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GENRE

du squelette, qui n’est point particulier au carpe ou genou, et qui, en tous cas, pour celui-ci, peut s'exprimer sans avoir recours à l’argot des maquignons. Ce n’est pas un rôle qui convienne aux hommes de science, de favoriser la conservation des termes de cet argot en les acceptant et les répétant. A. S.

GENRE (200technie). — Le terme de genre étant fréquemment employé en zootechnie, il importe d’en avoir une bonne définition. En l'absence de celle-ci on s'expose à des confusions fàcheuses, non pas seulement dans la classification des objets de notre science, mais encore dans l’interpré-

tation des lois sur lesquelles les méthodes zootech-

niques sont fondées. Par exemple, la plupart des naturalistes contemporains admettent des hybrides bigéneres, ainsi nommés parce qu’ils résultent de l’accouplement de sujets considérés comme appartenant à des genres différents. La réalité de ce mode de l’hybridité, fort important par ses conséquences, dépend évidemment de la caractéristique d’après laquelle les genres en question sont ainsi distingués. Entre autres prétendus hybrides de cette sorte, on cite notamment ceux qui résultent du croisement opéré, au Chili et au Pérou, entre les espèces de chèvres et celles de brebis (voy. CHA- BINS). S'il était établi (comme c’est le cas) que les brebis et les chèvres ne sont point de deux genres distincts, mais bien d’un seul et même genre, d’après la caractéristique réelle, et que cet exemple fût le seul authentique, il faudrait renoncer à la notion de la possibilité de l’accouplement fécond entre sujets de genres différents.

Sans faire l’histoire des péripéties par lesquelles a passé la signification du terme (en latin genus), nous pouvons nous borner à dire qu’il s'emploie maintenant, par tous les naturalistes, pour désigner un ensemble d'espèces ayant un certain nombre de traits communs qui les rapprochent et qui établissent entre elles ce qu’on appelle si singulièrement des affinités. Dans les classifications dites naturelles, les embranchements se divisent en classes, celles-ci en ordres, les ordres en genres et ces derniers en espèces. Les difficultés, les dissidences ou les incertitudes, et l’on peut dire aussi les confusions, commencent quand il s’agit d'opérer le classement des sujets, l'accord ne régnant point à l'égard de la caractéristique.

Pour nous en tenir au règne animal, qui seul nous touche ici, ces difficultés n'existent point quand il s'agit de ranger, notamment, un mammifère dans sa classe. Il suffit pour cela de constater l'existence des mamelles. Il n’en est plus de même pour les ordres, dont la caractéristique n’a rien de fixe, et dont la réalité naturelle est d’ailleurs bien loin d’être solidement établie. En ce qui concerne les genres, deux bases de caractéristique sont en présence et se sont partagé les préférences des z00logistes. L'une de ces bases est anatomique ou morphologique, c’est-à-dire tirée des formes, et l’autre purement physiologique ou fonctionnelle. Celle-ci . devrait être écartée avant tout autre examen, pour la raison qu’elle n’est évidemment pas applicable à la paléontologie, l'un des objets importants de l’histoire naturelle des êtres. L'autre, admise par Linné, et l’on peut dire par presque tous les naturalistes, est certes, en outre, plus commode, mais elle a prêté jusqu’à présent à de nombreuses dissidences, faute d’un criterium unique et suffisamment précis. La caractéristique des genres a varié presque comme les auteurs. Les zoologistes descripteurs et classificateurs ont créé des genres pour ainsi dire à volonté.

Il paraît pourtant exister une caractéristique qui, du moins pour les besoins de la zootechnie, pour la classification naturelle des espèces domestiques, ne laisse rien à désirer, ni sous le rapport de la simplicité, ni sous le rapport de la précision. Elle

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se tire de la formule dentaire et de la forme des dents. D’après les faits qui nous sont connus, elle concorde du reste parfaitement avec celle à laquelle Frédéric Cuvier et Flourens ont accordé leur préférence et qui s'appuie sur la possibilité de l’accouplement fécond. Tous les sujets d’espèce différente qui se sont montrés capables de se féconder entre eux ont, en effet, la même formule dentaire, le même nombre de dents (voy. DEN- TITION), et leurs dents ont les mêmes formes. Ils ont avec cela une même physionomie générale, ils se ressemblent à première vue, comme le tigre et le chat, le cheval et l’âne, par exemple; mais ce n’est pas cette ressemblance au premier aperçu qui suffirait pour établir un criterium sûr et facile à appliquer. La dentition, au contraire, réunit toutes les conditions voulues, et il y à déjà longtemps que nous l'avons proposée pour caractériser le genre. A. S.

GENTIANACÉES (botanique).— Famille de plantes dicotylédones dont le genre Gentiane (Gentiana L.), qui lui a donné son nom, peut être considéré comme le type. Les nombreux genres que l’on y range diffèrent assez peu les uns des autres, de sorte qu’il suffit d’en faire connaître un dans ses détails essentiels, pour pouvoir ensuite indiquer brièvement sur quels caractères sont basées les principales divisions du groupe.

Les Gentianes ont les fleurs régulières et hermaphrodites ; leur réceptacle est convexe. Le calice est gamosépale, à cinq divisions plus ou moins profondes, valvaires dans le bouton. On compte cinq pétales alternes avec les sépales, également unis pour former une corolle gamopétale, ordinairement campanulée ou en entonnoir. Les divisions en sont tordues (plus rarement imbriquées) dans la préfloraison, et il n’est pas rare de les voir réunies par une fine membrane indupliquée, tout à fait comparable à celle qui s’observe dans les Solanum, les Convolvulus et autres plantes voisines. La gorge est quelquefois munie d’appendices frangés. L’androcée comporte cinq étamines alternes avec les divisions de la corolle et dont les filets, adnés au tube de celle-ci, se terminent chacun par une anthère basifixe, biloculaire, à déhiscence longitudinale, légèrement introrse ou marginale. Le gynécée consiste en un ovaire supère, entouré à sa base par un disque lobé ou à contour entier. Get ovaire est surmonté d’un style très court, divisé au sommet en deux branches, dont l’une est antérieure et l’autre postérieure; elles se roulent d’ordinaire en dehors pendant la floraison. La cavité ovarienne est unique; elle montre deux placentas pariétaux et latéraux, dont chacun porte un nombre indéfini d’ovules anatropes, horizontaux ou un peu obliques, souvent aplatis et imbriqués. Le fruit est une capsule s’ouvrant de haut en bas par deux fentes qui partagent chacun des placentas en deux cordons chargés de graines et occupant les bords des valves ; le calice persistant lui forme d’ordinaire une induvie plus ou moins développée. Les graines sont elliptiques, comprimées et souvent entourées d’une aile membraneuse de largeur variable; sous les téguments existe un embryon droit, muni d’un albumen abondant, de consistance charnue.

Les Gentianes sont des herbes annuelles ou vivaces, à tige tantôt très courte, tantôt élevée d’un mètre et davantage. Leurs feuilles sont opposées, sans stipules. Les fleurs, rarement solitaires et terminales, forment le plus ordinairement des cymes plus ou moins fournies, simulant quelquefois des verticilles qui occupent l’aisselle des feuilles supérieures, passées insensiblement à l’état de bractées.

Elles sont bleues, purpurines ou jaunes. Ces plantes,

très nombreuses en espèces, occupent une aire fort étendue dans les régions tempérées et montagneuses de notre hémisphère et dans l’Amérique méridionale.

Lors

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Les caractères généraux des Gentianes étant connus, nous allons maintenant indiquer brièvement les particularités qui distinguent les genres les plus importants de cette famille.

Les Erythrées (Erythræa Rich.) ont la même organisation que les Gentianes, mais leur corolle est infundibuliforme, à tube très effilé; leur style s’allonge beaucoup avant de se bifurquer ; les deux placentas, au lieu de demeurer appliqués sur la paroi ovarienne, forment deux lames qui s’avancent vers le centre de la loge où elles se dédoublent, chaque moitié se révolutant alors et portant les ovules sur son bord. Les anthères se tordent en spirale après l'épanouissement, ce qui constitue le caractère le plus facile à vérifier. Les graines sont aréolées, non ailées. Les fleurs, roses ou jaunes, forment des cymes bipares, corymbiformes.

Les Cicendies (Cicendia Griseb.) diffèrent à peine des précédentes, ct l’on peut dire que ce sont des Erythrées à fleur tétramère, à anthères non tordues.

Les Chlores (Chlora L.) et les Swerties (Swertia L.) ont ordinairement la fleur pentamère des Erythrées (quelquefois 6-8 mère), mais leurs anthères ne se tordent pas après la floraison, et leur corolle montre une conformation différente : elle est en coupe chez les premières, en roue chez les secondes. De plus, le style des Swertia est très court, comme celui des Gentianes, et chaque division de la corolle porte vers sa base deux glandes à bord frangé.

Le réceptacle des Gentianacées n’est pas toujours convexe, comme cela existe dans les types précédents. Il peut devenir légèrement concave, d’où résulte une insertion périgynique ; c’est ce qui s’observe dans les Ményanthes (Menyanthes L.) et les Limnanthèmes (Limnanthemum Gmel.). Ces plantes ont en outre les feuilles alternes, trifoliées chez les Ményanthes, orbiculaires-cordées et flottantes chez les Lymnanthèmes, ce qui leur donne une grande analogie d'aspect avec les Nénuphars. Les deux genres possèdent une préfloraison valvaire-indupliquée, mais le premier a la corolle en entonnoir, tandis qu’elle est rotacée dans le second, où, de plus, le fruit est indéhiscent, les graines ne devenant libres que par destruction du péricarpe. Les fentes de déhiscence, chez les Ményanthes, occupent les intervalles des placentas, de sorte que chacun de ceux-ci est porté sur le milieu d’une valve.

Considérée dans son ensemble, la famille des Gentianacées forme un groupe considérable, dont l’aire géographique s'étend, dans les deux hémisphères, depuis l'équateur jusqu'aux régions froides, avec une abondance marquée sur les montagnes des zones tempérées. On en a décrit plus de cinq cents espèces réparties entre cinquante genres environ. La plupart des auteurs y ont établi des subdivisions plus ou moins nombreuses, dont l'examen détaillé sortirait du cadre de cet article, ce que nous avons dit plus haut suffisant à donner une idée générale de l’organisation de ces plantes, surtout si l’on se restreint, comme nous croyons devoir le faire, à celles qui vivent autour de nous.

La famille qui nous occupe offre des rapports manifestes avec les Solanacées, les Convolvulacées, les Borraginacées, et quelques autres, qui ont, comme elle, la corolle gamopétale régulière, l'androcée isostémoné et le gynécée dicarpellé. Mais elle s’en distingue nettement par son ovaire toujours libre et uniloculaire, par sa placentation toujours pariétale en réalité (bien que le grand développement des lames placentaires et leur rencontre au centre de l'ovaire puissent, dans certains cas, simuler une placentation axile).

Les Gentianacées sont loin d’être indifférentes au point de vue technique. Elles ont, il est vrai,

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peu d'intérêt pour l’agriculture proprement dite, parce qu'étant toutes fortement amères, elles sont dédaignées des bestiaux, qui, à l’exception des chèvres, ne les mangent qu’à la dernière extrémité. Mais cette amertume mème les rend très utiles à l’homme, et les fait rechercher dans tous les pays comme toniques, stomachiques ou fébrifuges.

L'espèce la plus importante à cet égard est celle qu’on nomme grande Gentiane (Gentrana lutea L.). C’est une très belle plante, haute d’un mètre environ, à feuilles larges et fortement nerviées, à fleurs jaunes, disposées en faux verticilles au sommet de la tige qui demeure simple. On la rencontre abondamment dans toute la région montagneuse de l’Europe centrale et méridionale, et de l'Asie occidentale, entre 600 et 2500 mètres d’altitude. La partie utile est sa racine dont on fait une grande consommation sous forme de décoction, de macération dans le vin, etc. Dans la-Côte-d’Or, le Jura, en Suisse, etc., on prépare, par macération et distillation, une liqueur dite eau-de-vie de Gentiane qui jouit d’une grande réputation comme epéritive et réconfortante.

On peut substituer à la Grande-Gentiane un bon nombre d’autres espèces du même genre qui croissent avec elle ou dans des localités différentes. Telles sont : les G. cruciata L., germanica L., campestris L.,amarella L., acaulis L., PneumonantheL., asclepiadea L., pannonica Scop., etc. Toutes ont les mêmes propriétés bien qu’à un moindre degré,

L'Erythræa Centaurium L., vulgairement connue sous les noms de Petite Centaurée, Herbe au Centaure, Fiel de terre, etc., est d’un usage journalier dans la médecine populaire, et peut rendre de grands services dans les affections atoniques de l'appareil digestif. C’était un des meilleurs remèdes contre les fièvres intermittentes, avant l4 découverte du Quinquina. La Pelite Centaurée est une herbe élégante, à fleurs roses, réunies en cymes dichotomes et corymbiformes. Elle est commune dans les prés humides, dans les clairières des bois frais, où elle fleurit vers la fin de l’été. On en emploie les sommités fleuries dont on fait des tisanes amères, des élixirs, des vins stomachiques et vermifuges. Les E. pulchella DC., ramosissima Hoffm., marilima Willd., peuvent la remplacer au besoin.

On trouve fréquemment dans les rivières peu profondes, à la queue des étangs, dans les prairies tourbeuses, le seul représentant, dans nos pays, du genre Ményanthe (Menyanthes trifoliata L.), vulgairement : Tréfle d'eau, Treèfle de chèvre, Trefle de castor. C’est une herbe vivace, rampante, munie de feuilles alternes, engainantes et trifoliolées. Ses fleurs blanches et à corolle barbue intérieurement, forment des grappes terminales. Elle est très employée comme amère, fébrifuge et surtout comme antiscorbutique. Il paraît qu’on la sustitue quelquefois dans la fabrication de la bière au Houblon, dont elle a l’amertume, sans en posséder les propriétés aromatiques. Linné rapporte que, dans les pays septentrionaux, on a souvent utilisé, en cas de disette et malgré leur saveur désagréable, ses rhizomes gorgés de fécule.

Plusieurs autres Gentianacées sont utilisées, pour des propriétés analogues, dans leurs pays d'origine, mais ne sauraient nous retenir ici.

La culture d'ornement sait encore tirer un parti avantageux de certaines Gentianacées. Les unes vivent assez facilement en plein air dans nos Jjardins, où elles sont recherchées pour la beauté de leur port et le vif coloris de leurs fleurs, presque toujours relativement grandes. Telles sont les Gentiana asclepiadea L., bavarica L., verna L. et acaulis L, ; le Swertia perennis L., etc. D'autres espèces, ortginaires de contrées plus chaudes, exigent l'abri d'une serre froide ou tempérée. De ce nombre sont plusieurs arbustes du genre Chironia, notamment

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