‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 170 sur 270 · HORTENSIA · texte numérisé non relu

HORTENSIA

maux une alimentation modérée. Il est rarement nécessaire de recourir aux purgatifs légers ou aux alcalins.

Si les recherches de l'avenir établissaient l’identité de nature de la gourme et du horse-pox, il suffirait d’inoculer le horse-pox aux jeunes chevaux et de les placer ensuite dans de bonnes conditions hygiéniques jusqu'à disparition de l’éruption pour les mettre à l’abri de la gourme (voy. GOURME). P.-J. C.

HORTENSIA (horticulture). — Noy. HYDRAN- GELLE.

HORTICULTURE. — L'horticulture peut être définie : l’art de cultiver les Jardins et d’en tirer le plus grand profit possible. Que l’on s'occupe du jardin de rapport ou de celui que l’on ne cultive que pour l'agrément, la définition reste la même et si les règles de l'horticulture sont bien appliquées, un Jardin de rapport doit fournir son maximum de produit de même que l’on doit tirer d’un jardin d'ornement la plus grande somme d'agrément.

Dès l’origine de l’histoire humaine, l’horticulture a sa place marquée, et un des premiers soucis de l'homme qui, cessant d’être nomade, s’est fixé dans un endroit déterminé a été de produire des légumes et des fruits nécessaires à son alimentation. La première forme de lhorticulture a donc été la culture d'utilité. Mais bientôt l’homme eut d’autres besoins que celui de pourvoir à sa nourriture, et son amour instinctif du beau le poussa à créer des jardins où les plantes rares et précieuses, les arbustes et les fieurs élégantes étaient cultivés. Ce fut le commencement du jardin d'agrément. On peut donc séparer l’horticulture en un certain nombre de branches dont le nombre a été en s’élevant à mesure que les progrès de nos connaissances nous ont ouvert des horizons nouveaux. De nos jours les différentes parties de l’horticulture peuvent se classer comme suit : Culture potagère, Arboriculture, Floriculture, Architecture des jardins.

Il convient d'examiner successivement chacune de ces grandes divisions de l’horticulture, mais il est utile de faire d’abord observer que ces différents chapitres ne constituent pas à eux seuls toute l'étude de l’horticulture. C’est qu’en effet pour pouvoir les effectuer avec quelque utilité, il est indispensable de connaitre les diverses conditions qui régissent la production du sol,et, pour cela, des notions générales sont indispensables. C’est ainsi qu'il convient d'étudier spécialement, d’une part, toutes les questions se rapportant à la multiplication des plantes, tels que semis, bouture, marcotte, greffe (voy.ces mots); de l’autre, celles qui ont trait à la vie des plantes et qui s’occupent des milieux dans lesquels leurs fonctions s’accomplissent et des agents qui concourent à leur accroissement. À ce titre, une étude approfondie du sol, de l’eau qui sert dans les arrosages, des engrais, etc., d’une part ; de l’action de la température, de l’air, de la lumière, d’autre part, devient indispensable. Tous ces points sont traités, avec les détails qu'ils comportent, à leur place respective.

Culturé potagère. — Cette partie de l’horticulture, qui, coïme son nom l'indique, s'occupe spécialement de là production légumière, est une de celles qui peuvent avoir le plus d'intérêt au point de vue agricole.'Les [légumes entrent, en effet, pour une large part dans l’alimentation générale ; ils constituent pour la classe ouvrière des campagnes la base de la nourriture. Aussi le jardin potager doit-il être dans toute exploitation rurale l’objet de soins spéciaux ; trop souvent la culture en est négligée, d’où il résulte que l’alimentation devient insuftisamment variée et, par suite, défectueuse.

La culture potagère, par les ressources qu’elle fournit, intéresse tous ceux qui possèdent un coin de terre cultivable, mais elle est aussi fréquemment la base d'exploitations spéciales.

HORTICULTURE

On divise dans la pratique ceux qui s'occupent de la culture des légumes en mardichers et en cullivateurs. Ces derniers s'occupent de la production des gros légumes, de tous ceux qui exigent peu de soin et dont la venue à lieu sans qu'il soit besoin d’user de moyens artificiels pour leur fournir un supplément de chaleur ou d'eau. Les cultivateurs sont habituellement établis à proximité des grandes villes, lesquelles, par leurs immondices, leur fournissent l’engrais nécessaire à la bonne venue de leurs denrées. La culture du sol se fait chez eux soit à la main, soit à l’aide d'instruments aratoires attelés, suivant l'étendue de terrain qu'ils cultivent ; celle-ci varie d’un à cinq ou six hectares et dépasse rarement ce chiffre. Les légumes produits par les cultivateurs sont très divers ; tantôt sur un même terrain on voit cultivées en même temps un nombre plüs ou moins considérable d'espèces diverses, tantôt au contraire le sol entier n’est occupé que par une seule et même plante. En se spécialisant, les cultivateurs arrivent à perfectionner sensiblement les légumes qu’ils cultivent et en obtiennent des rendements considérables.

Les exemples de cultures semblables sont nombreux à citer. Aux environs de Paris, presque chaque espèce de légume constitue une culture d’une localité déterminée. Dans les environs de la ville de Saint-Germain en Laye, dans la commune de Chambourcy on se livre presque exclusivement à la culture des Pommes de terre de primeur et des Choux-fleurs. Ailleurs, en Seine-et-Oise, à Epône, Mezières, Falaise, on cultive exclusivement le Poireau, dont on expédie chaque jour des wagons complets sur Paris. Dans l'Oise, la culture du Cresson occupe une place importante et donne un produit considérable. Sous le climat privilégié de la Bretagne, dans la baie du Mont-Saint-Michel, à Roscoff, dans l'ile de Jersey, on produit en très grande quantité les Choux brocolis et les Artichauts. Dans le midi de la France et dans le nord de l’Afrique, en Algérie et en Tunisie, on se livre avec avantage à la production de certains légumes qui, venant à Paris de bonne heure, sont vendus à des prix de faveur : tels sont les Haricots, les petits Pois, les Pommes de terre nouvelles.

La culture du maraicher est toute différente. Il n’approprie pas sa production au climat sous lequel il cultive ; tout au contraire, son métier est de produire les légumes à contre-saison et là où la production n’est pas à portée de tout le monde. La surface de terrain qu’il cultive est relativement faible : il est rare que son étendue dépasse un hectare ; mais il sait retirer de ce jardin un produit dont la somme égale ou dépasse même celle fournie par une exploitation rurale de moyenne étendue. Sa vie est toute de labeur. La journée est entièrement occupée au dur travail du maniement des terres et des fumiers, puis des arrosages et de la récolte des produits qu’il sait faire venir à bien en toute saison. Une partie de la nuit qui suit ces journées si bien remplies est consacrée à la livraison aux halles.

Le travail des maraïchers n’exige pas seulement une énergie de tous les instants, mais bien aussi une profonde intelligence du métier. Par suite de la variation des goûts et, plus encore peut-être, à cause de la facilité chaque jour croissante avec laquelle les transports à grande vitesse sont effectués, le maraicher est obligé de modifier sans cesse ses méthodes culturales : telle plante dont la culture est lucrative une année devient sans intérêt quelques années plus tard, car, importée du midi ou de l'Algérie, elle est livrée à bas prix. Il faut sans cesse lutter contre un envahissement des légumes qui, venus sans peine, sont vendus bon marché. Cette lutte ne s'opère pas par des interdictions d'importation qui favoriseraient les marai-

chers des grandes villes, mais qui priveraient les

HORTICULTURE

consommateurs de légumes; elle se termine toujours par quelques modifications nouvelles apportées aux cultures ordinaires, et l'avantage reste aux maraichers.

C’est ainsi qu'autrefois le fond de la culture maraichère était la production des Pois, des: Haricots, des Pommes de terre en primeurs; tous ces produits venant aujourd’hui du Midi, les maraichers les ont remplacés par des cultures de salades diverses. Les Tomates occupaient pendant longtemps une large place dans la culture des primeurs; les produits des départements du Midi venant à leur faire concurrence, les maraîchers se sont mis à les produire en culture retardée et livrent ces fruits en automne, alors qu'ils sont rares et que leur prix est élevé.

Grâce à toutes ces combinaisons diverses, la situation du maraîcher est restée bonne, et il sait s’amasser une fortune suffisante pour jouir dans sa vieillesse d'un repos bien mérité.

L'exemple des producteurs de légumes devrait être utile aux agriculteurs, et il est bien certain que tous ceux qui voudront adjoindre à leur exploitation une production légumière plus ou moins étendue en tireront toujours une large compensation au supplément du travail qu’il leur aura fallu fournir. Les combinaisons culturales pour les agriculteurs sont très diverses ; mais, dans tous les cas, la production des légumes est bien faite pour s’ac-

corder avec la production habituelle des champs.

Chaque culture se solde à courte échéance exactement comme une production de céréales. Les graines confiées au sol au printemps donnent des produits dans le courant de la même année, et les façons culturales ne sont que celles que le cultivateur est habitué à donner à ses plantes sarclées. L’objection faite à la possibilité de ces cultures potagères par les agriculteurs est la difficulté des débouchés; mais cet argument n’est pas fondé, car bon nombre de jardiniers ne vendent jamais leurs produits directement, mais les expédient à des commissionnaires des halles. Et puis n’avons-nous pas l'exemple donné par les producteurs du Midi qui expédient sur Paris, et celui plus frappant encore des maraichers qui cultivent dans l'enceinte même de la capitale des légumes qu'ils expédient dans toutes les capitales du nord de l’Europe? L’éloignement n’est donc pas une raison suffisante pour empêcher les agriculteurs de se livrer à une production dont ïls tireront toujours les plus grands avantages, à la seule condition de s’en occuper directement et d'y apporter tous leurs soins. D’ailleurs, les cultures de légumes sont tellement diverses que, toutes les fois qu’on le voudra, il sera facile de trouver des plantes appropriées au sol ainsi qu'aux conditions climatériques et économiques dans lesquelles on se trouve. En fin de compte, la culture des porte-graines et la production des semences potagères peuvent souvent être lucratives, et la facilité avec laquelle se fait le transport du produit qui acquiert une valeur élevée sous un faible volume permet de ne pas tenir compte de la plus ou moins grande facilité des débouchés (voy. PORTE-GRAINE).

F Au demeurant, la culture potagère a en France, dans l’état actuel, une très grande importance ; mais il n’est pas douteux que celle-ci ira en s’accroissant sans cesse, et la diversité des climats permet, non seulement, en multipliant le genre de cultures, d'améliorer l’état actuel de l’alimentation, mais aussi d'élever le chiffre de l'exportation. Arboriculture. — Cette partie de l’horticulture s'occupe de la culture des arbres, arbustes et arbrisseaux, tant d'utilité que d'ornement. On y admet deux divisions principales qui comprennent : l’une, la culture des arbres fruitiers ; l’autre, celle des arbres servant à l’ornementation. L’arboriculture fruitiere a une importance consi-

HORTICULTURE

dérable dans tous les pays où les fruits de choix sont entrés dans la consommation courante. Elle s'occupe de la production des fruits et partant de toutes les opérations qu’il est nécessaire d’appliquer aux arbres pour en obtenir une production soutenue ; c’est qu’en effet Les arbres fruitiers abandonnés à eux-mêmes ne donnent que des produits irréguliers et de qualité inférieure. La pratique de l’arboriculture admet donc un certain nombre d’opérations qui sont décrites à leurs places respectives. Ainsi l’éducation de ces jeunes arbres concerne la pépinière fruitière (voy. ce mot). Plus tard, ces arbres sont soumis à une série d'opérations qui ont pour but de régler la production des fruits, de les améliorer; telles sont les opérations de taille, pincement, palissage, etc. (voy. ces mots).

L’arboriculture fruitière comprend non seulement la culture de tous les arbres si nombreux dont nous consommons les fruits en nature, mais aussi celle des plantes arbustives dont nous utilisons les produits dérivés de leurs fruits. Telles sont les cultures de la Vigne, de l'Olivier, etc. Aussi cette partie de l’horticulture a-t-elle en France une importance très grande et occupe-t-elle déjà des étendues de terrain considérables. Les arbres cultivés pour les produits que l’on peut tirer de leurs fruits sont nombreux, et, comme en culture potagère, il est des localités qui se spécialisent dans la production de tel ou tel fruit et qui en tirent de très grands avantages. Chacun connaît de nom Montreuil-sous-Bois, près Paris, plus connu encore sous le nom de Montreuil-aux-pêches à cause de la très grande quantité de fruits de cette nature qui y est produite. Les cultivateurs de cette région se sont tellement spécialisés, ils connaissent si bien toutes les particularités de cette culture, que nulle part l'on ne produit d'aussi belles pêches et nulle part, non plus, on n’en tire un aussi bon. parti. Fontainebleau et Thomery, en Seine-et-Marne, sont bien connus par leurs cultures de raisins de table que l’on conserve tout l'hiver et que l’on exporte dans le monde entier. Dans beaucoup de localités des environs de Paris, l’on produit en grand les groseilles et les cassis qui servent à la confection des sirops ou des liqueurs. Dans le Lot-et-Garonne, ce sont les Pruniers qui sont spécialement cultivés ; on en fabrique des pruneaux qui donnent lieu à un commerce d'environ 30 millions par an. Mais ces cultures sont loin d’être limitées à la France seule. L’Angleterre, la Suisse, la Belgique produisent des fruits en grand. Aux Etats-Unis on évalue à 20 millions d'hectares la surface consacrée à la culture fruitière.

L’arboriculture fruitière donne en France des produits remarquables et mérite bien certainement de s'étendre beaucoup; mais les soins constants qu’exigent les arbres fruitiers, les connaissances spéciales qu'en nécessite la culture font qu'il est difficile aux agriculteurs de s’y livrer, d'autant plus que les produits de la plantation ne pouvant être recueillis que plusieurs années après la plantation, il convient, pour s’y livrer, d’être propriétaire foncier, car il est difficile d'engager les capitaux que nécessite l’établissement de plantations fruitières, : alors que l’on ne peut avoir l'assurance de recueillir jusqu’au bout le produit de ces cultures.

L’arboriculture d'ornement s'occupe de la description et de la culture, ainsi que de l’utilisation de tous les arbres ou arbustes de serre ou de pleine terre. Chaque espèce est décrite à sa place.

Floriculture. — La floriculture, qui, comme l'indique son nom, s’occupe de la culture des fleurs, a fait en France de sensibles progrès depuis quelques années. Il y a peu de temps encore le com merce des fleurs se faisait avec les fleurs cultivées en Belgique et en Hollande, mais, actuellement, les choses ont complètement changé. On produit en France de belles plantes, et les établissements

HORTILLONNAGE

horticoles importants sont nombreux. Le goût des plantes s’est répandu, ce qui a donné une grande extension au commerce de fleurs coupées. Sous le doux climat du midi de la France l’on produit par hectares des Roses, des Violettes ou des Acacias d'espèces diverses dont les fleurs coupées sont vendues dans toutes les villes d'Europe.

La production des plantes dites vertes, telles que les Palmiers, Dracæna, Phormium, etc., va aussi en progressant. On en cultive beaucoup en Algérie, à Hyères, à Antibes, et ces plantes élevées à l'air libre avec le simple secours des abris restent dures et résistantes et conviennent, par suite, à l’ornementation des appartements. Cette production des plantes vertes qui a déjà atteint un très haut degré, ira encore en se perfectionnant, et son extension sera chaque jour croissante, car, tandis qu’autrefois ces mêmes plantes étaient importées de Belgique, aujourd’hui elles commencent à s’exporter à destination de ce pays.

Les explorations chaque jour plus nombreuses, les voyages aux pays lointains rendus sans cesse plus faciles, ont permis à la flore de serre et de plein air de s'étendre et de s’épurer. Sous cectte heureuse impulsion, lafloriculture s’étend beaucoup et il est facile de juger de ses progrès par les nombreuses expositions horticoles qui s’organisent chaque année dans les différents centres. L’ornementation des jardins y a beaucoup gagné, celle des serres y a puisé aussi de nouveaux éléments d'extension.

Architecture des jardins. — Cette partie de l’horticulture s’occupe de la création des parcs et des jardins, de leur dessin et de leur ornementation. Elle a suivi des étapes successives avant d’atteindre le degré de perfectionnement que nous lui connaissons. L'historique des jardins, les règles qui président à leur établissement sont traités au mot JARDIN. J. D.

HORTILLONNAGE. — Les mots hortillonnage et hortillons étaient employés autrefois pour désigner la culture maraïichère et les maraïchers; ils sont aujourd'hui réservés pour exprimer le mode de culture spécial pour la production des légumes dans les marais tourbeux de la vallée de la Somme, aux environs d'Amiens. Ce système de culture, qui paraît y avoir été importé par les Hollandais au seizième siècle, consiste, après avoir bien nivelé et défoncé à la profondeur de deux fers de bêche, la tourbière à exploiter, à la partager, par des rigoles ou des canaux communiquant avec la rivière et larges de 2 mètres, en aires ou parallélogrammes de longueur indéterminée, larges de 3 à 4 mètres, ce qui correspond à la largeur que l’on peut arroser en puisant dans le canal avec une écope; les canaux sont ainsi les seuls moyens d'accès dans ces aires. Chaque année, au printemps, on cure les canaux, et l’on recharge les aires avec les vases du curage.

Les hortillonnages sont soumis à un assolement triennal traditionnel.

La première année, après un labour et une bonne fumure, on sème des Radis, des salades, des Carottes, des Oignons et des Poireaux. Les Radis et les salades sont récoltés de mai en juin, les Carottes en juin et juillet, les Oignons et les Poireaux en août. On regarnit immédiatement le terrain par le repiquage de salades et de Choux qu’on a semés en pépinière ; les salades se récoltent en septembre et octobre, et les Choux de décembre en février.

La deuxième année, après le labour et la fumure, on sème au printemps, par rangées qui alternent, des Pois et des Pommes de terre. A la fin de juin, on remplace par des Choux les Pois récoltés. Après les Pommes de terre qu’on arrache en août et en septembre, on repique des Laitues ou des Chicorées ; on les récolte à l’automne et les Choux pendant l'hiver.

HOUBLON

Au printemps de la troisième année, après le labour et la fumure, on sème des Radis et des salades, et on plante un peu plus tard des œilletons d’Artichauts. On fait les récoltes de salades et de Radis en avril, mai ou juin, celle des Artichauts en août et septembre. Dès que les Artichauts cessent de donner, on repique à leur place des Chicorées qu’on arrache en hiver.

Grâce à ce système de culture, la production est continue, et la terre n’est jamais en repos; les fumures abondantes ne lui manquent pas d’ailleurs. C’est par bateaux que s’effectue le transport des récoltes ; c’est aussi par bateaux qu'on apporte les fumiers. Les feuilles et les rebuts des légumes sont jetés dans les canaux où leur décomposition rapide enrichit les vases que l’on retire à chaque printemps...

Chaque jour, pendant les six mois de juin à novembre, une centaine de bateaux apportent les produits des hortillonnages sur le marché d'Amiens, d’où ils sont expédiés jusqu’en Angleterre ; pendant les six autres mois de l’année, le nombre des bateaux employés à ce service est moitié moindre.

HOTTE (outillage). — Sorte de panier de forme irrégulière, fait communément en Osier et qu’on porte sur le dos. Les hottes demi-coniques sont très usitées dans la culture maraîchère, pour le transport des produits; on emploie, dans un grand nombre de localités, pour les vendanges, des

Fig. 414. — Hotte des Cévennes.

hottes en douve de sapin. Dans les régions montagneuses, les hottes servent presque constamment pour le transport des terres, des fumiers, des récoltes de toute sorte; la figure 114 montre la hotte employée communément dans les Cévennes, appelée baïsse ; le cultivateur la charge sur ses épaules et la maintient en équilibré à l’aide des deux longs brancards dont elle est munie.

HOUBLON. — Plante vivace dioïque, à tiges annuelles, grêles, un peu anguleuses, parsemées d’aspérités sarmenteuses ou grimpantes, de la famille des Urticées, indigène en France dans les haies vives situées sur des sols frais et de bonne qualité. Ses feuilles sont à trois ou cinq lobes très apparents, dentées en scie, pétiolées, échancrées en cœur à la base et opposées. Ses fleurs femelles sont disposées en cônes formés d’écailles membraneuses imbriquées, à la base desquelles existe une matière jaune, résineuse, amère et odorante qui entre dans la fabrication de la bière.

HOUBLON

La culture du Houblon est très ancienne en Europe. L'histoire constate qu’elle était pratiquée dans les Flandres et les Pays-Bas au temps des Carlovingiens, et en Bavière, au neuvième siècle, sous le règne de Louis le Germanique. Cette plante a été cultivée pour la première fois, en Angleterre, au quinzième siècle, sous le règne d’Elisabeth, et dans la Lorraine et les Vosges au commencement du siècle actuei. Son introduction dans la Bourgogne, comme plante industrielle, date de 1856.

4 L \ Q PAR vs

\ VA S ve K( QU LR, NS

Fig. 145. — Houblon : port, fleur, fruits et graines.

Le Houblon est cultivé en France à Rambervillers, Lunéville, Nancy, Toul, Bailleul, Steenwoode, Hazebrouck, Beire, Luxe, Viévigne, Apremont, etc. Il occupe d'importantes surfaces, en Angleterre, ‘dans les comtés de Kent, Sussex, Hereford, Worcester et Surrey; en Belgique, à Alost, Poperingue, Asche, Teralphène, Japille et Angleur; en Bohême, à Saaz, Auscha, Falkenau et Leimeritz ; dans le Palatinat, à Sandhausen, Schwezingen, Woldorf et Offersheim; en Saxe, à Heidelberg, Schwetzingen; dans le Wurtemberg, à Rottembourg ; en Bavière, à Spalt, Eichstett, Stirn, Weingarden, Rainsberg, Hespruck, etc. Le Houblon est aussi cultivé en Silésie, dans la Poméranie, le

HOUBLON

Mecklembourg, le Brandebourg, le grand-duché de Bade, c’est-à-dire dans toute l’Europe septentrionale, où la vigne ne peut mürir ses raisins et où la bière est la boisson générale.

Le Houblon ne se propage pas par graines, parce que les fleurs légèrement jaunàtres qu’on observe sur les pieds mâles, très peu nombreux du reste dans les houblonnières, sous forme de grappes à l’aisselle des feuilles, se fanent et tombent presque toujours au milieu de l’été après leur épanouissement. On le propage à l’aide de ses pousses qu'on détache des pieds femelles à la fin de l'hiver lorsqu’on exécute l'opération connue sous le nom de taille. Ces pousses, qui sont de véritables boutures herbacées, sont mises aussitôt en place ou plantées en pépinière pour être transplantées l’année suivante quand elles ont développé des racines ou du chevelu. Ces provins sont souvent déjà productifs pendant l'automne qui en suit la plantation à demeure.

La plantation des boutures ou des provins a lieu en février ou mars aussitôt que la température le permet. On ne doit pas oublier que le Houblon entre de nouveau en végétation de très bonne heure à la fin de l'hiver.

La mise en place des plants (boutures ou provins) a lieu suivant des lignes ou allées qui se coupent à angle droit, ou on l’opère en quinconce.

Dans les deux cas, on dirige les allées de manière que le soleil puisse aisément pénétrer dans la houblonnière le matin, à midi et dans la soirée. Suivant les contrées, la nature et la fertilité du terrain et les variétés cultivées, les pieds de Houblon sont espacés en tous sens de 1,65, 1,70, 17,80 ou 2 mètres. Dans les pays où les brumes sont fréquentes vers la fin de l'été ou au commencement de l'automne, on éloigne davantage les plants que dans les contrées où l'air est toujours chaud'et peu humide. On agit de même quand on cultive de préférence des variétés tardives qui produisent tou-. jours des lianes plus vigoureuses et plus nom breuses que les variétés précoces.

En Bohême, on compte ordinairemen 4000 pieds par hectare, en Angleterre 3200 et en France 3500: Dans la Campine, où les Houblons sont espacés de 1 mètre seulement sur des lignes éloignées les unes des autres de 3 mètres, chaque hectare comprend, en moyenne, 3300 pieds. Lorsque les Houblons sont espacés en tous sens de 2 mètres, l'hectare n’en renferme que 2500.

Le terrain choisi pour une houblonnière peut être défoncé en plein ou partiellement. Le défoncement complet du sol à 0,50, 0",65 ou 0,75 de profon-

AIT TTL LITTLE

In

Page 1