PROCÈS ET MARTINIEN (CATACOMBE DE
éponyme d'une basilique où le pape saint Grégoire Ier prononça sa xxviie homélie et que le pape Honorius Ier ' fit rebâtir et qu'on nous présente comme une formosa basilica.
Les martyrs Procès et Martinien étaient l'objet principal du culte dans le cimetière où leur nom était associé à celui de Lucine. Au ivc siècle, ils possédaient une église cimétériale puisqu'à l'époque de l'usurpateur Eugène (392-394) elle fut concédée à une secte de montanistes 2, qui n'eurent pas le temps de s'y attarder et, ici encore, le pape saint Grégoire Ier prononça une homélie en l'honneur des martyrs.
Du sanctuaire des Felices duo on ne sait que dire car le Liber pontiflcalis 3 y voit les papes Félix Ier et Félix II tandis que des documents plus anciens et recevables font inhumer Félix Ier au cimetière de Calliste (voir Dictionn., t. xm, col. 1188).
Au cimetière de Calépode fut enterré le pape Calliste, sur le tombeau duquel le pape Jules Ier bâtit une basilique 4.
Enfin le sanctuaire de sainte Basilide, au xne mille, ce qui correspond au site de l'antique Lorium, où s'éleva une basilique retrouvée par Boldetti 5 avec des galeries cimétériales qu'il identifia à tort avec le cimetière de Marius, Audifax et Abacuc, erreur corrigée par E. Stevenson • et M. Armellini 7.
Cette topographie rétablie par les Itineraria du vn« siècle trouve un complément grâce à deux autres documents que voici : une inscription datée de l'année 404 nous apprend que 8 :
viclOR IN PACE FILIVS EPISCOPI VICXORIS ciwfATIS VCRESIVM VIXIT ANNIS XXXçlll mensibus VII DECES D XI KAL NOVEBR CONSVLATV d.n./iono/TVI AVC DEPOSITVS IN BASILICA SANCTO rum NASARI ET NABORIS SECVNDV ARCV IVXTA /ENESTRA
Le culte des saints Nazaire et Nabor à Rome se trouvait, d'après le martyrologe hiéronymien, via Aurélia miliario v, et leur basilique avait été construite au commencement du ve siècle, sous le pontificat d'Innocent Ier * qui vit dédier le titre urbain de Vestina à d'autres martyrs milanais, les saints Gervais, Protais et Vital.
Le deuxième document est le Liber pontiflcalis qui mentionne une basilique due au pape Symmaque10: hic fecii basilicam sanclse martyri Agalhœ, via Aurélia, in fundum Lardarium, celle-ci beaucoup plus rapprochée de Rome.
A partir du vne siècle la basilique et le culte de saint Pancrace, bien loin de péricliter et de tomber, comme tant d'autres, dans l'oubli, connurent une sorte de vogue, aux dépens des autres sanctuaires dont on rencontre à peine une mention. C'est dans la notice du pape Grégoire III, au Liber ponti/icalis, que nous relevons la dernière mention de la catacombe des saints Procès et Martinien dont la basilique reçut une toiture neuve : tectum basilicœ a novo construxit11. De même le cimetière de Calépode attira son attention : basilicam sancli Calixli pontificis et marlyris pêne a jundamenlis dirulam novis jabricis cum (eclo construxit ac totam depinxit. Sous le pontificat de Pascal Ier le transfert des reliques de Procès et Martinien au Vatican marqua l'abandon et la ruine de leur catacombe.
Vers le milieu du ixe siècle, nous lisons parmi les générosités faites par le pape Léon IV qu'il jecit in
1 Id., ibid., t. i, p. 324. - ■ ,1.-1». Kirsch, op. cit., p. 72.— • Lib. pontif., t. i, p. 158, 211. — • Id., ibid., t. i, p. 205. — » Osseruazioni supra i cimiteri, p. 538. • Realencyklopâdie jùr christl. Altcrtùmer, t. Il, p. 128. — ■ ' OU antichl cimiteri cristiani, p. 105. — ■ * De Hossi, Inscr. christ, urb. lionne, ti, p. 227, n. 534.— • J.-P. Kirsch, op. cit., p. 90. — l0 Liber
cymeterio beatœ Agathse martyris quœ ponitur fons porta beati Pancratii marlyris vestem de fundato I et vêla VIII". Ces quelques mots nous apprennent que dès lors l'oubli s'était fait et la confusion s'était mise dans les noms des anciens cimetières romains tel que les conservait le livre des Mirabilia urbis Romœ.