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GYNERIUM

la fleur. Le seul caractère qui varie dans ce cas, d’une espèce à l’autre, c’est Le nombre et la nature des ovules portés par le placenta. La connaissance de cette règle, qui ne supporte, pour ainsi dire, aucune exception, nous parait éminemment apte à faciliter l'étude.

Les pistils plus ou moins nombreux qui composent un gynécée sont ordinairement tout à fait indépendants les uns des autres ; mais on les voit quelquefois contracter entre eux une certaine adhérence. C'est ainsi que dans le Laurier-Rose, par exemple, les deux pistils de chaque fleur s'unissent par leurs styles, tandis que leurs parties ovariennes demeurent complètement distinctes. D’autres fois c’est par l'ovaire, et dans une étendue variable, que se produit la cohésion, les styles restant libres. Plusieurs Nigelles nous montrent des exemples de cette disposition. Nous verrons d’ailleurs que, dans beaucoup de cas, l'ovaire unique et pluriloculaire doit être considéré comme résultant de l'union complète de plusieurs pistils originairement séparés (voy. PISTIL, OVAIRE, STYLE). E. M.

GYNERIUM (horticulture). — Genre de plantes dioïques de la famille des Graminées, tribu des Festucées. Les épillets femelles portent des glumes membraneuses, scarieuses ; les deux inférieures stériles ont d’une à trois nervures, couvertes de poils longs; les glumes fertiles sont velues dans les fleurs femelles et glabres au contraire dans les fleurs mâles. L’ovaire porte deux styles distincts et plumeux ; il donne naissance à un cariopse qui est inclus dans les glumelles. Les Gynerium sont de grandes herbes vivaces. On en connaît trois espèces, appartenant à l’Amérique tropicale. Une de ces espèces est particulièrement répandue dans la culture à cause de ses grandes inflorescences, d’un blanc d'argent chez les pieds femelles, grises ou rosées chez les mâles ; c’est le Gynerium argenteum Nees, qui croit dans les pampas de l'Amérique du Sud. Cette superbe plante produit un grand effet sur les pelouses, et il est peu de végétaux qui puissent rivaliser avec elle pour la décoration des grands parcs. Seuls les pieds femelles sont recherchés, les mâles donnant des inflorescences moins belles et d’un aspect plus lourd.

On peut multiplier les Gynerium par graine, mais ce procédé a l'inconvénient de fournir bon nombre de pieds mâles qu'il faut éliminer ensuite. Le semis doit se faire en février, sur couche; puis on repique le plant en godets et on le met en place en mai-juin. Ce procédé a l’avantage de fournir des plantes qui fleurissent quelquefois dès la première année. En pratiquant le semis en mai, on a des plantes qu’il faut abriter à l'automne sous un chàssis, et qui ne fleurissent que la seconde année.

Le procédé de multiplication le plus généralement suivi est celui de la division des touffes ; il a l’avantage de fournir des résultats connus, car on ne propage alors que les touffes qui donnent des inflorescences parfaitement blanches. Cette division peut se faire au printemps; mais le jeune plant, qui reprend d’ailleurs aisément, ne fleurit pas la première année, où dans tous les cas ne forme que des touffes très faibles. Il est préférable de faire cette division des touffes en automne, en octobrenovembre; mais, pour faciliter la reprise, on se trouve alors dans la nécessité de rempoter chaque éclat et de le rentrer en orangerie. Au printemps, on opère la mise en place et l’on est sûr d'obtenir dès la première année des plantes vigoureuses dont le bon état dédommage des soins culturaux qu’il a fallu leur appliquer. Le Gynerium aime les sols sains, sablonneux et riches ; il peut néanmoins prospérer dans les terres fortes à la condition que ces terres ne soient pas humides en excès pendant l'hiver. Il est nécessaire d’abriter ces plantes pendant la saison froide ; faute de le faire, on n’obtiendrait qu'une mauvaise floraison. L’abri qu’on leur four-

GYNOBASIE

nit consiste simplement en une couche de feuilles sèches dont on garnit la plante, dont on a préalablement relevé les feuilles que l’on attache et que l'on entoure d’un paillasson. En mars on détache le tout, on coupe l'extrémité sèche des feuilles, puis passant la main de bas en haut dans la tige, on en retire toutes les bases de feuilles sèches; il faut éviter de prendre les feuilles de haut en bas, car elles sont coupantes sur les bords et peuvent occasionner des blessures profondes.

Le Gynerium se plante isolé sur les pelouses; cependant dans les grands parcs on peut en faire des groupes de trois, en observant entre chaque pied une distance de 1",50. Une situation chaude et aérée convient le mieux; à l'ombre la floraison est mauvaise.

On se sert des inflorescences pour la confection de grandes gerbes sèches que l’on peut conserver plusieurs années. Pour avoir de beaux panaches, il faut couper les inflorescences dès que celles-ci se dégagent des feuilles; on les fait sécher à l'ombre ; puis, au moment de les placer dans les vases, on les sèche devant un feu très ardent, ce qui fait épanouir les glumes et donne à l’ensemble une grande légèreté. Ces panaches sont d'autant plus prisés qu'ils sont plus blancs. Coupés trop tard, ils se désarticulent et salissent les appartements. Ils prennent fort bien la teinture; on en trouve dans le commerce de toutes les nuances. J. D.

GYNOBASIE, GYNOBASIQUE ( botanique ). — Termes appliqués, en organographie végétale, à une disposition particulière du style, consistant en ce que cet organe s’insère en un point plus ou moins voisin de la base de l'ovaire, au lieu d’occuper exactement son sommet de figure. Ce mode d’insertion, qui caractérise, par exemple, les Labiées et plusieurs Borraginées, est toujours dû à des inégalités de développement survenues dans le pistil à une époque variable de son évolution.

Nous prions le lecteur de se reporter aux articles PISTIL et STYLE, où il trouvera les éclaircissements nécessaires. E. M.

GYPSE. — Voy. PLATRE.

GYPSOPHILE (horticulture). — Genre de plantes de la famille des Caryophyllacées, dont les fleurs, régulières et hermaphrodites, portent sur un réceptacle convexe un calice de cinq pièces réunies en un tube campanulé ; la corolle a cinq pièces courtement vnguiculées, émergeant peu au-dessus des sépales; l’androcée est diplostémone; l'ovaire est surmonté de deux styles et devient lors de la maturité une capsule à quatre valves. Les Gypsophiles sont des herbes vivaces ou annuelles, à feuilles opposées, souvent glauques, sessiles, à inflorescence dichotomique, en cyme très ramifiée, qui donne à l'ensemble un aspect de grande légèreté. Les

GYPSOPHILE

espèces à très petites fleurs sont les plus recherchées ; toutes sont blanches ou légèrement rosées. Plusieurs espèces sont employées dans l’ornementation, soit pour décorer les plates-bandes ou quelquefois former des groupes sur les gazons, quand la plante est vivace et atteint de grandes dimensions, ou bien dans le but d’en faire des bouquets; à ce titre il s’en fait un très grand commerce, car par la légèreté elles ajoutent beaucoup de grâce aux gerbes et bouquets de tous genres. Une espèce, la G. struthium L., est exploitée à cause de ses racines qui, riches en saponine, sont connues sous le nom de Saponaire d’orient et servent au dégraissage.

Gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata L.). — Plante vivace à racines volumineuses, habituellement hermaphrodite, quelquefois dioïque; ramification très nombreuse formant de larges touffes qui atteignent environ 0",60 de haut. Feuilles lancéolées très pointues, rudes sur les bords. Fleurs très petites, blanches, réunies en inflorescence légère. Plante rustique, d’origine sibérienne. Elle convient à l’ornementation des plates-bandes et des gazons; ses inflorescences très élégantes la font rechercher dans la confection des bouquets. Floraison de Juin à août. Semis au printemps en pépinière, repiquage à 0",15, puis mise en place. Floraison rare la première année, très abondante la seconde. Les fleurs, desséchées à l'ombre, peuvent convenir à la confection des bouquets secs.

Gypsophile de Steven (G. Steveni Fisch.). — Espèce vivace de l'Europe centrale. Fleurs plus grandes que dans la précédente espèce. Les tiges moins déliées donnent à l’ensemble de la plante un aspect moins élégant que ne l’est celui des autres espèces. Peu cultivée.

Gypsophile élégante (G. elegans Marsch.). — Espèce annuelle de 0",30 à 0,40 de haut, originaire du Caucase et de Crimée. Fleurs petites en cymes bipares, portées sur des pédoncules très minces. Pétales dépassant le calice d’une quantité égale à sa longueur, échancrés au sommet. Plante très élégante, cultivée presque exclusivement pour la confection des bouquets. Multiplication par semis fait en septembre; on repique le plant en planches abritées et l’on met en place au printemps; floraison en mai et juin. On peut encore semer en avril, en place, mais alors la floraison n’a lieu qu’en juillet.

On cultive encore, mais plus rarement, la Gypsophile des murailles (G. muralis L.), plante annuelle rameuse, de 0",10 de haut, fleurissant de juin à septembre. Cette plante indigène se rencontre dans les lieux arides et desséchés. On peut s'en servir pour la confection de bordures. Le semis se fait en place à l’automne ou au printemps. 35.0:

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