‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 52 sur 270 · ET RE · texte numérisé non relu

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GERS

borné : à l’ouest, par le département des Basses- Pyrénées et par celui des Landes ; au nord, par les départements de Lot-et-Garonne et de Tarn-et-Garonne ; à l’est et au sud-est, par celui de la Haute- Garonne ; au sud, par le département des Hautes- Pyrénées. Sa superficie est de 628031 hectares. Sa longueur, de l’est à l'ouest, est de 128 kilomètres ; sa plus grande largeur, du nord au sud, est de 85 kilomètres. Son pourtour est de 540 kilomètres.

Le département du Gers est divisé en 5 arrondissements, comprenant 29 cantons et formant un total de 465 communes. Les arrondissements de Lectoure et de Condom occupent le nord du département; celui de Lombez, l’est et le sud-est du département; celui de Mirande, le sud-ouest, le sud et l’ouest du département; l’arrondissement d’Auch est central, il est touché et englobé par les quatre autres arrondissements.

C'est dans la région du sud, voisine à la fois des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne, que se trouvent les points culminants du département du Gers. Le plateau de Lannemezan n’a plus que 400 mètres d'altitude lorsqu'il arrive aux confins du Gers. Les vallées se trouvent alors séparées par des collines à pentes très variables, à sous-sol calcaire et argileux et hautes de 100 à 150 mètres. « Les chaines de collines détachées du plateau de Lannemezan, dit M. Joanne, se continuent sur toute la largeur du département et ne s’amortissent que sur la rive gauche de la Garonne, dans la Haute- Garonne, Tarn-et-Garonne et Lot-et-Garonne. Dans la partie orientale de l'arrondissement de Mirande, elles se maintiennent à une altitude très supérieure à 300 mètres ; dans les environs d’Auch, à 10 kilomètres à la ronde, quelques collines seules atteignent de 270 à 296 mètres. Les points les plus bas du département sont, au nord d’Auch et de Condom, ceux où les rivières du Gers et de la Baise entrent dans Lot-et-Garonne; ils peuvent être évalués à 60 mètres. »

Les rivières du département du Gers sont nombreuses. La Garonne ne touche même pas le département, mais plusieurs de ses affluents arrosent le Gers. Ces rivières, qui vont du plateau de Lannemezan vers la Garonne, sont : la Save, la Gimone, l’'Arrats, le Gers et la Baïse. \

La Save entre dans le Gers, après 80 kilomètres de cours, par 178 mètres d’altitude. Elle arrose Lombez, Samatan, l'Isle-Jourdain, et rentre alors dans la Haute-Garonne. Elle reçoit, en amont de Lombez, la Gesse; en aval de Samatan, à Labastide, elle se réunit à l’Aussonne, qui a 17 kilomètres de cours dans le Gers.

La Gimone sépare la Haute-Garonne du Gers, où elle entre à 230 mètres d’altitude. Elle arrose Simorre et Gimont, sert de limite au Gers et au Tarnet-Garonne ; son principal affluent est la Marcoue.

L’Arrats n’a parcouru que 3 kilomètres quand il entre dans le Gers; il arrose Aubiet, Mauvezin; coule au pied de la colline de Saint-Clar, forme la limite du Gers et du Tarn-et-Garonne.

Entre l’Arrats et le Gers coule la seule rivière de quelque importance qui prenne naissance dans l’intérieur du département, c’est l'Auroue. Elle a sa source au pied et au nord de la colline de 263 mètres qui porte le bourg de Puycasquier. Elle reçoit, à gauche, l’Esquerre. Après 50 kilomètres de cours, l’'Auroue forme la limite des départements du Gers et de Lot-et-Garonne, et va se jeter dans la Garonne à Saint-Nicolas-de-la-Balerme.

Le Gers, après avoir parcouru 40 kilomètres, entre dans le département, passe près de Masseube, reçoit à Pavie le Cédon et le Sousson, et enfin arrive au pied de la colline d’Auch. Il dépasse ensuite Fleurance et laisse à droite Lectoure, en face de laquelle il reçoit la Lauze. Ë s

Entre le Gers et la Baïse coule l’Auvignon, qui a un cours de 18 kilomètres dans le département,

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La Baïse est la plus importante des rivières du bassin de la Garonne qui sillonnent le Gers. Elle y entre par 212 mètres d’altitude, reçoit, à droite, près de Saint-Michel Saint-Jaymes, la Baisole, arrose Mirande, reçoit à l’Isle-de-Noé, la Baïse-Devant ou Pelite-Baise, passe à Saint-Jean-Pontge. Au pied de Valence, elle se grossit de l’Auloue qui lui apporte les eaux du canton de Jegun, puis de la Gele qui lui arrive près de Condom. Près de Lavardac, la Baise reçoit la Losse, la Lauzone et l’Isaute dont les eaux lui sont apportées par la Gélise. Cette dernière rivière sépare les Landes du Gers et ensuite, sur une longueur de 7 kilomètres, le Gers du Lotet-Garonne.

Le bassin de l’Adour forme la plus belle, mais aussi la plus petite partie du département du Gers. L'Adour n’a que 43 kilomètres de cours dans le département. Il y arrose Riscle, en amont duquel il reçoit l'Arros, qui passe près de Plaisance. L’Arros reçoit le ruisseau du Bouëés.

Le Midour ou Midou, l'une des branches de la Midouze, le principal affluent de l’Adour, nait près de Bassones, arrose Nogaro, sert de limite au Gers et aux Landes, rentre dans le Gers, forme de nouveau la limite des deux départements et rentre enfin dans les Landes. Cette rivière reçoit la Riberette et l’'Izaute. La Douze coule plus au nord et quitte le département après 60 kilomètres ; sa vallée, un peu marécageuse, renferme plusieurs petits lacs.

Le climat du Gers est celui de la région girondine. Ce département est exposé aux pluies, au vent d'ouest et au vent de sud-est connu sous le nom de vent d'antan. Les changements subits de température y sont fréquents, et la marche des saisons est très irrégulière. Les froids les plus vifs sont ceux de novembre et de décembre. Les chaleurs sont précoces, et amènent généralement la grêle. La hauteur moyenne des pluies à Auch est de 0",75 par an; dans la vallée de l’Adour, cette proportion est un peu moins forte.

L’arrondissement d’Auch produit du Blé, du Maïs, du vin; les prairies naturelles occupent une vaste étendue à Marambat, sur les bords de la Losse. L’arrondissement de Condom est mouvementé; les bois abondent à la base de collines, et dans le fond des vallées ; les environs de Montréal et de Castéra sont fertiles ; la vallée de Condom est productive; le sol de la partie occidentale est froid et peu productif; les landes sont nombreuses dans le canton de Nogaro où l’on voit le Pin maritime, le Chêne liège et de mauvais pâturages. L’arrondissement de Lectoure est mouvementé et boisé, mais c’est une fertile contrée ; le canton de Saint-Clar est le plus riche du département. Dans l’arrondissement de Lombez, les prairies de la Save sont renommées ; c’est l’aire de prédilection de la race bovine Garonnaisc. Dans celui de Mirande, on trouve les plaines de Marciac et de la Riscle, vastes et ondulées.

Au point de vue géologique, le sol du département du Gers appartient au terrain tertiaire supérieur et moyen.

Le pliocène est essentiellement marin; il occupe une grande surface dans la partie occidentale du bassin de l’Adour, c’est-à-dire dans le bas Armagnac. On y trouve des glaises, des sables jaunes et de la mollasse coquillière. Les marnes qu'il renferme sont utilisées dans les cantons de Montréal, d'Eauze, de Cazaubon, de Nogaro et dans les communes de Vic-Fezensac, Aignan, Riscle.

Le terrain tertiaire moyen ou miocène appartient à la formation d’eau douce ; il occupe les plateaux et les coteaux les plus élevés dans le bassin souspyrénéen ou haut Armagnac. On y rencontre du sable, du grès, du calcaire et du gypse. Il est abondant dans les arrondissements de Lombez, d’Auch et de Lectoure. Les roches qui forment le noyau des coteaux sont calcaires. Les arrondissements d’Auch et de Lombez renferment de nombreux gisements

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de calcaires compacts et de calcaires marneux. Aux environs de Mirande et d'Auch, le calcaire alterne quelquefois avec le grès ferrugineux qui occupe une grande surface dans la partie occidentale de l'arrondissement de Condom.

Le terrain crétacé existe sous les couches tertiaires et modernes dans les communes de Cazaubon, Castelnau-d’Auzan, Beaucaire, Cézan, Sainte- Cristie, Puycasquier, Saint-Germier, l’Isle-en-Jourdain et Pujaudran. € La plus grande partie du département, dit le docteur Jules Guyot, est composée de terres jaunes silico-argileuses, avec ou sans cailloux roulés, avec ou sans gravier. Ce sont des terres froides et tenant l’eau, propres aux prairies, même en coteau si elles sont irriguées ; profondes, riches et fécondes, si elles sont travaillées et défoncées convenablement. »

Depuis Aire, Plaisance, Mirande, Lombez et Gimont jusqu’à Auch et dans cet arrondissement, où les roches ou les terres rouges calcaires apparaissent, le sol est semblable à celui de la Haute- Garonne. Plus au nord et à l’ouest, le sol arable devient silico-calcaire ; enfin à son extrème ouest et au nord-ouest, le sol est sablo-siliceux.

Dans les plaines traversées par les rivières, le sol est composé de couches sédimentaires d'argile et de sable; il repose sur un lit de gravier, de cailloux ou de galets. Les terres appelées boulbènes existent dans toutes les vallées traversées par un cours d'eau. La plupart des vallons sont argileux et ornés de riants pâturages.

En résumé, le département du Gers se compose d’un plateau calcaire argileux que constituèrent jadis les débris de rochers qu’avaient projetés les glaciers primitifs des Pyrénées et que creusèrent, en forme d’éventail, divers cours d’eau, voisins par leurs sources, éloignés par leurs embouchures.

La superficie du Gers est de 628031 hectares. Voici comment elle est répartie d’après le cadastre, achevé en 1838 :

hectares Terrestlabourables ete 336 599 Pres 4 PR M Re de OÙ nest 62 560 LOUE OT RASE NS TR ARE EEE 93 967 DOS Re ln Dre ei ttaLs 60 618 Vergers, pépinières et jardins........ : 5116 Oseraies, aulnaies, saussaies........., 115 Carrières et mines.............. ie {1 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs 150 Canaux de navigation.................

Landes, pâtis, bruyères, etc........... 45 1733 Ptanss rene A RO ER PRÉC 290 CGhatiignerales RE en cts 830 Propriétes tie. ane te 6006 Total de la contenance imposable...... G11 997 Total de la contenance non imposable. 16034 Superficie totale du département...... 628 031

La superficie des terres labourables représentait un peu plus de la moitié du département ; la surface consacrée aux prés formait 10 pour 100 de la surface totale et celle consacrée aux Vignes près de 15 pour 100 de cette même surface.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :

1552 1589 a. Rs Te = ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectol. hectares hectol.

Froment .... 1465514 40,23 440 245 16,88

Mutel tres 28 16,00 114 19,07 Seigle.... - 4677 41,04 2 080 16,15 Orge : 4 400 44,74 1849 19,62 Avoine...... 16863 14,91 30 290 292,29 Maïs........0 34879 13,00 28 317 17,02 Millet... » » 295 19,73.

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La superficie totale ensemencée en céréales, qui, en 1852, était de 217 357 hectares, était passée en 1862, à 221 073 hectares.

La statistique de 1882 donne une surface de 203166 hectares seulement. Il y a diminution de 25000 hectares dans les superficies ensemencées en Froment ; par contre, le rendement a augmenté de 6 hectolitres par hectare. Le Méteil, l'Orge et le Seigle occupent sensiblement les mêmes surfaces ; les rendements ont augmenté respectivement de 3,5 et 6 hectolitres. La surface consacrée à l’Avoine a augmenté de 14000 hectares et le rendement est passé de 15 à 22 hectolitres. La culture du Maïs à perdu 3000 hectares.

Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

4852 1882 TE. TE ne ne ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectares

Pommes de

terre rie 2 890 49 h!. 33 7700 47 qx Betteraves ..… 38 235 qx 52 620 143 qx Légumes secs. 11198 41-h1.:33 : 13743 45 h1 920 Colzat: 250: 230 42 h1. 48 172 43 h1. 40 Ghanvre....". 3 JOIN PB où 41"hE 297 ELA RS ET 9 486 5 hl. 92 1636 40 h1 50

La superficie consacrée aux Pommes de terre s’est accrue de 5000 hectares ; celle consacrée aux Betteraves a notablement augmenté. Les légumes secs occupent 2000 hectares de plus. Par contre, la culture du Lin a perdu 1000 hectares.

Les 13 743 hectares de légumes secs cultivés en 1882 se répartissent ainsi :

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