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GESSENAY

de grandes et belles fleurs roses. Les graines sont lisses et arrondies, un peu plus petites que celles de la Vesce cultivée ; elles mürissent difficilement dans le nord de la France.

La Gesse des prés, qui croît dans les lieux humides et abrités (prairies, haies et bois\, est une plante vivace de 50 à 80 centimètres de hauteur, à fleurs jaunes, réunies au nombre de 2 à 8 sur un long péduncule. Les légumes comprimés, chargés de veines obliques, renferment des graines globuleuses, lisses. Sa faible productivité dans les terres sèches s'oppose à ce que la culture puisse en tirer un parti avantageux.

On rencontre encore au milieu de nos cultures différentes Gesses, dont l’une est remarquable au double point de vue botanique et agricole.

La Gesse sans feuilles (Lathyrus Aphaca), Pois:

de serpent, Luzet, Geargio, Poigreau, est une herbe annuelle dans laquelle le limbe des folioles avorte totalement ; il ne reste que le rachis qui se contourne en vrille et est accompagné à sa base par deux grandes stipules sagittées. qu’on prend, au premier abord, pour les véritables feuilles. Les fleurs solitaires, portées sur des pédoncules axillaires, sont jaunes et petites. Les gousses, fortement comprimées, contiennent des graines très lisses, aplaties, d’un noir brillant caractéristique. Cette petite plante envahit communément nos céréales dans les terres marneuses, et elle salit de ses semences la récolte de grains.

La Gesse odorante (Lathyrus odoratus), Pois de senteur, la Gesse à larges feuilles (Lathyrus latifolius), Pois vivace, Pois à bouquet, sont des espèces ornementales sans importance agricole. La première est annuelle ou bisannuelle et originaire du midi de l'Europe; ses fleurs odorantes sont pourpres, panachées de blanc et de violet. La seconde est vivace ; ses tiges largement ailées, rameuses, atteignent jusqu'à 2 mètres de hauteur en recouvrant les buissons auxquels elles s’accrochent par leurs fortes vrilles ; les fleurs, réunies au nombre de 8 à 15 sur de longs pédoncules, sont d'un beau rose pur. F. B.

GESSENAY (FROMAGE DE) (lailerie). — Sorte de fromage de Gruyère qui tire son nom du pays de Gessenay, dans le canton de Berne (Suisse), remarquable par la longue durée de sa conservation, qui dépasse trente années. Le mode de fabrication est le même que pour le fromage d’Emmenthal (voy. GRUYÈRE). Lorsque le fromage est achevé, on le fait séjourner dans un séchoir où on le soumet à des frictions répétées, soit à sec, soit avec un chiffon imprégné d'huile ; il y perd,.en six ou sept ans, environ le quart de son poids ; la pâte devient compacte, sans subir d’altération, et elle durcit avec les années.

GESTATION (zootechnie). — La gestation est l’état de la femelle qui porte en son utérus un ou plusieurs fœtus. En cet état, on dit vulgairement de la femme qu’elle est grosse ou qu’elle est enceinte ; de la bête, qu’elle est pleine. Une femelle pleine ou une femelle en gestation, c’est donc une seule et même chose.

L'état de gestation commence au moment où l’ovule fécondé se fixe à la muqueuse utérine par le développement du placenta, et il se termine lorsque le fœtus, suffisamment développé, est expulsé de l'utérus par les contractions de l’organe (vOoy. PARTURITION). Sa durée est variable, non pas seulement selon les genres et les espèces d’animaux, mais encore selon les individus, dans chaque espèce. Toutefois, les variations se maintiennent entre des limites qu'il est intéressant de connaître, pour se mettre en mesure d'éviter, chez les femelles domestiques, les accidents de la parturition, et aussi pour combiner, en complète connaissance de cause, les entreprises zootechniques de reproduction dont elles peuvent être l’objet. Il nous

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GESTATION

faut donc déterminer ces limites chez les quatre genres d'animaux dont nous nous occupons.

Chez les Equidés, il y a d’abord une différence constante entre les Caballins ou chevaux et les Asiniens ou ânes. Les ànesses, qu’elles soient en gestation d’un ânon ou d’un bardot, portent toujours plus longtemps que les juments pleines d’un poulain ou d’un muleton. Cela fait constater que la durée de la gestation dépend de l’espèce de la mère et qu’elle n’est influencée en aucune façon par celle du père.

Tessier a recueilli des observations sur 278 juments, au sujet de la durée de leur gestation. Sur ce nombre, 23 ont mis bas entre le 322° et le 330° jour après la fécondation, 227 entre le 330° et le 359, 28 entre le 361° et le 419°. Les variations extrêmes ont donc présenté, comme on voit, un écart de 97 jours, qui paraîtra sans doute énorme. Il est évident, d’après cela, que chez les Equidés caballins on ne peut pas assigner à la gestation un terme fixe, comme le vulgaire et même la plupart des auteurs s’y montrent disposés. L'opinion: courante est que la jument porte onze. mois. Les constatations précises de Tessier montrent que ce temps de onze mois est le plus ordinairement dépassé, puisqu'il en a été ainsi dans 255 cas sur 278. Le plus probable est que le terme se trouve entre le 330° et le 359° jour.

Mais, pour les besoins de la pratique, ce n’est point la durée moyenne ni la durée extrême qui importe. Les moyennes, en ces sortes de choses, où il s’agit de déterminer des règles de conduite, ne peuvent être d’aucune utilité. Ce qui est intéressant, c’est de connaitre la moindre durée possible, parce qu'il en résulte la notion des précautions à prendre pour se préparer à recevoir le fruit de la gestation et à faire effectuer la parturition dans les meilleures conditions de succès. Ayant été constaté, comme on vient de le voir, qu'après 322 jours de gestation, le poulain peut naître viable, qu’à ce terme il n’y a par conséquent point avortement, mais bien parturition normale, on doit dès lors poser en principe que pour toute poulinière les mesures nécessaires pour assurer le succès de l'opération seront sagement prises en vue de l'éventualité possible, un peu avant le terme minimum ainsi fixé.

Il n’a pas été fait, pour les ânesses, d’observations du même genre. La notion courante est seulement que leur gestation ne dure pas moins de 360 jours. On considère qu’elles portent une année. A part celles qui font des baudets pour la production des mulets, il n’est guère d’ailleurs attaché d'importance à leur gestation. On ne risque toutefois pas de se tromper en admettant que la durée indiquée est plutôt un minimum qu’un maximum, d'après ce qui a été constaté avec précision pour les juments.

Chez les Bovidés, la science est encore plus riche en observations précises pour résoudre la question. Les statistiques sont plus nombreuses et conséquemment encore plus probantes. Le même Tessier en a établi une sur 577 cas. Ici la notion courante est que la gestation dure en moyenne 270 jours ou neuf mois. Après ce temps on considère que la vache est à terme. Nous allons voir que l'opinion commune est en erreur, et que cette prétendue moyenne est plus près du minimum que du maximum de durée de la gestation.

En effet, sur les 577 cas de la statistique de Tessier, dans 21 seulement la parturition a eu lieu du 240° au 270° jour après la fécondation ; dans 544, elle s’est effectuée du 270° au 299% jour, et dans 10 du

‘800° au 321°. Sur les 544 vaches dont les vêlages

sont compris entre le 270° et le 299° jour, 12 seulement ont mis bas le 27° exactement; presque toutes les autres n’ont vêlé qu’à partir du 277° jour.

En vue de rechercher si les variations observées

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pourraient être rattachées à quelque circonstance particulière, nous avons nous-même dressé la statistique des 50 derniers cas constatés à la vacherie de l'Ecole de Grignon, au moment où nous opérions. Avec les documents que nous y faisons recueillir régulièrement sur les faits qui se produisent, pour l'instruction des élèves, c'était chose facile. Dans cette statistique, nous avons divisé les sujets par race et par âge. Sur 10 vaches suisses de la race des Alpes, 3 avaient porté leur veau de 247 à 264 jours et 7 de 280 à 305 jours; sur 16 de diverses variétés de la race des Pays-Bas, 1 seulement avait vêlé le 26% jour et les 15 autres avaient porté 271 jours au moins et 307 jours au plus ; sur 14 Normandes de la race Germanique, 4avaient vêlé du 243° jour au 264 et 10 du 276° au 303° ; enfin, sur 10 métisses diverses, 2 avaient vêlé le 252° et le 254° jour, les 8 autres du 279° au 287°.

En considérant l’ensemble de ces cas, on constate que sur les 50 il y en a seulement 10 qui sont restés en deçà du terme moyen de 270 jours admis; les 40 autres ont été au-dessus. L'écart entre les extrêmes est de 64 jours, le minimum étant 243 et le maximum 307. On vient de voir qu’il n’y a rien qui puisse mettre en évidence une influence quelconque de la race. Pour les plus courtes durées, de même que pour les plus longues, nous avons trouvé à la fois des jeunes et des vieilles vaches, des primipares et des multipares. Les variations observées ne dépendent donc certainement ni de la race ni de l’âge. Elles sont peut-être attribuables à l’individualité, mais peut-être aussi bien à toute autre circonstance extrinsèque et indéterminée.

Ce qui ressort clairement toutefois de ces statistiques, c’est que le terme moyen de la gestation, chez les vaches, s’il était nécessaire de le fixer, devrait être placé plus près du 285° jour que du 270°. Mais encore ici c’est le plus court qu’il importe de connaître, et l’on a vu qu’il n’est pas arrivé avant le 240° jour. Chez les Bovidés, la gestation peut donc durer de huit à dix mois et demi ou près de onze mois.

Chez les Ovidés, les variations observées sont moins étendues. Cela se comprend sans peine, la durée de la gestation étant moins grande. Tessier ct Morel de Vindé ont constaté qu’elles se maintiennent entre 146 et 157 jours. Herm. v. Nathusius a le premier recueilli des faits qui tendraient à prouver qu’elle est, en général, un peu plus courte dans les variétés précoces que dans les autres. Dans son troupeau de Hundisbourg les brebis Mérinos portaient en moyenne 150,3 jours ; les Southdowns 144,2 jours seulement. Sur les métisses de divers degrés observées par lui, les faits constatés sont curieux. Les premières métisses Southdownmérinos, qu'il appelle demi-sang, ont porté en moyenne 146,3 jours ; les deuxièmes métisses, ou trois quarts sang, 145,5 jours ; les troisièmes ou sept huitièmes sang, 144,2 jours, absolument comme les pures Southdown, dont elles ne différaient sans doute d’ailleurs pas.

Dans le troupeau Southdown de l'Ecole de Grignon, nous avons nous-même constaté des résultats qui semblent confirmatifs. Sur 62 brebis dont la durée de gestation a été relevée, 1 a agnelé 139 jours après la date de sa lutte ; 2 après 141 jours écoulés ; 3 après 142 jours ; 11 après 143 jours; 10 après 144 jours ;. 7 après 145 jours; 6 après 446 jours ; 5 après 147 jours ; 7 après 148 jours ; 3 après 149 jours ; 7 seulement ont porté plus de 150 jours; pour une de ces dernières la gestation a été de 151, pour une autre de 157, pour deux de 158, pour deux autres de 159 et enfin pour la dernière de 162.

Les écarts ne sont donc que de quelques jours en moins ou en plus de 150 jours, et dans ces limites il n’y a véritablement pas d'intérêt pratique à préciser davantage, cela ne pouvant rien changer à la

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