‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 139 sur 477 · SANCTA-DEP KAL APR TIBERI ANO II ET DIONI COSS · texte numérisé non relu

SANCTA-DEP KAL APR TIBERI ANO II ET DIONI COSS

Ex virginio tuo bene me[cum] vixisti liben![cr] coniuga innocentissima Cervonia Silvana réfrigéra cum spirita s'inrla dep\osita] kal\endas] apr\ilis] Tiberiano II et Dinn\e] coss l".

Souvent l'épitaphe exprime d'une façon positive ce qui, dans l'esprit des survivants, n'est encore qu'un espoir; comme nous-mêmes disons quelques instants après la mort d'un parent respecté et chéri : « Il est allé près du bon Dieu ». Sur une inscription de Velletri

1 Fabretti, Inscr. antiq.,p. 571. — * Boldetti, Osservazionl, p. 431. — » Id., ibid., p. 432. — « Marangoni, Cose oentilesche, p. 456. — » L. Perret, Catac. de Rome, t. v, pi. xxvi.

— " Boldetti, op. cit., p. 266, 340, 344, 417, 418-419, 572. ■ 7 Bosio, op. cit., p. 509. — • Marangoni, Acta di Vielorini, p. 00, 120. — • Passionei. Iscrizinni aritiche, p. 110, n. 52.

— 10 L. Perret, op. cit., t. v, p. 7j, n. 6. — " E. Le Bl ml, op. cil., t. i, n. 320 «, 336 c. — " Gruter, Corp., p. MLVII, n. 10. — " Fabretti, op. cit., c. vm, n. 5. — "Marangoni, Aria S. Vielorini, p. 122. — "BoldottI, op. cit., p. 417, IIS.

nous lisons: «Les cieux se sont ouverts pour toi20!» et il s'agit d'un néophyte mort dans les aubes baptismales; sur une inscription de Cologne on nous dit que la défunte est entrée aussitôt au ciel; or, il s'agit d'un enfant de cinq ans21. Pour tous les deux il était permis de croire à leur entrée dans le ciel.

« J'ai vu, à la catacombe de Saint-Calliste, disait Edm. Le Blant, comment la foi dans l'efficacité des prières pouvait rassurer les vivants sur le sort de ceux qu'ils avaient aimés. Un pèlerin, descendu dans cette crypte à une époque voisine du ive siècle, se prosterne à chacune des tombes saintes dont elle est remplie. Là, il pense à ceux qui ne sont plus ". Il a perdu une épouse ou une sœur appelée Sophronie et il trace sur la paroi de la crypte : « Sophronie, puisses-tu vivre en Dieu! » Une autre tombe l'arrête, il trace la même prière; enfin il pénètre dans la crypte des papes martyrs, il prie encore, se relève, et cette fois, il écrit : « Sophronie, tu vivras en Dieu! »

J. Spon s'étonne de ne pas lire sur les épitaphes anciennes la mention « du remède des âmes que les épitaphes modernes souhaitent aux défunts »; nous autres, aujourd'hui, nous étonnons de sa surprise et de sa question. Les âmes retenues dans le purgatoire peuvent être secourues par l'intercession des prières et les bonnes œuvres des survivants. Les bonnes actions du défunt lui-même lui sont comptées pour hâter sa délivrance, c'est ce dont témoignent une multitude de documents antiques tels que donations, testaments où sont consignées les oeuvres de miséricorde accomplies par le défunt ou en son nom pro remedio animœ et cela bien avant le vie siècle. Prudemment, toutefois, il se confine sur le terrain de l'épigraphie qui lui est plus familier, mais sa prudence n'empêche pas les documents d'affirmer la préoccupation du remède de l'âme dont témoignent les conciles de Rome, 502 23 et 504 24. de Paris, 557 86, et beaucoup plus tôt, une lettre de saint Paulin de Noie, datée de 397 et adressée à son ami Pammachius qu'il félicite d'avoir, par des aumônes, pourvu au remède de l'âme de Pauline : Remediis salutaribus et vivis operibus, hoc est eleemosi/nis prosrculus... exsequias honorasti2'.

Mais l'épieraphie n'est pas muette, elle nous apprend l'œuvre de miséricorde accomplie par une chrétienne, une Gallo-Romaine de Briord, dont l'épitaphe porte cette formule " :

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