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GELÉE DES VIGNES
il s’y produit des brumes qui mettent obstacle au rayonnement nocturne des plantes.
GELÉE DES VIGNES (vilicullure). — Les gelées sont la cause d’accidents quelquefois d’une grande gravité pour les Vignes; ce sont les inconvénients qui résultent de leur fréquence et de leur intensité qui empêchent de cultiver ces végétaux dans les contrées du Nord ou dans les régions très élevées des pays tempérés. L'action de ces intempéries n’est pas la même dans les diverses saisons par suite des différences qui existent dans l'état de la végétation aux divers moments de l’année; nous serons donc amenés à considérer successivement ce qui est relatif aux gelées d'automne, à celles d'hiver et à celles de printemps.
Gelées d'automne. —Les gelées d'automne sont rarement à redouter dans les contrées dont l’ensemble du climat permet la culture de la Vigne; cependant on les voit quelquefois se produire dans des bas-fonds, lorsque des vents froids du nord succèdent à une série de pluies. D’après M. Petit- Lafitte, elles auraient lieu environ tous les quatorze ans dans la Gironde. Les accidents qui peuvent résulter de ces intempéries sont un arrêt subit et prématuré de la végétation et un mauvais aoûtement des sarments; lorsque la vendange n’a pas encore eu lieu, les raisins sont en outre mortifiés par l’action du froid et, quelle que soit la promptitude avec laquelle on les recueille ensuite, on éprouve un déchet important.
Le seul remède à opposer à ces inconvénients consiste à cultiver dans les contrées qui y sont exposées, des cépages à aoûtement et à maturité précoces.
Gelées d'hiver. — Le repos de la végétation pendant d'hiver permet à la Vigne de supporter des températures relativement basses sans souffrir sérieusement. Pourtant, lorsque le froid atteint 10 à 15 degrés et au-dessous, il peut survenir des accidents graves : un certain nombre de souches périssent, d’autres gèlent jusqu’au niveau du sol, ou perdent une partie de leurs bras et de leurs coursons. Quelquefois enfin avec des températures moins basses (8 degrés par exemple), mais dans les bas-fonds humides, les bourgeons seuls sont tués et des rameaux, généralement stériles, naissent sur les vieux bois au bas de la tige ou des bras; c’est ce que l’on appelle vulgairement un retour de seve. À froid égal, du reste, les Vignes sont d'autant plus atteintes qu’elles sont dans un milieu plus humide. Les vieux ceps affaiblis par l’âge et Les cépages qui s'aoûtent tardivement souffrent plus que les autres de l'action du froid. Les Vignes déchaussées, celles qui ont été taillées antérieurement résistent moins bien que les autres.
Lorsque le plus grand nombre des souches a succombé dans un vignoble, le mieux est généralement de tout arracher et de replanter. Dans le cas contraire, où la partie extérieure des ceps est seule atteinte, on peut se borner à recéper et à greffer ; on obtient ainsi un prompt retour à la fructification.
Gelées de printemps.— Les gelées de printemps sont généralement les plus redoutables par suite de leur fréquence; elles se répètent à des intervalles assez rapprochés, même dans les pays de vignobles du midi de la France et dans les parties de l’AIgérie un peu éloignées du littoral, dont Je climat est relativement doux. M. Petit-Lafitte estime qu'elles reviennent à peu près tous les neuf ans dans la Gironde, et M. Marès affirme qu’elles se produisent, dans l'Hérault, une année sur trois avec des intensités diverses. Mais si ces phénomènes entraînent des pertes de récolte considérables par leur répétition, leurs effets sur la plante sont moindres que ceux des gelées d'hiver, puisqu'elles n’en entrainent pas la mort.
Les gelées de printemps se présentent sous deux
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formes diverses : les gelées à glace ou gelées noires et les gelées blanches. Les premières sont produites par un abaissement général de la température de l’atmosphère et sont accompagnées d’un froid plus intense que les secondes. C’est généralement pendant la première période de la végétation de la Vigne qu’elles se produisent. Leurs effets sont d’autant plus dangereux, qu’elles succèdent à une période pendant laquelle la température a été relativement douce et où la végétation a commencé activement. Un temps sec et un dégel progressif sont les conditions les plus favorables pour réduire au minimum le dommage causé aux Vignes ; lorsque, au contraire, le dégel est rapide, les jeunes rameaux se mortifient et sèchent, les bourgeons périssent. Il se produit fréquemment, à la suite de ces gelées, des broussins, sortes d’excroissances irrégulières qui naissent à la base des coursons ou sur les racines. La destruction des bourgeons entraine quelquefois la perte du courson et même du bras qui le porte : dans ce cas, les effets de la gelée se font sentir pendant piusieurs années et on est obligé d’avoir recours à des ravalements pour remettre la Vigne en état.
Les gelées blanches sont produites par un refroidissement du sol résultant du rayonnement qui s'établit à la surface de la terre vers les espaces; les jeunes rameaux des Vignes qui en sont les plus rapprochés tendent à se mettre en équilibre de température avec le sol et sont détruits lorsqu'ils arrivent à zéro el au-dessous, sans que la température de l’air ambiant descende toujours à ce degré. Les endroits bas, un peu humides, sont les plus exposés à l’action de ce phénomène. C’est en avril ou au commencement de mai, et vers quatre ou cinq heures du matin, qu’on a le plus à le redouter.
Le seul moyen de diminuer les chances qui résultent des gelées à glace, consiste à chercher à obtenir un débourrement tardif, soit en cultivant des cépages qui entrent tard en végétation, soit en ayant recours à des tailles tardives; la Vigne se trouve ainsi, pendant la première période où elle est plus particulièrement exposée aux gelées, dans un état qui les rend moins dangereuses pour elle.
Les précautions qui viennent d’être indiquées sont également bonnes à prendre en ce qui concerne les gelées blanches, mais on peut encore s’en préserver par un certain nombre d’autres moyens : les uns résultent des conditions même d'établissement du vignoble, et ont un caractère permanent ; les autres sont éminemment temporaires, et doivent être appliqués toutes les fois que les circonstances l’exigent.
Parmi les premiers, on peut mentionner l’établissement de la Vigne sur les coteaux, où les effets du rayonnement nocturne sont moindres que dans les vallées, ou dans les plaines. C’est à cause de cela que, dans la région septentrionale de la culture de la Vigne, dans le Beaujolais, le Doubs, le Jura, la Bourgogne, la Champagne, etc., on ne plante guère de vignobles qu’en coteau.
On a aussi recours, dans le même but, à la conduite des Vignes en souches moyennes ou hautes. On place, de la sorte, les rameaux à une distance suffisante du sol pour que l'influence de l’abaissement de la température de ce dernier ne s’exerce que faiblement sur eux. C’est en vue d'arriver à ce résultat que dans l'Isère, la Savoie, etc., les Vignes exposées aux gelées sont conduites en hautains ou en treilles, tandis que celles des coteaux, où ce danger est peu à redouter, sont en souches basses.
Les courants d’air s'opposant à la formation des gelées blanches, qui ne peuvent se produire que par une atmosphère tout à fait calme, il faut éviter dans les vignobles tout ce qui peut les arrêter : les murs, les haies, et autres abris analogues. On doit enfin y proscrire les cultures intercalaires de cé-
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réales, de fourrages, etc., qui présentent des surfaces rayonnant plus activement que le sol naturel.
Les moyens temporaires de préservation contre les gelées blanches consistent dans l'emploi de corps formant écran et s’opposant au rayonnement du sol. Dans certaines contrées, où le vin atteint une grande valeur et où les Vignes ont un faible développement, on les abrite dans ce but avec des paillassons ; ce procédé offre l'inconvénient d’entrainer une mise de fonds considérable et d’occasionner des accidents, lorsque des vents violents surviennent et projettent les paillassons sur les jeunes rameaux encore tendres qu’ils brisent en grand nombre. L'emploi des abris en toile, proposé par M. Dubreuil, et celui des feuilles ou des cornets de carton (système Jobard), ou du papier bitumé présente les même dangers. On peut constituer des écrans suffisants et beaucoup plus économiques en attachant aux échalas une poignée de paille disposée en éventail, ou du mauvais fourrage, de la fougère ou des rameaux d'arbres. Au reste les échalas eux-mêmes, dans les contrées où la Vigne est plantée serrée, exercent une influence notable contre les gelées blanches. En Champagne, par exemple, où 1 hectare porte 50000 à 60000 échalas, on estime à trois degrés en plus la température des vignobles, où ils sont en place, par rapport à celle des sols encore découverts ; aussi a-t-on soin de ficher les échalas de bonne heure dans les Vignes basses et exposées aux gelées.
On emploie également avec succès, dans le but de préserver les Vignes des gelées blanches, les nuages artificiels, que l’on obtient en brûlant dans les Vignes des matières donnant une fumée abondante. Les combustibles les plus employés pour les produire sont : le fumier, les mauvaises herbes, les feuilles mortes, que l’on brûle sur des fagots de broussailles ; l’addition d'une certaine quantité de coaltar ou d'huiles lourdes de gaz, qui donnent par leur combustion une flamme fuligineuse, augmente l'épaisseur de la fumée. On peut encore enflammer des huiles lourdes seules, placées dans de petits godets en tôle, répartis régulièrement dans les champs ; la gelée blanche ne se produisant que par un temps calme, la fumée se répand en une couche horizontale et épaisse qui arrête les effets du rayonnement et ralentit le dégel lorsqu'il y a déjà eu un peu de gelée.
Afin d'éviter les inconvénients qui résulteraient du défaut de vigilance des hommes chargés d’allumer les feux en cas de gelée, on a imaginé de les faire réveiller par une sonnerie actionnée par un thermomètre avertisseur électrique. M. Lestelle, employé des postes et télégraphes, a même imaginé un appareil allumeur automatique qui met le feu aux matières destinées à produire la fumée lorsque la température s’abaisse à un degré déterminé.
On a remarqué que les terres fraîchement remuées, et celles qui sont couvertes d’herbes, sont plus favorables à la production des gelés blanches que celles qui sont propres et rassises ; aussi doit-on effectuer le premier labour de la Vigne de manière à éviter que ces conditions ne se réalisent au moment de sa première végétation. GE
GÉLIBU (biographie). —Jonas de Gélieu, né aux Bayards (Suisse) en 1740, mort en 1817, a rendu des services à l’agriculture par ses recherches persévérantes sur l'éducation des abeilles. On lui doit : des études sur les essaims artificiels (1770 et 1772), Description des ruches cylindriques et des ruches en bois à double fond (1785), et surtout Le conservateur des abeilles ou moyens éprouvées pour conserver les ruches el pour les renouveler (Mulhouse, 1816). H. S.
GELINOTTE. — Voy. TÉTRAS.
GÉLIVURE. — Voy. DÉFAUTS DES BOIS.
GEMMAGE (sylviculture). — On donne le nom de gemme à la résine que sécrètent les cellules
GEMMAGE
dü bois des arbres de la famille des Conifères, et spécialement du Pin maritime (Pinus pinaster), et celui de gemmage à l'opération qui a pour objet la récolte de cette résine.
Dans le Pin maritime, qui est l'arbre dont le gemmage a la plus grande importance en France, la couche des cellules sécrétrices se forme dans le tissu ligneux, elle est traversée par des lacunes allongées dans lesquelles s'accumulent les produits de la sécrétion. Ces tubes, qui portent le nom de canaux résinifères, existent dans toutes les couches annuelles du bois, mais c’est dans les plus externes que la résine est la plus abondante et la plus fluide;
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