HABILLAGE
HABILLAGE (horticulture). — Opération qui consiste à préparer les arbres par une taille raisonnée, lors de leur mise en place. Toutes les fois qu'un arbre est arraché, et quelque précaution que l’on ait pu apporter dans cette opération, il en résulte presque forcément le bris d’un certain nombre de racines. Si l’on replantait l’arbre dans cet état, les racines meurtries ne tarderaient pas à se corrompre, et cette pourriture, gagnant de proche en proche, pourrait compromettre gravement, sinon la vie de l'arbre, du moins sa bonne reprise. Aussi conseille-t-on de remplacer par une section nette toutes les plaies contuses, et de tailler toutes les racines qui ont été froissées; mais cette taille ne doit jamais s’appliquer qu'aux racines endommagées, et elle doit, dans tous les cas, épargner celles qui sont saines, quelle qu’en puisse être la longueur. Il faut poser en principe que les racines d’un arbre replanté ne sont jamais trop longues ou trop nombreuses, et l’opération qui consiste à raccourcir les racines pour faciliter la plantation, est une pratique détestable. L'effet direct de la taille des racines blessées est de faire multiplier le chevelu en en favorisant la naissance autour de l'aire de la coupe.
Quand les racines des arbres sont très desséchées, on conseille avec raison, indépendamment de toutes les opérations dont on peut entourer les racines lors de la plantation (voy. ce mot), de couper tout le chevelu, lequel meurt dès qu'il est exposé pendant quelques jours à l’air, et dès lors, au lieu d’être utile, ne devient plus qu’une gêne à la reprise au même titre que les racines brisées.
On a souvent discuté sur le point de savoir si l'habillage doit porter sur les racines seulement, ou bien si l’on doit également l'appliquer, et dans quelles limites, aux parties aériennes des végétaux. On comprendra sans peine que lorsqu'on plante un arbre dont les racines sont mutilées, il sera difficile que celles-ci puissent puiser dans le sol une nourriture suffisante pour pourvoir abondamment à l’allongement de toutes les parties aériennes; aussi conçoit-on aisément que, dans ce cas, une taille appliquée aux branches, en établissant une proportionnalité entre les parties souterraines et celles qui se trouvent dans l'air, devra produire un effet salutaire. L'expérience montre si bien que cette taille est nécessaire, que ceux-là mêmes qui veulent qu’on laisse la partie aérienne dans son intégrité la première année, conseillent de la tailler plus ou moins sévèrement la seconde. Mais cette façon d’agir est vicieuse, et procède de ce que l’on considère la taille comme une sorte d’opération chirurgicale douloureuse pour l’arbre, tandis qu’elle n’est qu’un allègement fourni aux racines, lesquelles, n'ayant plus qu'un plus faible nombre de rameaux à nourrir, peuvent les mieux alimenter et pourvoir à un allongement plus vigoureux. Cette vigueur se traduit pour l'arbre entier par un état