licux, mais surtout des poissons que l’on cherche. On comprendra que le Homard et la Morue sur les côtes de Bretagne ou à Terre- Neuve doivent être l’objet d’une pêche toute spéciale et ne se ressemblant en rien. Selon que cette pêche se fait à la côte, par marées plus ou moins fortes, sur fond de sable ou de roche et au moyen de lignes sédentaires, elle prend d’autres noms et s'appelle encore à la räteliere, aux bouffes, « l’harouette, etc.

La pèche à la ligne en eau douce ne comporte pas de moins nombreuses dénominations, selon les leux et les eaux dans lesquels on s’y livre et surtout le poisson que l’on désire prendre, même la nuit. Une pêche amusante sur les étangs est la pêche des Brochets aux flotteurs; elle consiste à fixer à un liège ou à une vessie us hameçon amorcé.

Armer son haim (amorcer l'hameçon) est le grand talent du pêcheur à la ligne. C.-K.

LIGNEUX (botanique). — On désigne ainsi une substance particulière qui incruste et épaissit la membrane primitivement formée de cellulose pure (ou à peu près) de certaines cellules ou fibres végétales. Ce nom vient de ce que cette substance donne au bois les qualités qu'on lui connait. De composition ternaire, comme la cellulose, le ligneux présente d'une plante à l’autre (et aussi dans la même espèce, suivant l’âge) des modifications plus ou moins importantes qui ont conduit quelques savants à y distinguer un assez grand nombre d’espèces chimiques différentes. Mais il ne parait pas

qu'au point de vue physiologique ces distinctions

méritent d'être conservées. Il est sans doute plus conforme à la logique des faits observés d’admettre que la ‘cellulose et le ligneux se relient entre eux par une foule d'états intermédiaires, presque indéfiniment variables pendant la vie de la plante.

Quoi qu’il en soit, la présence de la matière incrustante est fort importante dans l'appréciation des services que l’on attend de tel ou tel bois. On peut dire d’une façon générale que les bois sont d'autant plus consistants et durables que la quantité de ligneux y est plus grande. Cette quantité est fort variable d’une espèce végétale à l’autre. C’est ainsi, par exemple, que le bois de Hêtre renferme à peu près parties égales de cellulose et de ligneux, tandis que ce dernier entre pour les deux tiers dans le Chêne, pour les huit ou neuf dixièmes dans le bois d’Ebène. F

Il est inutile d'insister pour faire remarquer que le bois parfait et l’aubier du même arbre différent d'autant plus, quant à leur teneur en ligneux, qu'ils sont plus dissemblables par leur dureté et leur coloration.

Au point de vue chimique, la matière incrustante se distingue particulièrement de la cellulose proprement dite par une plus forte proportion d'hydrogène et de carbone, et aussi parce qu’elle est soluble dans le chlore et la potasse caustique, et parce qu’elle se colore fortement en noir sous l’action de l'acide sulfurique. E. M.

LILAS (horticulture). — Arbrisseau de la famille des Oléacées. Le Lilas (Syringa L.) a des feuilles opposées sans stipules; les fleurs, portées à l’extrémité des rameaux qui se développent au printemps, sont réunies en de grandes grappes composées de cymes bipares; le calice est campanulé à quatre divisions, la corolle a un tube allongé et un limbe étalé en coupe. L’androcée comprend deux étamines incluses. L’ovaire supère est à deux loges, contenant chacune deux ovules anatropes insérés sur un placenta pariétal et surmonté d’un stile filiforme terminé par un renflement stigmatique bifide. Le fruit est une capsule bivalve.

Plusieurs espèces de Lilas ont fourni à l’orne-

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mentation des variétés intéressantes. Les plus cultivées sont les suivantes : x

LILAS COMMUN (Syringa vulgaris Gærtn.). — Arbuste pouvant atteindre 4 à 5 mètres, à rameaux dressés, vigoureux. Feuilles ovales acuminées, cordiformes à la base. Fleurs s’épanouissant en avril et mai, à limbe arqué, porté sur un tube large, réunies en grappes terminales abondantes. Cette espèce, une des plus cultivées, a fourni de nombreuses variétés, qui se distinguent par la coloration des fleurs et par la dimension des inflorescences. Parmi les plus répandues, il faut citer :

Lilas de Marly, très belle variété, vigoureuse, à fleurs d'un lilas rougeâtre, formant des inflorescences très compactes. Cette variété est très cultivée dans les jardins. On la greffe sur la variété commune. Cultivée en pot, eile sert à la production du Lilas blanc vendu sur pied.

Lilas Charles X, à inflorescence compacte, d’un rouge vivlacé foncé, très belle et très vigoureuse variété.

Lilas gloire de Moulins, à fleurs d'un beau rose carné et à floraison abondante.

Lilas de Laval, belle variété à fleurs d’un rose clair.

Il convient encore de signaler les variétés à fleurs blanches, lesquelles ne sont pas employées pour la culture forcée, parce que leur floraison n'est pas suffisamment abondante. Depuis quelques années, on commence à produire des variétés à fleurs doubles, qui ont le mérite d’une floraison plus prolongée et peuvent très bien convenir à la culture forcée.

LILAS vVARIN ou de Rouen (S. dubia Pers.). — Cette espèce se distingue de la précédente par un ensemble de caractères assez peu tranchés. Les feuilles sont ovales, acuminées, concolores; le limbe des pétales est plat au lieu d’être arqué. La floraison, au lieu d'être uniquement terminale, se produit aussi le long du rameau, ce qui donne à la grappe composée un aspect allongé. On en cultive quelques variétés intéressantes, parmi lesquelles les Lilas Sauget et Varin sont les plus recommandables.

LILAS DE PERSE (S. Persica L.). — Cette espèce se rapproche de la précédente, mais ses feuilles sont plus étroites, entières ou découpées sur les bords. Les fleurs ont un tube grêle, très allongé et un limbe complètement plat. Cette espèce est peu cultivée, car elle ne présente pas l'intérêt qu'ont les deux précédentes.

LiLAs JosiKEA(S. Josikea Jacq.). — Arbrisseau à rameaux robustes, dressés, portant des feuilles elliptiques, rugueuses, vertes, luisantes supérieurement et blanchâtres inférieurement. Fleurs lilas purpurin, à limbe concave. Cette espèce est assez peu cultivée ; elle est moins ornementale que les précédentes. — Il en est de même du Lilas emodi (S. emodi Wall.), originaire de l'Himalaya, qui a produit une variété à feuilles dorées.

Le Lilas est très répandu dans tous les jardins; sa belle floraison printanière, l'odeur agréable que répandent ses fleurs, sont des titres suffisants pour le faire rechercher. Ses emplois varient suivant les espèces. Les Lilas commun, de Perse, Josikea, Emodi, servent à l’ornementation des massifs de bois, qu'ils décorent agréablement par leur beau feuillage et leurs fleurs. Les variétés d'élite de ces espèces sont souvent cultivées en touffes ou à tiges, placées comme plantes isolées sur les gazons. Ces Lilas sont peu exigeants sur le choix du sol et viennent à peu près dans tout terrain; toutefois il faut que ceux-ci soient suffisamment humides pour que leur végétation devienne vigoureuse et leur floraison abondante. À l'ombre ils croissent bien, mais ne fleurissent pas.

Le Lilas de Rouen est souvent cultivé à tige et sert à décorer les plates-bandes à la française. On

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le soumet dans ce cas à une culture toute spéciale. Chaque année, après la floraison, on le taille de façon à enlever tous les rameaux de l’année précédente. Il en résulte qu’à ce moment l'arbre est dénudé ; il ne reste que les grosses branches. Bientôt on voit apparaître partout des bourgeons adventifs qui se développent vigoureusement. On pratique alors un ébourgeonnement, afin d’enlever les rameaux trop faibles ou mal placés; ceux qui sont conservés acquièrent une grande vigueur et se couvrent de fleurs au printemps suivant.

La culture du Lilas blanc donne lieu à un commerce important. À Paris on trouve du Lilas blanc forcé toute l’année. On emploie dans cette culture des variétés à fleurs colorées, lesquelles, étant plus vigoureuses, donnent de meilleurs résultats que celles à fleurs blanches. La préparaticn du plant destiné au forçage est fait par des pépiniéristes ; la culture forcée est pratiquée par des horticulteurs qui s’en occupent spécialement et achètent le plant en pépinière. |

Le Lilas de Marly est exclusivement employé.

On le multiplie en se servant des drageons nombreux qu’émet 1a plante. Chacune de ces sortes de bouture est plantée en plein champ et espacée en tout sens de 1", 50. Les seuls soins de culture à donner à une semblable plantation, consistent en binages destinés à enlever les mauvaises herbes. Au bout de cinq ans, les plants sont bons à être livrés aux horticulteurs. Leur vente s’effectue de deux façons différentes. Le plus souvent le pépiniériste livre les plantes à domicile, au prix de 75 à 100 francs le cent, chaque touffe devant porter au moins six branches à fleur, ce qui se reconnait aisément par les bourgeons plus gros qu’elles portent. D’autres fois, on vend sur pied, par carré complet, sans garantie de floraison et dès la quatrième année, au prix de 40 francs le cent. Les frais d’arrachage et de livraison sont dans ce cas supportés par l'acheteur; de plus, le preneur’ a le droit de laisser le Lilas en terre une ou deux années, à partir du moment de la vente, à charge pour lui d’acquitter le montant du loyer annuel du sol. |

Les horticulteurs qui pratiquent le forçage du Lilas possèdent, à cet effet, des serres spéciales. Les châssis vitrés y sont remplacés par des planches hermétiquement jointes et recouvertes d’une épaisse couche de fumier. Le chauffage se fait au moyen de calorifères dont les tuyaux de terre traversent laterre dans toute la longueur. On estime, en général, que le chauffage au thermosiphon est en même temps trop coûteux et insuffisant, quand on l’établit dans les conditions ordinaires. Il faut, en effet, pouvoir élever la température à 35 degrés au moins pour amener la mise en végétation.

Les Lilas sont plantés dans le sol de la serre; une taille préalable les a débarrassés des brindilles inutiles. Des arrosages fréquents et copieux sont nécessaires, afin de mener la végétation rapidement. Pour pouvoir inspecter aisément les sommités fleuries du Lilas et les récolter à mesure que les fleurs s’épanouissent, on installe un chemin fait de planches soutenues à hauteur convenable par des pieux enfoncés en terre. La serre étant maintenue dans une obscurité complète, la récolte ne peut se faire qu’en se munissant d’une lumière.

C’est presque exclusivement à Paris que le forçage se fait dans ces conditions. Dans les villes du nord de lPEurope, on fait plus habituellement le

“forcage en pot. Dans ce cas, les branches ne sont

pas coupées, mais les plantes vendues avec le pot. D'ailleurs, quel que soit le mode de culture appliqué, les plantes qui ont servi à cette culture forcée n’ont plus aucune valeur; le plus souvent on les met au feu. Pour la culture en pot, les pépiniéristes des environs de Paris greffent sur Lilas commun la variété Charles X, qui fleurit abondamment, mais à

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