SA LE
GIROFLIER
de l'espèce précédente à laquelle elle ressemble par son aspect et par ses exigences. JR GIROFLIER (sylvicullure). — Le Giroflier (Caryophyllus aromaticus) est un arbre de la famille des Myrtacées. Il est originaire des Moluques et a été introduit dans notre colonie de la Réunion; il s'élève jusqu’à huit ou dix mètres. Ses feuilles opposées présentent quelque ressemblance avec celles du Laurier; elles sont d’un vert brillant et comme vernissées. Le port de l'arbre est pyramidal. Les fleurs, réunies en corymbe à l'extrémité des rameaux, se composent d’un calice adhérent, allongé, se divisant en quatre sépales courts, pointus et concaves. Les pétales, au nombre de quatre, sont arrondis, concaves et restent fermés jusqu’à ce que le fruit commence à grossir. Ce fruit est une baie à
Fig. 18. — Rameau de Giroflier en fleur.
une seule loge qui renferme un noyau divisé en deux lobes. La pulpe qui entoure le noyau est légère, succulente et recouverte d’un épiderme noirâtre. Le bois du Giroflier cultivé est très solide, mais il est d’un gris sale, tacheté de gris noirâtre qui lui donne un aspect désagréable. Celui du Giroflier sauvage est dur, solide et pesant, sa couleur est plus franchement grise ; il est employé à faire des chevilles, des manches de hache, etc., et acquiert la dureté du fer lorsqu'il est tenu au sec, mais il pourrit vite s’il est exposé à l'humidité.
Au reste le bois n’est qu’un produit secondaire du Giroflier, qui tire toute son importance de ses fleurs. Récoltées lorsqu'elles sont encore en bouton, puis desséchées, elles sont vendues sous le nom de clous de girofle et sont employées comme condiment. L'office en tire aussi un grand parti soit pour les conserves et confitures, soit en mélange avec d’autres aromates dans la fabrication des liqueurs, B. DE LA G.
Le PR
GIRONDE
GIROD (biographie). — Le baron Girod (de l'Ain), mé à Gex en 1753, mort en 1839, magistrat français, a acquis, sous le rapport agricole, une grande notoriété par l'importation sur ses terres en 1798 d'un troupeau de moutons espagnols, qu’on a désigné sous la dénomination de mérinos de Naz, du nom de la localité où était élevé ce troupeau, remarquable par la finesse de sa laine. Le troupeau à été maintenu par son fils le général Girod (de l'Ain). H,,5:
GIRONDE (DÉPARTEMENT DE LA) (géographie). — Ce département a été formé, en 1790, de divers pays appartenant à la Guyenne; ces pays étaient : le Bordelais, qui a fourni 754149 hectares ; le Bazadais, qui en a donné 210 353; le Périgord, qui en a fourni 46 195 ; et l’Agenais, qui a apporté 143 00 hectares. Le département est traversé par le 3° degré de longitude ouest et par le 45° degré de latitude septentrionale. Il est borné : à l’ouest, par l'océan Atlantique ; au nord, par le département de la Charente-Inférieure; à l’est, par ceux de la Dordogne et de Lot-et-Garonne; au sud, par le département des Landes. Au point de vue de la superficie, c’est le premier département de France; il compte 974032 hectares. Sa plus grande longueur, de la Pointe de Grave, au nord-ouest, jusqu’à la commune de Lartigue, est de 166 kilomètres. Sa Jargeur est de 30 kilomètres un peu au nord du méridien de Lesparre, de 60 kilomètres sous celui de Pauillac, de 120 kilomètres entre le point où la Dordogne entre dans le département et la côte marine, au nord du bassin d'Arcachon. Son pourtour est de 640 kilomètres, dont 175 formés par l'océan Atlantique et par la Gironde.
Le département est divisé en six arrondissements, comprenant 48 cantons et formant un total de 552 communes. Les arrondissements de Lesparre, Blaye et Libourne occupent le nord du département ; celui de Bordeaux, l’ouest; celui de la Réole, l’est ; enfin, l'arrondissement de Bazas forme le sud du département. L’arrondissement de Bordeaux est le plus étendu.
Au point de vue du régime des eaux, sauf la portion de l’arrondissement de Bordeaux qui relève du bassin de la Leyre, fleuve côtier, sauf aussi quelques ruisseaux des Landes, le département entier appartient au bassin de la Gironde.
La Garonne entre dans le département, à 6 ou 7 kilomètres au-dessus de la Réole.
Jusqu'à Langon, le fleuve coule vers l’ouest ; à partir de cette ville, il se dirige vers le nord-ouest, puis vers le nord. Puis il arrose Preignac, Barsac, Cadillac, avant d'arriver à Bordeaux où il forme un demi-cercle de 6 kilomètres de longueur. À partir de la colline de Lormont, la Garonne coule jusqu’à sa rencontre avec la Dordogne, entre des rivages plats, bordés de rideaux d’arbres. Son cours dans le département est de 95 kilomètres. Au Bec d’Ambès, confluent de la Garonne et de la Dordogne, jusqu’à l'Océan, le fleuve prend le nom de Gironde.
La Garonne reçoit dans le département de la Gironde un grand nombre de ruisseaux. Ce sont : le Lysos, qui passe à la base du coteau de Grignols ; la Bassane, qui a son embouchure en face de celle du Dropt; le Beuve, qui coule au pied de la colline de Bazas ; le ruisseau de Roquetaillade; la Caussade, qui passe à Verdelais ; le ruisseau de Landiras, qui recueille les grandes sources d’Illats, fournies par la lande; l’£uille, qui se termine à Cadillac; la Barbouse; le ruisseau du Tourne, qui passe à Langoiran ; le Guamort ou Gat, qui entre dans la Garonne à Castres ; le ruisseau de Saint-Jean d’Es-
GIRONDE
tampe, qui arrose le vallon de la Brède; l’Eau- Blanche ; la Pimpine, qui se forme dans les collines de Créon ; l’'Eau-Bourde, richement alimentée par les eaux que l’alios retient, puis laisse échapper de la couche des sables, qui passe à Cradignan, près de Bordeaux ; l’Estey-Majou, qui traverse Talence; le Peugue et la Deveze, qui traversent Bordeaux souterrainement ; la Jalle de Blanquefort, longue de 49 kilomètres, et la Jalle de Ludon. Mais les deux principaux affluents de la Garonne, dans le dépar- -ment, sont le Dropt et le Ciron.
Le Dropt entre dans la Garonne par deux bras, sun à Gironde, l’autre près de Caudrot. Cette rivière a un cours de 36 kilomètres dans la Gironde, où elle entre à Dieulivol. Elle baigne la base du coteau de Monségur, passe à quelques kilomètres de la Réole. Elle est navigable à partir d'Eymet. Son principal affluent est la Vignague. — Le Ciron est une rivière des Landes qui pénètre dans le département après 24 kilomètres de cours. Il passe à 7 kilomètres au sud de Bazas, à Baulac, baigne Villaudrant, Noaillan, et gagne la Garonne entre Preignac et Barsac, après un cours de 90 kilomètres. Ses principaux affluents sont : le Bartos, la Gouaneyre qui traverse Captieux, le Baillou, la Hure qui passe à Saint-Symphorien.
La Dordogne, à son entrée dans le département, a déjà parcouru 374 kilomètres. Elle a 116 kilomètres de cours dans le département, parcours pendant lequel elle sépare les départements de la Gironde et de la Dordogne ; elle coule ensuite dans le département de la Gironde où elle baigne Sainte- Foy, Castillon, Libourne, Fronsac, Vayres, Cubzac et Bourg.
La Dordogne reçoit dans le département : audessus de Sainte-Foy, le Seignal; à Sainte-Foy, le Vénérol, venu d'une prairie marécageuse; la Beauxe; à Eynesse, la Gravouse; le Soulege; à Pessac, la Durège qui baigne Pellegrue et Gensac ; au-dessus de Castillon, la Lidoire; à Castillon, le Trabat ou Rieuvert; à Civrac, le Romendol qui baigne Pujols, et l’Escouach; en face de Sainte- Terre, la Gamage ; près de Saint-Jean de Blaignac, l’'Engranne; à Branne, le Fontada; au-dessous de Moulon, la Canodonne; à Libourne, l'Isle; à Arveyres, la Souloire ; à Vayres, le ruisseau de Gestas; puis l’Estey de Canteranne, la Laurence, le ruisseau de la Renauderie ; près de Cubzac, la Virvée et en face d’Ambès, le Moron.
L'Isle, l'affluent le plus considérable de la Dordogne, entre dans le département après 180 kilomètres de cours: cette rivière a, dans la Gironde, un parcours de 55 kilomètres. Elle serpente dans une vallée de prairies qui a 4 à 6 kilomètres de largeur au-dessus du confluent de la Dronne, à la Fourchée, et 8 à 9 au-dessous. Elle passe à Saint- Médard de Guizières, à un kilomètre de Coutras. Elle reçoit le Courbarieu, la Dronne, le Lary, le Galostre, le Palais, la Barbanne de Lussac, la Saye, la Barbanne de Pomerol. — La Dronne a 17 kilomètres de cours dans la Gironde; elle reçoit le Goulor, et baigne Coutras.
La Gironde est un estuaire de 73 kilomètres de . longueur compris entre les pentes douces du Médoc, les marais et les talus calcaires ou crayeux du Blayais et de la Saintonge; elle a 3 kilomètres de largeur du Bec d'Ambès à Blaye, 4 1/2 vis-à-vis de Pauillac, 6 1/2 à Saint-Christoly, plus de 10 entre Richard et Mortagne, 5 seulement à l'embouchure entre la pointe de Grave et la pointe de Royan. La Gironde reçoit : la Grande Jalle des marais, la Rigaudiere qui passe à Castelnau de Médoc, le ruisseau de Gamage, la Jalle de Saint-Laurent, la Livenne, le chenal de Guy et le chenal de Saint-Vivien. — La Leyre est un fleuve côtier, venant des Landes et qui n’a, dans la Gironde, que 40 kilomètres de cours. Elle est formée par la Jonetion de la Grande Leyre et de la Petite Leyre. Elle
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GIRONDE
reçoit la Gaure, le Lassieu et la Canau. Elle arrose Belin, Lugos, Salles, Mios, Lamothe et se jette par trois ou quatre bras, dans le bassin d'Arcachon, au sud de la petite ville d’Audenge.
La côte, dirigée uniformément du nord au sud, est rectiligne sur une longueur de 240 kilomètres. Le bassin d'Arcachon est la seule baie qu’on y rencontre. De la pointe de Grave au cap Ferret, à l'entrée du bassin d'Arcachon, il y a 119 kilomètres. La superficie du bassin d'Arcachon est de 15500 hectares à haute mer et de 4900 à marée basse; son pourtour est de 100 kilomètres.
Les principaux étangs sont : l'étang de Cazau, d’une superficie de 6 à 7000 hectares dont 3500 appartiennent à la Gironde ; l'étang de Hourtins ou de Carcans, vaste de 6000 hectares ; et l'étang de
Lacanau, d'une surface de 2000 hectares.
Le département de la Gironde se compose de deux régions distinctes : celle des collines ou région girondine et celle des plainés ou les Landes.
La région girondine occupe l’est du département, tout ce qui est à droite de l’estuaire de la Gironde et du cours de la Garonne, plus le massif des collines de Bazas et de Grignols, situé sur la rive gauche de la Garonne. C’est à peu près la moitié du département. Le point le plus élevé est la colline de Samazeuil (163 mètres d'altitude), située dans le Bazadais. Outre ce pays, la région girondine comprend : l’'Entre-deux-Mers, le Libournais, la Double, le Fronsadais, le Marais. L’Entre-deux-Mers, d’une superficie de 150 000 hectares, est compris entre la limite du département à l’est, le cours de la Dordogne au nord et celui de la Garonne au sud et à l’ouest; c’est un pays vignoble, couvert de vergers, jouissant d’un climat salubre. Le Libournais couvre près de 40000 hectares; séparé de l'Entre-deux-Mers par la vallée de la Dordogne, il est borné au sud par cette rivière, à l’ouest et au nord par l'Isle, à l’est par la frontière de la Dordogne ; c’est encore un pays riche et vignoble.
Au nord de l'Isle, entre cette rivière et la vallée de la Dronne, se trouve la Double, qui couvre de ses collines arides un territoire de quelques milliers d'hectares. C’est un ensemble de collines chargées de bois de Pins et de petits étangs.
Entre l'Isle, la Dordogne et la zone septentrionale des bois de Pins, les dernières ramifications du plateau de Saintonge forment le Fronsadais, qui a reçu suivant les localités les noms de Fronsadais
propre, aux environs de Fronsac; de Cubzadais,
vers Cubzac; de Bourgès, aux environs de Bourg ; de Blayais, autour de Blaye. Ce sont des pays de vignobles.
Au pied des collines du Blayais, entre elles et la rive droite de la Gironde, s'étendent les terres plates du Marais, sur une largeur de 3 à 6 kilomètres. Ces terres, grâce à des travaux de desséchement, sont devenues très fertiles.
La région des Landes, à part le petit espace occupé par le Médoc, les Polders et par le Bazadais, occupe toute la partie du département à l’ouest de la Garonne et de la Gironde; le vignoble de Haut-Brion si renommé est situé dans les Landes. Elles offrent un immense plateau s’élevant dans la direction du sud-est. C’est un pays malsain, de lagunes dont la stérilité proverbiale a pour cause l’alios. Ce plateau s’enfonce, près de l'Océan, sous un bourrelet de dunes couvrant à peu près 50 000 hectares dans le département; les plus élevées sont les dunes de Lascours, hautes de 89 mètres.
Le Médoc couvre une centaine de milliers d'hectares. On le partage en Haut-Médoc au sud, et en Bas-Médoc au nord; c’est le pays vignoble le plus renommé du Bordelais. Les Polders continuent le Médoc au nord-ouest ; mêlés de marais salants, ils sont faits d’alluvions enlevées au fleuve par un système de digues et de canaux.
Le département de la Gironde, grâce à sa lati-
GIRONDE
tude, à son voisinage de l'océan Atlantique, à sa faible altitude, jouit d’un climat doux, agréable. Bordeaux a une température moyenne de 13°,6. La moyenne de l'hiver y est de 6°,1, celle du printemps de 12°,9, celle de l'été de 20°,5, et celle de l’automne de 13°,8. En moyenne on compte 102 beaux jours et 107 jours de pluie. La hauteur d’eau qui tombe annuellement est de 0",831. Dans la baie d'Arcachon la température est encore plus élevée. Les vents les plus fréquents sont les vents d’oucst ct de nord-ouest, surtout au printemps et en été. La moyenne des jours de neige varie entre 4 et 5. Les orages sont assez fréquents du 15 mai au 30 juillet ; les plus violents suivent la direction de l’ouest à l’est. La moyenne des jours de grêle est de 8.
Le sol du département de la Gironde appartient aux terrains tertiaires. IL comprend trois sortes de terrains : le sol limoneux, le sol des graves, le sol des côtes.
Le sol limoneux se rencontre sur les bords de la Gironde et dans les vallées de la Garonne, de la Dordogne, de l'Isle et de la Dronne. Il est profond et fertile. Le bas Médoc, au-dessous de Lesparre, est couvert par une alluvion marine appelée mate. Ce dépôt marin couvre aussi une surface importante à Ciers, dans le Blayais. Ces terrains sont désignés sous le nom de palus. Desséchés et améliorés par la culture, ils sont favorables à la Vigne, aux céréales et aux prairies naturelles. Ils reposent sur le roc calcaire ou sur des marnes.
Le sol des graves est un mélange de gros sable et de cailloux roulés. Il appartient au diluvium et couvre le terrain tertiaire. Son épaisseur varie et atteint 2 à 3 mètres. Le sous-sol sur lequel repose ce terrain, est du sable ou de l'argile, ou un poudingue appelé alios (voy. ce mot), sorte de ciment ferrugineux aussi imperméable que les glaises. Ce sol graveleux et généralement ferrugineux est perméable et favorable à la culture de la Vigne.
Le sol des côtes est calcaire, plus ou moins argileux ou siliceux. Cependant çà et là, comme les coteaux appartiennent aussi au terrain tertiaire, le calcaire y alterne avec des dépôts sableux, argileux ou marneux. Quelquefois les argiles sont plus ou moins colorées par l’oxyde de fer. Le sol des parties accidentées de l’Entre-Deux-Mers est le plus généralement argilo-calcaire.
Le sol des plateaux ou des hautes plaines est argilo-siliceux plus ou moins compact, perméable et ferrugineux. Quelquefois la couche arable est argilo-graveleuse à sous-sol très peu perméable.
Les terres sablonneuses couvrent de grandes surfaces dans le Bazadais, le Cubzadais, le Blayais et les Landes. Ces terrains sont souvent peu profonds, noiràtres et arides ; ils reposent sur un sous-sol argileux peu perméable.
Les plateaux du Bazadais ct des landes sont peu fertiles, parce que le sol est formé d’un sable fin et argileux et qu’il a pour base l’alios ou un sous-s0l imperméable. Ces terrains sont secs, arides pendant l’été et très humides pendant l'hiver. Le Pin maritime y prospère bien.
Les dunes comprennent une série de montagnes de sable quartzeux, séparées les unes des autres par des vallées plus ou moins larges appelées lettes ou lèdes, et ordinairement couvertes de gazon.
En général, le sol situé entre les dunes, la Garonne et la Gironde, est graveleux, sablonneux ou argilo-sablonneux. Le terrain limité par larive droite de ces grands cours d’eau est principalement calcaire. Les sols des arrondissements de Libourne et de la Réole sont tantôt calcaires et caïllouteux, tantôt argilo-siliceux et graveleux, et reposant parfois sur un sous-sol ferrugineux très dur appelé crasse de fer.
La superficie de la Gironde est de 974032 hectares. Voici comment elle est répartie, d'après le cadastre achevé en 1844 :