QUADRIGE
fig. 404N; col. 20)71,
mourir Sévérien, Eudoxe, Agape et un groupe de quarante soldats dont le supplice cruel fut glorifié par la littérature et par l'art. Ces héros appartenaient à la légion XII Fulminata déjà célèbre par le miracle de la pluie (voir Dictionn., t. v, col. 2692-2703, fig. 4758) et par le martyre de Polyeucte (voir Dictionn., t. xiv, col. 1369-1381). Quand on connut au camp les lettres impériales prescrivant à toute l'armée la participation aux sacrifices (voir Dictionn., t. xi, col. 1148), un groupe se refusa à s'y soumettre. Les Actes, fort circonstanciés, sont dignes de foi lorsqu'ils sont d'accord avec les homélies des Pères et celles-ci ne sont pas des moindres : Saint Basile; Homilia xix; saint Grégoire de Nysse, Homilia de XL mart.; saint Jean Chrysostome, dans Photius, Biblioth., cod. CCLXXIV; saint Éphrem, Oratio, xxvi, xxvn ; saint Gaudence, Sermo, xxvn ; saint Nil, Epist., 1. II, c. ccxxlxvi; Sozomène, Hist. eccl. , 1. V. c. il ; saint Grégoire de Tours, De gloria martyrum, 1. I, c. xcvi. Il existe une version latine des actes publiés dans Acta sanct., mart. t. n, p. 12 19 et un texte grec publié d'après le manuscrit de la Bibl. nat., gr. 1604, par Abieht et Schmidt dans Archiv jiïr slcwische Philologie, t. xxvin. On trouvera une traduction de la version latine dans H. Leclercq, Les martyrs, in-12, Paris, t. n, 1903, p. 378-384. Ce récit se termine par un catalogue des noms des martyrs qu'on retrouve dans le Martyrologe d'Adon et qui, pour n'être pas à l'abri de tout soupçon, ne peut non plus être récusé sans réserve. Tillemont, Mémoires pour servir à ihist. ecclrs., t. v. a dit à ce sujet : « Nous ne voyons pas de raison de douter de la vérité de ces noms, quoique saint Basile et les autres Pères n'aient pas jugé nécessaire de les marquer, et que les pièces dans lesquelles on les trouve ne soient pas fort authentiques. Les traditions populaires altèrent bien les noms propres, mais n'ont pas accoutumé de les inventer, surtout en un si grand nombre ». La liste des noms a été publiée par Pasini, Codices mss bibl. req. Taurinenses, t. i (1749), p. 481, cod. grsec. t'r/.nr b I 24, fol. 61. On trouve aussi les noms à la suite du testament des martyrs dont nous parlerons dans un instant. Enfin on a imaginé un groupe de quarante femmes martyres, honorées le 1er septembre et qui, au dire de Nicéphore Calliste (1. VII, c. xliv), seraient les épouses des quarante soldats; ceci ne saurait être pris au sérieux. Cf. H. Delehaye, The jorty martyrs o\ Sebaste, dans American catholic quarterly Review, t. xxiv. 1899. p. 161-171 ; cf Anal. boll.. t. xvn, 1898, p. 107-109; t. xix, 1900, p. 357.
IL Le testament. — Avant de mourir les quarante soldats rédigèrent, par la plume de l'un d'eux, Mêlé tins, leur testament, duquel on a pu dire que c'est une pièce hagiographique peut-être unique en son genre . On en « possédait le texte depuis longtemps. En 1892, M. Bonwetsch a repris ce texte déjà publié par T. Lambecius, C.ommentarii de bibliotheca Cirsarea Vindobonensi, t. iv, Vindobona?, 1671, 7e édil. et A. -F. Kollarius, t. iv, p. 225 sq. (grec et latin); il y a ajouté l'an cienne version slave : Das Testament der Vierzig Mur tyrer zu Scbasle. dans Neue kirchlichc Zeitschrijt. t. m, 1892, p. 705-720, ainsi qu'un commentaire intéressant où la question d'authenticité est résolue affirmativement par de bons arguments, l'eu après, J. Haussleiter acceptait en substance les résultats de cette étude qu'il complétait par des recherches personnelles : Zu dem Testament der vierzig Martyrer zu Sebaste. dans la même revue, p. 978-988. L'importance de la pièce décida IL N. Bonwetsch à en publier un texte plus correct : Das Testament der vierzig Martyrer. dans
schrift der deutschen murgenlAndischen Gesellsehaft, t. i.mi, 1908, p. 552-554; Ph. Lauer, Le palais de Latran. Élude, historique et archéologique, ln-tol., Paris, 1911, p. 100.