I. Biocraphii:. Ferdinand Probst naquit le
28 mars 1810 à Ehingen (Wùrttemberg); il suivit les classes du gymnase de sa ville natale jusqu'en 1836 où il se rendit à Tûbingen et fut ordonné piètre le 16 septembre 1840. Il occupa successivement les postes de vicaire à Lllwangen, 1841, et de curé à Pfarriih de 1843 à 1864. Kntre temps il suivait les cours de Hefele, de Kuhn et, le 25 novembre 1851, obtenait son doctorat en théologie. Au printemps de 1864, il fut promu professeur de théologie pastorale à l'université de Breslau; le 16 avril 1886, chanoine; en 1889-1800, recteur
1 AU. Merlin, op. cil., p. 41 1. — - Marangoni, Cose gentilesche, p. 293-294. — 3 Marucchi, .S'. Pietro e Paulo, p. 1 17. -- 'M. Armellini, Handbook to Christian and ecclesiastical Rome, t. 1, p. 327. - * Platner et Bunsen, Beschreibung </>r Stadt Rom, t. 111, l'e part., p. 423. ' !>»• Rossi, Inscr.
de l'université: en 1890, prélat romain ; le 4 mars 1896, Dompropsl et installé le 31 juillet 1896. Il mourut le 26 décembre 1899 à Breslau.
Probst consacra la majeure partie de son activité littéraire à l'étude de la liturgie. Il s'était persuadé que la liturgie conservée dans les Constitutions apostoliques (voir Dictionn., t. m, à ce mot) était la liturgie universelle de l'Église et il se servit d'une vaste érudition pour en faire la preuve. Ce fut en vain. Il découvrait des allusions dans les textes les plus vagues et bâtissait des démonstrations sur des pointes d'aiguilles. La lecture en est rebutante et son effort est perdu; on ne peut contester les recherches, on n'en peut retirer presque rien d'utile. Ce qu'il en reste c'est que la liturgie du VIIIe livre des Constitutions apostoliques a pu servir de maquette à la liturgie d'Antioche 8. Les tentatives de F. Kattenbusch* et de P. Drews10 pour galvaniser la monomanie du chanoine Probst ont échoué.
IL Bibliographie. — Kalholische Glaubenslehre. Ein heligionshandbuch fur Laien, Mainz, 1845. — Die sogenannte Rejormalion und die ivirkliche Reformalion. Ein Beilrag zur 300 jàhrigen Jubelfeier der allgemeinen Kirchenversammlung von Trient : Kurzer Ueberbliek iiber die Unterscheidungslehren, Mainz, 1845. — Kalholische Moraltheologie, 2 vol., Tûbingen, 1848-1850; 2eédit.,1853. — Die Gesellschajt Jesu, Tûbingen, 1851. — Verwallung der hochheiligen Eucharistie, Tûbingen, 1853; 2e édit., 1857. — Brevier und Breviergebet, Tûbingen, 1854. — Exequien, Tûbingen, 1856. — h'irchliche Benedictionen und ihre Verwaltung, Tûbingen, 1857. — Liturgie der drei erslen christlichen Jahrhunderle, Tûbingen, 1870. — Lehre und Gebet in den drei ersten christlichen Jahrhunderten, Tûbingen, 1871. — Sakrarnente und Sakramentalien in den drei erslen christlichen Jahritunderlen, Tûbingen, 1872. — Kirchliche Disciplin in den drei erslen christl. Jahrh., Tûbingen, 1873. — Kateehcse und Predigl vom Anfang des 17. bis zum End; des VI. Jahrhunderts, Breslau, 1884. — Lehre vom lilurgischen Gebele, Breslau, 1885; 2e édit., 1892. ■ — Geschichte der katholischen Katechese, Breslau, 1886. — Die attestai rômischen Sacramentarien und Ordines, Mûnster-i.-W., 1892. — Liturgie des 11. Jahrhunderts und dercn Re/orm, Mùnster-i.-W., 1893. — Die abendlàndische Messe vom I". bis zum 1 ///. Jahrhundert, Mûnster-i.-W., 1896.
Parmi les travaux disséminés dans des publications périodiques, nous relevons les litres suivants : Origenes iiber die Eucharistie, dans Theolog. Quartalschrift, Tûbingen, 1864, p. 449-534; Origenes iiber den katholischen Gottesdienst, dans ibid., 1864, p. 646-719; Lehre îles ( démens von Alexandrien iiber die Eucharistie, dans ibid., 1868, p. 203 sq.; Die Verwaltung des Kirchenwermogens in den ersten drei J<dirhunderten, dans ibid., 1872. p. 383 sq.; Der Primat in den ersten drei Jahrhunderten. dans Der Katholik, 1872, p. 257-284; Der Prie/ des rômischen Kleinens und der Tod der Apostel l'elrus und Paulus, dans ibid., p. 658-668; Das christliehe Begrâbniss im IV. Jahrh.. dans Ilislor. polit. Blûtter, t. lxxix, 1877, p. 51 8-532; Ehe und Eheschliessung im 1 . Jahrh., dans ibid., t. lxxx. 1877, p. 677- 696, 753-767. 829-842; Das Ironianisehe Sakramentarium, dans Katholik, 1S79, p. 478-503; Ilislorischer Commentar zum Taufordo de.t rômischen Rituales, dans ibid., 1880, p. 5t 9-540; Die Scrutinien ordines und der silbente rômische Ordo, dans ibid., 1880, p. 55-75; Die ajrikanische Liturgie im 1 r. und 1 . Jahrhundert, dans ibid., 1881 p. 1 19-470, 561 581 ; Mailandische Liturgie,
christ, urb. Rom., 1. n, 1™ part., p. 1 13, 11. 165. " Forcella, Iscrizioni, t. ki, p. 171, n. 312. " I.. Duchesne, Origines 1/1/ culte chrétien, p. 55-56. * Dos apostolische Symbol, Tûbingen, 1900, t. 11, p. 317. '• Unlersuchungen ûberdit sogen. clementinische Liturgie, TQbingen, 1906.
PROBST — PROCÈS ET MARTINIEN (C AT AC 0 MB E DE) ISfin
dans ibid., 1882, p. 16-32, 113-132, 225-243, 337-354; Die Liturgie des Basilius, dans ibid., 1883, p. 1-27, 113-141; Die antiochenische Messe nach den Schrificn des h. Joh. Chrys. dargeslellt, dans Zeilschrifl fur kath. Théologie, 1883, p. 250-253; Die Liturgie nach der Beischreibung des Eusebius von Câsarea, dans ibid., 1884, p. 681-726; Die hierosolymitanische Messe nach den Srhri/ten des heil. Cyrillus, dans Katholik, 1884, p. 142-157, 253-270; Schriftliche Abfassung der Liturgie, dans ibid., 1884. p. 31-53; Die gallikanische Messe vom IV. bis zum VIII. Jahrh., dans ibid., 1880, p. 73-95, 146-167, 246-267, 361-382, 517-540; Die spanische Messe von ihren Aujàngen bis zum V'ill. Jahrhunderl, dans Zeitschrijt fur kat'hol. Theol., 1888, p. 1-35, 193- 245; Duchesne ïiber die drei âltesten romischen Sacramenlarien, dans ibid., 1891, p. 193-213; Zur Frage nach der Stellung des Gelasianum zum Osterfasten, dans Theolog. Quartalschrift, 1894, p. 126-134; quelques articles dans la 2e édition du Kirchenlexikon de Wetzer und Welte, entre autres : lirevier, t. n, col. 1257 -1291.
Enfin Verwaltung des hohenpriesterlichen Amstes, Breslau, 1881; 2e édit., 1885; Théorie der Sccljorgc, Breslau. 1883; 2e édit., 1885 : Katholische Pastoralthéologie, Mïmster-i.-\V., 1898.
H. Leclercq.
PROCÉDURE FRANQUE. —La procédure en droit franc diffère de la procédure romaine de l'époque impériale. La loi salique nous montre des traces de l'usage primitif qui introduit l'action du demandeur par un acte d'exécution. Au cas où des bestiaux ont endommagé une culture, le plaignant commence par les saisir et les enfermer (ix, 2, 5), s'agit-il de saint Landelin qui, avec deux compagnons, a entrepris le défrichement d'une forêt, le propriétaire de celle-ci survient, se fâche et saisit leurs manteaux : cappas eorum quasi pro vadia auferens l. En cas de vol, la visite de la maison du voleur ou du receleur présumé est permise nonobstant l'opposition du propriétaire. Dans les trois jours qui suivent le vol, la découverte de l'objet entraîne restitution ou séquestre; après ce délai, le détenteur garde la possession et recherche le coupable.
Le défendeur est tenu de se rendre à l'assignation du tribunal siégeant au mallberg. Le demandeur somme son adversaire de répondre à sa plainte sans restrictions ni échappatoires, par affirmation ou dénégation. Le jugement du thunginus 8 est définitif si le défendeur a avoué ou s'il a été pris en flagrant délit ; si celui-ci n'avoue pas, le jugement ne porte que sur le dispositif delà preuve. Mais ce n'est pas le tribunal qui recherche la preuve, il attend que les parties remplissent les obligations légales. En cas de flagrant délit, le demandeur est seul admis à fournir la preuve. Ce qui fait de la preuve un privilège, c'est qu'à moins d'être arguée de faux, elle ne peut être écartée ni même combattue; on ne la discute pas; du moment où elle est apportée dans les conditions voulues, elle est décisive.
Le serment se faisait au mallus3; le nombre des cojureurs était dans le droit salien de douze, dans le droit ripuaire de six à soixante-douze et les témoins étaient appelés « documentaires » ou bien « de notoriété ». Le fait que, dans plusieurs cas, on indique le nombre de témoins 4 qui doivent affirmer le même fait prouve que la valeur intrinsèque du témoignage n'est que chose accessoire.
Reste l'épreuve judiciaire, ce qu'on appellera plus tard le jugement de Dieu; on y a recours soit en l'ab-
1 Acla sanct., junii t. m, p. 542. — 2 Plus tard le comte. — 3 Plus tard sur un autel. — 'Loi salique, xxxix, 2; Extrav. B., 2. — 5 E. Stevenson, dans Bull, di arch. crist., 1881, p. 104-106; I.-P. Kirsch, Le memorie dei martiri sulle nie Aurélia e Cornelia, dans Miscellanea Francisco Elirle,
sence des co-jureurs, soit si la partie adverse récuse le serment ou l'argue de faux. Une fois la preuve faite, le perdant doit exécuter le jugement.
Enfin la procédure franque ne connaît point l'appel.
IL Leclercq.
PROCÈS ET MARTINIEN (CATACOMBE DE). — I. Un peu de topographie. II. Un peu d'hagiographie. III. Épigraphie.
I. Un peu de topographie. — La voie Aurélienne, appelée Via Aurélia velus, partait du ponte Emilio et par la porte Aurélia, que Procope nomme déjà Pancratiana, proche de la porte moderne dite de Saint- Pancrace, se dirigeait par Lorium vers Centumcella?, aujourd'hui Civita Vecchia; c'était la route qui conduisait à la mer et qui, au vne siècle de Rome, fut prolongée jusqu'à Gênes. Sous Marc-Aurèle fut tracée une Via Aurélia nova partant du ponte Elio et qui sort de l'enceinte de Rome par la porte Cavalligieri; après un parcours de trois milles elle rejoint la voie Aurélienne ancienne, la seule qui nous intéresse ici puisque c'est de chaque côté de cette dernière que se succèdent plusieurs catacombes chrétiennes.
La topographie de ces parages est loin d'être claire, les fouilles n'y ont été ni méthodiques ni profondes et ce qu'on sait de ces terrains n'est pas beaucoup plus précis que ce qu'on en savait au commencement du xixe siècle, malgré des études partielles ». Nous avons consacré des notices aux catacombes de Calépode (voir Dictionn., t. n, col. 1593-1595), des deux Félix (voir Dictionn., t. v, col. 1299) et de saint Pancrace (voir Dictionn., t. xm, col. 1009-1014), ici nous nous occuperons du cimetière des saints Procès et Martinien.
Si nous récapitulons ce que nous apprennent les documents du vue siècle6, nous lisons dans Vltinerarium de Salzbourg : Deinde ambulas ad S. Pancratium, cujus corpus quiescit in formosa ecclesia via Aurélia, quam S. Honorius papa magna ex parte reœdificavil, et in illa ecclesia intrabis longe sub terra et invenies... et S. Processus et Marlinianus sub terra, et S. Lucina virgo et martyr in superiori. Deinde pervenies eadem via ad sanctos pontifices et martyres duos Felices. Postea eadem via pervenies ad ecclcsiam; ibi invenies S. Callistum... Dans l' Itinerurium de Guillaume de Malmesbury nous lisons : Quarto décima porta et via Aurélia, quse modo porta S. Pancralii martyris dicilur, quod juxta eam requiescit in sua ecclesia; et alii martyres... In altéra ecclesia Processus et Martinianus et in tertiu Feliees duo, et in quarta S. Calixtus et Calepodius... Dans l'Ilinerarium d'Einsiedeln : In via Aurélia extra civitalem S. Pancralii, in dextera Processi et Martiniani; enfin dans l'Index des cimetières des Mirabilia, ces simples mots : Cœmeterium Calepodii ad S. Pancratium. Cœmelerium S. Agalhse ad girulum. Cœmeterium Julii via Aurélia...
Ainsi donc les Ilineraria, d'accord en cela avec le martyrologe hiéronymien et le Liber pontificalis, nous font connaître sur la voie Aurélienne cinq lieux vénérés qui sont : au 2e mille, le cimetière et la basilique de saint Pancrace et le cimetière avec l'église des saints Procès et Martinien que suivent l'église et le cimetière des Felices duo; au 3e mille, la basilique de saint Calliste et le cimetière de Calépode; enfin, d'après le témoignage unique de la Nolitia porlarum, au xne mille, l'église de saint Basilide.
A saint Pancrace on vénérait les tombes des martyrs Artemius, Paulin, Sophie et ses trois filles : Agape, Elpis et Pistis, puis un martyr Symmaque ',
t. il, p. 63-100; A. Silvagni, La lupoyra/ia cimiteriale delta via Aurélia, dans Rivista ili archeoloyia cristiana, 1932, p. 101-114. — 'De Rossi, Roma sotlerranea, in-fol., Roma, 1863, t. i, p. 140, 141, 183. — ' Liber pontificalis, édit. L. Duchesne, t. i, p. 262.