GINGEMBRE
Ravenne (Italie) en 1716, mort en 1765, naturaliste italien, dirigea le cabinet d'histoire naturelle fondé par son oncle, Joseph Ginani. On lui doit : Dissertation sur les maladies des grains (1759), Historia civile e naturale delle pinete Ravennale (1774). Il fut membre étranger de la Société nationale d'agriculture. HS:
GINGEMBRE (botanique). — Plante monocotylédone qui a donné son nom à la famille des Zingibéracées. On cultive à peu près exclusivement l'espèce officinale (Zingiber officinale Rosc.), qui croit spontanément dans le sud de la Chine ainsi que dans l'Inde ; sa culture cest très répandue dans tous les pays de la zone tropicale et particulièrement aux Antilles, à la Jamaïque, au Mexique et sur les côtes occidentales d'Afrique. La partie employée est le rhizome charnu, riche en fécule et en huile arcmatique. On le recherche comme condiment à cause de sa saveur aromatique et poivrée; on en fait également des confitures. En Angleterre on en fabrique une boisson connue sous le nom de bière de gingembre. Enfin on le recherche en médecine à cause de ses propriétés stimulantes. On-le trouve dans le commerce.soit décortiqué et on lui donne alors le nom de gingembre blanc, soit simplement coupé en morceaux, et dit gingembre gris.
Cette plante émet chaque année des rameaux aériens munis de feuilles engainantes, lancéolées, lesquels sont stériles. Les fleurs sont portées sur des rameaux munis simplement de bractées et se terminant par un épi. Ces fleurs, que le docteur H. Baillon a étudiées organogéniquement, sont à réceptacle concave, portant sur ses bords un calice de trois pièces gamosépale et une corolle gamopétale à trois divisions inégales, l’antérieure étant plus grande que les deux autres. L’androcée comporte trois étamines dont la postérieure seule est fertile. L’ovaire à trois loges, comprenant un nombre indéfini d’ovules, donne naissance à un fruit capsulaire. Le Gingembre officinal peut être cultivé en serre ou même planté sur couche pendant. l’été sous le climat de Paris. Les rameaux aériens meurent à l’automne; on conserve pendant l’hiver les rhizomes sur une tablette de la serre tempérée. J. D.
GINGKO (arboriculture). — Arbre de la famille des Conifères, tribu des Taxinées. Le Gingko (Gingko biloba L., ou Salisburia adiantifolia Smith.), désigné aussi sous le nom d’Arbre aux quarante écus, ce qui est une allusion au grand prix qu’atteignait cet arbre dans les années qui ont suivi son importation de Chine où il est indigène, est dioïque. Les pieds mâles portent au début de la végétation des chatons allongés portant des étamines à l’aisselle d’écailles; les individus femelles ont des fleurs réunies par deux à l'extrémité d’axes un peu aplatis, ces fleurs sont composées d’un ovaire nu à une seule loge, laquelle contient un seul ovule. Le fruit est une drupe dont le péricarpe huileux rancit de bonne heure et prend alors une odeur repoussante. La graine, qui est trigone et de la grosseur d’une petite noisette, renferme un embryon entouré d’un albumen : elle est comestible et très recherchée comme telle en Chine et au Japon.
La seule espèce cultivée est le G. biloba. C'est un arbre de 25 à 30 mètres, d’une grande élégance à cause de son port pyramidal et de ses feuilles caduques, dont le limbe a la forme d'un éventail. Il ne croît bien que dans les sols siliceux riches et ne fait que végéter, sans mourir cependant, dans les sols compacts. Il supporte très bien la transplantation et se multiplie aisément au moyen du marcottage, du bouturage ou du semis. On en cultive des variétés à grandes feuilles, à feuilles panachées et à rameaux pleureurs. JD:
GIOBERT (biographie). — Le chevalier Jean-Antoine Giobert, né à Asti (Italie) en 1761, mort en 1834, chimiste et agronome italien, fut professeur
GIROFLÉE
d'économie rurale à l'Université de Turin ; il a entrepris un grand nombre de travaux sur la culture des céréales et de plusieurs autres plantes. Parmi ses nombreux ouvrages, il faut citer : Ricerche chimice e agronomice intorno angl ingrassi ed al terreno (1790), Annali di economia rurale, civile e domestica (Turin, 3 vol.), Traité sur le pastel et sur l'extraction de l’indigo (Paris, 1813), Dell aratro degli antichi paragonato coll aratro piemontese. F5.
GIOVANETTI (biographie). — Jacques Giovanetti, né à Orta (Italie) en 1787, mort en 1849, jJurisconsulte et économiste italien, a acquis une grande notoriété par ses travaux sur le commerce et la jurisprudence. On lui doit notamment : Du régime des eaux, et particulierement de celles qui servent aux irrigations (Paris, 1844). H.S.
GIRANDOLE (arboricullure). — Sorte de quenouille (voy. ce mot).
GIRARD (biographie). — Jean Girard, né à Fohet (Puy-de-Dôme) en 1770, mort en 1852, vétérinaire français, a été successivement professeur et directeur de l'Ecole d’Alfort de 1814 à 1831. Il fut membre de la Société nationale d’agriculture. Il a fondé le Recueil de médecine vétérinaire. On lui doit aussi : Traité d'anatomie vétérinaire (1819), Traité du pied considéré dans Les animaux domestiques (1814), Mémoire sur le claveau (1818), Mémoire sur les calculs vésicaux chez le cheval (1823), Traité des hernies inguinales dans le cheval (1827). H.S.
GIRARD (biographie). — Pierre-Simon Girard, né à Caen en 1765, mort en 1836, a été un des plus brillants ingénieurs des ponts et chaussées au commencement du dix-neuvième siècle. Il s’occupa surtout de la construction de canaux et de l'emploi des eaux. Il fut membre de la mission scientifique d'Egypte ; il en rapporta un Mémoire sur l'agriculture, le commerce et l’industrie de la haute Egypte. Y1 fut membre de l’Académie des sciences et de la Société nationale d'agriculture. H.S.
GIRARDIN (biographie). —Jean Girardin, né à Paris en 1803, mort en 1884, chimiste français, s’en fait connaître surtout par ses recherches sur les applications de la chimie à l’agriculture. Il a été successivement professeur de chimie à Rouen, doyen de la Faculté des sciences de Lille, recteur à Clermont-Ferrand, directeur de l'Ecole supérieure des sciences de Rouen. Ses principaux ouvrages sont : Traité d'agriculture (2 vol., en collaboration avec M. du Breuil), Des fumiers et autres engrais animaux (1° édit., 1876), Chimie générale et appliquée (4 vol., in-8°), Leçons de chimie appliquée aux arts industriels (5 vol.). H#9]
GIRARDOT (biographie). — Nicolas de Girardot a été, au dix-septième siècle, le propagateur à Bagnolet.et à Montreuil près de Paris, de la culture des Pêchers qui a fait la richesse de ces communes; il donna l’exemple de la multiplication des murs d’espalier dans les jardins. On raconte qu'en 1695 il vendit 3000 pêches à la ville de Paris pour 3000 écus. H. S.
GIRAUMONT. — Voy. COURGE.
GIROFLE. — Bouton des fleurs du Giroflier (voy. ce mot).
GIROFLÉE (horticulture). — On cultive sous ce nom dans tous les jardins un certain nombre de végétaux qui appartiennent cependant à des genres différents de plantes de la famille des Crucifères. Les principales plantes cultivées sous ce nom sont les suivantes :
Giroflée jaune (Cheiranthus cheiri L.).— Plante herbacée ou sous-frutescente, bisannuelle ou vivace que l’on rencontre en France à l’état spontané sur les vieux murs, couronnant leurs faites ou s’accrochant dans les anfractuosités de leurs flancs par quelques racines peu ramifiées. Les fleurs chez la plante sauvage sont jaune clair, régulières ct
GIROFLÉE
hermaphrodites. Le calice est à quatre pièces, dont deux sont munies à la base d’un faible éperon qui les rend gibbeuses; avec ces pièces alternent celles en nombre égal, de la corole cruciforme. L’androcée est tétradyname, c’est-à-dire qu'il est formé de six étamines, dont quatre grandes groupées deux à deux, et deux plus petites, lesquelles sont entourées à la base par une glande.
L'ovaire qui dans le très jeune àge n’a qu’une seule loge devient de bonne heure à deux loges, par suite de la formation d’une fausse cloison qui divise la loge en deux; les graines, abondantes, ‘sont disposées sur deux rangs sur chacun des deux placentas. Le fruit est une silique. Les rameaux portent des feuilles simples, lancéolées, étroites et se terminent par des fleurs disposées en grappes qui sont dépourvues de bractées.
On cultive dans les jardins un grand nombre de’ variétés de cette Giroflée qui est souvent connue sous les noms vulgaires de Giroflée de murailles, ravenelle ou violier. Ces variétés sont simples ou doubles. Les simples sont le plus généralement cul-
Fig. 17. — Giroflée jaune.
tivées; leur fleur revêt des couleurs très diverses et les principales races sont : G. brune, à fleurs jaune brunâtre, unicolores ou striées ; G. lie de vin ou violette à fleurs violacées ou rougeûtres; G.jaune clair. Parmi les variétés doubles il convient de citer la G. rameau d’or, très belle plante à floraison abondante, mais malheureusement délicate et réclamant, pendant l'hiver, l'abri de l’orangerie ou d’un châssis ; la G. d’Erfurt ou brune double, plante peu ramifiée, souvent même réduite à une seule tige, très cultivée en Allemagne et peu en France, exigeant l'abri d’un châssis pendant l'hiver.
Les Giroflées simples et aussi la Giroflée d’Erfurt se multiplient au moyen de la graine. La Giroflée rameau d’or se propage par des boutures que l’on peut planter pendant tout l'été sous cloche. Les semis doivent être faits en avril ou mai ; les plantes provenant de semis hàtifs fleurissent dès l'automne, mais souvent supportent mal les fortes gelées de l'hiver. Les semis de mai sont préférables pour la production de plantes destinées à la formation de corbeilles printanières. Dès que les plantes ont quelques feuilles, il est bon de repiquer le plant en pépinière à 8 ou 10 centimètres en tous sens. Quand elles commencent à se gêner, on les replante en planches à environ 0,30 de distance. Par ce procédé, on obtient des plantes trapues, bien ramifiées et abondamment pourvues de chevelu. En octobrenovembre ou bien en février, on relève les plantes en motte, pour les planter soit en plates-bandes, soit en corbeilles qui sont du plus gracieux effet. Si la plantation est faite en automne, il est utile de garder en réserve quelques plantes qui serviront
Pris
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à remplacer celles que les gelées auraient pu endommager. Ces plantes supportent très bien la culture en pot à la condition d'avoir passé leur jeune âge en pleine terre et de n’être rempotées qu'en automne.
Pour les variétés qui craignent les gelées, il convient de rempoter les plantes provenant de semis ou les boutures, et de les abriter sous chàssis en ne les arrosant que très peu, ce qui garantira une belle floraison au printemps.
Les fleurs de toutes les Giroflées jaunes sont très employées pour la confection des bouquets, car elles répandent une odeur très agréable et durent longtemps dans l’eau, à la condition toutefois de mettre dans celle-ci quelques fragments de charbon de bois, afin d’en éviter la corruption rapide.
Giroflée quarantaine (Mathiola annua Sweet). — Plante indigène à feuilles tomenteuses blanchâtres, à fleurs rouges ou violacées. La silique légèrement comprimée ettomenteuse est surmontée de deux prolongements stigmatiques divergents. Cette espèce, qui est très employée dans la culture d'ornement, a produit un nombre très considérable de races subdivisées en variétés qui se caractérisent par des colorations et des dimensions variables. Les principales races cultivées sont les suivantes : Giroflée quarantaine anglaise, G. q. naine, G. q. pyramidale, G. q. à rameaux ou Kiris, plante à feuilles vertes, lisses, très employée dans la culture en pot, G. q. cocardeau, à feuilles amples, cloquées.
Dans toutes ces races diverses, seules les plantes donnant des fleurs doubles sont recherchées dans la. culture, les fleurs simples, en effet, étant peu ornementales à cause de la forme enroulée des pétales. Cependant le seul moyen pratique de multiplier ces plantes est le semis, les boutures ne donnant que des plantes peu vigoureuses. On a cherché à obtenir par le semis le plus grand nombre possible de plantes à fleurs doubles, ce qui dans la culture commerciale a une très grande im= portance, car les plantes à fleurs simples ne se vendent pas. Un horticulteur habile, M. Chaté, qui a étudié spécialement cette question et qui a publié sur ce sujet une brochure très instructive, donne les procédés suivants, qui, de nos jours, sont appliqués par tous les horticulteurs se livrant à la culture de la Giroflée quarantaine. Quand les plantes à fleurs simples, qui seules produisent de la graine, sont en fleurs, on pince les grappes à la moitié de leur longueur. La graine produite de la sorte donne déjà des plantes à fleurs doubles dans la proportion d'environ 80 pour 100. Mais ce résultat est insuffisant et il est nécessaire d'appliquer l'essimplage. On peut, en effet, avec un peu de pratique, arriver à reconnaître à simple inspection, quels sont les plants qui donneront des fleurs doubles ; ils se caractérisent par des feuilles longues, d’un vert blond, velues et ondulées sur les bords, celles du centre sont blanchâtres, enroulées sur lcurs bords et ferment le centre de la plante; par contre, les pieds donnant des fleurs simples ont des feuilles arrondies au sommet, d’un vert foncé et le centre est ouvert en forme de volant.
On peut semer les Giroflées quarantaines en mars ou avril sur couche; on les repique sur couche et on Jes met en place en mai; elles fleurissent de mai à juillet. Mais la principale culture consiste à semer en juin, à repiquer le plant en planches dès qu'il a quelques feuilles, à l’hiverner sous châssis après l'avoir rempoté en pots de 12 centimètres de diamètre. Ces plantes fleurissent en mars, avril ou mai, suivant que l’on garnit ou non le coffre de réchauds. À
..Giroflée d'hiver (Mathiola incana R. Br.). — Plante bisannuelle ou vivace, à feuilles tomenteuses, fleurs violettes. On en cullive des variétés à fleurs doubles de toutes nuances, douées d’une odeur agréable. La culture est la même que celle