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XIII. L'illustration du psautier dans l'art byzantin

XIV. Psalmodie perpétuelle. XV. Psaume abécédaire de saint Augustin. XVI. Psaume abécédaire de saint Fulgence.

I. Psalmodie. — C'est une tradition juive qui a pris dans le christianisme primitif une place prépondérante. Nous ne pouvons songer à transcrire ici les plus anciens témoignages, ils sont aussi nombreux qu'explicites; tout au plus nous sera-t-il possible d'en citer quelques-uns.

Saint Paul s'adressant aux Éphésiens leur dit : XaXoûvTeç éauxcâç ^ak^oîc, xod (j^voiç xal tôSaïç 7iveujjia-uxatç, aSovxeç xal fy&XkovTeç, (v, 18); aux Colossiens, il répète : èv Tztkcrf) aoepîa SiSdcaxovTeç xal vouOetouvteç èauxoûç, <\)cù.\i.oZ<z, û[xvo(.ç, 4>So£tç 7rveuu,aTi.xaïç (m, 16). Le presbytre d'Irénée, psalmum exhomologeseos psallebal, il s'agit du Miserere, ps. l, et Eusèbe nous apprend que les solitaires de la Thébaïde cum gaudio atque hilarilale, ridenles, capitalem sententiam excipiebant : adeo ut in laudem conditoi is omnium Dei, psalmos, hymnoset gratiarum actiones ad extremum usque spiritum concinerent (Hisl. eccl., 1. VIII, c. ix). Nous avons réuni ailleurs les textes de l'époque anténicéenne et esquissé la reconstitution du psautier de ce temps1; nous signalerons seulement ici un texte épigraphique particulièrement précieux qui évoque la mémoire d'un jeune Bithynien mort à l'âge de dix-huit ans et qui « charmait le troupeau du Dieu Très-Haut et formait tous les fidèles au chant des psaumes sacrés et à la lecture des saints livres » (voir Dictionn., t. n, col. 919-920). Nous retrouvons ailleurs des psaltes 2, mais moins reconnaissables que celui d'Hadriani ad Olympum.

La place tenue par les psaumes dans la piété et dans le langage courant des fidèles ferait la matière d'une étude à la fois édifiante et curieuse. Une inscription de l'année 373, nous a conservé ce souvenir d'un mari à sa pieuse épouse défunte 3 : SANCTIQVE TVI MANES NOBIS PETENTIBVS ADSINT VT SEMPER Li'BEN- TERQVE SALMOS TIBIQVE DICAMVS, et cette familiarité des chrétiens avec les psaumes se manifeste aussi chez les martyrs, par exemple chez saint Saturnin et ses compagnons à Carthage qui per totum iter hymnos Domino canticaque psallebant 4, chez sainte Irène psalmos canenss, et nous pourrions citer encore les actes des saintes Thelica, Theodora, Philippe d'Héraclée, etc.

Il y a telle inscription célèbre, commémorant des martyrs QVI VIM IGNIS PASSI SVNT • et dont le souvenir suggère cette prière REFRIGERET NOS QVI OMNIA POTEST (voir Dictionn., t. x, col. 2249, fig. 7755) et qui paraît s'inspirer du psaume lxv, 11 : transivimus per ignem et aquam et eduxisti nos in refrigerium. Une inscription du cimetière de Priscille (voir ce nom), du me siècle, nous fait lire : O 17 AT HP TCON TTANTtON OYC CnOIHCAC KAI nAPGAABHC (TOXpsXâu.6ave) eiPHNHN...7 où on croit retrouver une inspiration du psaume lxiv, 5, dans la version des

Acta sincera, t. Il, p. 378. — s Id., ibid., t. n, p. 107. — a J.-R. De Rossi, Inscr. christ., t. n, proleg. p. xi. — ' J.-B. De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1881, p. 31.

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Septante : Maxàptoç ôv sXsXé^co xal upàç ëXa6ov. Une inscription trouvée à Sidon, en Phénicie, en 1854, est certainement une épitaphe et commence par le début du ps. xxm, 1-3; elle s'achève par une citation empruntée à saint Paul (I Cor., xv, 53); nous donnons ici le début ' :

de saint Augustin, le travail est destiné à Paula et à Eustochium et encore studioso cuique, non à ceux qui prient, mais à ceux qui étudient.

D'après dom de Bruyne, l'antiquité comprit la pensée de saint Jérôme et respecta son intention de faire seulement une œuvre scientifique; l'emploi litur-

K(upio)ç 7rot.[xr)v[E]i [ze xoù oùSév [j.e ôa-rep^at.- zlç, tÔtcov •%- XciY)ç èxï (jle <x(ûpio)ç 7T0i|i.[-/)]v[e]i [i.e xocl oùSév> xaxEaxyjvcoaev [ètù] û[S]a[T]oç àva7rauas[co]<: è^sOpE^e-

V [LZ' [Tï)]v 'j'fuJxV V-ox> S7TÉOTpS^EV.

Autre exemple, à Lapéthos (Chypre) (voir Dictionn., t. m, col 1579, 1742-1743, fig. 2989).

Une inscription du Binson (Marne) nous montre un emprunt au ps. iv, 9-10 2 : In pace in idipsum, dormiam et requiescam :

VRSICINAVIVAT IN DEO DEFVNCTA ANNORVM XXV IN PACE DORMI AM ET REQVIESCAM.

II. Le psautier « gallican ». — Il a existé un psautier ancien qu'on désigne de manière un peu plus précise sous le nom de préhiéronymien que de rares manuscrits et des citations patristiques permettent de reconstituer de façon fragmentaire. Au ive siècle, avant que saint Jérôme entreprît ses traductions, il était probablement le seul qu'on rencontrât, ce qui ne veut pas dire qu'il n'existât en tous lieux d'Occident qu'une version unique. Toutefois, quel qu'il fut, il dura en Gaule jusque vers le vie siècle; en Espagne, il se cristallisa par son absorption dans la liturgie; en Italie, il succomba et disparut devant la première correction hiéronymienne. A Milan et à Rome on eut désormais le psautier dit romain, qui, de bonne heure, vers le temps de la mission de saint Augustin de Cantorbéry, pénétra en Angleterre, s'y implanta et y dura jusqu'à l'époque de la conquête normande; resterait à savoir s'il évinça le psautier gallican. Quant à l'Irlande, il se pourrait qu'elle ait acclimaté quelque temps le psautier hébraïque, sans exclusion du gallican.

En Gaule, le gallican tenait bon et, au vie siècle, Grégoire de Tours lui restait fidèle. Le psautier de Lyon est un texte gallican et beaucoup d'autres psautiers de nos vieilles bibles françaises témoignent de la rivalité persistante entre la seconde revision et la version directe de saint Jérôme jusqu'au vme et au ixe siècle. Peut-être un courant venu d'Espagne apportaitil dans nos contrées franques la version du psautier hébraïque qui s'infiltrait et c'est ainsi qu'en France les deux textes se trouvèrent en présence, on peut dire en conflit, luttant chacun pour son existence et cohabitant sous la forme d'un psautier double ou parallèle dont le célèbre psautier dit de la Reine nous offre un spécimen.

« On a beaucoup écrit sur le psautier gallican, disait dom 1). de Bruyne; on a esquissé son histoire, énuméré les principaux manuscrits, discuté la date. 11 reste cependant plusieurs questions importantes à résoudre 3. » D'abord, le but poursuivi par saint Jérôme en faisant ce psautier. Était-ce pour corriger le texte chanté dans les réunions liturgiques à la demande d'un évêque, peut-être saint Augustin? Non, a-t-on répondu, ce psautier n'était pas destiné à la liturgie, la préface le dit clairement. Il ne s'agit pas

1 Corp. inse-r. yrwe., t. IV, n. 9153. — : Le l'.l.inl . Inser. chrét. de la Gaule, t. i, n. 336 c, pi. XXXVIII, n. 229. — 3 lievue bénédictine, t. xi.i, 1929, p. 297. — ■ Stummer, Einfùhrung in die latein. Bibel, 1928, i>. 85. — > Walafrld

gique du psautier hexaplaire dut être très rare avant l'époque de Charlemagne. Celui-ci porte probablement la responsabilité d'avoir imposé son emploi en France. Jérôme n'ambitionnait rien de pareil et surtout pas la récitation liturgique, honneur qu'il lui fallut payer trop cher par la perte de son appareil scientifique et la bousculade des coupures maladroites et l'invasion des mauvaises leçons. On s'est interrogé sur l'origine de ce nom de « gallican » et du droit à porter ce nom. Jérôme en avait dû choisir un, mais lequel? Peut-être Psallerium secundum Septuaginta. Par Sepiuaginla, il entendait le grec hexaplaire. Or, le psautier de Corbie (Saint-Pétersbourg, F. V. I. 5), est intitulé secundum LXX; de même le psautier de Chartres 22. C'est, peut-être, la bonne tradition.

« Le nom de « gallican », toujours au dire de dom de Bruyne, a été créé quand on a voulu comparer les divers psautiers, c'est-à-dire quand on a fait des psautiers triples et quadruples. Ce n'est pas en Gaule qu'on aura appelé un psautier « gallican » et ce n'est pas à Rome qu'on aura appelé un texte « romain ». Ces noms sont donnés seulement par des étrangers C'est précisément ce que nous constatons. Au ixe siècle, à Saint- Gall et à Reichenau on a fait ces psautiers à plusieurs colonnes, on a dû leur donner un nom; on a donné les noms de gallicanum et de romanum. C'est là, si je ne me trompe, l'origine de ces deux noms.

« Ces noms ont causé des erreurs qui se répètent encore aujourd'hui. On répète encore que ce psautier se propagea rapidement d'abord et surtout en Gaule 4. D'autres attribuent l'introduction du psautier à Grégoire de Tours 6. Ces légendes n'ont plus besoin de réfutation. Mais pour déraciner l'erreur, pour l'empêcher de renaître sans cesse, il conviendrait de supprimer ce nom donné au ixe siècle, de le remplacer par un autre qui exprimerait la véritable nature de ce texte. Le nom de secundum LXX a le désavantage d'être équivoque. Nous n'employons plus le mot de Septante dans le sens spécial qu'entendait saint Jérôme, il faudrait ajouter une explication. Le seul nom clair qui exprime l'essence du texte est <• psautier hexa- « plaire » (latin) 6. »

III. Le psautier jvxta HEuitJios. — C'est entre les années 382 et 384 que saint Jérôme revit sur le texte des Septante la traduction latine du psautier, mais un peu superficiellement et en évitant de trop notables corrections. De cette version revisée on fit longtemps usage dans l'Eglise romaine quoique l'auteur eût entrepris très peu de temps après une nouvelle traduction latine d'après le texte grec des hexaples d'Origène. Cette version hexaplaire dont nous venons de parler s'est conservée dans le texte de la Vulgate actuelle et a partout supplanté le psautier romain, sauf à Saint-Pierre de Rome et à Milan, où l'on continue d'en faire usage. Elle satisfaisait saint Jérôme qui lui décernait le satisfecit de translationem diligentissime emendatam, mais ce ne fut pas pour longtemps. Quel-

Strabon, De rébus ecclestasticis, c. xxv, h'. /.., t. <\i\, col. 957." — * D. de Bruyne, La reconstitution du psautier hexaplaire latin, dans Henue bénédictine, t. xli, 1929,

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ques années plus tard, il pensa mieux faire encore et entreprit une traduction directement sur l'hébreu, afin de répondre aux Juifs qui omettent ou altèrent les témoignages, ut scirent nostri quid hebraiea veritas continent. Le saint lui-même nous apprend que, dans cette dernière version, il n'a rien changé au texte hébreu qu'il a rendu comme il l'a compris, souvent cependant plutôt selon le sens que d'après la suite des mots. Malgré les mérites littéraires de ce travail et la fidélité de la traduction, le psautier « gallican » (ou hexaplaire) fut maintenu dans la Vulgate. Il n'en est pas moins utile pour l'intelligence des psaumes de connaître le psalterium juxla Hebrœos.

Nous avons dit qu'il jouit en Espagne d'une véritable popularité et on retrouve son texte dans presque tous les manuscrits d'origine espagnole; il semble bien qu'il jouit aussi en Irlande de quelque faveur. On le trouve dans les plus anciens et les meilleurs manuscrits de la Bible latine, V Amiatinus, le Cavensis, le Toletanus, le Theodulfianus, Y llubertianus. Il fut réédité bien souvent depuis l'édition princeps de Gunther Zainer en 1473, soit séparément en 1496 et en 1509, soit avec les œuvres de saint Jérôme, en 1526, par Érasme; en 1693, par <Jom Martianay; en 1734- 1742, par Vallarsi. Dom Sabatier reproduit, en 1751, l'édition de dom Martianay et, en 1766-1772, Zerletti reproduit celle de Vallarsi. Ces deux grandes éditions et surtout celle de Vallarsi demeurèrent à la base des éditions du xixe siècle. Quant au texte publié par de Lagarde, en 1874, il est presque introuvable. Une dernière édition a été donnée, en 1922, par J.-M. Harden, Psalterium juxla Hebrœos Hieronymi edited with introduction and apparatus criticus, in-8°, London.

IV. Le psautier « romain ». — On vient de lire que le psautier « romain » s'est conservé seulement à Saint- Pierre de Rome et à Milan, depuis le pontificat de saint Pie V; ce nom de « romain » datait du ixe siècle et, par opposition au nom de « gallican », désignait un texte en usage liturgique à Rome et dans une grande partie de l'Italie. Le nom datait, avons-nous dit, du ixe siècle, mais avant cette date on le rencontrait à peu près partout en Occident, en Angleterre, en Allemagne, mais non en France, où régnait le « gallican », en Espagne où on usait de deux types mozarabes, et dans le nord de l'Italie où on avait l'« ambrosien ». Dès le vie siècle on le voit cité par saint Grégoire Ier et rien n'indique que celui-ci l'ait introduit à Rome. C'est celui que cite fréquemment saint Benoît et que commente Cassiodore qui représentent le sud de l'Italie.

Une si large diffusion et un usage si prolongé permettent de comprendre que le texte ne soit pas resté à l'abri des retouches, cependant le recours aux éditions anciennes et, même aux manuscrits ne suffit pas à résoudre le problème du texte. « Les manuscrits sont assez souvent d'accord contre les éditions de Tomasi et de Martianay, souvent aussi ils ne sont pas d'accord entre eux » et les spécialistes de ces sortes de recherches ne se prononcent pas. Ils ne peuvent même plus se résoudre à attribuer ce vieux texte à saint Jérôme, attribution qu'ils déclarent « étonnante, difficile, fausse, impossible », et ne découvrent pour la maintenir « aucun argument, sauf la tradition ». Elle est unanime depuis près de deux siècles, mais plus anciennement l'accord n'était pas fait, ce que constate Martinetti, en 1745. Il se pourrait que l'attribution du psautier « romain » à saint Jérôme, dépende d'une affirmation faite au xie siècle par Bernon de Reiche-

1 D. de Bruyne, Le problème du psautier romain, dans Revue bénédictine, t. xlii, 1930, p. 101-126. — 2 Anecdota Maredsolana, t. ni, 1" part., 1895. — 3 Revue bénédictine, t. xliv, 1932, p. Llll J ; cf. J.-M. Lagrange, De quelques opinions sur l'ancien psuutier latin, dans Revue biblique.

nau dans une lettre à Meginfrid et à Bennon, lettre où on lit que Jérôme a publié ses trois psautiers, gallican, hébraïque et romain, en trois colonnes parallèles. Bernon avait trouvé dans la bibliothèque de son monastère un manuscrit contenant les trois psautiers parallèles; c'est, aujourd'hui, le manuscrit de Karlsruhe, Aug. 38.

Ici s'amorce une démonstration de vingt pages au terme de laquelle on conclut que « le psautier romain n'est pas la première revision hiéronymienne de l'an 384 et que des parties assez considérables de cette revision sont arrivées jusqu'à nous ' ». Nous n'avons pas qualité pour en décider et il se pourrait bien que ce problème, puisque « problème » il y a, reçoive une solution différente; on ne tente rien de plus ici que noter 1 état de la discussion à une date encore récente.

La traduction du psautier d'après l'hébreu, vers 393, avait été précédée par celle d'après le texte des hexaples (vers 389) et antérieurement encore par la revision du psautier romain, mais les copistes en prenaient à leur aise, tellement que l'erreur l'emportait sur les corrections. Voyant cela, saint Jérôme décide d'entreprendre une traduction qui bravera l'inattention ou l'incorrection volontaire des copistes; il renonce donc à son œuvre première ce qui n'empêchera pas celle-ci de faire son chemin. Mais qu'est devenue sa première revision? On répond à cela : ce n'est pas le psautier romain, parce que saint Jérôme a dû procéder dans sa revision du psautier de la même manière qu'il a suivi pour la révision des évangiles. Dès lors, il a dû supprimer ou réformer les leçons harmonisantes, il a dû expulser ceci, tolérer cela, comprendre et ne pas comprendre, corriger et ne pas corriger, etc. ; toutes raisons ingénieuses mais non évidentes. Tout cela est présenté avec un détail qui ne peut trouver place ici, mais il faut supposer que l'entente est faite — du moins pour un temps. Voici le dernier mot de dom de Bruyne : « J'ai dit que la première revision de Jérôme n'était pas, comme tout le monde croyait, le psautier romain, mais le psautier dont nous trouvons des citations dans les Commentarioli 2. Le P. Lagrange examine mes arguments et les réponses données et finit par me donner raison 3. »

Pour en juger et prendre parti, il faut attendre encore, puisqu'on est exposé à lire que « jusqu'au IXe siècle, le psautier traditionnel dont se servent la plupart des Églises d'Occident est celui-là même que saint Jérôme a sommairement et hâtivement revisé en 383 ou 384 pour les « dévotes » de Rome. On l'appellera fort justement le psautier « romain » 4. Et encore que « en 383, le pape Damase chargeait saint Jérôme de revoir la version des Livres saints. L'ardent Dalmate se mit à l'œuvre aussitôt : il fit la revision des Évangiles; puis, la même année, celle du psautier que le pape introduisit immédiatement dans la liturgie romaine, d'où son nom de psautier « romain » (a. 383) » 6.

V. Psautier latin d'Afrique. — En Afrique, les conquérants latins apportèrent une religion dont la population punique adopta les croyances et célébra le culte sans qu'on puisse préciser à quel rythme, mais il est vraisemblable que, dans son impatience de s'associer à la prière publique, elle adopta dans leur idiome latin les portions des Livres saints les plus usagées dans la liturgie : Évangiles et Psaumes. Il y eut ainsi une version latine africaine de l'Écriture, très probablement d'origine populaire. Les écrits de Tertullien paraissent plusieurs fois mentionner positivement

t. xli, 1932, p. 179-186. — ' A. Wilmart, Smaraijde et le psautier, dans Revue biblique, t. xxxi, 1922, p. 355. — • P. Capelle, Le texte du psautier latin d'Afrique, 191 3, p. 187; L'élément africain dans le Psalterium Cassinense, dans Revue bénédictine, t. xxxni, 1920, p. 113-131.

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une version écrite et en laissent supposer l'existence, mais il est impossible de conclure de ces citations à la reconstitution de tel ou tel livre de la Bible de l'apologiste; son texte est trop mouvant pour déterminer la part de traduction directe du texte grec et d'utilisation consciente ou inconsciente de versions populaires.

Passant de Tertullien à saint Cyprien, on constate que leurs deux versions sont apparentées mais non identiques, elles présentent de notables différences et celles-ci remontent aux origines des textes primitifs des anciennes versions africaines. Le type cyprianique représente une des formes de texte les plus en vogue en Afrique et nous le possédons abondant et fidèle dans les précieux Teslimonia, simple recueil de citations scripturaires qui nous restitue l'état primitif. C'est une version populaire encore.

On s'aperçut que cette origine n'avait pas contribué à la dignité du texte et on songea à améliorer celui-ci par revision et correction. Lactance y contribua, les écrivains donatistes également, on s'écartait de la forme antique, en sorte que si, en 330, les versions africaines gardent la physionomie cyprianique, en 370, elles s'en sont affranchies au point qu'on cherche entre les deux textes un lien quelconque. Et voici que survient saint Augustin (354-420). Ses Enarrationes in psalmos nous ont conservé un psautier complet (à l'exception de seize psaumes dictés vers 415 seulement), le psautier liturgique en usage dans l'Église d'Hippone (voir Dictionn., t. vi, à ce nom), dans un texte essentiellement africain contenant d'abondantes traces de l'ancien psautier cyprianique. S'ils ne restituent pas la vieille physionomie du psautier, c'est que celui-ci avait définitivement disparu après la revision faite en 350. Quant au psautier de Vérone (vie siècle), frère de celui d'Augustin et africain comme lui, il nous offre la seule physionomie intacte et intégrale du psautier africain qui nous ait été gardé dans une bibliothèque l.

VI. De quelques psautiers. — Les quelques indications qu'on vient de lire sont à peine suffisantes pour indiquer certains aspects du sujet esquissé dans ce travail, condamné à n'être qu'un simple rappel de quelques-uns des principaux monuments paléographiques et artistiques dont le nombre est trop considérable pour faire ici l'objet d'un essai de classement. Parmi ces psautiers mémorables, quelques-uns ont déjà été l'objet d'une description dans le Dictionnaire ou d'une simple mention; nous allons signaler quelques autres en peu de mots sans aucune pensée de classement que, d'ailleurs, l'état actuel de cette branche d'érudition rendrait illusoire presque le jour même où il paraîtrait. On voudrait ne prendre ces notes décousues que sous le bénéfice des progrès futurs de la science.

1° Psautier de Saint- Germain de Paris. — Bibl. nat., lat. 11947 (olim Sangerm. 661). Voir Dictionn., t. xm, col. 2112-2113. C'est « le mieux connu des psautiers gaulois, c'est-à-dire utilisés en Gaule. Son origine gauloise ne paraît pas douteuse. Sans doute rien n'établit, comme le veut la tradition, l'appartenance à saint Germain lui-même; l'écriture atteste seulement qu'il peut être du vie siècle et qu'il servit pour la liturgie *. Cependant l'attribution traditionnelle était déjà immémoriale en 1209; à cette date, le manuscrit est précisément conservé comme relique du saint fondateur dans le trésor de Saint-Germain-des-Prés 3. Il apparaît donc comme un psautier français, présomption vérifiée par

1 F. Capellj, Le texte du psautier latin en Afrique, Home, 1913, p. 179-188. — 2 Cf. A. Gastoué, Le graduel et l'anliphonaire romains, in-8u, Lyon, 1913, p. 29-32. — * L. Delisle, Le Cabinet des mss de la Bibl. nat. A- 111, P- 210. - ' Doni Sa-

l'examen de son titre. Dom Sabatier, qui l'a édité soigneusement 4, avait déjà reconnu sa parenté avec celui d'Hilaire de Poitiers, ce qui a été précisé5 : un sixième des leçons intéressantes de ce dernier est exclusivement commun avec notre manuscrit. Plus étroit encore s'affirme le rapport avec celui d'Eucher de Lyon. En définitive, le ms. lat. 11947 représente un type très caractérisé de psautier gaulois au vie siècle6.

2° Psautier de Lyon. — Bibl. de Lyon, 425 et Bibl. nat., nouv. acq. 1585, composé au vie siècle. Voir Dictionn., t. vi, col. 535-530. A été décrit par L. Delisle qui a signalé le caractère composite, mi-romain, migallican du texte. Les psaumes x-xxxv donnent le texte rom. revisé d'après le gall.; la suite : xxxvii-li est un gall. revisé d'après rom. La partie conservée à la Bibl. nat. (exi, 7-cxxxix, 5) donne un bon texte gall.

3° Psautier de Corbie. — Aujourd'hui à Saint- Pétersbourg. F. I. 5 (vme siècle); texte moins correct mais néanmoins encore assez voisin de celui du Paris. lat. 11947 (voir Dictionn., t. xiv, col. 640).

D'une comparaison instituée entre ces deux manuscrits et les deux précédents (de Beichenau), il ressort que Psalt. Aug. 1 est un psautier gaulois relativement pur et Psalt. Aug. 2 porte assez la marque gauloise pour garantir cette origine.

Vers la fin du vie siècle ou le commencement du vne, la Gaule usait de deux types de psautiers. Le rapport de ces deux psautiers avec les versions hiéronymiennes n'est pas établi; il semble que, jusqu'à Charlemagne, la deuxième revision de saint Jérôme fut pratiquement inconnue en Gaule; son introduction à cette époque apparaît à la fois brusque et générale, imposée par voie d'autorité.

4° Psautier de la Reine. Val. Reg. N. XI. — Ce fut Tomasi, sous le pseudonyme de Jos. Carus, qui fit connaître ce texte sous le nom de Psallerium juxta duplicem editionem quam Romanam dicunt et Gallicam una cum Canticis ex duplici item editione et Hymnarium alque Oralionale, in-12, Bornée, 1683. Le manuscrit mesure 0 m. 310x0 m. 230; il est écrit en onciales, sauf le titre et les rubriques en capitales. Tomasi l'estimait, en 1683, supra nongcnlos annos (ut arbitramur) scriplus; en 1747, Vezzosi écrit : nec oclavo seculo recentior; mais dix ans plus tard, en 1757, dom Tassin et dom Toustain disent qu' " il paroit du commencement du ve siècle » et ils évoquent à son sujet le Virgile de Florence. Un siècle se passe et J.-B. De Bossi le replace au vne siècle et même au vine ou au ixe et, en 1897, on reparle du vie-vn« siècle. On va donc du Ve au ixe siècle, soit une marge de quatre siècles.

Le livre appartint au comte Evrard, gendre de Louis le Débonnaire, qui y apposa son nom, qu'on y lit encore au fol. 236; ce qui a permis de l'identifier avec le Vat. Reg. XI, qu'il légua à son (ils aîné.

S'il ne l'avait fait exécuter pour lui-même, le psautier aurait pu lui échoir par sa parenté; on ignore tout sur ce point; mais d'une comparaison paléographique avec le ms. Valic. lai. 257 connu sous le nom de M issale Francorian, il semble permis de conclure que psautier et missel sont du même temps, c'est-à-dire du vme siècle. Cf. A. Wilmart, Le psautier de ta Reine X. XI, sa provenance et sa date, dans Revue bénédictine, t. xxvm. 1911, p. 341-376; G. Morin, La provenance du psautier de la Reine et du Missale Francvrum, dans Revue Charlemagne, t. n, 1912, p. 17-29.

5° Psautier anglo-saxon. La Sainte-Chapelle de Bourges devait une partie des richesses de son trésor aux libéralités du duc Jean de Berry, frère du roi

batier, liibliurum sacrorum latinee uersiones anti^atr, t. ii, lre part. 'H. Jeannotte, Le psautier de saint Hilaire de

Poitiers, in-S". l'ai Is, 1917. p. M I-M.li. ' 13. Capelle, dans ReDIie bénédictine, 1. \x\i\, 1925, p. 201.

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Charles V, en 1404. Au milieu du xvie siècle, avant les dévastations des protestants, la bibliothèque de la Sainte-Chapelle renfermait une centaine de volumes dont on possède le catalogue, daté du 17 novembre 1552. Dix années plus tard, les huguenots ne l'épargnèrent pas, mais ils ne furent pas les plus funestes à la conservation de ce riche dépôt. Au début du xviii0 siècle, dom Edmond Martène (voir Dictionn., t. x, à ce nom) le visita et voici ce qu'il nous apprend : « M. le procureur du chapitre me fit ouvrir le lieu où ils [les manuscrits] étoient conservez. Je les trouvai dans un état pitoyable, parce que le receveur du chapitre, à qui on avoit confié la clef de ce lieu, en avoit fait un poullalier, et que, comme ils étoient ouverts sur des pupitres, les poules les avoient couverts d'ordures. » En 1752, les chanoines offrirent une vingtaine de ces manuscrits à Louis XV pour la Bibliothèque du roy, et L. Delisle les a retrouvés et reconnus à la Bibliothèque nationale; il a décrit le ms. suppl. lat. 333, in-folio, de 196 feuillets, format très allongé, sur parchemin, écriture anglo-saxonne du xie siècle. Il doit manquer un feuillet au commencement : le feuillet 186 a été coupé avec un canif. Ce remarquable manuscrit, dit-il, contient le psautier latin, avec la version anglo-saxonne en regard l. Sur les premières pages on voit quelques dessins au trait. Après le psautier, ont été transcrits différents cantiques sacrés, le symbole de saint Athanase et les litanies des saints. Le copiste s'est fait connaître : sacer Dei Pulfrinus, id est cognomenlo Cada. Le manuscrit paraît avoir été fait pour une femme. Le duc de Berry y a apposé son nom et a pris soin de le décrire.

Les litanies des saints méritent d'être comparées avec les litanies anglicanes que Mabillon 2 a publiées d'après un ms. de Reims. Je crois, dit L. Delisle, ces dernières plus anciennes que les nôtres, bien que l'éditeur en ait probablement exagéré l'antiquité. L'absence du nom de plusieurs saints anglo-saxons l'a porté à croire qu'elles remontaient au vne siècle. Mais il m'a semblé que ces litanies doivent appartenir à la liturgie galloise, et dès lors l'absence de certains noms anglo-saxons ne peut servir à fixer la date du monument.

Bibl. — E. Martène et U. Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictins, in-4°, Paris, 1717, t. i, p. 29; Hiver de Beauvoir, Description, d'après la teneur des chartes, du trésor donné par Jean, duc de Berry, à la Sainte-Chapelle de Bourges..., in-8°, Bourges, 1855; L. Delisle, Notes sur la bibliothèque de la Sainte-Chapelle de Bourges, dans Bibl. de l'École des Charles, t. xx, 1855-1856, p. 147-151, il donne le texte des litanies.

6° Psautier de saint Columba. — Connu sous le nom de Cathach, ne comprend qu'une partie du psautier, Fs., xxx, 10-cv, 14; a été publié par H.-J. Lawlor, The Cathach of S. Columba, dans Proceedings oj the royal Irish academy, t. xxxm, section C, Dublin, 1916, p. 241-443. L'écriture peut être de la seconde moitié du vie siècle; une rédaction est voisine de celle du Cathach oj S. Columba, celle du psautier de la Reine n. XL

7° Psautier du Brilish Muséum. — Le ms. Vespasien A. I., originaire de Saint-Augustin de Cantorbéry et copié vers l'an 700.

8° Psautier dit de suinte Salaberge. — Jadis à Laon, aujourd'hui à Berlin, Hamillon 553.

9° Psautier du British Muséum. — C'est le ms. addil. 37517, connu sous le nom de psautier de Bosworth. Cf. A. Gasquet et E. Bishop, The Bosworth Psalter, in-8°, London, 1908.

10° Psautier de Saint- Gall. — Ordinairement désigné sous le nom de Psalterium aureum (voir Dictionn., t. vi, col. 135-136, 176-177, n. 22, fig. 4810, 4811, 4815, 4838), ixe siècle.

11° Psautier de Saint-Gall. — Palimpseste, vie siècle, n. 912 (voir Dictionn., t. vi, col. 163-165). A. Dold et Arth. Allgeier, Der Palimpsest Psalter im Codex Sangallensis 912, in-8°, Beuron, 1933 (olim Bobbio).

12° Psautier de Saint-Gall. — (Bibliothèque cantonale) (voir Dictionn., t. vi, col. 174, n. 15, 17, 19), ixe siècle.

13° Psautier de Charlemagne. — Vienne, n. 1861; antérieur à l'an 795 (voir Dictionn., t. m, col. 704).

14° Psautier de Charles le Chauve. — Paris, Bibl. nat., lat. 1152 (voir Dictionn., t. m, col. 843-847, fig. 2649- 2652).

15° Psautier de Folchard. — (Voir Dictionn., t. vi, col. 177, n. 23).

16° Psautier de Wolfcoz. — (Voir Dictionn., t. vi, col. 175, n. 20.)

17° Psautier de Reichenau. — C'est le ms. cci.m de Reichenau conservé aujourd'hui à Carlsruhe. Holder le croyait apporté d'Austrasie à Reichenau, en 724, par saint Firmin; aujourd'hui on a proposé autre chose, sinon mieux. On y trouve les messes dites de Mone (voir Dictionn., t. vi, col. 519-522), un Psalterium Hieronymi italicum et des Psallerii italo-gallicani fragmenta, auxquels on a imposé de nouveaux noms : Psalt. Aug. I et Psalt. Aug. 2, afin de les rendre méconnaissables; ils peuvent appartenir au vie et au vne siècle. Cf. Alb. Dold, Deux psautiers gaulois dans le Cod. Aug. ccu/i, dans Revue bénédictine, t. xxxvn, 1925, p. 181-203.

18° Psautier de Stuttgart. — Cf. A. Dold, Ein Stuttgart alllateinischen Unzialpsalter aus dem vm. Juhrhundert, dans Romische Quartalschrift, t. xm, 1934, p. 251-277, pi. xxvi-xxx.

VIL Psautier carolingien. — Le manuscrit conservé à l'université de Montpellier, H. 409, se compose de 346 feuillets de parchemin, mesurant 0 m. 214 x 0 m. 120. Il compte en tout 27 cahiers auxquels furent ajoutés à une époque ancienne 3 autres cahiers. La première partie en écriture précaroline (fol. 1-330) contient les psaumes avec commentaire abrégé, la deuxième partie en minuscule Caroline (fol. 331-346) renferme les cantiques et les litanies. L. Delisle a montré que cette addition reporte aux années 783 à 794, puisqu'on y lit le nom de la reine Fastrade, mariée à Charlemagne en 783 et morte le 10 août 794.

On distingue, dans les feuillets 3-330, deux mains différentes; les rubriques sont en onciale, tracées à l'encre rouge, orange ou verte. En tête du psautier (fol. 17), quelques lignes en capitales très élégantes écrites alternativement à l'encre or, argent, violette, verte, rouge vif, avec un d oncial doré, terminé par une tète d'oiseau à bec recourbé, et un B capital, dont les panses sont formées de poissons affrontés et la tige décorée d'une tresse compliquée disposée en cinq pelotes superposées, le tout rehaussé d'or et d'argent, qui annonce déjà celui du psautier d'or de Charlemagne conservé à Vienne. Les lettrines des alinéas sont en capitale ou onciale à traits doublés, divisés en compartiments de couleurs variées, vert, ocre, jaune orange; celles des psaumes sont décorées d'or ou d'argent, ornements en zigzag ou tressés, de palmettes,de feuilles, de trèfles, d'entrelacs et de figures de poissons affrontés ou d'oiseaux.

Deux miniatures à pleine page ornent le début du volume : le roi David (fol. 1 v°) (voir Dictionn., t. xiv, au mot Psalterion) et le Christ (fol. 2 v°). « Ce sont, à ma connaissance, écrit M. Ph. Lauer, les premières miniatures à représentation humaine que l'on puisse citer dans nos manuscrits de Gaule depuis l'époque

1 Sur les mss contenant la version anglo-saxonne du psautier, cf. J. Lelong, Bibliotheca sacra, 1723, t. i, p. 421-422. — «Mabillon, Analecta sacra, édit. in-fol., 1723, p. 168, 169.

PSAUTIER

barbare. On comprend donc tout l'intérêt qui s'y attache. David (voir fig. 1 0572) est vêtu d'une robe gris mauve bordée d'or, décorée dans le bas de bandes d'argent et d'un manteau pourpre bordé d'or dont il porte l'extrémité relevée sur son bras gauche... les cheveux sont longs, jaunes et dessinés en rouge..., les pieds sont nus, mais on y voit des lanières destinées à fixer des sandales, simples semelles qui n'ont pas été figurées. Les yeux, avec les pupilles très dilatées et soigneusement dessinées annoncent, par leurs dimensions et leur forme en amande, ceux de la belle miniature de l'évangéliaire de Godescalc » (voir Diclionn., t. m, col. 707 et pi. h. t. en couleurs), celle-ci exécutée entre 781 et 782, par conséquent contemporaine.

« Assurément l'influence insulaire est considérable, surtout pour l'ornementation des arcatures et les plis des vêtements : il suffit d'y comparer les miniatures irlandaises des libri scotdce scripti de Saint-Gall (voir Diclionn., t. vi, à ce nom) pour s'en convaincre. Mais déjà nous nous trouvons en présence d'un art différent de l'irlandais, du byzantin, du mérovingien, et qui est l'embryon de l'art carolingien, où l'on sent déjà un retour au réalisme antique. Les personnages n'appartiennent plus à la catégorie des dessins stylisés : ils ont des formes véritables, malgré quelques fautes de proportions, comme la main droite du roi David qui est de dimensions exagérées. Et si nous comparons ces miniatures, aux ors nombreux, aux teintes plates claires (jaune, orange, vert, gris, mauve) et aux taches grenat qui y ponctuent la note sombre, avec celles du célèbre Psallerium aureum de Saint-Gall (de la seconde moitié du ixe siècle) l, nous sommes frappés de la similitude des coloris et même de certains détails du dessin : ainsi les rubans tressés et les ornements en palmettes 2 des petites arcatures accouplées de l'escabeau du roi David 3, et son instrument à cordes, enfin les pupilles très grosses et noires des yeux des personnages 4. Toutefois l'évangéliaire de Godescalc étant plus voisin comme date, offre des tresses encore plus semblables dans l'encadrement de la miniature du Christ. Mais il existe encore des ornementations analogues dans d'autres manuscrits de Saint-Gall, notamment dans le célèbre psautier de Folchard (ixe siècle) 5 (voir Diclionn., t. vi, col. 177, n. 23). Ce dernier offre en outre des caractères paléographiques identiques à la seconde main de notre psautier, le g en forme de 3, la ligature nt 6. La conclusion de l'étude des miniatures confirme donc celle de l'examen paléographique, en indiquant des ressemblances entre certains manuscrits rhénans et notre psautier 7. »

La version du texte de ce psautier est la version dite romaine représentant l'ancien psautier romain usité dans les Églises banques à la fin du vmesiècle *. C'est à ce titre particulièrement que le texte offre un très vif intérêt et doit être décrit ici avec précision.

Les pièces liminaires, au nombre de douze \ se trouvent dans d'autres manuscrits tels que ['Amiatinus, le Yalicanus 84 et tous les témoins du psautier romain. Au fol. 17 vient le texte du psautier avec le commen-

1 Cf. Ad. Merton, Die Buchmalerei in St Chilien vom neunlen bis zum eljlen Jahrhundert, in-8°, Leipzig, 1912, p. 38 sq., 55, 58 sq. — a J. Rudolf Rahn, Dos Psalterium aureum von Sanci Gallen, in-4°, Sanct-Gallen, 1878, pi. îv a (en couleurs). ■ — ■ » Ibitl., pi. VI (en couleurs). — 4 Ibid., pi. vu (en couleurs). — 6 Merton, op. cil., pi. i-iv; xxnixxvi. — * Id., ibid., pi. VI, îx, x. — ' Ph. Lauer, Psautier carolingien du président liuuliier (Montpellier Univ., //. 40y), dans Mélanges F. Lot, 1925, p. 365-366. "A. Wilmart, Smaragde et le Psautier, dans Hernie biblique, t. xxxi, 1922, p. 357. — " On en lit la description et la bibliographie dans Ph. Lauer, «p. cit., p. 3ti7-368. — "Dans le haut de la page, au-dessus de psalmus, une main contemporaine du manuscrit

taire verset par verset. Nous donnons le psaume Ier afin qu'on puisse s'en faire une idée :

Psalmus 10 David et de Joseph dicit qui corpus XPISTI sepellivit11. Beatus virqui non abiit... in cathedra pestilentiœ non sedit. Interpretatio12 : In hoc psalmo continetur beatitudo eorum qui secundum legem Dei vivunt et futurum Dei judicium impiorum et peccatorum; propterea nominatim virum dicit quia vir caput est mulieris, nam virum dicit significat mulierem; hoc est non consentire cogitationibus suis malis sed magis refutare. Perseverantia maledicit cathedra, pestilentes autem dicuntur qui non solum ipsi peccant sed etiam alios peccatis suis sociare nituntur. Sed in leye Domini fuit voluntas ejus et in lege ejus meditabitur die ac nocte. Interpretatio : Ille méditât legem Domini qui secundum legem vivit et fructum operum suorum ex lege ostendit. Lex enim quasi inberrigans est. — El erit tanquam lignum quod plantatum est secus decursus aquarum. Interpretatio : Ab hoc comparabitur...

On aura remarqué dans le titre du psaume Ier une allusion à Joseph d'Arimathie, ce qui n'est pas exceptionnel puisqu'on lit ailleurs, dans les arguments des psaumes selon Origène : Psalmus iste cum generaliter de omnibus sunctis, specialiler de Joseph, qui corpus Domini sepelivit l3. Dans les Commentarioli de saint Jérôme sur les psaumes, on rit au psaume ier : Aliter Tertullianus in libro De speclaculis1* adurit hune psalmum et de Joseph posse inlelligi, qui corpus Domini sepelivit, et de his qui ad spectacula gentium non conveniant11". Ailleurs, commentant saint Matthieu (xxvn, 57) saint Jérôme dit de même : In alio evangelisla Joseph iste (3oijXeutt]ç) appellatur, id est consiliarius et de ipso quidam putanl primum psalmum esse compositum : Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum, et reliqua.

« Les psaumes sont tous précédés de tituli rubriques en onciale rouge et verte — sauf le premier qui débute par V Argumentum — et ces tituli sont à peu près semblables à ceux de la série composite (version gallicane) de Tomasi-Vezzosi 16. et à ceux de la série relevée par Lawlor dans le célèbre fragment de psautier gallican du vie siècle appelé Caihach de saint Columba17. Parmi les séries des vingt et un manuscrits de la Bible et du psautier relevées par Lawlor, seules celles de V Amiatinus de Florence et du Vespasien A. /.de Londres se rapprochent de celle-ci. Les tituli de notre manuscrit ne sont numérotés en chiffres romains (vers ou rouges) qu'à partir du psaume vi (fol. 24 v°)18. Il n'y a nulle part d'argumentum et au psaume Ier l'incipit remplace le titulus, mais les diapsabna sont soigneusement indiqués en onciales rouge, parfois abrégés par dp". De la comparaison des tituli avec ceux du Cathach de saint Columba, rie deux siècles antérieur, il apparaît clairement que la plupart ont été abrégés au cours des transcriptions successives : entre les ps. xxx et cv, les seuls conservés du Cathach, les rapport des tituli sont constants, sauf pour les psaumes xlvi, lx, lxv, lxxiii, lxxxviii, xci et xcix. Deux lacunes sont à noter : la première à la fin de {'interpretatio du psaume xxxvi (fol. 90 v°, col. 1) et la seconde au début du psaume l

a écrit : Jncipil prophétie, ce dernier mot se rapportant évidemment à David. " lue glose interlinéaire ajoute : />/ est rejert idem psalmus. " Cv mot est ajouté partout en

marge d'une petite écriture contemporaine. "J.-M. TomasI, Opéra, édit . A..-F. Vezzosi, in-40, Roma, 1717, t. n, p. xlvii. Collectin argumenlurum in psalmus. Bx dictis Origenis... — uDe speclaculis, c. m, P. /.., t. i, col. 708. l,G. Morin, Anecdota Maredsolana, t. m, p. 3, ligne 16. — "Opéra, in-l", Roma, 1747, t. n, p. 1 sq. "H.-J. Lawlor, The Cathach <>/ SI. Columba. dans Proceedings a) tlie royal Irish aeademg, t. ucxm, 1916, Dublin, p. 241-449. 11 Ph, Lauer, op. i il-, p. 1 70-171 : on y trouvera If relevé dea titres p. 171-173. " l'ai- exemple fol. 76 v , 77. 135, etc.

PSAUTIER

(fol. 122, col. 1) qui débute ainsi : Quœ Nathan projeta per parabolam sapienter interrogans, et, après un grattage, passe de suite à Ecce enim in iniquitalibus. A signaler aussi à certains endroits * des gloses interlinéaires tracées d'une petite écriture très fine qui paraît être du xe siècle environ 2 ».

Le psautier que nous venons de décrire sommairement se termine par le texte de célèbres litanies carolines que Mabillon préleva dans l'ensemble du manuscrit pour les publier dans ses Vêlera analecta 3, en 1675, d'après une copie du jésuite Pierre-Fr. Chifllet envoyée de Besançon à dom Luc d'Achery. Un fac-similé en a été publié par L. Delisle pour les feuillets 194 v° et 344 dans l'Album paléographique de la Soc. de l'École des Charles (1887), pi. xvi .

Au fol. 331, commencent les cahiers ajoutés, nouvelle écriture, encore différente. Une rubrique annonce les cantiques au nombre de dix et le Te Deum, dans un ordre différent de celui de Tomasi-Vezzosi 4, mais il se retrouve, sauf pour le Te Deum, dans le Psalterium aureum de Vienne 5.

Au fol. 34t, col. 2, commencent les Laudes (voir Dictionn., t. vin, col. 1887-1916) invoquant le Christ, les anges et les saints pour celui qui est l'objet de la cérémonie.

Au fol. 344, on lit : Exaudi Xpiste, Adriano summo pontiftce et universale papse vital Redemptor mundi tu lo iuual Sancte Pelre tu lo iuual etc. Karolo excellentissimo et a Deo coronato magno et pacifico rege Francorum et Langobardorum ac patricio Romanorum vita et Victoria... Ces qualificatifs ne se trouvent joints dans les actes de Charles qu'au titre d'empereur (à partir de l'an 800) et jamais à celui de roi 6. Il est donc intéressant de les relever ici, dans un texte certainement antérieur à 795; le titre de patrice est porté par Charlemagne à partir de 774 '. La copie du P. Chifflet publiée par Mabillon est assez défectueuse, notamment dans la transcription des noms de saints 8.

« Mabillon estime, avec toute apparence de raison, que ces litanies ont été écrites à Soissons, au monastère de Notre-Dame, à cause des noms de saints qu'on y relève : Bautaridus et Urauscius, l'un 14e, l'autre 22e évêque de Soissons, ainsi que Vodoalus et Leodardus qui furent l'un reclus, l'autre boulanger dans ladite abbaye. Nous y ajouterons sainte Medresme, sainte locale qui se retrouve dans le calendrier des Missels de Saint-Médard de Soissons 9. »

Ce texte des litanies carolines ou laudes gallicanse est plus ancien que celui qui fut publié par Aug. Prost ,0 d'après le Psautier de Harlay (Paris, lai. 13 159, fol. 163), car ici il est question d'Hadrien Ier et dans l'autre de Léon III seulement. C'est un texte d'origine franque, où on lit encore les noms des anges Orihel, Baguhel et Tobihel que le pape Zacharie, au synode romain de 745, classait parmi les démons.

Bibl. — Ph. Lauer : Le psautier carolingien du président Bouhier, dans Mélanges d'histoire du Mrgen Age offerts à F. Lot, in-8°, Paris, 1925, p. 359-383.

VIII. Une revision au ixe siècle. — Le manuscrit 343 de la bibliothèque de Munich se compose d'un psautier précédé d'une préface assez longue commençant par ces mots : Ut reprobare superflua et inserere congrua. Il s'agit d'un essai de revision du psautier destiné à des jratres dilectissimi afin de rendre la psalmodie conforme à la vérité : ut in ore psallenlis magis veritas resonel, quam carmen strophorum. Pour y réussir, l'auteur a eu à sa disposition plusieurs psautiers

1 Par exemple fol. 243 v". — * Ph. Lauer, op. cit., p. 373. — s T. il, p. 682; édit. in-fol., Paris, 1723, p. 170-171. — * Opéra, t. m, p. 551. — 6 R. Béer, Monum. paleoijr. Vindomb., t. i, p. 32. — 'A. Giiy, Manuel de diplomatique, p. 719. — ' Id., ibid., p. 718. — • Ph. Lauer, op. cit., p. 375. —

grecs et latins et il s'est imposé le devoir de s'écarter le moins possible de la revision de saint Jérôme. La raison en est dans le respect dû à ce grand docteur et dans les nombreuses divergences existant entre les psautiers, même entre les psautiers grecs. Enfin l'auteur s'est interdit toute nouveauté choquante, il a noté les mots latins qui ne répondent à rien dans le texte grec et inversement, les transpositions qui ne sont pas toutes bien graves si on en juge d'après celle-ci au ps. v, in tua justitia au lieu de in justitia tua; aussi il a passé outre. Mais pour les autres corrections, il a eu recours à divers sigles dont l'intelligence exigeait la présence d'un texte grec, lequel manque dans le manuscrit en question. Il n'est donc qu'une copie incomplète et non le travail original du reviseur qui supplie ceux qui voudraient le corriger de n'en rien faire sans avoir préalablement examiné le texte grec et la correction latine de saint Jérôme.

L'âge du manuscrit, ixe-xe siècle, permet de croire que la revision est de la fin du ixe siècle, date que confirme le style de la préface. Le lieu d'origine peut être induit de ce fait que le texte est celui du psautier milanais, donc Milan ou ses environs; les cantiques et l'hymnaire sont de même en usage dans la liturgie de Milan. Quant à l'auteur, il savait fort bien la langue grecque, il ne s'en cache pas et, même, il ne fait aucune faute. D'après cet indice on a proposé d'y voir l'Irlandais Sédulius qui fut écolàtre de Saint-Lambert de Liège, vers le milieu du ixe siècle, d'où il passa à Milan quelques années plus tard. Sa connaissance du grec est attestée par le psautier grec en lettres onciales, écrit de sa main, qu'on conservait à l'abbaye de Saint- Mihiel où dom Martène et dom Durand le virent en 1717; sa pratique du latin n'allait pas sans quelque afféterie, un goût excessif des néologismes dont on a pu relever des traces dans son essai de revision; enfin l'emploi du chrismon qu'il fait en guise d'obèle dans le ms. 342 se rencontre également dans un exemplaire de notes du même Sédulius conservé aussi à Munich, lot. 6238, fol. 49, 58, 63 ".

IX. Le psautier d'LTtrecht. — Ici ce n'est pas le texte mais l'illustration qui doit retenir notre attention. lille a fait l'objet des études de Tikkanen, L. Delisle, Paul Durrieu, et sur lequel nous n'avons pas à revenir après ce qui a été exposé dans le Dictionn.,t. vu, col. 1191, fig. 5933; t. xi, col. 1344- 1360, fig. 8155-8166; t. xn, col. 1988-1995, pi. horstexte 8996.

X. Le psautier grec de Paris. — Bibl. nat., ms. gr. 139 (voir Dictionn., t. xi, col. 1269-1277; fig. 8102- 8108).

XI. Le psautier Chloudof. — C'est un manuscrit grec à miniatures, du ixe siècle, actuellement au musée historique de Moscou et qui a servi de modèle à toute une famille de psautiers illustrés. Ce fut N.-P. Kondakof qui l'étudia le premier et le crut originaire du monastère de Stoudios à Constantinople, attribution qui fut contestée pour cette raison, entre plusieurs autres, que le patriarche Nicéphore est représenté en plusieurs endroits dans l'archétype du fameux psautier, alors que saint Théodore Studite apparaît pour la première fois dans un exemplaire de l'an 1066. Un de ceux qui a étudié récemment le psautier, N.-V. Malitzhy, estime qu'il a été calligraphié et enluminé à Constantinople, mais pas par un moine et pas dans le couvent de Studios; il témoignerait de l'influence de la tradition palestinienne.

' Id., ibid., p. 376. — 10 Aug. Prost, Caractère et signification de quatre pièces liturgiques composées à Metz en latin et en grec, Pa>is, 1877, p. 29; L. Duchesne, Liber ponti/icalis, t. il, 1892, p. 37-38. — "G. Morin, Une revis, du psautier sur le texte grec, dans Revue bénédictine, t. x, 1893, p. 193-197

PSAUTIER

XII. Le psautier de Munich. — Ce manuscrit est du commencement du XVe siècle, il est écrit en langue serbe et illustré de 149 miniatures; la perte de 2 feuillets a entraîné celle de 5 miniatures. Après nombre de pérégrinations, au cours desquelles on en fit, au xvnc siècle, une copie fort inférieure au modèle, mais intéressante néanmoins en ce qu'elle impose une sourdine à l'affirmation devenue courante de nos jours « que la plupart des manuscrits illustrés que nous a légués l'art byzantin ne sont que des copies de prototypes beaucoup plus anciens. Il est donc fort intéressant de constater, par un exemple précis et jusqu'ici à peu près unique dans l'histoire de la miniature, de quelle façon le copiste a traduit et interprété son modèle, et l'on est immédiatement frappé de tout ce que deux siècles seulement d'écart ont, entre l'original et la copie, mis de différences profondes. On voit par là avec quelle réserve infinie il convient de raisonner lorsque, dans l'illustration d'un manuscrit, on se flatte de reconnaître les traits caractéristiques de l'original perdu. » J. Strzygowski, Die Miniaturen des serbischen Psalters (1er kônigl. Hof-und Slaatsbibliothek in Mùnchen, avec une introduction de V. Jagic, dans Denkschriften de l'Acad. de Vienne, Phil.-hist. Klasse, t. lu, 2" partie, Wien, 1906; cf. Ch. Diehl, L'illustration du psautier dans l'art byzantin, dans Journal des savants, 1907, p. 298-311.

XIII. L'illustration du psautier dans l'art byzantin. — « Au point de vue de l'histoire de l'art byzantin, le psautier a peut-être plus d'importance que l'évangile, parce qu'il a inspiré au peintre des images plus riches d'idées et l'a induit à une plus grande indépendance 1. » Les éléments les plus divers composent cette illustration, fait remarquer M. Ch. Diehl dont nous citons les ingénieuses considérations 2; à côté des scènes empruntées à la vie du roi David, les artistes se sont de bonne heure attachés à traduire en images toutes les allusions symboliques qui, dans le texte, semblaient applicables à la personne du Christ, et les épisodes évangéliques, empruntés à l'enfance, aux miracles et à la passion du Sauveur, ont pris ainsi dans l'illustration une place considérable. D'autres scènes, qui, elles aussi, préfiguraient des épisodes de l'histoire du Christ, furent tirées de la vie de Moïse ou de celle de Joseph; certains sujets traduisirent, sous une forme allégorique, les idées morales exprimées dans le texte; enfin, dans certains manuscrits du psautier, se rencontrent de curieuses allusions aux événements historiques et aux polémiques religieuses du temps. Cette illustration toutefois, on le sait, s'ordonne dans les divers manuscrits selon deux types très différents. Tantôt, dans le groupe que Tikkanen appelle « le groupe aristocratique » et dont le psautier de Paris (gr. 139) du x> siècle représente un des plus anciens exemplaires, l'illustration est composée de miniatures en pleine page, empruntées pour la plupart à l'histoire du roi David. Tantôt, dans le groupe cpie Tikkanen nomme « le groupe monastique et théologique » et dont le psautier f.hloudof, qui date du ixe siècle, est le plus ancien exemplaire connu, les miniatures sont, au contraire, disposées à la marge du texte et leur nombre est beaucoup plus considérable s. Dans ces deux séries d'illustrations, le style comme la conception diffèrent profondément. Tout le monde a signalé le caractère antique qui marque les miniatures du psautier aristocratique, la verve plus populaire, plus réaliste, plus familière qui distingue l'illustration du psautier à vignettes marginales. Ce qui importe,

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