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Strzygowski, Die Miniaturen des serbischen Psalters

p. 7. - ' Ch. Diehl, d.ms Journal des savants, 1907, p. 300 su,. — - ' Tikkanen, Die lJs,dterillustratioH Un Mittelaller, t. î. — ' .J. Strzygowski, op. cil., p. 90. s 1<1.. ibid., p. 7.

c'est de marquer la place assez particulière, et par là même fort importante, qu'occupe entre ces deux groupes le psautier serbe de Munich.

Strzygowski remarque justement que, malgré ses miniatures souvent exécutées en pleine page, le psautier de Munich se rattache plutôt au groupe des manuscrits à illustration marginale 4. Mais, malgré cette parenté évidente, le psautier serbe représente dans ce groupe une rédaction assez spéciale, et, par la composition du texte autant que par l'illustration, il diffère notablement des autres manuscrits de la série. Dans le texte, outre les psaumes et les neuf odes ou prières extraites de l'Ancien et du Nouveau Testament, on trouve en tête une série de passages relatifs à Saùl et à David, et, après les odes, la parabole du bon Samaritain, le célèbre hymne akathistos (voir Dictionn., t. i, à ce mot) en l'honneur de la Vierge, enfin une série de six tropaires chantés à l'office du dimanche. A ces différentes parties du livre correspondent des cycles de miniatures qui, selon la remarque de Strzygowski, sont absolument « uniques en leur genre » 5. Nulle part ailleurs, on ne recontre la série de miniatures qui précède le psautier proprement dit, et dont les deux premières — l'une d'elles se rencontre au reste pour la première fois dans l'histoire de l'art 6 — sont visiblement inspirées du fameux roman oriental de Barlaam et Joasaph (voir Dictionn., t. vu, à ce nom). Parmi celles qui suivent, et qui sont tirées de la vie de David, deux scènes sur cinq apparaissent pareillement pour la première fois dans l'iconographie. Les miniatures qui viennent après le texte des psaumes et des odes sont, peut-être, plus originales encore. La parabole du bon Samaritain ne s'est point jusqu'ici rencontrée dans le psautier. L'illustration de l'akathistos offre toute une série de traits originaux et caractéristiques qui contrastent avec les représentations habituelles empruntées à la vie de la Vierge, en particulier une adoration des mages, qui semble copiée d'une mosaïque monumentale 7. et plusieurs épisodes (madone trônant, la Vierge et les orateurs, adoration de l'icône de la Vierge)8, dont l'inspiration est toute différente du type coutumier. Enfin les six miniatures du cycle final ne se rencontrent absolument nulle part ailleurs.

Ce n'est pas tout. Passez en revue les 98 miniatures qui constituent l'illustration propre du psautier. Un bon cinquième des épisodes ne se retrouve dans aucun des manuscrits illustrés, assez nombreux pourtant, que nous possédons des psaumes et, sans entrer dans le détail de ces divergences, une conclusion générale s'impose évidemment : c'est que, sur beaucoup de points, l'illustration du psautier de Munich s'écarte de la rédaction ordinaire, pour suivre une voie originale. Sans doute le peintre serbe, auteur du psautier, était très capable d'initiative individuelle et il laisse, dans certains détails de mobilier et de costume, paraître l'influence du temps.

Pourtant il semble difficile d'attribuer à son inveo tion propre tant d'épisodes originaux qui remplissent le psautier de Munich. Certains parmi eux paraissent s'inspirer de modèles d'un âge beaucoup plus ancien cl l'idée se présente naturellement de se demander si. à l'origine de cette illustration si particulière, il ne faut point chercher quelque lointain prototype perdu.

On admet généralement que l'illustration marginale du psautier est née sous l'inspiration monastique lans la première moitié du ixe siècle. J. Strzygowski s'est efforcé de lui trouver des origines plus anciennes. Après avoir entrepris de démontrer que le psautier arislo

— • C'est la SCène intitulée : « Voici le calice de la mort pi. i, n. 1. — ■ ' J. Strzygowski, Die Miniaturen des serbischen Psalters, pi. liv, n. 132. — » Id., Ihid., pi. LV, n lie, pi, lvi, n. 140; pi. lviii, n. 147.

PSAUTIER

cratique dérive d'un prototype asiatique du iv« ou du ve siècle ', il a voulu prouver que le psautier à illustration marginale « est une création spécifiquement orientale, née dans les couvents de Mésopotamie et de Syrie, vers le VIe siècle ou même auparavant 2 ». C'est précisément sur l'illustration du psautier de Munich que se fonde la démonstration. Ses miniatures nous auraient conservé, « nettement reconnaissable, un prototype non point byzantin, mais hellénistico-oriental, c'est-à-dire syrien 3 ».

Il n'est point niable, et Tikkanen l'avait déjà remarqué 4, que les psaumes ont tenu une grande place dans la pensée des Pères du ive siècle, et l'on sait avec précision que, dès le ve siècle, un évoque de Ravenne avait fait décorer une salle de sa maison de mosaïques ou de peintures illustrant le psaume cxlviii. Il n'est donc nullement invraisemblable d'attribuer au psautier illustré des origines plus anciennes que celles qu'on lui attribue communément. Il est remarquable, d'autre part, que les allusions à la querelle des iconoclastes, si nombreuses dans l'illustration des psautiers à vignettes marginales, manque absolument dans le psautier serbe de Munich, ce qui semblerait bien indiquer un prototype antérieur à cette époque. Quanta conclure que ce prototype soit nécessairement d'origine syrienne, on a les meilleures raisons d'en douter6.

Quoi qu'il en soit, le psautier serbe de Munich nous a fait connaître un assez grand nombre de scènes nouvelles pour l'iconographie, et certaines d'entre elles témoignent d'une évidente parenté avec les compositions plus antiques du ve et du vie siècle. Derrière le miniaturiste du xve siècle, on sent des modèles excellents et une longue tradition d'art.

XIV. Psalmodie perpétuelle appelée aussi Laus perennis. (Voir Dictionn., t. i, col. 858-867.)

XV. Psaume abécédaire de saint Augustin. — ■ Le 8 octobre 393, un grand concile fut tenu à Hippone (voir Dictionn., t. vi, à ce nom) et les Pères africains dénoncèrent le danger que faisaient courir à la foi la doctrine et les méthodes du parti donatiste. Le concile promulgua deux canons en vue de préparer les voies à la lutte qui s'imposait. L'évêque d'Hippone, Augustin, entama celle-ci par son commentaire du Sermo Domini in monte et presque aussitôt s'essaya à une composition qui est unique dans son œuvre. Le clergé donatiste avait adopté pour répandre ses doctrines un procédé dont les gnostiques, les ariens avaient fait usage; on y faisait chanter des psaumes qui inculquaient la croyance hérétique à ceux que les sermons eussent dépassé sans les atteindre. Parménianus (voir ce nom) avait été un des fournisseurs de cette poésie populaire dont on pouvait sourire, mais avec laquelle il fallait compter. L'évêque d'Hippone qui s'en moquait et qualifiait cette littérature de « chansons d'ivrognes », comprit la nécessité de suivre les rivaux sur leur terrain et, pour la circonstance, se fit poète et composa un Psalmus contra partem Donati. « J'ai voulu, dit-il, porter le procès des donatistes à la connaissance de tous, même des plus humbles, des gens tout à fait ignorants et sans instruction; j'ai voulu, autant que je le pourrais, les forcer à s'en souvenir6 ». Le Psalmus est une histoire en vers de la secte, composée d'un préambule, d'un récit abrégé, d'une controverse et d'une conclusion. L'auteur s'adressait, de préférence, aux schismatiques qui formaient une notable portion de son auditoire et à chaque strophe du psaume il amenait ce refrain : « Vous tous qui aimez la paix, jugez seulement où est la vérité. »

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