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RÉ (ILE DE) — RECESSIT

II. Tombes. — En avril 1849 et en avril 1859 des fouilles firent découvrir des sépultures chrétiennes (?) dans la commune du Bois. La description qu'en donne T. Phélippot, dans Bulletin monumental, t. xxvi, 1860, p. lcSO, ne présente aucun indice de christianisme.

H. Leclercq.

RECESSIT. — Ce mot s'entend aisément, même lorsqu'il n'est accompagné d'aucune précision.

On conserve au musée Alaouï, à Tunis, une tombe en mosaïque en bon état de conservation, trouvée à Souk-el-Abiod (Tunisie); longueur 2 m.; largeur 0 m. 90; hauteur des lettres : 0 m. 085. Dans un encadrement formé d'une rangée de denticules et d'une torsade est disposée, dans le sens de la longueur, une triple épitaphe en cinq lignes soulignées au milieu du champ. Au sommet une couronne dentelée entoure un chrisme de forme constantinienne, accosté de l'alpha et de l'oméga, en cubes d'émail bleu foncé; au-dessous, deux colombes alïrontées becquettent une branche de rosier fleurie. Au bas de la tombe est figuré un cep de vigne avec feuilles, grappes et vrilles. Cubes calcaires de couleurs assez vives 1 :

NARDVS-SENIOR T VR AS-S V S I V N IOR RESTITVTVS IVNIOR RECESSIT PRIDIE IDVS MAIAS-FIDELES IN PACE

Cette formule était si communément employée que tous l'entendaient; on la trouve résumée dans le sigle R dès l'année 290 (De Rossi, Inscr. christ, urb. Romee, t. i, n. 16). A Rome elle est employée sur les inscriptions datées depuis l'année 235 jusqu'au moins 452 (De Rossi, op. cit., t. i, n. 7, 754), on la rencontre à Morlupo, en 350 (Nuovo bull. di arch. crist., 1912, p. 183); à Acqui, en 488 (Corp. inscr. lai., t. v, n. 7528); à Tortone, en 510 (ibid., t. v, n. 7408); à Cupra Marittima en 385 (De Rossi, op. cit., t. i, p. 157); à Spolète, en 424 (ibid., t. i, p. 270). Puis aussi en Gaule, en 347, 470 et 489 (Le Blant, Inscr. de la Gaule, n. 596, 79, 548).

RECESSIT IN PACE : à Rome, en 364 (De Rossi, Inscr., t. i, n. 177); en 392 (Bull, di arch. crist., 1875, p. 14); à Locre, en 391 (Corp. inscr. lat., t. x, n. 37); à Côme, en 453 (ibid., t. v, n. 5414); à Verceil, en 470- 479 (ibid., t. v, n. 6732, 6730); en Afrique, en 474, 557 (Corp. inscr. lat, t. vm, n. 9713, 5262); en Espagne, en 530-544 (Em. Huebner, Inscr. Hisp. christ., n. 45, 60), à S. Uario d'Euza, en 487 (Nuovo bull., 1902, p. 64).

Pour montrer combien cette formule était fréquente nous citerons quelques épitaphes trouvées dans un petit cimetière situé dans la région du cap Bon (Tunisie) 2, exploré par le Dr M. Sicart et décrit par M. L. Poinssot3. Deux des tombes sont en mosaïque et sont entrées au musée du Bardo. La première est en deux fragments qui ne se raccordent pas, mais faciles néanmoins à compléter; celui de gauche, long de 0 m. 58 est incomplet à gauche et partiellement en bas; celui de droite, long de 0 m. 54 est incomplet en bas et à droite. Large encadrement de 0 m. 26, cartouche intérieur haut de 0 m. 24; à gauche, des symboles qu'on ne saurait restituer; à droite, deux poissons4 :

RESTITWus in PACE <*T>*

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