PROCÈS-VERBAL
On sait que la plus ancienne recension des Mirabilia se trouve dans le Polyptyque du chanoine Benoît et qu'on peut la faire remonter au xe siècle (voir Dictionn.,t. vu, col. 1921-1922; t. xi, col. 1413-1414). Or, nous y lisons dans son catalogue de cimetières dressé suivant l'ordre topographique : Cœmeterium Calepodii ad sanctum Pancratium. — Cœmeterium S. Agathse ad girulum. — Cœmeterium Julii via Aurélia. Ce même catalogue, dans la 2e édition des Mirabilia ne parle déjà plus du Cœmelerium Julii qui correspond à l'ancien cimetière de Calépode, et c'est d'après ce qu'en dit Panvinio que Bosio a, sur ce point, connu la Rome souterraine. Aucune hésitation n'était possible quant à Saint-Pancrace, il s'employa donc à. retrouver le second des deux cimetières, celui di S. Agata o dei SS. Processo e Martiniano nella possessione di Lucina et il pensa avoir retrouvé les vestiges de la basilique de Sainte-Agathe in antiche parietine con qualche se g no di antiche pitture conservés au lieu situalo doue le due Aurelie si congiungono insieme, mais il n'y trouva pas trace de galeries souterraines *. Peut-être Bosio a-t-il voulu désigner des ruines qui se trouvaient devant le Casale de Pie V ou le Casale Troili, au point de jonction de la voie Aurélienne ancienne et de la nouvelle. Boldetti, s'inspirant de Bosio, poursuivit avec plus de succès la découverte du cimetière de Sainte-Agathe et l'identifia avec quelques galeries découvertes entre 1672 et 1687 : nella vigna dei Padri délia Dottrina cristiana... e si stendono sotlo quella di Mons. Farsetti, celle-ci fut, par la suite, annexée à la villa Pamphili. Boldetti ajoute qu'une autre entrée conduisant à ce cimetière ou à un autre fut découverte dans la vigne qui s'étend devant le casaletto de Pie V 2. Cet antique cimetière reçut de P. Aringhi 3 et de Marangoni 4 le nom des saints Procès et Martinien ; De Bossi lui restitua son vrai nom, celui de Calépode.
Si on veut bien suivre les indications du croquis (col. 1892), on y verra sur l'espace des trois premiers kilomètres depuis la porte Saint-Pancrace une série de ■ lettres qui nous aideront à localiser quelques points, étant bien entendu que l'emplacement de la basilique des saints Nabor et Nazaire est ignoré depuis le Moyen Age et qu'il en est de même du cimetière de Basilide depuis le temps de Boldetti. Nous signalons d'abord deux points extrêmes et tout à fait assurés : A, le cimetière de saint Pancrace sur le clious Rutarius in agro Fontciano, que mentionne une inscription trouvée en ce lieu 5.
II. Un peu d'hagiographie. — II existe une passio des saints Procès et Martinien, martyrs à Borne, sous le règne de Néron [?] et honorés le 2 juillet : Tempore quo Simon magus crepuit inlus... in arenario, juxta locum ubi decollati sunl, sub die vi non. jul. in via Aurélia; ubi prœstanlur... Amen. On lit cette pièce dans Mombritius, Sancluarium, t. n, p. 220-221; Hist. sanctor., Colonia; Agrippinae, 1483, fol. 444-145, et Lovanii, 1485, fol. 289-290; Bibliotheca Casinensis, t. m, Florilegium, p. 240-242. On la retrouve dans Surius, Vitas sanctorum, t. iv (1573), p. 42-43; 1579, p. 40-41; t. vu (1618), p. 27-28; t. vu (1877), p. 83- 85; enfin Du Sollier, dans Acta sanct., julii t. i, p. 303- 304; 3e édit., p. 270-271.
Enfin quelques epitome; d'après cette passion, le supplice des deux martyrs aurait suivi de près celui de saint Pierre, ils auraient été décapités sur la voie Aurélienne et enterrés par une matrone nommée Lucine, peut-être celle qui est devenue l'éponyme d'un
1 Bosio, Ronui sotterr., 1632, p. 245. — * Boldetti, Osservazioni, 1720, p. 359. — 3 Aringhi, Roma subterranea, t. i, p. 152. — ' Marangoni, Acta S. Victorini, p. 101 sq. - 6 Corp. inscr. lat., t. vi , n. 7803, p. 1075. — ' Marangoni, Acta S. Victorini p. 102. — ' O. Marucchi, Miscellanea
cimetière sur la voie Appienne. Dans le martyrologe d'Adon, on lit que corpora eorum beatissima Lucina collegit et cum aromatibus preliosis sepelivit in preedio suo in arenario juxta locum ubi decollati sunt, VI non. julii. La passio ajoute ce détail topographique : juxta formant aquœductus, ce qu'il faut entendre de l'aqueduc de Trajan, restauré par Paul V.
Au ive siècle, probablement, une basilique fut bâtie sur l'emplacement de la tombe des martyrs et c'est là que saint Grégoire le Grand prêcha sa xxxne homélie où on lit cette allusion : Ad bealorum martyrum corpora consistimus, fratres mei... Cette même basilique fut restaurée sous le pontificat de Grégoire III (732) et le pape Pascal Ier fit transporter au Vatican les corps des martyrs où un oratoire leur fut dédié, remplacé aujourd'hui par un autel.
III. Épigraphie. — - Les inscriptions cimétérialcs chrétiennes provenant de la voie Aurélienne s'élèvent à peine au nombre de deux cent cinquante, toutes funéraires et la plupart provenant de la catacombe de saint Pancrace. Il se trouve dans le nombre un texte que nous avons déjà publié et utilisé (voir Dictionn., t. xn, col. 1885, ftg. 8987). Peut-être y aurait-il lieu d'y revenir, car nous avons, sur la foi de Marangoni ", admis que la provenance de cette inscription était le cimetière de Procès et Martinien où elle aurait été trouvée en 1732; en réalité, ainsi que nous venons de le dire, le prétendu cimetière de Procès et Martinien a été restitué à Calépode et on ne peut plus soutenir que cette inscription de Pecorius vient d'un cimetière qui s'étendait sous la vigne Pellegrini '.
Il reste toutefois un fragment de marbre qui servit au pavement de l'église Saint-Martin-des-Monts et qui provenait des catacombes. Copié au xvie siècle par des érudits, nous le connaissons par une copie à laquelle J.-B. De Bossi a suggéré de précieux compléments dont il pouvait dire 8 : Carminis sensum me assecutum esse nemo negabit; stilus quidem damasianus haud est; quare tametsi ponamus Damasi jussu Marcianum presbyterum Processi et Martiniani cryptam nouis operibus ampliasse, nihilominus epigramma ab ipso pontiflce compositum minime fuisse et post ejus facile mortem positum judico. Voici les suppléments que De Bossi propose pour cette inscription de la crypte des martyrs :
C0NDI0ERANT E
VIXQ ■ ADITVSCVPIDi's visendi locum ubi martyrum cor-
[pora veteres
QVA MODO OEScensus patet magnifiée exstructus; et QVAMVIS PVRPVRVa sanguinis pro>^o efîusi lux tuum
MARTINIANE IMurn sepulcrum illustret [Processe, LATIVSADNVNCdiffunditurilla lux, operibus ampliatis et
LVMINIS ADMIssf in cryptam beneficio : nam HOC P0PVL0N... factum est ut ad martyrum sepulcra
INGENI0 Damasi? pontificis [fidèles concurrant
OMNIAQVAE Miraris ut fièrent praestavit
XPSQVEM ducem secuti sunt martyres sancti PR0 MERITIS parva quidem sunt sed devoto
PECT0RE sanctorum honori dedicata PRAESBYTER ha?c (Damaso rectore jubente ?)
MARCIANus perficiende curavit.
PROCÈS-VERBAL D'ÉLECTION ÉPISCO- PALE. — A Hippone, le 26 septembre 426 (voir Dictionn., t. vi, col. 2510-2512).
epigrafica, dans Rôniische Quartalschrift, t. xi, 1897, p. 207, 212; Diehl, Inscr. lat. christ, veteres, n. 2119; E. Josi, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1911, p. 79; A. Silvagni, dans Riv. di arch. crist., 1932, p. 111, note 1. — " Id., ibid., 1932, p. 117-118.