‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 142 sur 270 · HÉLIOTROPE · texte numérisé non relu

HÉLIOTROPE

lement cultivées sont l'Héliotrope noir, à fleurs d'un violet foncé et d’un très bel effet, mais qui a l'inconvénient d’avoir des rameaux grêles et par suite de se coucher sur le sol; l'A. triomphe de Liège à inflorescences très grandes, d'un violet clair et à port droit, une des meilleures variétés pour la culture en pleine terre.

Bien que vivaces et ligneux, les Héliotropes sont généralement cultivés comme des plantes annuelles ou bisannuelles. On en fait des boutures en automne ou au printemps ; on met les plantes en pleine terre quand la belle saison est venue, puis on les abandonne, et, comme elles sont très sensibles au froid, les premières gelées les détruisent. Les boutures reprennent aisément; on peut les faire en septembre à froid sous cloches en employant l’extrémité herbacée des rameaux; après la reprise on rempote les jeunes boutures et on les hiverne sous châssis ou mieux dans uneserre froide ou tempérée. Les horticulteurs qui préparent des plantes pour les vendre au printemps en bourriches préfèrent pratiquer les boutures en janvier et février sur une couche chaude ; la reprise est assurée et les plantes vite formées si on leur applique un pincement destiné à les ramifier. Par ce second procédé, on n’est obligé de conserver pendant l'hiver que quelques pieds-mères qui tiennent infiniment moins de place que les boutures en godets et laissent la serre libre pour d’autres cultures.

Les Héliotropes peuvent servir à la décoration.

des plates-bandes où ils sont très recherchés à cause de leur bonne odeur. On en fait aussi des corbeilles. On peut conserver les vieux pieds en serre tempérée ou froide, et en faire des sortes de buissons qui fleurissent tout l'hiver ; mais, dans ce cas, les inflorescences n’acquièrent jamais les dimensions qu’elles ont chez les jeunes plantes. On peut également les élever à tige et par des pincements leur former une tête régulière.

Les Héliotropes peuvent se reproduire par semis, mais il convient de les pratiquer de très bonne heure si l’on veut voir les jeunes plantes qui en sont issues, fleurir dans le cours de la même année.

Héliotrope d'Europe (Heliotropium europæum L.). — On rencontre dans les terres en friches et notamment dans les sols calcaires de presque toute la France, surtout dans la région maritime, un Héliotrope annuel dont les fieurs blanches ou lilacées n’ont pas d’odeur. Les feuilles sont longuement pétiolées et rudes au toucher. C’est une herbe sans grande importance. J. D.

HÉLIOTROPE D'HIVER.— Voy. TUSSILAGE 0D0- RANT.

HELLÉBORE (horticulture).— Genre de plantes de la famille des Renonculacées, tribu des Aquilégiées. Les Hellébores ont les fleurs régulières et hermaphrodites. Le calice, qui s’insère sur un ré-

ceptacle conique, est formé de cinq sépales. La:

corolle comporte un nombre de pièces variable suivant les espèces; on est d’ailleurs peu fixé sur la nature exacte de ces pièces, qui prennent la forme de petits cornets, et que M. Baïllon considère comme des staminodes, s'appuyant sur ce que chacune de ces pièces commence une rangée d’étamines, lesquelles sont très nombreuses et disposées en spirale. Le gynécée comprend habituellement cinq carpelles ; mais ce nombre peut augmenter ou décroître dans les différentes espèces du genre, ainsi que dans les variétés de culture. Chacun d’eux comporte dans son angle interne un placenta portant un nombre indéfini d’ovules anatropes disposés en deux séries. Le fruit, multiple et induvié par le calice, est formé de follicules laissant, lors de la maturité, échapper au dehors des graines contenant un albumen. Les Hellébores sont des herbes vivaces propres aux régions boréales des deux mondes. Les feuilles sont tantôt persistantes, tantôt au contraire très fugaces ; elles sont profon-

Page 1