GENIÈVRE
fruit, dont la saveur est aromatique, est employé par les distillateurs pour la confection de diverses liqueurs alcooliques dont la plus connue est désignée sous le nom de gin ou de genièvre.
Le Genévrier des Alpes (J. Alpina) se distingue du précédent par ses feuilles courtes, brusquement terminées en pointe, appliquées contre les rameaux généralement couchés et rampants, forme qu'ils doivent au poids de la neige qui les couvre pendant une partie de l’année, dans les hautes montagnes où croît cet arbrisseau.
Le Genévrier oxycèdre (J. oxycedrus), aussi nommé Genévrier cade, a des feuilles très étalées, carénées en dessous, et terminées en pointe épineuse. Ses fruits globuleux, plus gros que ceux des espèces précédentes, sont rouges et luisants.
Le Genévrier cade croît dans les coteaux du
‘ midi de la France et atteint parfois les dimensions
d'un petit arbre de 4-6 mètres de hauteur. Son bois homogène, à grain fin, d’un jaune rosé, est susceptible d’un beau poli. On en fait de menus objets de tabletterie. On extrait de ses fruits une huile empyreumatique d’une odeur pénétrante employée par les vétérinaires et quelquefois les médecins dans le traitement des maladies cutanées.
Le Genévrier de Phénicie (J. Phænicea) se distingue par ses feuilles squamiformes, étroitement imbriquées et ses fruits globuleux de couleur rouge. Il estrépandu sur les coteaux et les montagnes d'altitude moyenne de la France méridionale. Ce Genévrier se ramifie dès la base et s'élève jusqu’à 6-7 mètres ; il forme vers l'embouchure du Rhône des fourrés d’une grande étendue. Son bois, comme celui de l’oxycèdre, peut être employé dans la tabletterie.
Le Genévrier sabine (J. sabina) a des feuilles squamiformes, imbriquées aiguës; son fruit globuleux est d’un noir bleuâtre et couvert d’une efflorescence glauque. La sabine est un arbrisseau touffu, rameux dès la base, dont les feuilles et le bois sont toujours gluants. La résine dont cet arbuste est imprégnée a des propriétés médicinales énergiques. C’est un emménagogue puissant, mais d’un emploi dangereux. Ce Genévrier croît dans les montagnes du midi de la France.
Parmi les Genévriers exotiques, nous ne cilerons que celui qui est cultivé en France, comme arbre d'ornement, sous le nom de Cèdre de Virginie; c’est le Juniperus Virginiana, arbre de moyenne grandeur dont les feuilles inférieures ressemblent à celles du Genévrier commun, tandis que les supérieures sont squamiformes et imbriquées comme celles de la Sabine. Le Genévrier de Virginie peut être cultivé dans les régions tempérées de la France, mais il n’a jamais été considéré que comme arbre d’ornement. Dans son pays natal, cet arbre est l’objet d’une exploitation importante. C’est avec son bois d’un grain fin et très doux débité en petits cylindres dans lesquels on glisse par une rainure un prisme de plombagine qu’on fabrique les crayons fins dits de mine de plomb. B. DE LA G.
GENESTROLLE. — Nom vulgaire du Genêt des teinturiers (voy. GENÉT).
GÉNIE RURAL. — Le génie rural est l’application à l’agriculture des mathématiques, de la mécanique, de l’art des constructions. Cette définition, due au comte de Gasparin, est excellente à tous égards. Le génie rural est aujourd’hui une des principales branches des sciences agricoles. On lui doit surtout des progrès réalisés dans la construction et l'emploi des machines, dans la pratique du drainage, des irrigations, dans les calculs sur le travail dépensé pour l'exploitation du sol. Les diverses parties du génie rural sont exposées dans des articles spéciaux de ce Dictionnaire.
GENIÈVRE. — Fruit du Genévrier. — On donne aussi ce nom en Belgique et en Hollande à une eaude-vie de grain à 50 degrés, soit pure, soit aroma-
GENISSE
tisée pendant la rectification, par des baies de Genévrier (vVoy. DISTILLERIE); dans ce dernier cas, la liqueur est dite genièvre de Schiedam.
GÉNISSE. — Jeune Bovidé femelle qui n’a pas encore produit.
GENOU (zootechnie). — Chez les animaux qua-
drupèdes, la partie des membres antérieurs appelée genou ne correspond point à celle qui, chez l’homme, porte le même nom. C’est celle que nous nommons poignet et qui est le carpe des anatomistes, situé entre l’avant-bras et les métacarpiens, appartenant ainsi à la main. Chez les quadrupèdes, qui n'ont point de main proprement dite, le carpe ou genou est une partie du pied antérieur ; c’en est la première.
Il a pour base deux rangées de petits os superposés, plus un situé en arrière de l’externe de la rangée supérieure et faisant saillie, qui est nommé 08 sus-carpien où os crochu. Ces petits os glissent les uns sur les autres au moyen de facettes articulaires, et sont solidement maintenus accolés par des ligaments. Ceux de la rangée supérieure s’articulent avec l'extrémité inférieure de l’os de l’avant-bras, et ceux de l’inférieure avec la supérieure des os du canon. De forts ligaments latéraux, antérieur et postérieur, passant sur les surfaces des deux rangées des os du carpe, unissent entre eux les os longs, dont il vient d’être parlé, situés normalement sur la même verticale. En sorte qu’il y a là, dans le genou, des articulations très complexes, permettant seulement la flexion du pied sur l’avant-bras, puis des mouvements latéraux peu étendus lorsque, cette flexion s'étant produite, le pied n’appuie plus sur le sol, et enfin des frottements doux de toutes les surfaces articulaires au moment où se fait son appui. Ces frottements ont pour effet d’amortir le choc en le décomposant.
Ces indications sommaires données sur l’anatomie et sur Ja fonction du genou, nous n’avons pas à nous étendre ici, comme le font si complaisamment les auteurs des traités sur la conformation extérieure du cheval, sur ses formes, sur sa direction et sur les défectuosités qu’elles peuvent présenter. Ainsi que nous le répétons à toute occasion semblable, cette facon de procéder dérive d’une vue traditionnellement fausse sur l'appréciation de la machine animale (voy. EXTÉRIEUR) et sur la méthode d'examen des dispositions qu’elle présente. La méthode véritablement scientifique est exposée au mot CHEVAL, auquel nous devons renvoyer également. On y verra que les conditions de solidité du genou, les seules dont il y ait lieu de se préoccuper quand on l’envisage en particulier, ne diffèrent point de celles applicables à toutes les autres articulations du mécanisme moteur. Il s’agit toujours des dimensions des surfaces articulaires et de la saillie des tubérosités d'insertion des ligaments. On y verra aussi que sa direction dépend de celle des leviers osseux situés au-dessus et au-dessous de lui, non point de sa constitution propre, et que conséquemment elle se réfère au schéma de la perfection de cette dernière direction. Disserter spécialement sur le genou, comme sur toute autre région particulière de la machine animale, c’est donc faire à plaisir des doubles emplois et multiplier les répétitions sans aucun profit, sinon rendre obseures ou confuses des choses qui doivent rester claires et précises.
Il n’y a, en outre, aucun avantage à perpétuer dans le langage hippologique les vieilles expressions empiriques de genou de veau, de genou effacé, de genou enfoncé, de genou creux, de genou de mouton, de genou couronné, de genou cerclé, etc., imaginées sans doute par les maquignons et que les gens éclairés doivent répudier. Toutes les choses auxquelles ces expressions correspondent sont les conséquences d'un défaut de développement et conséquemment de solidité de construction
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