GELÉE
le sol; cet effet est d'autant plus énergique que la terre renferme plus d’eau. On comprend dès lors que l'action de la gelée est plus efficace sur les terres marneuses et argileuses, lesquelles retiennent toujours beaucoup d’eau, que sur les terres siliceuses, où elle est souvent presque nulle.
La profondeur à laquelle la gelée pénètre dans le sol dépend tant des minima de température que du nombre des jours de gelée. Quelques observations ont été faites sur ce sujet, mais elles sont encore trop peu nombreuses pour qu’on puisse en tirer des conclusions positives. Ainsi.à Paris, Flaugergues a constaté que l’approfondissement moyen de la gelée variait de 14 à 34 millimètres par jour ; à Orange, le comte de Gasparin a trouvé que cet approfondissement variait de 14%,2 à 3 ES hoc
Il résulte des expériences de M. Boussingault que la neige sert d'écran et qu'elle soustrait le sol qu’elle couvre, à une partie des effets de la gelée. Cette action est plus sensible si le sol n’est pas gelé, que lorsqu'il est déjà gelé lors de la chute de la neige.
Effets de La gelée sur les plantes. — Les effets de la gelée sur les plantes varient suivant la nature mème des plantes et suivant l'intensité du froid (voy. ce mot). Dans la plupart des circonstances, la rapidité du dégel est la cause principale du mal produit par le froid. Ainsi, dans des champs cultivés en céréales ou d’autres plantes semées à l’automne, on constate que les jeunes plantes auront mieux résisté à un hiver long, mais se terminant graduellement, qu’à des successions de gels et de dégels, quand même le froid n'aurait pas été rigoureux. La gelée, en soulevant et émiettant la couche superficielle du sol, provoque le déchaussement des racines, sur lesquelles les intempéries de l’atmosphère exercent dès lors leur action. On répare cet inconvénient en faisant passer le rouleau sur les champs au printemps.
Le dégel est le moment le plus redoutable pour tous les végétaux ; le danger est d’autant plus grand que la plante est plus gorgée d'eau et d’un plus faible volume. &« Un moment suffit, dit M. Marié- Davy, pour détruire le bourgeon baigné de rosée; il faut plus longtemps pour le rameau; le tronc ne périt qu'après une longue succession de froids; la racine résiste presque toujours. »
GELÉE BLANCHE. — La gelée blanche est le résultat de l’abaissement de la température causé par le rayonnement nocturne. Ce phénomène a la même origine que celui de la rosée (voy. ce mot) ; il en diffère en ce que la vapeur de l'air, au lieu de se déposer en eau sur les plantes, s’y congèle. La gelée blanche se manifeste surtout au printemps et à l’automne, rarement dans les autres saisons. Elle se produit lorsque le thermomètre descend de 4 à 5 degrés, à la limite de zéro ou au-dessous ; si le ciel est clair, avec absence de vent, cet abaissement a lieu rapidement entre minuit et le lever du soleil.
Au printemps, les gelées blanches ont une action funeste sur. les bourgeons et les jeunes pousses des végétaux. Sous l’action du soleil, la glace, en se convertissant en vapeur, enlève aux corps environnants une notable quantité de chaleur ; le refroidissement subit entraine la désorganisation des tissus. Dans certaines régions, Îles récoltes des Vignes et des arbres fruitiers sont, chaque année, plus ou moins diminuées par les gelées blanches. On combat les effets du phénomène en empêchant le rayonnement nocturne, soit par des abris, soit par des nuages artificiels (voy. ces mots).
Les effets des gelées blanches varient suivant les localités, leur orientation, leur altitude. Parfois, les bas-fonds gèlent plus que les coteaux; mais le contraire arrive plus fréquemment, surtout lorsque les bas-fonds sont humides: dans ce cas, en effet,