GASCONNE
males sont qualifiées de Gasconnes, pour la raison évidente qu’elles se sont formées dans l’ancienne province de Gascogne. Elles ont des importances inégales, à la fois par les races auxquelles elles appartiennent et par leur population. Il y en a une asine, une bovine et une ovine. Nous allons les décrire successivement.
VARIÉTÉ ASINE GASCONNE. — Tous les ânes de la Gascogne ne sont point de la variété dont 1l s’agit ici. Là, comme partout, la race d'Afrique, la petite race, à laquelle se rattachent ce qu’on nomme les ânes communs, s’est répandue, et on la trouve entre les mains des pauvres gens. La variété Gasconne est de la race, beaucoup plus estimée, de l'âne d'Europe (E, À. europœus), qui fournit les étalons pour la production des mulets
Cette race, comme on sait (Voy. ANE), est beaucoup plus grande et plus forte que l’autre. Parmi ses variétés, celle de Gascogne, peu différente de celles de la Catalogne et de l'Italie, n’atteint point la taille la plus élevée, qui va jusqu'à 1",48. Elle se maintient aux environs de 1",35 à 1",40, et son squelette reste relativement fin, par rapport à celui des ânes du Poitou, dont les formes massives sont très estimées. Sa robe, toujours brune, comme celle de toutes les autres variétés de la même race, est formée de poils courts, rarement frisés. En somme, c’est une variété fine, à tête moins forte, à mem bres beaucoup moins volumineux que ceux de la Poitevine, ce qui fait qu’elle est moins estimée que celle-ci pour la production des mulets. Aussi va-t-on souvent de la Gascogne en Poitou pour y acheter des baudets préférés par les propriétaires de juments. C’est d’ailleurs dans le département de Tarn-et-Garonne que se trouvent les meilleurs ânes de la variété Gasconne.
VARIÉTÉ BOVINE GASCONNE. — Cette variété est l’une des nombreuses que compte la race des Alpes (B.T. alpinus). Elle occupe la partie la plus occidentale de son aire géographique, dans les départements de Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne et du Gers. En ce dernier département elle forme à elle seule toute la population bovine, tandis que dans les autres elle se mélange avec la variété Garonnaise de la race d'Aquitaine, à peine moins nombreuse qu’elle. Dans l’Ariège, que la race des Alpes peuple exclusivement, si le bétail des plaines se confond facilement avec celui de la Haute-Garonne, il n’en est pas de même de celui de la montagne. Celui-ci forme une autre variété distinguée par les noms d’Ariégeoise ou de Saint-Gironnaise.
Comment la race des Alpes, dont le type spécifique se reconnaît en Gascogne à première vue, s'est étendue jusque-là, ceux qui se contentent facilement, pour résoudre de telles questions, des moindres indices, ne seraient certainement pas embarrassés pour l'expliquer. Il leur suffirait de constater qu’à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, des taureaux ont été importés de la Suisse à peu près partout en France, et notamment en Gascogne. Mais les importations furent trop passagères pour avoir pu ainsi transformer toute une ancienne population, et la variété Gasconne montre son unique atavisme avec trop de persistance pour qu’il soit permis d'attribuer son origine à des croisements si peu continués. Il n’y a donc pas de doute que cette variété occupait la Gascogne dès longtemps auparavant. Depuis quand et comment y était-elle venue? C’est ce que nous ne savons point. L'important est d’ailleurs seulement d'établir son identité et de la rattacher à son origine ethnique, qui ne peut pas être un seul
anstant douteuse pour quiconque a la moindre no-
tion de la caractéristique des races. Et au point de vue pratique, c’est aussi de la distinguer, par sa physionomie et par ses aptitudes, des autres variétés, en la décrivant exactement.
Dans la population Gasconne, on compte plus de
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