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PYRAMIDES

PYXIDE

sept années de famine prévues par le patriarche Joseph : Seplem horrea, secundum mime ru m annorum abundanliœ, quse sanctus Joseph fecerat (VI, xxxn). Pour cette raison on les avait construites en forme d'entonnoirs renversés, pointus par le haut de façon à jeter le blé par la petite ouverture. Grégoire de Tours avait appris cela des pèlerins l. Ce qu'il en dit montre que cette opinion était déjà ancienne lorsqu'elle fut adoptée au ixe siècle par la plupart des écrivains arabes 2; elle se trouve déjà consignée dans l'Elymologicum magnum où on lit : riupocfiiSeç 8s ixâXiv XéyovTai wpela paatXtxà airoSôya, a xaTeaxEÙaae 'IioarjÇ. « On appelle encore pyramides des magasins royaux pour recevoir le blé, que Joseph fit construire. » Cette notion repose sur une fausse étymologie du nom que l'on dérivait de Ttupôç, froment; en effet, Etienne de Byzance dit que les pyramides ont été ainsi nommées des blés (àmb tcôv 7tt>pûv) que le roi y avait entassés, ce qui amena la famine. Ainsi, fausse étymologie et fausse tradition.

H. Leclercq.

PYXIDE. — I. Origines. II. Destination. III. Pyxides chrétiennes en métal. IV. Pyxides en ivoire. V. Essai de classement. 1. Bar-sur-Aube. 2-5. Berlin. 6. Bobbio. 7-8. Bologne. 9. Bonn. 10. Brioude. 11. Cartilage. 12. Cluny. 13. Cologne. 14. Darmstadt. 15- 16. Florence. 17. Herm Noviron Kertch. 18-19. La Voulte-Chillac. 20-21. Londres. 22. .Milan. 23. New- Castle. 24. New-York. 25. Osorouk. 26. Pesaro. 27- 31. Pétersbourg. 32-33. Borne. 34. Bouen. 35. Sens. 36. Sion. 37. Vatican. 38-40. Vienne. 4L Werden. 42-43. Wiesbaden. 44. Xanten. 45. Zurich.

I. Origines. — Le mot grec Tronic sert à désigner un coffret, une boîte taillée dans le buis, qui se dit 7nSÇoç. Les dimensions cylindriques et assez exiguës s'expliquent par la substance même, car il est rare que le buis prenne un très grand développement. Le latin a changé puxis en pyxis et de bonne heure on renonça au buis pour le remplacer par le métal et principalement par l'ivoire. Nous en possédons un assez grand nombre et leur ornementation permet de les faire remonter à une période qui s'étend du IVe au IXe siècle environ. Certains ont imaginé d'en faire des < boîtes à hosties » à peu de chose près sur le modèle de celles en usage de nos jours dans les sacristies; c'est préjuger la question des pains azymes eucharistiques (voir Dictionn,, t. i, au mot Azyme) et exclure sans raison la possibilité pour ces récipients d'avoir servi, dès une haute antiquité, à la réception de la réserve eucharistique. Lorsque les fidèles qui avaient assisté à la liturgie emportaient dans leur maison le pain consacré, ou bien lorsqu'un clerc comme le jeune Tarcisius ou celui dont nous parle Eusèbe (voir Dictionn., t. m, col. 2437), recevait une parcelle destinée à un malade, il fallait nécessairement transporter celle-ci dans un récipient convenable et de petites dimensions. C'est bien là ce que saint Cyprien nomme une arca in qua Domini sacramentum fuit3, et peut-être est-il permis de voir une des plus anciennes pyxides dans un objet minuscule en bronze, composé de deux lames très minces formant une petite boite mesurant 0 m. 067x0 m. 05 sur laquelle on voit sur une face un martyr, sur l'autre le Christ avec les urnes de Cana et le mot CVAOriA (voir Dictionn., t. i, col. 424, fig. 69; t. xiv, col. 634, fig. 10142).

Pour les pyxides en ivoire et les pyxides en os qui n'en sont que des imitations à bon marché, on ne rencontre qu'exceptionnellement le fond adhérant aux

1 llisl. Francorum, 1. I, ex. — s Silvestre de Sacy, dans Magasin encyclopédique, Ve année, t. vi, p. 449. — ■ S. Cyprien, De lapsis, c. xxvi. — 'il. Graeven, Pyxide en os représentant lu naissance d'Apollon et de Diane, dans Monuments et mémoires Piot, t. VI, 1899, p. 159, pi. XV, - 6 Corp.

parois cylindriques, ce qui s'explique sans peine par la difficulté de se procurer un moellon d'ivoire ou d'os dont la tranche n'offre aucune perforation, car on sait que la dent de l'éléphant est creuse à son sommet et jusqu'à une certaine longueur. Le musée du Louvre possède cependant une pyxide en os, qui provient probablement de la cuisse d'un éléphant ou d'un hippopotame où le fond fait corps avec le cylindre *. Pendant un siècle ou deux après le triomphe du christianisme, les sculpteurs continuent à façonner des pyxides décorées de sujets païens, mais ces petits vases furent admis de bonne heure (nonobstant les scènes mythologiques dont la signification échappait généralement) par les églises qui les firent passer du mundus muliebris dans le mobilier liturgique.

On façonna des pyxides en corne, en plomb, en bronze, en argent et en or. Nous n'avons trouvé nulle part dans l'épigraphie chrétienne la mention d'une pyxide, une inscription païenne de Beggio nous parle d'une PYXIDEM EBOFEAM5. Sur un monument en ivoire, le célèbre diptyque des Symmaques et des Nicomaques (voir Dictionn., t. vu, col. 1939, fig. 6023), on voit une jeune femme retirant d'une pyxide quelques grains d'encens ; mais, en ce cas et pour cet usage, la pyxide prenait le nom d'acerra. Nous avons un exemple de cet usage dans la pyxide de Brioude décrite plus loin (n° 10) qui est munie d'une ouverture demicirculaire pratiquée dans la partie inférieure du cylindre, fermée par une porte à charnière pour faire sortir les grains d'encens 6.

Les plus anciennes pyxides paraissent n'avoir pas toujours été munies d'un couvercle de fermeture; dans la suite il n'est pas rare de rencontrer la trace de charnières ou l'emplacement réservé à une serrure. Boîtes à bijoux, boîtes à encens, usage profane qu'on délaissa pour affecter la pyxide à une destination plus noble lorsqu'on en fit usage soit pour y déposer la réserve eucharistique soit pour y conserver les pains azymes destinés à la communion du prêtre et des fidèles.

IL Destination. — Par sa rareté relative, l'ivoire pouvait être considéré comme une substance précieuse, son prix élevé, ses dimensions réduites, ses variétés et sa décoration en faisaient un objet digne de recevoir des reliques ou même l'objet le plus adorable au monde : l'eucharistie. On ne saurait néanmoins préciser, à l'aide d'un texte certain, la haute antiquité de l'usage des pyxides pour recevoir le corps du Seigneur, néanmoins parmi les plus antiques qui viennent d'être mentionnées nous croyons qu'on approche de bien près du iv siècle. Il ne faut pas se laisser aller à la tentation de vieillir les témoins, moins encore de les forger de toutes pièces, comme lorsqu'on écrit que ■ le concile de Narbonne, tenu en 589, dit que lorsque les prêtres administrent la communion, ils doivent porter l'hostie dans une pyxide ou dans un calice 7 ».

S'il est permis d'hésiter sur la destination d'une boîte d'ivoire, on a bien des raisons de croire qu'il s'agit d'une pyxide eucharistique destinée à recevoir le précieux sang pour l'administrer aux malades lorsque nous voyons un petit vase de bronze muni d'une poignée et d'un goulot, son diamètre est de 0 m. 10, il est pourvu d'un couvercle surmonté d'une croix et repose sur trois pieds. Cet objet avait dû appartenir à l'église Saint-Marc de Thèbes en Egypte; il a été découvert parmi les ruines d'un village copte abandonné pour toujours au temps île 11m asion arabe, vers 640 ' (voir lig. 10576).

inscr. Int., t. x, n. 6. * G. Rohaull de Fleury, La messe, t. \, p. 03, s'est imaginé que cette ouvei turc servait à retirer

les hosties; on aurait couru la chance de les briser, vu l'exi-

gulté de ce soupirail. - - : Rohaull de Fleury, La messe, t . \ . p. ">8. 8 The archtenlogical Journal, t. xxv, 1S(>8. p. 2412.

La pyxide eucharistique a porté assez généralement dans le haut Moyen Age, le nom de turris que nous lisons fréquemment dans le Liber poniificalis, dans les écrits de Grégoire de Tours et ailleurs (voir Dictionn., au mot Tour); ce mot s'explique facilement par la forme cylindrique des pyxides. La décoration de certaines d'entre elles peut donner une indication sur leur destination : reliquaire ou vase eucharistique, avec le temps on s'aperçoit que les premiers sont désignés de préférence sous le nom de capsa, les seconds de pyxis. Un texte, tardif il est vrai (ixe siècle), avertit que super altare nihil ponetur nisi capsae. cum reliquiis sanctorum aut pyxis cum corpore Domini ad vialicum.

III. Pyxides chrétiennes en métal. — Quoique exceptionnelles, ces pyxides se trouvent avoir des analogies dans l'art païen; elles n'appartiennent pas à nos études, mais nous ne pouvons omettre d'en mentionner quelques exemples. C'est d'abord celle de Vaison, aujourd'hui au musée du Louvre, qui mesure 0 m. 045 de hauteur, en forme de petit cylindre en bronze décoré de dix figures. Au centre Vénus assise sur le bord d'un lit, le buste nu, le bas du corps drapé, elle semble inviter des amours à s'approcher d'elle; à ses côtés deux Grâces et l'une d'elles tenant un parasol; à gauche Adonis. Toutes les parties du corps qui sont nues sont formées de plaques d'argent incrustées dans le bronze.

Bibl. — Ant. Héron de Villefosse, La pyxis de Vaison, dans Gazette archéologique, t. iv, 1878, p. 110-115, pi. XIX.

Voici ensuite une pyxide trouvée à Lambèse et appartenant au musée d'Alger. Elle est en bronze, de forme cylindrique, le corps et le fond ont été fondus d'une seule pièce ; la rondelle supérieure est détachée ; la pyxide mesure 0 ni. 037 de hauteur sur 0 m. 0425 de diamètre ; elle est ornée d'une scène à plusieurs personnages, en plaques d'argent encastrées dans le bronze; les détails sont représentés par des traits gravés au burin dans les parties argentées, par des filets d'argent dans les parties niellées. Il s'agit de Bacchus et son entourage.

Bibl. — Eug. Albertini, Pyxide de Lambèse, dans Monuments et mémoires Piot, t. xxxi, 1930, p. 39-50, pi. v; cf. Eug. Albertini, Rondelle de pyxide provenant de Volubilis, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1931, p. 181-182.

Nous en venons maintenant à des objets chrétiens.

Nous avons donné déjà le couvercle d'une pyxide en bronze vert, surmonté d'une colombe, joli et précieux témoin d'un âge très reculé, conservé au musée chrétien du Château-Borély, à Marseille (voir Dictionn., t. m, col. 2223, fig. 3135). Cette pyxide peut remonter au ive siècle, malgré qu'elle ait passé entre les mains du faussaire Augier (voir Dictionn., t. xiv, col. 1220), nous l'avons considérée d'assez près pour la croire authentique.

Parmi une série de petits objets rapportés d'Egypte par Drury Fortnum, nous trouvons le petit vase de bronze que voici (fig. 10576), dont le diamètre mesure, dit-on, 4 inches ( = 0 m. 10). L'attribution est recevable, mais on pourrait peut-être s'étonner qu'on n'ait pas fait plus de cas de cet objet.

Bibl. — O.-S. Morgan, Proceedings at Meetings, dans The archœological Journal, t. xxv, 1868, p. 243, et fig. en face de la p. 245; Rohault de Fleury, La messe, t. v, p. 60.

IV. Pyxides en ivoire. — Les pyxides conservées dans les musées offrent, quelques-unes du moins, des sujets mythologiques ou des sujets inspirés par la vie sociale, lesquels ne permettent aucun doute sur leur destination première; ce n'est qu'à une époque postérieure que ces objets auront trouvé leur place dans le mobilier liturgique. Et, avant d'aller plus loin, en voici

deux exemples. D'abord la pyxide de Xanten dont la décoration qui se développe sur son pourtour a été interprétée de la naissance de Jupiter, ou du séjour d'Achille à Scyros; ensuite la pyxide du Trésor de Sens où est figuré un combat de cavaliers et de piétons contre des fauves; tous les deux du vie siècle environ. Mais à côté de ces monuments détournés de leur destination, il en existe un assez grand nombre d'autres, dont la série peut remonter jusqu'au vc siècle environ, et qui paraissent beaucoup plutôt appartenir à l'art latin tel que nous le font connaître les bas-reliefs des sarcophages chrétiens d'Italie et de Gaule qu'à l'art nouveau et transformé tel que nous le trouvons sur les monuments de Ravenne.

Le plus ancien ou tout au moins le plus remarquable de ces monuments paraît être la belle pyxide conservée au musée de Berlin. La sculpture, d'un fort relief et d'un très beau style, peut soutenir la comparaison avec les meilleurs sarcophages chrétiens. Les scènes, du reste, le Christ assis au milieu des douze apôtres et enseignant et le sacrifice d'Abraham, sont de celles que

10576. — Pyxide d'Egypte.

D'après The arcliœologicalJuiirnal, 1868, t. xxv, p. 245, fig. 2.

l'on rencontre fréquemment sur les premiers monuments chrétiens. La figure du Christ surtout est drapée avec beaucoup de liberté, le mouvement est juste et l'exécution très large et savante.

Mais est-ce bien là un monument que l'on peut faire remonter jusqu'au ive siècle? On peut en douter en voyant la forme de l'arc accosté de deux folioles qui termine le dossier du siège du Christ (voir Dictionn., t. vu, col. 1943, fig. 6024), forme d'architecture que nous rencontrons dans pas mal de diptyques du vie siècle. Néanmoins ce monument ne fût-il que de cette dernière époque qu'il faudrait admettre que le sculpteur savait encore déployer une grande habileté quand il avait devant les yeux de bons modèles.

Il faut reconnaître du reste que les autres pyxides ne s'élèvent généralement au-dessus du médiocre; quelques-unes même sont d'une facture tellement sommaire qu'on peut croire ces œuvres sorties d'ateliers provinciaux où les traditions antiques étaient bien peu vivaces. Sans qu'il soit possible d'attribuer des dates certaines à une série de sculptures qui n'offrent pas des éléments de critique bien nombreux, on peut cependant avancer, sans crainte de se tromper de beaucoup, que la plupart d'entre elles ont vu le jour au ve et au vie siècle, peut-être même au vne siècle, et presque toujours en Italie, ce qui explique assez les traces d'influences byzantines, que maigre leur gros-

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sièreté trahissent quelques-uns de ces monuments.

C'est à cet art italien du ve ou du vie siècle qu'on attribuerait la pyxide de Werden représentant la Nativité et l'Annonce aux bergers; la pyxide du musée de Rouen offrant l'Adoration des mages et des bergers, une pyxide du musée de Cluny qui offre des sujets fréquents sur les sarcophages chrétiens, sculptés avec une certaine pureté de style. La guérison du paralytique, celle de l'aveugle-né, la Samaritaine et la résurrection de Lazare, Jonas jeté à la mer et Jonas déposé sur le rivage par la baleine, symbolisme si aisé à saisir de la résurrection, sujets chers aux sculpteurs de marbre ou de pierre, se retrouvent aussi et traités d'une façon identique sur les pyxides; plus rarement on y rencontre des sujets de l'Ancien Testament '.

Sur quelques pyxides on peut relever des réminiscences de l'antique, par exemple sur celle de Werden, saint Joseph et la Vierge évoquent, quoique d'assez loin, le Jupiter et la Junon antiques, tandis que sur la pyxide de Berlin et sur celle de Bologne le personnage d'Abraham debout, vu de face, l'épée à la main, l'autre main pesamment appuyée sur la tête d'Isaac, semble modelé sur Chalcas sacrifiant Iphigénie dans le tableau de Timanthe.

Chacun de ces petits monuments offrirait matière à une étude séparée et approfondie. Si, comme le voulait Ém. Molinier, on peut admettre pour plusieurs d'entre eux une origine italienne entre le ve et le vie siècle, il s'en faut qu'on puisse les classer tous dans cette catégorie.

Quoi qu'il en soit, les pyxides ne forment pas un groupe isolé; elles se rattachent aux sarcophages chrétiens d'une part, et, d'autre part, aux couvertures d'évangéliaires. Ce sont souvent les mêmes sujets dont on fait choix, ce qui ne prouverait pas grand chose, et c'est la même façon de les traiter, mêmes réminiscences et mêmes erreurs de composition. Toutes les scènes qui se déroulent autour de la pyxide de Pesaro ont, comme beaucoup de sarcophages, un portique pour fond, et ce détail a paru autoriser un rapprochement entre cette pyxide et le diptyque de Murano, malgré des différences techniques qui sautent aux yeux. La pyxide du Museo nazionale de Florence fait penser à un autre monument célèbre, la chaire épiscopale de Maximien de Ravenne, tandis que la pyxide de l'église Saint-Colomban à Bobbio rappelle un sarcophage de Tortone.

V. Essai de classement. — 1. barsvr-avbe Boîte cylindrique. Aveugle-né, trois apôtres (Saint- Maclou, aujourd'hui au musée de Cluny).

Bibl. — Garrucci, Storia dell' arte crisliana, t. vi, pi. ccccxxxix, 3; Du Sommerard, t. il, pi. il, fig. 5.

2. bekljn. — Boîte cylindrique en ivoire, hauteur 0 m. 12, diamètre 0 m. 146, le couvercle manque. Le Christ enseignant les douze apôtres et le sacrifice d'Abraham. Probablement du ive siècle ou le premier quart du ve. Le premier sujet rappelle les fresques du ive siècle aux catacombes (voir Dictionn., t. x, au mot Magistère du Christ) et la scène d'Abraham a fait imaginer que ce travail, d'inspiration et d'exécution latine, pouvait être revendiqué pour l'Orient. Un fragment d'ivoire sculpté conservé au Kaiser Friedrich's Muséum à Berlin, présente le même sujet et a suggéré à M. J. Strzygowski de réclamer la pyxide pour l'art syrien d'Antioche du m0 ou du ivc siècle *. Cette opinion n'est pas insoutenable. Ajnalov avait déjà rapproché la pyxide de Berlin de celle de Bologne. Toutes les deux offrent un trait commun d'un caractère oriental bien marqué; Abraham accomplissant son sacrifice près de l'escalier qui monte au Golgotha;

1 Ém. Molinier, Histoire générale des arts appliqués à l'industrie de la fin du V» à la fin du XVIII» siècle, t. i, 18<J6,

détail qu'on retrouve sur une miniature de l'évangéliaire d'Estchmiadzin. Dans son ensemble, le sacrifice d'Abraham semble introduit pour combler un vide et a pu être détaché d'une pièce de provenance orientale, le reste est d'une noble inspiration, digne de l'époque classique. — Cette pyxide a été acquise à Coblentz, en 1843, pour le musée de Berlin.

Bibl. — Kugler, Kleine Schriften, t. il, p. 327 sq.; Didron, dans Annales archéologiques, t. xvm, p. 307; J.-O. Westwood, A descriptive catalogue of the fictile ivories in the South-Kensington Muséum, in-8°, London, 1876, p. 272, n. 767; Kraus, Anfânge der chrisllich. Kunst, p. 122 ; Real-Encyklopàdie, t. i, p. 67; Schnaase, Geschichte der bildende Kiinste, t. ni, p. 95; Digby Wyatt, Notices of sculptures in ivory, in-8°, London, 1856, p. 10 ; Wilhelm Vôge, Die Elfenbeinbildwerke, dans W. Bode et Hugo von Tschudi, Kônigliche Museen zu Berlin. Beschreibung der Bildwerke der christlichen Epoche, in-8°, Berlin, 1888, p. 117, n. 427, pi. lxiii, in-fol., Berlin, 1900, pi. i; A. Pératé, L'archéologie chrétienne, 1892, p. 344; Ém. Molinier, Histoire générale des arts appliqués à l'industrie, t. i, 1896, p. 55-56; Fr. Halm, Fiinf Eljenbeigefàsse des frùhesten Mittelalters, in-4°, Hannover, 1892; Aus'm Weerth, dans F.-X. Kraus, Real. Encyklopàdie, t. i, p. 401 ; Sacken, Zwei vormitlelalterliche Eljenbeinbùchsen in kais. kon. Mùnz-und Antiken-Cabinete, dans Mittheilungen der k. k. Central-Commission, Neue Folge, t. ii, 1876, p. 47; F.-X. Kraus, Geschichte der christl. Kunst, t. i, 1896, p. 502; Ficker, Die Darslellungen der Apostel in der altchristlichen Kunst, in-8°, Leipzig, 1887; Ch. de Linas, dans Revue de l'art chrétien, IIe série, t. xiv (= t. xxxi), 1881, p. 119; V. Schultze, Archseologie d. allchristl. Kunst, in-8°, Munchen, 1895, p. 276, fig. 86; Dobbcrt, Zur Geschichte der Eljenbeinsculptur, dans Repertorium fiir Kunstivissenschaft, t. vm, 1885, p. 160; G. Stuhlfauth, Die altchristliche Elfenbeinplastik, in-8°, Freiburg-im- Br., 1896, p. 18 sq.; Craemer, Die Elfenbeinpyxis der Berliner Muséum, dans Christliches Kunstblatt, 1895; A. Springer, Handbuch der Kunslgeschichte, t. n. Das Mittelalter, in-8°, Leipzig, 1895, p. 14, pi. xiv; Garrucci, Storia dell' arte cristiana, t. vi, pi. xdxl, 1 ; G. Rohault de Fleury, La messe. Études archéologiques, t. v, 1887, pi. ccclxiii; W. Lubke, Geschichte der Plastik, in-8°, Leipzig, 1880, 1. 1, p. 386, fig. 255; W. Bode, Die italienische Plastik, in-8°, Berlin, 1891, p. 2 ; Smith and Cheetham, Dictionn. of Christian antiquities, t. n, p. 1756-1757; A. Venturi, Storia dell' arte italiana, in-8°, Milano, 1901, t. i, p. 354, flg. 395; J.-E. Weis-Liebersdorf, Christus und Apostelbilder, in-8°, Freiburg, 1902, p. 98-99, fig. 43, 44; J. Strzygowski, Hellenistische und koptische Kunst in Alexandria, in-8°, Wien, 1902, p. 10-11, fig. 3, 4; H. Peirce et R. Tyler, L'art byzantin, in-4°, Paris, 1. 1, 1932, p. 69, pi. xcvm; W. Neuss, Der Kunst der alten Christen, in-4°, Augsburg, 1926, pi. lxxvii, fig. 156. — Voir Dictionn., t. n, col. 777, fig. 1511, 1512, 1513; t. m, col. 70, fig. 2420; t. vu, col. 1942, fig. 6024; col. 1983, n. 204; col. 2443, fig. 6223.

3. BERLiy. — Boîte cylindrique en ivoire, hauteur : 0 m. 079; diamètre : 0 m. 118. Travail égyptien, viie-vme siècle. Cette pyxide est entièrement consacrée au mystère de la Nativité. Sous la serrure, une croix gammée dans une couronne de laurier. A la partie supérieure, à droite, un rideau relevé abrite la vierge Marie qui file du lin avec une quenouille tandis que s'approche l'ange Gabriel portant le bâton. Ensuite la fuite en Egypte, la crèche entre le bœuf et l'âne, au pied de la crèche, l'accoucheuse Salomé agenouillée;

p. 55-56. — * J. Strzygowski, Hellenistische und koptische Kunst in Alexandria, Wien, 1902, p. 11.

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enfin la Vierge reposant sur des coussins et un ange qui lui tient compagnie. — Cette pyxide qui faisait partie de la coll. Hahn, fut acquise en 18G9 pour le musée de Berlin; elle venait de Minden et a continué à être désignée sous ce nom.

Bibl. — R. Garrucci, Storia dell' arte cristiana, t. vi, pi. ccccxxxvn, n. 4; Fr. Halm, Fiinf Elfenbeingefàsse des friih. Mitlelaller, in-8°, Hanover, 1862, pi. n, n. 2, p. 15; G. Stuhlfauth, Die altchristliche Elfenbeinplaslik, 1896, p. 125 sq. ; W. Vôge, Die Elfenbeinbildwerke, Berlin, 1900, pi. m, n. 6, p. 5, n. 6; O. Wulff, Altchristliche und byzantinische Kunst, in-4°, Berlin, 1922, t. i, p. 188, fig. 187; W. Neuss, Der Kunst der alten Christen, 1926, pi. lxxvii, lig. 157; G. Rohault de Fleury, La messe, t. v, pi. ccclxviii. — Voir Dictionn., t. Il, col. 780, n. 11, fig. 1518.

4. berlin. — Fragment de boîte cylindrique en ivoire, hauteur 0 m. 07, largeur 0 m. 082. Travail italien, probablement du vie siècle. A droite, deux frères de Joseph qu'ils viennent de retirer de la citerne; à leurs côtés, Joseph s'accroche aux vêtements de l'un des deux, probablement Ruben, le plus compatissant, ou du moins le moins féroce de la bande; ensuite un marchand ismaélite qui étend la main pour se saisir de l'enfant. A fait partie de la collection Wallerstein, acquis en 1856 pour le musée de Berlin.

Bibl. — J.-O. Westwood, A descriptive catalogue of the ficlile ivories, n. 768; R. Garrucci, Storia dell' arte cristiana, t. vi, pi. ccccxxxix, n. 5; G. Stuhlfauth, Die altchristliche Elfenbeinplastik, p. 91 sq.; Wilhelm Vôge, Die Elfenbeinbildwerke, Berlin, 1900, pi. ni, n. 4. — Voir Dictionn., t. il, col. 780, n. 8, fig. 1516; t. vu, col. 1983, n. 205.

5. berlin. — Fragment d'une pyxide en ivoire, hauteur : 0 m. 081; largeur : 0 m. 072; travail fort grossier et probablement italien, vme siècle environ. A gauche, probablement le monument sépulcral de Lazare que Jésus, figuré jeune et imberbe, vient de ressusciter; derrière le Sauveur, deux apôtres barbus; l'un d'eux fait le gsste d'acclamation et tient dans la main gauche le livre des Évangiles. Acquis à Strasbourg, en 1892, pour le musée de Berlin.

Bibl. - — "Wilhelm Vôge, Die Elfenbeinbildwerke, Berlin, 1900, pi. m, n. 5, p. 4, n. 5.

6. bobbio. — Boîte cylindrique. Orphée charmant les animaux aux sons de sa lyre et une chasse aux fauves. Conservée dans l'église Saint-Colomban.

Bibl. — G. -A. Bottazi, Degli emblemi o simboli dell' antichissimo sarco/ago esistente nella chiesa caltedrale di Tortona, in-4°, Tortona, 1824, pi. iv; J. Strzygowski, Der Bilderkreis des griechischen Physiologus, Leipzig, 1899, p. 93, fig. 2; Margaret Stokes, Six months in the Apennines or a pilgrimage in search of vestiges of the Irish saints in llaly, in-8°, London, 1892, p. 182, fig. 65 ; A. Venturi, Storia dell' arte italiana, t. i, 1901, fig. 405; Nuovo bull. di archeol. crist., 1897, p. 9, pi. I. — Voir Dictionn., t. in, col. 1095, fig. 2687; t. xn, col. 2753, fig. 9247.

7. boloone. — Boîte cylindrique, représentant des scènes de la naissance de Bacchus et de son éducation. Deuxième moitié du ve siècle. Au museo civico.

Bibl. — H. Peirce et R. Tyler, L'art byzantin, t. i, 1932, pi. clx; Archœologische Zeitung, t. iv, 1846, pi. xxxvm. — Voir Dictionn., t. vin, col. 2035, fig. 7008.

8. bologne. — Boîte cylindrique. Scènes évangéliques : Aveugle-né, Lazare, Paralytique, Sacrifice d'Abraham, Sourd-muet. Au museo civico.

Bibl. — G. Stuhlfauth, Die altchristliche Elfenbeinplastik, p. 29-30, pi. i, n. 2.

9. bonn. — Boîte cylindrique, consacrée entièrement à l'histoire de Jonas. Au musée provincial de Bonn.

Bibl. — Fr. Hahn, Funf Elfenbeingefâsse des frùhesten Mittelalters, in-8°, Hannover, 1862, pi. n, n. 5; Garrucci, Storia dell' arte cristiana, t. vi, p. 57, pi. ccccxxxvn, n. 3; G. Stuhlfauth, op. cit., p. 114; O. Mitius, Jonas auf den Denkmàlern des christl. Altertums, in-8°, Freiburg-im-Br., 1897, p. 73, 113, n. 167. — Voir Dictionn., t. vu, col. 2627, n. 205, fig. 6317.

10. BRIOUDE.- — Boîte cylindrique, hauteur: 0 m. 16; diamètre : 0 m. 09, représentant Orphée charmant les animaux aux sons de sa lyre; anc. coll. Falcon-Richoud (fig. 10577).

Bibl. — Ch. Cahier, Nouveaux mélanges d'archéologie, t. il, 1874, p. 18; Hans Graeven, Pyxide en os

10577. — Pyxide de Brioude.

D'après Monuments et mémoires Piot, t. vi, p. 162, fig. 2.

représentant la naissance d'Apollon et de Diane, dans Monuments et mémoires Piot, t. vi, 1899, p. 162, fig. 2; Rohault de Fleury, La messe, t. v, pi. ccclxiv, p. 62-63.

11. CARTHAQE. — Boîte cylindrique représentant le Christ multipliant les pains qu'emportent les apôtres pour les distribuer à la multitude. Acquise par le museo civico de Livourne.

Bibl. — De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1891, p. 47- 54, pi. iv-v; G. Stuhlfauth, op. cit., p. 128. — Voir Dictionn., t. m, col. 2456, fig. 3199; t. xm, col. 457, fig. 9371.

12. cluny. — Boîte cylindrique, hauteur 0 m. 085, diamètre 0 m. 011. Scènes évangéliques : Samaritaine, femme adultère, aveugle-né, paralytique, résurrection de Lazare. Au musée de Cluny.

Bibl. — Rohault de Fleury, La messe, t. v, pi. ccclxxiii; Garrucci, Storia, t. vi, pi. ccccxxxvm, n. 4; G. Stuhlfauth, op. cit., p. 117.

PYXIDE

13. COLOGNE. — Collect. Hugo Garthe. Serrure, un ange, un agneau qui broute un palmier. Un ange qui emporte dans son vol Habacuc. Daniel entre deux lions. Un ange.

Bibl. — G. Stuhlfauth, op. cit., p. 189, fig. 8.

W. DARM3TADT. — Boîte cylindrique, avec scènes évangéliques. Guérison du paralytique, résurrection de Lazare, guérison d'un possédé. Au musée.

Bibl. — G. Stuhlfauth, Die allchrisiliche Eljenbeinplaslik, p. 118, fig. 7; Rohault de Fleury, La messe. Éludes archéologiques, t. v, pi. ccclxx, p. 68. — Voir Dictionn., t. vm, col. 2035, fig. 7009.

15. FLORENCE. — Boîte cylindrique portant une représentation d'Actéon dévoré par ses chiens. Au Bargello.

Bibl. — - H. Peirce et Tyler, L'art byzantin, t. i, 1932, pi. CLX.

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