GASCONNE
mâles que de femelles, mais la plupart de ces mâles ont été émasculés. Ce sont des bœufs employés aux travaux agricoles. Dans le Gers seulement, où se produit surtout le jeune bétail, les vaches et les génisses l’emportent. Entre la taille des mâles et celle des femelles, la différence est peu sensible, et cette taille dépasse rarement 1",32 à 1,33. Cela est dù surtout à ce que les membres sont toujours relativement courts. Le squelette est fort, même grossier le plus souvent, la tête grosse conséquemment, le cou court et épais, avec un fanon très développé. La poitrine est profonde, mais souvent rétrécie en arrière des épaules, et le dos ordinairement un peu fléchi. Les lombes sont étroites, les hanches peu écartées, et la croupe, courte, se relève vers l’attache de la queue, très saillante. Celle-ci, toujours longue et volumineuse, est abondamment pourvue de crins à son extrémité. Les cuisses sont minces et plates. Les membres, fortement articulés, se montrent le plus souvent déviés. Tout cela donne un ensemble de formes trapues et peu correctes, qui se présentent cependant améliorées sur quelques sujets, dont le nombre ne croit que lentement, à cause des idées encore trop générales, dans le pays, sur la nécessité de conserver les formes indicatrices d’une grande force motrice. Les membres peu volumineux, les articulations peu larges sont considérés comme de véritables défectuosités par la plupart des cultivateurs gascons.
La peau cest toujours épaisse et d’une grande densité Le mufle, la pointe des cornes et les onglons sont toujours noirs. Le pelage, fauve ou blaireau, est mêlé, chez le taureau, de brun très foncé, à la tête, au cou et aux membres antérieurs, quelquefois aussi chez la vache. Le long de l’épine dorsale et à l’intérieur des oreilles, la nuance des poils est toujours plus claire. On estime beaucoup que le fond des bourses chez le mâle, les lèvres de la vulve chez la femelle et l’anus chez les deux soient fortement pigmentés, c’est-à-dire d’un beau noir. On dit des sujets pourvus du dernier signe qu'ils ont la cocarde, et on tient ce signe, ainsi que celui des bourses du mâle, pour un indice certain de pureté de race Gasconne. La vérité est que les deux sont habituels dans la race des Alpes, mais ne lui sont point particuliers. On les rencontre dans toutes
celles dont le pelage est analogue, comme par
exemple dans la race Ibérique et dans la race Vendéenne.
Les vaches Gasconnes ne montrent qu’une faible aptitude pour la lactation, contrairement à ce qui s’observe chez toutes les autres variétés de la race des Alpes. Elles nourrissent à peine suffisamment leur veau. Leurs mamelles sont d’ailleurs rarement bien conformées et développées. Il n’est pas difficile de s’expliquer que la race ait ainsi perdu en Gascogne son aptitude prédominante. Il suffit, pour le comprendre, de songer à la sécheresse du climat gascon. En revanche, elles sont de fortes travailleuses, et sur les coteaux du Gers, qu’elles habitent principalement, elles labourent et font les charrois. Le jeune bétail quitte de bonne heure ces coteaux où il naît, pour se répandre dans les exploitations agricoles des départements voisins, où il est dressé au joug après avoir été émasculé par le bistournage, exclusivement usité.
Lorsqu'ils ont fourni une carrière de travail qui se prolonge toujours trop longtemps, entre les mains des cultivateurs, qui en ont d’ailleurs grand soin, qui leur .brossent chaque jour les poils et les préservent des intempéries en hiver et des attaques des insectes en été par des couvertures de toile, les bœufs Gascons sont engraissés à l’étable. Ils se montrent durs à l’engraissement et l'opération n’est souvent point terminée avant cinq ou six mois. Cela se comprend sans peine, étant donné leur âge, qui est ordinairement de dix à douze ans, et en