GAYAC
On lui doit un grand ouvrage sur l’histoire physique et politique du Chili, dans lequel il a fait une large part à l’agriculture, et entre autres travaux, des mémoires sur l’origine de la Pomme de terre (1834) et sur l'influence du déboisement dans les changements de climat. H. S.
GAYACG. — Voy. GAÏAC.
GAY-LUSSAG (biographie). — Joseph-Louis Gay- Lussac, né à Saint-Léonard (Haute-Vienne) en 1778, mort en 1850, a été un des plus célèbres chimistes du dix-neuvième siècle. Parmi ses nombreux travaux, il faut citer, parmi ceux qui se rapportent à la technologie agricole, ses recherches sur la fermentation (1809), un Mémoire sur l'existence de l'alcool dans le vin (1813), la construction de l’alcalimètre et de l’alcoomètre centésimal. HyS.
GAZANIA (horticullure). — Genre de plantes de la famille des Composées, créé par Gærtner et que M..H. Baillon considère comme une section du genre Gorteria. Ce sont des herbes vivaces, originaires du Cap, à tiges couchées. Les fleurs réunies
en capitules sont jaunes; celles de la périphérie, ligulées et stériles, sont marquées d’une tache noire à la base; les fruits qui succèdent aux fleurs du centre sont des akènes qui ont une aigrette faite de paillettes linéaires. On cultive principalement le Gazania brillant (Gazania splendens Lindil.) qui porte des feuilles lancéolées, d’un vert luisant en dessus et blanches tomenteuses en dessous. Les capitules très grands, formés de fleurs d’un beau jaune d'or brillant, se succèdent depuis le printemps jusqu’en automne. La multiplication est facile de boutures ou d’éclats faits à l'automne ou en orangerie. On doit abriter pendant l'hiver sous un châssis ces plantes qui conviennent particulièrement à la formation de bordures exposées en plein soleil.
Les espèces G. pavonia et G. rigens sont beaucoup moins cultivées, car ce sont des plantes délicates qui exigent la terre de bruyère et la culture en pot. J. D.
GAZON (horticulture). — On donne ce nom à toute surface de terrain couverte artificiellement d'herbes et servant à la décoration des jardins et des parcs. Le rôle des gazons dans la décoration est très important, car leur verdure repose l'œil et fait ressortir l'effet ornemental des fleurs placées dans le voisinage. Aussi, dès qu’un jardin a une surface de deux ou trois ares, est-on dans l'habitude d’y créer un gazon, dont la forme varie d’ailleurs suivant le style du jardin. Réguliers et limités par des lignes géométriques dans les jardins à la française, les gazons prennent au contraire, dans le style paysager, des formes à contours irréguliers.
Dans les jardins français, leur surface doit être toujours plane ; elle est horizontale ou inclinée suivant la disposition du terrain. Dans les parcs ou jardins paysagers, il faut au contraire éviter soi- -gneusement de disposer la surface du terrain suivant un plan. Dans ce style, les gazons ne doivent non plus jamais être bombés au centre, mais au contraire creusés en une sorte de vallée peu profonde, dont le thalweg suit la forme du terrain enherbé. Sur les bords de cette sorte de vallée sont plantés des massifs d'arbres, des corbeilles ou des groupes de plantes diverses; ces plantations couronnent toujours les reliefs du vallonnement (voy. ce mot) auquel on donne une importance variable suivant l’étendue de la pelouse. Dans aucun cas il ne doit exister de plantations dans le milieu du gazon, afin d'éviter de gêner la vue de tous les motifs de décoration disposés sur ses bords.
Les courbes des bords du gazon ne doivent pas être quelconques; on doit éviter de les faire à rayons trop courts. Là où l’on est obligé de donner aux bords du gazon une courbe très accentuée, on la motive en y plantant soit une corbeille, soit un groupe d'arbres ou de plantes. Dans les grands jardins et les parcs, il faut éviter d’encom-
Lea
GAZON
brer les pelouses de plantations diverses, ce qui, en coupant les lignes des percées (voy. ce mot), détruirait tout aspect de grandeur. Dans les petits jardins au contraire, dans lesquels la vue ne peut s'étendre au loin, il convient de multiplier les motifs de décoration des gazons, tout en évitant que les plantations qui y sont faites ne donnent trop d'ombre et ne détruisent les herbes composant la pelouse.
Les gazons peuvent être créés par deux procédés différents, dont l’un est le semis et l’autre le placage ; il convient de les examiner successivement.
Le semis est le mode d’établissement du gazon le plus généralement employé; il est applicable toutes les fois que le terrain ne présente pas une pente trop accentuée. Avant de procéder au semis d’un gazon, il convient de faire subir au terrain diverses façons culturales destinées à ameublir le sol et à en rendre la surface propre au bon développement des plantes qui doivent y être semées. On commence par un labour fait, soit à la charrue dans les grands parcs, soit à la bêche, ce qui est préférable, car il est plus aisé de rendre la surface nette et bien aplanie. Dans tous les cas, après ce premier labour qui serafait, si on le peut, à l’automne, on enlèvera, au râteau ou à la main, les plus grosses pierres. Il est utile de donner un second labour dont on profitera pour enfouir une fumure, si le terrain a déjà porté du gazon ou s'il est épuisé par des cultures antérieures. Après ce second labour, il convient d’égaliser absolument la surface du sol; dans ce but, on le roule s’il s'agit d’une grande étendue, ou bien, dans les petits jardins on le piétine uniformément. On termine l’opération par plusieurs coups de ràteau qui non seulement servent à égaliser la surface, mais qui devront concourir à maintenir un vallonnement gracieux. Sur tout le pourtour de la pelouse, à l’aide du dos du ràteau, on ramène un peu de terre de façon à faire tout autour une sorte de petit rebord auquel on donne dans la pratique le nom de filet. Il faudra veiller à ce que le filet soit à une hauteur constante et qu’il ne présente pas des hauts et des bas; 1l devra suivre la surface de l'allée.
Le terrain étant ainsi préparé, on peut procéder au semis. Celui-ci peut être fait au commencement de l'automne, fin septembre ou octobre. Le semis, à cette époque, a l’avantage de fournir dès le printemps un gazon bien vert; il demande de l’entretien, car il importe que les feuilles des arbres ne viennent pas le couvrir, ce qui en amènerait la pourriture par places. Dans les endroits très ombreux, le semis d'automne est le meilleur, car le gazon peut se bien développer au printemps avant que les arbres soient feuillés et mieux résister ainsi à leur ombrage. Si le semis n’est pas fait à l'automne, on le pratique dès la fin de l'hiver, en mars et avril. Cette seconde saison est à conseiller, notamment dans les terres compactes où le jeune plant, soulevé pendant l'hiver par suite du gel et du dégel de la terre et soumis à une humidité surabondante, résisterait mal. Dans tous les cas, la graine doit être répandue sur le sol en grande abondance, afin que, dès le début de la végétation, le gazon prenne l'aspect d’un tapis vert non discontinu. Le semis est fait à la volée, et si les graines employées sont de diverses espèces ct de grosseur variable, on les répand les unes après les autres. Le bord du gazon doit être semé plus serré que le reste de sa surface, afin de paraitre tout de suite bien garni; dans ce but on sème le gazon entièrement, puis on resème à nouveau tous les bords, en y répandant ainsi une quantité sensiblement double de celle mise sur le reste de la surface.
Les espèces de plantes que l’on emploie pour ensemencer les gazons sont très nombreuses : la plupart
Ill. — 3
GAZON
d’entre elles appartiennent à la famille des Graminées, mais les espèces sont variables suivant la nature du sol, sa plus ou moins grande hygroscopicité et aussi suivant qu’il est à l’ombre ou au plein air.
On peut dire d’une façon générale que toutes les Graminées qui ont un feuillage fin et qui ne forment pas de trop grosses touffes qui laisseraient, lors du fauchage, des taches grises, peuvent être employées ; pour ces raisons, le Dactyle pelotonné et la Houlque, par exemple, ne doivent pas être employés, tandis que les Paturins, les Agrostides et les Fétuques forment d'excellents gazons. Dans certaines conditions on se trouve bien de l’adjonction ou même de la substitution à ces Graminées, de plantes appartenant à des familles différentes. C’est ainsi que les Anglais sont dans l'habitude d'ajouter à tous leurs mélanges une proportion variable de Trèfle blanc qui rampe sur le sol et le garnit bien. On a recommandé également l'emploi, dans les terrains sableux secs, de l’Achillée millefeuille (Achilea millefolium L.) employée soit en mélange, soit même seule; puis différents Saxifrages, des Laiches et quelques autres plantes dont l'usage, dans tous les cas, ne saurait être recommandé que lorsqu'il est notoirement impossible de se servir de Graminées. Il est rare que l’on puisse employer avantageusement une seule espèce de Graminée pour faire un gazon, et l’on tire de bien plus grands avantages de mélanges bien combinés, dans lesquels certaines plantes ont pour rôle de garnir immédiatement le terrain, tandis que d’autres constitueront pour plus tard un gazon résistant. C’est ainsi que dans tous les gazons de Graminées on sème une forte proportion d’Ivraie vivace (Lolium perenne L.), connue encore sous le nom anglais de Ray-Grass. C’est une herbe peu résistante, mais qui présente l’immense avantage de garnir très rapidement et de posséder un feuillage d’un vert gai et luisant ; le plus souvent cette herbe est en grande partie détruite dès la seconde année, mais elle est alors remplacée par les autres Graminées résistantes qui ont été semées en même temps et qui demandent longtemps à se développer, telles que : Paturin, Agrostide, etc.
La quantité de graine qu’il convient de répandre varie du simple au double, suivant que l’on désire obtenir un effet immédiat ou bien que l’on ne craint pas d'attendre que la pelouse se garnisse d'herbes. Elle varie encore dans des proportions très considérables, suivant la dimension et le poids de la graine. Dans tous les cas cette quantité est comprise entre 100 à 200 kilogrammes à l’héctare de graines pures, car il importe d'employer, pour la formation -du gazon, non les graines de toute sorte provenant des balayures de grenier, mais des graines pures telles que les livre le commerce.
Voici, avec les proportions relatives de chacune des graines, quels sont les mélanges qui donnent généralement les meilleurs résultats.