I. — Prairies artificielles
hectares Tréflese Rester + on alone : 49203 LEA ON CPE LAC OR DE CES REP CDR ; 6833 SAINIOIN TR RS RE Deco flo c 6031 Mélanges de légumineuses....... . 366 17433 Il. — Fourrages verts.
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La surface totale consacrée aux fourrages artificiels, en 1882, est donc de 26 090 hectares, en augmentation de près de 5000 hectares sur les chiffres de 1852.
Les bois occupent, en 1882, une surface de 53623 hectares, dont 91383 hectares appartiennent
GERS
aux particuliers, 2073 au département, aux communes ou aux établissements publics et 167 hectares seulement à l'Etat. Les essences les plus communes sont le Chêne vert, le Chêne rouvre, le Chêne blanc, le Pin maritime, le Tremble, l’Erable et le Charme. On trouve sur les bords des cours d’eau et dans les vallées le Peuplier noir, l’Aune, le Saule etle Peuplier d'Italie. La plupart des taillis sont situés sur des coteaux exposés au nord. En 1803, le département possédait 56699 hectares de bois et forêts, dont 2841 hectares à l'Etat.
La Vigne occupe dans le département du Gers une superficie qui augmente tous les jours malgré l'apparition du Phylloxera.
En 1852, la surface consacrée aux Vignes était de 94592 hectares ; en 1868, d’après le docteur Jules Guyot, la surface des vignobles était de 100000 hectares; la statistique de 1882 donne le chiffre de 124783 hectares, dont 109098 hectares de Vignes en pleine production, 15490 hectares de Vignes nouvellement plantées et 195 hectares de Vignes avec cultures intercalaires. L'enquête du service du Phylloxera pour l’année 1885 donne aux vignobles une superficie de 140 000 hectares, dont 3000 envahis par le fatal insecte, mais susceptibles d’être défendus. Depuis l'invasion, le département n'a encore perdu que 150 hectares. Le sulfure de carbone est employé pour le traitement de 340 hectares.
Donc, il résulte de ces chiffres que, depuis 1852, la culture de la Vigne s’est étendue sur près de 90 000 hectares en plus. Tous les terrains du département sont propres à cette culture, mais on rencontre surtout les vignobles dans les arrondissements de Condom et de Mirande. L’arrondissement de Condom livre à la chaudière la plupart de ses vins blancs ; l'arrondissement de Mirande produit des vins rouges qui sont exportés.
Le rendement moyen est de 25 hectolitres de vin par hectare.
Le plant dominant est la Folle-blanche qui a formé la moitié du vignoble. Les vins blancs de chaudière fournissent par la distillation les eaux-de-vie d’Armagnac, Ce sont les meilleures de France, après celles des deux Charentes. Les premiers crus sont situés dans le bas Armagnac, à Cazaubon, Houga, Castex et Estang, communes qui appartiennent aux cantons de Cazaubon et de Nogaro. Les deuxièmes crus sont obtenus dans les cantons d'Eauze et de Montréal. Les Vignes qui produisent ces grandes eaux-de-vie d'Armagnac sont situées sur des coteaux argileux ou dans des plaines silico-argileuses à sous-sol marneux ou calcaire. Les eaux-de-vie du haut Armagnac sont moins délicates et moins recherchées.
Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852 et de 1882 :
1359 1882 ŒHhevaux ere AVES 17178 95 433 Anes et ânesses ..... 3952 1734 Mulets et mules ..... 9 507 1 507 Bêtes bovines........ 445 350 170 549 Bêtes ovines........ 293 605 115656 Porcs Fete Le EI 56 043 89 598 Chèvres, Boucs...... 41576 2 801
D’après ces chiffres, il est facile de constater que l'espèce chevaline est en augmentation de 8000 têtes depuis 1852, et cette marche a été croissante ; déjà, en 1862, le nombre des chevaux était de 20401, soit une augmentation de 3000 en dix ans. Les chevaux que l’on élève dans le département ont une grande analogie avec ceux de la plaine de Tarbes; ils alimentent la cavalerie légère. Cependant, dans le bas Armagnac, on rencontre quelques animaux appartenant à la race Landaise,
GERS
Les mulets et les ânes sont en diminution. L’Espagne, cependant, vient chercher les mules et les mulets dans les foires qui se tiennent à Masseube, Lectoure, Mauvezin et Mirande. Les animaux de l'espèce asine appartiennent à la race de Gascogne.
Les animaux des races bovines sont en augmentation de 25000 têtes depuis 1852. En 1862, le nombre des animaux des races bovines s'était élevé à 155000 têtes. Les animaux entretenus appartiennent aux races Garonnaise, Gasconne, Béarnaise et Bazadaise. La race Gasconne est très répandue dans le haut de la vallée du Gers, dans l’arrondissement de Lombez et dans la partie nord de l’arrondissement de Mirande. Les races Lourdaise et Béarnaise sont répandues dans les cantons de Masseube, Miélan et Marciac ; les races Landaise et Bazadaise, dans les cantons de Riscle, Nogaro et Cazaubon.
Les bêtes à laine sont en diminution sensible : 180000 têtes de 1852 à 1882 ; mais cette perte est largement compensée par l'augmentation de 25000 têtes constatée dans le nombre des existences des animaux des races bovines. Les animaux entretenus appartiennent aux races Mérinos, Landaise, Lauraguaise et Southdown. La race Mérinos a été introduite dans le département en 1763 par d’Etigny. La race Landaise est répandue dans l’arrondissement de Condom , la race Lauraguaise se rencontre aux confins des Pyrénées.
Les bêtes porcines ont augmenté de 33000 têtes de 1852 à 1882. Elles ent une importance considérable dans la partie occidentale du département qui est la plus boisée. Les animaux appartiennent à la race Pyrénéenne et à la race Gasconne. Ces deux races ont été croisées avec la race Berkshire ; les produits sont bien conformés, se développent bien et sont plus précoces.
La basse-cour a une assez grande importance dans le département. L'espèce galline dérive de la race Espagnole, elle est pondeuse et précoce. Les dindes et les oies vivent en troupeaux dans les champs. Le nombre des ruches en activité était de 10246 en 1872.
L'horticulture a fait de grands progrès dans le département. La culture maraichère est très prospère dans les environs de Lectoure et dans la plaine de Pradoulin. Elle produit principalement le Chou cabus et le Chou de Milan, le plant d’Oignon, les Tomates, etc.
L'outillage agricole s’est amélioré considérablement. La statistique de 1882 constate l’existence, dans le département du Gers, de 101 roues hydrauliques, d’une force nominale de 345 chevaux-vapeur, de 82 machines à vapeur d’une force de 267 chevaux et de 81 moulins à vent d’une force de 279 chevaux, soit une force totale de 891 chevaux, utilisée exclusivement pour l’agriculture. On trouve 1863 machines à battre, 25 semoirs, 651 faucheuses, 338 moissonneuses mécaniques et 373 faneuses ou râteaux à cheval.
En résumé, le département du Gers exporte des vins, des eaux-de-vie, des céréales, des volailles, des laines brutes, des bois. C’est le département de France qui consomme le moins de houille.
La population, en 1801, était de 270609 habitants; en 1846, elle était passée à 314885; le recensement de 1881 l’évalue à 281522 habitants seulement. La population spécifique actuelle est de 45 habitants par kilomètre carré. La diminution constatée est due au penchant à l’émigration, qui est la maladie de toute la Gascogne.
Le nombre total des parcelles, en 1882, est de 1 001 616 ; l'étendue moyenne de chacune d'elles est és 99 ares. Les exploitations se répartissent comme il suit ;
Domaines de 0 à 20 hectares,........ 72446 de 20 à 40 hectares. ..,.... 5173 — au-dessus de 40 hectares... 1 999
GESNERA
Les divers modes d’exploitation employés sont: le faire-valoir direct, le métayage et, exceptionnellement, le fermage.
Sur 79318 exploitations, 74123 sont exploitées directement par le propriétaire, 4409 sont données à des métayers et 780 sont affermées,
L'étendue moyenne des exploitations dirigées par les propriétaires est de 4,97; celle des métairies est de 19,72, et celle des fermes de 17 hectares. Les baux sont de trois ans ou, plus souvent, de six à neuf ans.
La valeur vénale de l’hectare varie de 743 à 2388 francs pour les terres labourables, de 1490 à 3022 francs pour les prés naturels, de 1048 à 2665 francs pour les Vignes et de 572 à 1802 francs pour les bois. La valeur locative des terres labourables varie de 24 à 78 francs l’hectare, celle des prés naturels de 51 à 195 francs, et celle des Vignes de 40 à 107 francs.
La population agricole, en 1889, était de 88 587 habitants, dont 60691 propriétaires, 865 fermiers, 4065 métayers et 12 966 journaliers.
Les voies de communication avaient, en 1883, un développement de 8993 kilomètres, ainsi distribués :
kilom AACheNINS Te Eee eee MNT IRL : 435 Siroutesi nationalés.s 12 cletle les eteeaie 419 22 routes départementales......... ions 647 Chemins de grande commumication..... 4532 — d'intérêt commun ......... Je 670 { 7732 — vicinaux ordinaires . ....so.eee 5 530 lrivière navigables nr Rs UNE Miss re 40
Les chemins de fer comportent les quatre lignes suivantes : Agen à Tarbes, Auch à Toulouse, Montde-Marsan à Tarbes, et Port-Sainte-Marie à Condom.
Plusieurs associations agricoles entretiennent le mouvement de progrès et instituent chaquza année de nombreux concours. Ce sont : la Société départementale d'agriculture de Mirande, les Comices agricoles de Lombez et de Nogaro et le Comice agricole, horticole et viticole de Mirande.
Depuis la fondation des concours régionaux, trois de ces solennités se sont tenues à Auch : en 1863, en 1871 et en 1880. La prim: d'honneur y à été décernée deux fois : en 1863, à M"° veuve Duffourc- Bazin et à M. Lafitte-Perron, à la ferme-école de Bazin ; en 1871, à M. de La Vergne, à Montréal; en 1880, elle n’a pas été décernée.
Le département du Gers possède une ferme-école à la Rivière, arrondissement de Lectoure ; il possède également une chaire départementale d’agriculture. G. M.
GESNERA (horticullure). — Genre de plantes qui a donné son nom à la famille des Gesnéracées. Les Gesnera ou Gesneries (Gesnera Plum.) sont des herbes vivaces par un rhizome écailleux, originaires des régions chaudes des deux Amériques ; ils réclament chez nous, pour cette raison, la culture en serre. On en possède un nombre considérable d'espèces qui ont produit des variétés très ornementales. Parmi les espèces les plus recherchées il convient de citer les Gesnera amabilis, bicolor, cinnabarina, zebrina, etc.
On les cultive en serre, ou sous châssis et sur couche, car ils exigent de la chaleur de fond pour se bien développer. On peut en obtenir la floraison à telle époque que l’on veut, à condition de les mettre en végétation à une époque convenabie. On plante, à partir de février ou mars, les rhizomes, qui ont été conservés pendant l'hiver dans les pots dans lesquels ils avaient poussé l’été précédent, et placés sur la tablette d’une serre non humide ; on peut prolonger cette plantation pendant quelques mois. Le rempotage se fait en terre de bruyère ou en terreau de feuilles additionné de terre sableuse. Il convient d'appliquer aux pots un bon dramage et de les placer sur une couche chaude. Il faut évi-
GESNÉRACÉES
ter la trop grande humidité, qui ferait pourrir les rhizomes, aussi bien que la sécheresse, qui nuit à leur développement. Plus tard, quand les plantes sont en pleine végétation, on peut les rentrer dans une serre, qu’elles ornent tant par leur élégant feuillage que par leur floraison. D:
GESNÉRACÉES (et non Gesnériacées) (botanique). — Famille de plantes dicotylédonées, gamopétales, qui a reçu son nom du genre Gesnera Plum., improprement nommé Gesneria par Linné, et la plupart de ses successeurs.
Les Gesnera, qui nous serviront de type pour donner une idée succincte de la famille, ont les fleurs irrégulières et hermaphrodites. Leur réceptacle est toujours concave, mais d’une façon variable suivant les espèces ; 11 porte sur son bord un calice campanulé, à cinq divisions presque égales, ordinairement aiguës. La corolle comprend cinq pétales réunis en un tube allongé, plus ou moins ventru et courbé, souvent gibbeux en arrière et en bas, surmonté d’un limbe tantôt presque régulier, tantôt oblique et comme bilabié, à lèvre supérieure plus grande:et bilobée. Les étamines s’insèrent au bas du tube de la corolle ; elles sont au nombre de quatre, didynames, incluses ou exsertes. Leurs anthères, qui se collent par leurs sommets en cercle ou en une sorte de cadre, possèdent deux loges parallèles, déhiscentes par des fentes longitudinales. L’ovaire est infère dans une étendue variable (ordinairement peu considérable), et accompagné à sa base d’un disque formé de cinq glandes, dont les deux postérieures sont très souvent plus grosses que les trois autres, lesquelles peuvent même manquer tout à fait. Cet ovaire est surmonté d’un style claviforme, à extrémité de forme variable: il n’a qu’une seule loge où s’observent deux placentas pariétaux qui affectent la forme de lames, quelquefois fourchues, portant en nombre indéfini des ovules menus, anatropes. Le fruit est une capsule induviée par le calice persistant, coriace, et s’ouvrant en deux (rarement quatre) valves pour laisser échapper des graines fines, sous les téguments desquelles on trouve un embryon droit, entouré d’un albumen assez abondant.
Les Gesnera sont des herbes vivaces, munies d’un rhizome tubéreux, à tiges aériennes très courtes ou dressées. Leurs feuilles sont opposées, et leurs fleurs se disposent en grappes terminales, ou demeurent axillaires (solitaires ou fasciculées). Presque tous les organes sont couverts d’un tomentum mou et épais. On en connait environ cinquante espèces, surtout répandues dans les régions tropicales du nouveau monde.
Autour de ce genre viennent se grouper plusieurs autres, tels que les Gloxinia Lhér. et les Achimenes P. Br. qui en diffèrent par des caractères assez peu importants, basés sur la forme de la corolle, le développement de la coupe réceptaculaire et du disque, sur la grandeur des placentas, lesquels peuvent se rapprocher assez du centre de l'ovaire pour simuler deux ou quatre loges incomplètes. Tous ensemble forment la tribu des Gesnérées.
On range encore dans cette famille un grand nombre de plantes qui se distinguent des précédentes par la convexité du réceptacle, et qui ont par conséquent l'ovaire supère, les autres caractères généraux demeurant semblables. On les réunit ordinairement sous le titre de Cyrtandrées, du genre Cyrtandra Forst., qui est un des plus considérables. Cette tribu a été élevée par quelques auteurs au rang de famille distincte, ce qui semble constituer un morcellement tout à fait superflu.
Telle qu’elle est généralement admise, la famille des Gesnéracées comprend environ sept cents espèces très inégalement réparties entre soixantedix genres. Ces plantes occupent une aire fort étendue dans les régions tropicales et subtropicales
ae 1e 2
GESSE
des deux mondes. Presque toutes sont herbacées, bien qu’on y connaisse quelques arbustes et même des arbres
Les affinités du groupe sont assez multiples, mais faciles à établir. Les Gesnéracées sont évidemment très voisines des Scrofulariacées, surtout par leurs types à ovaire supère ; et si certains genres de cette section ont été quelquefois réunis à cette famille, cela n’a pu tenir qu’à une observation incomplète de leur gynécée dont la placentation est toujours pariétale au début, ce qui n'arrive pas dans les Scrofulariacées. Elles se rapprochent également beaucoup de celles des Bignoniacées, qui ont les placentas pariétaux (Crescentiées); mais elles s’en distinguent bien par leurs graines toujours fines, ct jamais agrandies sur des placentas accrus, au point de remplir tout le fruit. Enfin leurs ressemblances avec les Orobanchacées sont manifestes ; mais ces dernières se séparent suffisamment par leur port, leur végétation parasitaire et l’imperfection de leur embryon.
Plusieurs genres et espèces de Gesnéracées ont une importance considérable en horticulture et jouent un rôle de premier ordre dans nos cultures chaudes ou tempérées. Il suffit de rappeler, pour en donner une idée, les Gesnera, Gloxinia, Achymenes, Columnea; les Æschinanthus, Streptocarpus, Ramondia, etc., dont les espèces ou variétés usitées deviennent de jour en jour plus nombreuses et excitent toujours l'admiration des amateurs de belles plantes. E. M.
GESSE. — Le genre Gesse (Lathyrus), de la famille des Légumineuses, caractérisé spécialement par un style plan et infléchi, renferme un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles deux surtout présentent de l'intérêt au point de vue agricole. Ce sont : la Gesse chiche (Lathyrus cicera) et la Gesse cultivée (Lathyrus sativus). Des essais de culture ont été faits sur la Gesse hérissée (Lathyrus hirsutus), la Gesse tubéreuse (Lathyrus tuberosus) et la Gesse des prés (Lathyrus pratensis).
Gesse chiche. — La Gesse chiche ou Jarosse, désignée encore, suivant les localités, sous les noms de Petite-Gesse, Jarat, Pois cornu, Pois carré, est cultivée exclusivement comme plante fourragère.
Ses tiges glabres, souples, légèrement ailées, atteignent 60 centimètres de hauteur et portent des feuilles pennées, terminées par une vrille et munies de deux folioles lancéolées, aiguës. Les stipules sont grandes, semi-sagittées ; Les fleurs, solitaires et portées sur un pédoncule court, ont une couleur rouge-cuivre. Les gousses oblongues, comprinées, à bord supérieur droit creusé en gouttière, renferment des graines anguleuses gris cendré. La Jarosse, qui croît spontanément en France, n'a pénétré dans la grande culture que depuis un siècle environ.
C'est une plante très rustique, qui peut réussir sous tous les climats de l’Europe. Elle résiste admirablement aux grands abaissements de température, et les sécheresses intenses n’en empêchent pas le développement. Elle est donc appelée à rendre des services sous les climats extrêmes et dans les sols secs. Dans les calcaires oolithiques de la plaine du Berry, on la substitue avec avantage à la Vesce, beaucoup plus délicate et sensiblement plus exigeante.
La Jarosse est souvent placée entre deux céréales, et, dans cette situation, il arrive qu’on ne lui donne pas de fumure directe. Il y a lieu cependant de remarquer que, bien que cette Légumineuse ne semble pas bénéficier au même degré que certaines de nos récoltes des engrais qu’on lui fournit, il serait généralement avantageux, dans les terres pauvres qui lui sont presque toujours réservées, de lui fournir non seulement une petite dose de fumier de ferme, mais encore des matières fertilisantes appropriées. L'expérimentation permettrait
GESSE
de déterminer à quelle dose les différents engrais donnent le résultat le plus économique.
La préparation du sol destiné à la Gesse n’est pas très compliquée ; après l’enlèvement de la céréale, on donne un déchaumage, et, dès que la germination des mauvaises graines est achevée, on opère le labour de semaille, qui est toujours un peu plus profond que le précédent.
On sème la Gesse en septembre. La semence, qui doit présenter un poids de 80 kilogrammes à l'hectolitre, est répandue à la volée, à raison de 250 litres environ par hectare. Le recouvrement se fait tantôt par le labour de semaille, et le procédé est à conseiller dans les terres très légères, calcaires, où le déchaussement est à craindre, tantôt à la herse. Lorsque l’enfouissement n’est pas immédiat, ce qui se produit quand on profite du dernier labour pour l’effectuer, il est indispensable, dans certaines localités, de faire surveiller le semis. Beaucoup d'oiseaux, en effet, sont très friands de cette graine. Les pigeons ramiers et domestiques, les tourterelles, les corbeaux déblavent quelquefois les champs sur de grandes étendues.
On associe généralement à la Gesse chiche une plante destinée à lui servir de tuteur et sur laquelle ses vrilles puissent s’accrocher ; le Seigle ou l’Avoine d'hiver sont employés à cet usage.
On trouve quelquefois bon de rouler à l’automne, aussitôt après le semis: on hâte ainsi la levée, dans les terres très légères et lorsque la fraicheur fait un peu défaut; ailleurs, on préfère attendre le printemps. Quelle que soit l’époque qu’on choisisse, ce roulage est indispensable, parce qu’il égalise et aplanit le sol et qu'il rend, par suite, le fauchage plus facile.
Le moment de la récolte est arrivé lorsque les fleurs sont entièrement épanouies ; il y aurait des inconvénients à attendre la formation des gousses. C’est en juin, dans le centre de la France, qu’on fauche cette plante. Le fourrage ainsi produit est consommé en vert ou transformé en foin.
Le fanage exige quelques précautions, et il est difficile quand la récolte est abondante. Il faut alors, après avoir laissé les Jarosses se ressuvyer, retourner fréquemment les andains et former tous les soirs des petits tas qu’on recoupe le lendemain après le départ de la rosée. Quand la dessiccation est suffisante, on met en meules et on laisse le fourrage subir une légère fermentation avant de le rentrer à la ferme. Il est bien rare qu'on bottelle la Jarosse sur-le-champ. :
On obtient jusqu'à 10 000 à 12500 kilogrammes de fourrage vert à l’hectare, ce qui correspond à 4000 et 5000 kilogrammes de foin sec ; mais ce sont là de très beaux rendements qu’on ne réalise que dans les bonnes situations. Les rendements de 2000 à 2500 kilogrammes de foin sec sont plus communs.
Les Bovidés et les Ovidés consomment avidement le fourrage et le foin de Jarosse; l'emploi de ces matières dans l’alimentation des chevaux*n’est pas à conseiller.
Quand on veut récolter les semences, on laisse mûrir le plus grand nombre des gousses, ce qu’on reconnaît à la coloration brune qu’elles acquièrent ; celles qui sont encore vertes achèvent de màûrir après la coupe. On fauche alors à la rosée et on laisse sécher en retournant avec précaution, on bottelle ou on rentre en vracs.
Le battage se fait soit au fléau, soit à la machine à battre. Les pailles qui en résultent sont conservées pour être données aux bœufs de travail ou aux moutons. Les graines, après avoir subi l’action du tarare qui les sépare des débris de gousses et de feuilles qui les souillent, sont conservées en grenier. La quantité qu’on produit est assez peu considérable, étant donné qu’on ne peut les employer que comme semences ; consommées par l’homme ou les animaux, elles ont occasionné de graves
OU
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accidents. On obtient de 15 à 20 hectolitres par hectare.
Gesse cullivée. — La Gesse cultivée ou Lentille d'Espagne, Lentille suisse, Pois carré, Pois breton, Pois gras, Pois de brebis, est à la fois une plante fourragère et une plante alimentaire pour l'homme. Elle se distingue de la précédente espèce par une tige un peu plus nettement ailée, par ses fleurs qui sont blanches, bleues ou roses, par son fruit qui porte deux ailes, enfin par ses graines grosses et jaunâtres. Au point de vue agricole, elle diffère de la Jarosse, non seulement par sa double destination, mais encore par un degré de résistance beaucoup moindre aux intempéries, notamment aux grands froids. La Gesse cultivée, importée d’Espagne en 1640, s’est surtout répandue dans la région méridionale de la France.
Ses exigences culturales, bien qu’un peu plus développées que celles de la précédente Gesse, peuvent néanmoins se résumer de la même façon; seulement, étant donnée sa faible résistance au froid, elle n’est restée plante d'automne que dans la région du Midi; à partir du plateau central, elle devient une Légumineuse de printemps.
Quand on la cultive comme fourrage, on la sème en septembre ou en mars et avril, suivant le climat considéré. On répand à la volée environ 2 hectolitres de semences par hectare et on recouvre autant que possible par un labour. On associe à la Gesse tantôt l’Avoine d'hiver, tantôt l’Avoine de printemps.
On fauche au moment de la floraison et l’on fait consommer en vert ou en sec; dans les deux cas on a un bon fourrage. .
Quand on veut récolter les graines, on laisse mûrir les gousses, et, après un fanage rapide, on bat au fléau et on conserve en lieu sec. La farine qu’on obtient par la mouture peut servir à l’engraissement des bestiaux.
Dans la région méditerranéenne, on cultive la Gesse comme succédanée des Pois. On la sème alors en lignes à raison de 150 à 160 litres par hectare. On peut répandre les semences directement dans les raies du dernier labour, ou les disposer dans de petits sillons ouverts à la houe à 30 centimètres environ les uns des autres ; on recouvre de 6 à 8 centimètres de terre. Les tiges étant relativement peu nombreuses sont assez grosses et se maintiennent sans le soutien d’une plante étrangère.
Dès que les gousses ont atteint lenr grosseur normale, on peut les récolter et consommer les grains en vert, ou bien on arrache les tiges et on les met sécher à l'ombre. Les semences cassées sont mangées comme des lentilles ou réduites en farine. La paille est donnée aux bêtes bovines ou ovines. Les rendements varient de 15 à 20 hectolitres par hectare.
La Gesse hérissée est, à proprement parler, une mauvaise plante de nos moissons. Elle est surtout abondante dans les sols frais, un peu argileux. Les tiges qui atteignent jusqu'à 60 centimètres sont ailées et velues; les feuilles sont mucronées et les stipules sont plus étroites que celles des espèces précédentes.
Les pédoncules floraux sont plus allongés et portent jusqu’à trois fleurs d’un bleu rosé, Le légume est hérissé de poils bulbeux et renferme des graines arrondies, verruqueuses. (C’est une espèce très rustique qui s’est montrée productive.
La Gesse lubéreuse, désignée vulgairement sous les dénominations de Moinsines, Anottes, Boulue, Saignes, est vivace par ses tubercules qui sont profondément enfouis en terre et ont un goût sucré. Les tiges, anguleuses, minces, s'élèvent jusqu’à 80 centimètres de hauteur en s’attachant aux chaumes de nos céréales au milieu desquels elle pullule parfois dans les sols calcaires marneux. Les pédoncules floraux très ailongés portent des bouquets