IN CORPORE
PACE, en Gaule (id., Rome (G. Marchi,
(Cod. Vatic. 9072, Rome, 235, 403 (De Rome, en 397 (id.,
Ascoli (Corp. inscr.
RECESSIT Monumenli, p.
RECESSIT fol. 412).
RECESSIT DE SAECVLO, à Rossi, Inscr., t. i, n. 7, 521).
RECESSIT DE HAC LVCE, ibid., t. i, n. 443).
RECESSIT DE HAC VITA, à lat., t. ix, n. 5274).
RECESSIT DOLO SVO, à Rome, en 400 (De Rossi,
Inscr., t. i, n. 491). ,. .
H. Leclercq.
RECLUS. — I. Inclausus ou reclausus. II. Les reclus en Orient. III. Les reclus en Occident. IV. Recluses. V. Épigraphie. VI. Miniature. VII. Bibliographie.
I. inclausus ou bevlausus. — La recluserie est une façon authentique de la pénitence ascétique. Elle comporte deux formes distinctes : la pratique de la vie solitaire dans un lieu à l'écart de toute habitation, ou bien cette même pratique garantie par une étroite et perpétuelle clôture. On sait généralement combien nombreux furent au Moyen Age les reclus qui, pour l'expiation de leurs fautes ou par un ardent désir de contemplation, s'imposèrent ou bien même firent le vœu de vivre jusqu'à leur mort dans une étroite cellule ou une petite maison contiguë à une église. Ce genre de vie religieuse, dont les premières origines nous reportent vers le temps de la paix de l'Église, obtint, dès le vc siècle, un tel développement que les conciles eurent à légiférer à ce sujet '. Par la suite, on en vint à rédiger des règles spéciales destinées aux reclus, par exemple celle du prêtre Grimlaïc, ou celle d'Aelredus, abbé cistercien de Rievaulx 2. Les vies de saints nous offrent souvent la mention de reclus, tandis que les monuments épigraphiques de la période qui fait l'objet de nos études n'en ont gardé aucun souvenir. Ni le recueil d'Edm. Le Blant, ni les divers volumes du Corpus des inscriptions et les collections que nous avons parcourues ne nous en ont offert aucun exemple jusqu'au ixe siècle 3. Il n'en est plus de même à partir du xie et du xiie, mais ceci échappe à nos recherches 4.
Une distinction s'impose entre les ascètes dont le désert était l'unique clôture et ceux qui se confinaient dans un réduit inaccessible à tous. Les premiers n'ont pas pu se dérober à la curiosité, les autres y étaient
'Conciles de Vannes, 465; d Agde, 509; de Francfort, 794, etc. — 2 Régula solitru-iorum, dans llolsten, Codex regularum, t. i, p. 291. — 3 P. L., t. xxxn, col. 1451. Aelredus, mort en 1166, avait une sœur recluse. — ' R. de Lasteyrie, dans Revue des Sociétés savantes, t. i, p. 254; L. Serbat, Inscriptions funéraires de recluses à l'abbaye de Saint-Amand (Nord), dans Mém. de la Soc. des antiq. de
fâcheusement exposés, on les a distingués les uns des autres par les appellations d'ermites, d'anachorètes, de reclus. Ces derniers eurent de bonne heure un état bien distinct que Mabillon précise en ces mots : Célèbre quondam apud nos fuit reclusorum institutum 6 et, dès le vie siècle, saint Benoît cataloguait les genres de moines et reconnaissait que dans les monastères il existait deux catégories de cénobites. Celle qui travaille à sa sanctification dans une communauté, sous une règle et sous un abbé; l'autre qui, ayant dépassé le stade de la ferveur novitiale et subi une épreuve monastique déjà prolongée, a appris dans le monastère à combattre les pièges du démon et suffisamment formée pour soutenir la vie du désert sans le soutien d'autrui, peut, avec l'aide de Dieu, combattre seule les vices de la chair et de l'esprit6. Disséminés ou groupés dans des espaces sur l'emplacement, la nature et l'organisation desquels nous ne savons presque rien, ces ermites n'échappaient pas complètement, comme dans le désert d'Egypte, à une certaine surveillance et à une discipline quelconque. Quelques textes nous renseignent. Un concile de Vannes, en 463 : Servandum quoque de monachis, ne eis ad solitarias cellulas liceat a congregalione discedere, nisi forte probatis posl emeritos labores, aut propter infirmitatis necessitatem asperior ab ubbalibus régula remitlatur. Quod ita demum fiel, ut intra eadem monasterii sepla manentes, lumen sub abbalis poleslate separalas habere cellulas permitlanlur 7. A Agde, en 506 : In monachis presentis sententiœ forma servelur, quos si verborum increpalio non emendaverit, etiam verberibus slatuimus coerceri. Servandum quoque de monachis, ne eis ad solitarias cellulas liceat a congregalione discedere, nisi forte probatis post emeritos labores, aut propter infirmitatis necessitatem, asperior ab abbatibus régula remittatur. Quod ita demum fiet, ut intra eadem monasterii septa manentes, tamen sub abbalis poteslale separatas habere cellulas permittantur 8. Un siècle et demi plus tard, le VIIe concile de Tolède, en 648, constate la nécessité d'intervenir de nouveau contre cet abus : Ex hoc igitur justœ severilatis talia decernentes, opportuno amputare judicio jubemus eos, quos in cellulis propriis reclusos sanctœ vitœ ambitio tenet; quosque ejusdem sancli propositi, et mérita juvant et probitas ornai, quielos Dei auxilio et nostro favore tutos existere : illos vero quos in lali proposito ignavia impulil, non prudentiœ cognitio deputavit, quosque nulla vitœ dignitas ornai, sed (quod est deterius) et ignorantia fœdat,et morum execratio turpat, decernimus ab his abjici cellulis atque locis, in quibus aut feruntur vagi, aut tenenlur inclusi; atque ab episcopis, sive rectoribus monasleriorum, ex quorum congregalione fuerunl, vel in quorum vicinitate consistunt, in monasteriis omni modo deputentur; ut illic sancli ordinis méditantes doctrinaux, primum possint discere qine sunt a palribus instilula, ut post valeant docere, qua> sunt sancta meditalione percepla ".
Ces canons et quelques autres qui seront promulgués à Francfort-sur-le-Mein, en 794, ont surtout pour objet de soumettre les fidèles désireux de vivre en reclus à une probation qui permette de s'assurer du caractère surnaturel de leur vocation. Généralement les canons conciliaires exigent une ou plusieurs années d'épreuve et un examen.
Il est un petit nombre de saints parmi ceux du passé qui n'aient passé un temps plus ou moins long dans la
France, 1911, p. 193-224. — 5 Acla sanct. ord. S. Bened., in-fol., Venetiis, 1733, t. vu, p. 43. — 'Régula, c. i. — ' Concilium Veneticum, can. 7, dans Mansi, Conciliorum ainplissima collectio, t. vu, col. 954. • — 8 Concilium Agalliense, c. xxxvm, dans Id., ibid., t. vin, col. 331. — * Concilium Tolelanum, c. v, dans Mansi, op. cit., t. x, col. 769.
solitude, nous ne les considérons pas comme des reclus, mais ceux-là seulement qui en firent profession comme le nommé Hospitius, dont Grégoire de Tours a conservé le souvenir. C'était, dit-il \ un reclus dans la cité de Nice (voir Dictionn., t. xn, col. 1 175), homme d'une grande abstinence, qui serrait son corps à nu dans des chaînes de fer, portait par dessus un cilice et ne mangeait rien autre chose que du pain et quelques dattes. Dans les jours du carême, il se nourrissait de racines d'une herbe d'Egypte à l'usage des ermites de ce pays et que lui apportaient les commerçants. Il buvait d'abord le bouillon dans lequel il les avait fait cuire et les mangeait plus tard. Dieu daigna opérer par lui de grands miracles, car à un moment donné, l'Esprit- Saint lui ayant révélé l'arrivée des Lombards dans les Gaules, il la prédit en ces ternies : « Les Lombards viendront dans les Gaules et dévasteront sept cités, parce que leurs méchancetés se sont accumulées devant les yeux du Seigneur, que personne n'entend, personne ne recherche Dieu, personne ne fait de bonnes œuvres pour apaiser la colère de Dieu. Car tout le peuple est infidèle, adonné au parjure, livré au vol, prompt à l'homicide, et ne produit aucun des fruits de justice. On ne paie pas les dîmes, on ne nourrit pas les pauvres, on ne couvre point ceux qui sont nus, on ne donne pas l'hospitalité aux voyageurs, on ne fournit point à leur faim des aliments suffisants; de là est survenue cette plaie. Je vous le dis donc, rassemblez tout ce que vous possédez dans l'enceinte des murs, afin que les Lombards ne vous l'enlèvent pas, et songez à vous défendre vous-mêmes dans des lieux très forts. » Lorsqu'il eut prononcé ces paroles, tous demeurèrent stupéfaits, et, après lui avoir dit adieu, s'en retournèrent chez eux dans une grande admiration. Il dit aussi aux moines : « Partez de ce lieu et emportez avec vous tout ce que vous avez, car voilà que s'approchent les peuples que je vous ai prédits. » Et comme ils lui disaient : « Très saint père, nous ne t'abandonnerons pas », il leur répondit : « Ne craignez rien pour moi, car il arrivera qu'ils me feront souffrir des injures, mais ils ne me maltraiteront pas jusqu'à la mort. » Les moines s'étant éloignés, les Lombards arrivèrent, et, dévastant tout sur leur passage, parvinrent au lieu où était reclus le saint de Dieu. Il se montra par la fenêtre de sa tour. Ceux-ci, enveloppant sa demeure, cherchèrent une porte pour arriver jusqu'à lui et ne purent la trouver; alors deux d'entre eux montèrent sur le toit, le découvrirent, et, voyant le reclus entouré de chaînes et vêtu d'un cilice, ils dirent : « C'est un malfaiteur; il a commis quelque meurtre, c'est pourquoi il est lié de ces chaînes. » Et, ayant appelé un interprète, ils lui firent demander quel mal il avait fait pour être condamné à un tel supplice. Lui s'avoua homicide et coupable de tous les crimes. Alors un de ces barbares tira son épée pour l'en frapper à la tête; mais le bfas qui voulait porter le coup se raidit, demeura suspendu, et, lâchant l'épée, la laissa tomber à terre. Ses compagnons, à cette vue, poussèrent de grands cris vers le ciel, priant le saint de leur indiquer, dans sa clémence, ce qu'ils devaient faire; alors celui-ci imposant au Lombard le signe du salut, rendit le mouvement à son
1 Grégoire de Tours, Hist. Franc, 1. VI, c. vi. — 2 Grégoire de Tours, llist. Franc, 1. VIII, e. xxxiv, édit. Amdt, I. î, p. 350; Vitse Patrum, c. XXXII, édit. Krusch, p. 711; Vita S. Eligii, 1. II, c. xxxi, dans Script, rer. nierai;., t. iv, p. 716; Vita Dcsiderii, c. xxxn, ibid., p. 589. — 3 Grégoire de Tours, Hisl. Franc, I. VII, c. i : \'ita S. Eugendi, c. v, dans Script, rer. merov., t. m, p. 156; Etienne II, Epist., iv, P. L., t. lxxxix, col. 1000. — ' Sozomène, Hisl. eccl.,l. VI, e. xxxm, P. G., t. i.xvn, col. 1394. — 6 Évagre le Schol., llist. eccl., 1. 1, c. \xi, P. G., t. lxxxvi, col. 2479. — • Grégoire de Naziunze, l'urina ad Hellenium, vers 61-62 ; P. G., t. xxxvn,col. 1455.,
bras. Cet homme, converti sur le lieu même, se fit tonsurer, et, maintenant, c'est un moine plein de ferveur. Deux des chefs lombards qui écoutèrent les paroles du saint rentrèrent sains et saufs dans leur patrie; quant à ceux qui méprisèrent ses enseignements, ils périrent misérablement dans la Province même. Plusieurs d'entre eux, saisis par les démons, s'écriaient : « Saint homme et bien heureux, pourquoi nous tourmenter et nous brûler ainsi? » Et lui les guérissait en leur imposant les mains. »
Grégoire de Tours a conservé d'autres anecdotes relatives à celui qu'on a désigné depuis sous le nom de saint Sospir, qui, sentant la mort prochaine, appelle le prieur du monastère et lui dit : « Apporte des outils de fer pour ouvrir la muraille et envoie du monde à l'évêque pour qu'il vienne m'ensevelir... »
Voilà un authentique exemple de ce qu'on trouve décrit ou désigné à l'époque mérovingienne sous le nom d'inclausus ou reclausus dont on fera inclusus et reclusus2; et inclusio, reclusio, clausura 3.
IL Les reclus en Orient. — Cette forme originale et austère de vie ascétique et pénitente trouva un grand nombre de partisans dispersés dans les solitudes de l'Orient. Trois auteurs principalement nous ont renseigné sur leur compte, ce sont Théodoret, Palladius et Rufin. Théodoret, évêque de Cyr (386-460) a connu personnellement la plupart des saints et étranges personnages dont il a écrit les principales actions; Palladius (voir ce nom), évêque d'Hélénopolis (vers 367, avant 431) a composé l'Histoire lausiaque, aujourd'hui réhabilitée, et Rufin d'Aquilée (vers 345-410) est un auteur infiniment recommandable. Grâce à eux nous connaissons jusque dans le détail des existences de reclus qui paraissaient devoir échapper à la curiosité des hommes. On les signale nombreux dans la vallée du Nil, en Syrie et en Mésopotamie, où ce genre de vie est pratiqué par Eusèbe dans les environs de Carrhes4; en Palestine5, en Cappadoce 6, à Nicée ' et jusque dans les environs de Constantinople 8. Quoique le nombre des hommes l'ait partout et toujours emporté sur celui des femmes adonnées à la réclusion, on rencontre quelques-unes de ces dernières à Alexandrie », à Jérusalem 10 et en Syrie ".
Tous les reclus n'adoptaient pas le même genre de clôture. Jean de Lycopolis (aujourd'hui Assiout) s'était construit une recluserie de trois pièces : Atque erat quidem unus Iholus ad corporis nécessitâtes, unus autem ubi operabatur, alius vero ubi orabat la. Certains n'en demandaient pas tant. Tel moine, revêtu de l'ordre du diaconat, visitant un ancien, aperçut un recoin dérobé dans la cellule et lui dit : « Enferme-moi ici comme un tombeau et n'en parle à personne » u. D'autres se trouvaient suffisamment à l'aise dans un tombeau, ce fut le cas de Pierre le Galate w, et de Sisinnios15; certains faisaient choix d'une caverne16; ou bien comme Siméon Stylite décidément aguerri à toutes les températures, descendaient dans une citerne abandonnée ".
Tous les raffinements d'une mortilication pousmt jusqu'à l'héroïsme paraissaient possibles. Tel reclus s'infligea le séjour d'une cellule dont les dimensions
— ■ S. .Jean Chiysostonie, Epist., ccxxi, P. G., t. lu, col. 733. — • Rosweyde, Vitee Patrum, 1. III, P. L., t. lxxiii, col. 749. — • Pallade, H istoria lausiaca, c. v, /\ G..t.xx.\i\, col. 1015-1016. — 10 Id., ibid., c. xxxiv, P. G., t. xxxiv, col. 1095. — » Théodoret, llist. reliy.,c. xxix, xxx:P. G., t. î.xxxn, col. 1490-1494. — " Pallade, llist. Unis., c. xi.m, P. G., t. xxxiv, col. 1109-1110. — ■' Yerba seniorum, 1. V, c. xxvi, P. G., t. lxxii, col. 880. — '«Théodoret, Hisl. reliiiiosa, c. ix, P. G., t. lxxxi, col. 1379. — ls Pallade, op. cit., c. cix, P. G., t. xxxiv, col. 1214. — " Évagre, llist. eccles., 1. I, c. xxi, P. G., t. lxxxvi, col. 2469. — " Théodoret, op. cit., c. xxvi; P. G., t. lxxxi, col. 1470.
RECLUS
ne lui permettaient ni de se tenir debout ni de s'étendre à terre tout de son long ', ce fut le cas pour Maris, au diocèse de Cyr 2, pour Marcien, au désert de Chalcis, pour Eusèbe de Télédan 3 qui s'imposa de vivre dans un jour de souffrance, car sa recluserie n'avait pour fenêtre qu'une fente dans le toit. Et sans rien contester au mérite de ces saintes gens, il est permis de se demander si leur ingéniosité à se torturer ne touchait pas d'aussi près à l'excentricité qu'à la sanctification.
Afin de se mieux retrancher du commerce des hommes, tels reclus ne se bornaient pas à clore porte et fenêtre, ils les supprimaient, ils les muraient sauf un trou suffisant pour le passage des aliments. Acepsimas s'aperçut que des curieux l'observaient par ce trou, il imagina de lui donner la forme d'une ligne brisée. Salamanes qui vivait dans un village sur les bords de l'Euphrate trouva mieux encore; il pratiqua un soupirail sous le niveau du sol afin de recevoir, une fois l'an, les provisions qu'on lui remettait. Il semble difficile d'imaginer le degré d'infection où vivaient ces hommes; on rapporte qu'un évèque voulut conférer l'ordination sacerdotale à ce Salamanes et fut obligé d'abattre le mur4. Mais à quoi bon l'ordination pour s'asphyxier dans un pareil taudis? On ne parvenait à y atteindre qu'en usant d'une échelle et en découvrant le toit 5. Parfois, l'infection devait dépasser toute appréciation, c'est par exemple lorsque plusieurs reclus s'enfermaient dans un même réduit, par exemple Pierre le Galate habitait avec un possédé nommé Daniel6; enfin Eusèbe de Télédan avait deux compagnons de recluserie Agapit son frère, et Marcien 7.
On ne nous dit pas le nombre de ceux qui succombaient à cette atmosphère, mais on sait les ravages qu'une cohabitation trop étroite entraîne inévitablement 8. Les cas de longévité n'en sont que plus extraordinaires; passe encore pour ce Jean de Lycbpolis que nous avons vu se bâtir une recluserie de trois pièces, mais d'autres se renfermaient pour toute leur vie. Acepsimas demeura enfermé 60 ans.
Il en était parmi les reclus qui ne voulaient pas être vus, d'autres gardaient un silence farouche. Cet Acepsimas avait disposé la fenêtre par laquelle on lui passait sa nourriture de telle façon qu'on ne pût l'apercevoir, une fois la semaine il sortait pour puiser de l'eau à une source, mais pendant la nuit. Personne ne pouvait se flatter de l'avoir entendu parler et combien d'autres étaient dans le même cas. On admirait et on redoutait l'approche ou le voisinage de ces gens étranges. Une nuit, tandis qu'Acepsimas se glissait vers la source, un pâtre crut apercevoir un loup et s'apprêtait à lui lancer une pierre; un jour, un homme escalada un arbre pour voir ce qui se passait dans la recluserie et quand Acepsimas l'apprit il fit abattre l'arbre.
Certains reclus se montraient plus accessibles, mais le regrettaient parfois, tel Eusèbe d'Asicha qui parlait de sa fenêtre mais sans se laisser voir, la foule se fit si nombreuse qu'il abandonna sa cellule pour se retirer dans un monastère ». Marcien ne tolérait les visiteurs qu'à partir de la fête de Pâques I0, il arriva cependant d'ouvrir parfois sa recluserie à un ami et de l'y recevoir plusieurs jours u. Il y eut des reclus qui consentaient à parler à ceux qui venaient les interroger.
Théonas voulait bien passer la main par la fenêtre et guérissait les malades qui présentaient leur tête à
1 Évagie, Hist. eccl., 1. I, c. xxi, P. G., t. lxxxvi, col. 2479. — » Théodoret, Hist. relig., c. xx, P. G., t. lxxxii, col. 1431. — 3 Id., ibid., c. iv, P. G., t. lxxxii, col. 1342. — 4 Id., ibid., c. xix, P. G., t. lxxxii, col. 1427-1430. — s Id., ibid., c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1379. — ' Id., ibid. - 1 Id., ibid., c. m, iv, P. G., t. lxxxii, col. 1326, 1342. — • Voir H. Leclercq, Les martyrs, t. xn, le récit des prêtres sur les pontons à Rochefort et à l'île d'Aix. — • Théodoret,
sa portée. On voyait alors des monastères se former à peu de distance d'une recluserie. Marana et Cyra, de leur fenêtre, dirigeaient les pieuses femmes qui étaient venues s'établir à proximité de leurs cellules. Ces deux recluses ouvraient souvent leur porte à Théodoret de Cyr. Le reclus Maris faisait de même et c'était l'occasion pour les curieux d'accourir de toutes parts 12. Un jour il pria l'évêque de célébrer la messe dans sa recluserie, Théodoret fit apporter d'une église voisine les vases sacrés et les mains de ses diacres lui servirent d'autel. Le reclus reçut la sainte communion 13.
La prière était la principale occupation des reclus, ils y employaient le jour et la nuit. Lors de la visite de sainte Mélanie l'Ancienne à la recluse Alexandra, celleci lui exposa l'emploi des heures de sa vie : « Depuis le matin jusqu'à la 9e heure je prie. Après quoi je file du lin, je repasse la vie des saints Pères, des patriarches, des apôtres et des martyrs. Lorsque le soir arrive, je glorifie le Seigneur mon Dieu, je prends un peu de pain, et je consacre à l'oraison plusieurs heures de la nuit14. »
Certains parmi les reclus s'imposaient une existence plus que frugale et s'interdisaient la nourriture jusqu'au moment où, exténués par le besoin, ils consentaient à manger un morceau de pain. Marcien, Pierre le Galate, Maris, Jean de Lycopolis, Théonas s'interdisaient tout aliment cuit. Il s'en trouvait qui s'entouraient le corps de lourdes chaînes, d'autres qui s'assignaient un logis sans toiture où le soleil les brûlait pendant les mois d'été et la glace les torturait pendant l'hiver, sans qu'ils pussent recevoir le moindre soulagement. Comme ces rigueurs ne leur suffisaient pas, il s'en trouvait parmi eux qui installaient leur recluserie sur une montagne afin de ressentir les variations de température avec plus de rigueur encore.
Il faut laisser au mystère de la grâce divine ses inspirations, aussi nous ne rapportons ces faits ni pour les donner en exemple ni pour les tourner en ridicule; ils appartiennent à l'histoire chrétienne et ils ont exercé leur influence sur les générations du passé. Parfois l'imagination a poussé des esprits excessifs à se faire reclus en plein air, sans recluserie. Théodoret a conservé le souvenir d'un certain Jean, disciple de saint Maron qui passa plusieurs années dans une cellule; cette ascèse lui parut insuffisante, il gravit une montagne, fit choix d'un emplacement et ne s'en écarta pas, ni murailles, ni barrières, ni tente ou toiture pour le garder et l'abriter, et il demeura sous les yeux d'une foule sans cesse renouvelée, tomba malade, guérit et tint bon 16.
III. Les reclus en Occident10. — En Gaule, la solitude trouva ses partisans convaincus, les uns s'essayèrent à la vie érémitique pour leur début, d'autres passèrent de la vie cénobitique à la condition de reclus. Il est certain que la lecture de la Vie de saint Antoine, celle de saint Hilarion, les Conférences de Cassien exercèrent un attrait puissant vers la vie érémitique. Lorsque saint Benoît, au sortir de l'adolescence, se retire au désert, on ne peut douter qu'il applique les conclusions tirées de ses lectures ascétiques. La réclusion qu'il s'impose est à tel point rigoureuse qu'il vit sans témoin, dans un trou de rocher, sousalimenté par un religieux qui lui descend sa pitance avec une corde et ignorant tout jusqu'à la date de la fête de Pâques ". Cette influence des biographies écrites
Hist. relig., c. xvm, P. G., t. lxxxii, col. 1426-1427. — 10 Id., ibid., c. m, col. 1331. — » Id., ibid., c. xvm, col. 1426-1427. — " Id., ibid., c. xxiv, col. 1454. — I3 Id., ibid., c. xx, col. 1430-1431. — 14 Pallade, Hist laus., c. v, P. G., t. xxxiv, col. 1015-1016. — Is Théodoret, Hist. relig., c. xxi, P. G., t. lxxxii, col. 1434. — lê Disons pour être plus exact, en Gaule; il faut laisser aux jeunes quelque chose à faire. — " S. Grégoire le Grand, Dialogi, 1. II.
RECLUS
en Orient nous est attestée par la vie du reclus Hospitius qu'on a lue au début de ce travail. Vivant près de Nice, il tient à se nourrir exclusivement, pendant le carême, d'une herbe qui servait d'aliment aux ermites d'Egypte et que lui procuraient les commerçants en rapport avec l'Orient.
Les reclus sont mentionnés en Occident pour la première fois, quant à leur genre de vie, par les conciles de Vannes (463) et d'Agde (506) qui ont été cités plus haut, leur nom se lit dans le canon 13 du concile d'Orléans de 533 : Abbates, marlyrarii, reclusi vel presbyteri apostolia dore non présumant l. On les voit, dans ce texte, pour ainsi dire incorporés parmi le clergé, ce qui peut s'expliquer par leur appartenance à un monastère dont ils se détachaient plus ou moins officiellement pour choisir une retraite plus isolée, ayant parfois trop présumé de leur capacité de solitaires. Ce fut le cas d'un nommé Leobardus qui, après s'être creusé un abri dans la rue, à Marmoutiers, s'en lassa et voulut le quitter. Cette circonstance lui a valu une mention de Grégoire de Tours qui, pour l'affermir dans sa résolution lui envoya les Vitœ Palrum traduites du grec par Rufin et le De instilutis cœnobiorum de Cassien 2 : Librosque et vila patrum, ac instilutione monachorum vel quales qui recluduntur esse debeant, vel cum quali caulela monachis vivere opurleat... direxi. Et, une fois encore, le don et le choix de ces deux ouvrages témoigne de l'influence exercée par les écrits de provenance orientale.
Tous les reclus n'adoptaient pas le même genre de vie, l'individualisme est trop foncièrement dans la nature du (îallo-Komain, Nous voyons Martius logé dans un abri creusé par lui-même, à coups de pic dans un rocher proche de Royat où il a ménagé une couche et un siège J; Calupinus a, lui aussi, choisi une grotte d'où le besoin le fait parfois sortir pour aller au ruisseau pêcher un poisson mais sans se laisser voir de personne *. C'était là une préoccupation qui allait jusqu'à l'obsession chez certains reclus. Fortunat, qui a écrit la vie de saint l'air ou Paterne, nous le fait voir fondant des monastères qu'il visite en chariot afin de n'être aperçu de personne et lorsque le roi Childebert l'invite à Paris il lui propose ut Parisius in carro cooperto reclusus occurreret 6. On ne s'étonne pas que la solitude eùL des charmes supérieurs à ceux de la vie de communauté pour ceux qui en avait épuisé les joies et les déceptions. Ce fut le cas des moines Pair et Scubilio qui partirent un jour de leur monastère avec un bréviaire pour tout bagage et s'en furent, sans laisser d'adresse, dans un îlot solitaire du diocèse de Coûtantes où leur ancien abbé, après trois ans, les découvrit, réussit à ramener Scubilio, mais pour peu de temps; il fallut bientôt le laisser repartir.
Une recluserie se transformait parfois peu à peu en un centre d'apostolat; c'était le cas pour un certain Desideratus, reclus à Gourdon, au diocèse de Chalon, « homme d'une sainteté admirable qui, au dire de Grégoire de Tours, ne quittait pas sa cellule, mais n'était pas entièrement reclus parce que sa porte restait ouverte à tous les visiteurs 6 ». Le reclus Friard quitta le monde afin de pouvoir s'adonner à la prière dans un îlot oii il n'eut d'autre compagnon que le diacre Seeundellus. Leurs deux abris étaient assez éloignés l'un de l'autre, quand Seeundellus fut las de réclusion il quitta l'île d'où Friard ne bougea pas : stetit immobilis. En guise de distraction inolfensive, « il avait planté en terre une verge desséchée et pris soin
' Concil. Aurelian., c. xin, dans Conc. œvi merov., édit, F. Maassen, p. 63. — a Giégoiie de Tours, Liber vila! Patrum, c. x.\, 3. — ■ a Id., ibiil., c. xiv. — 4 Id., ibid., c. xi. — ' Acta sanct. nrcl. S. Bened., I. i, p. 1101-1103. — • Grégoire do Tours, In gloria confessorum, c. lxxxv. — ' Id., Vitœ
de l'arroser fréquemment. Bientôt le bâton porta des feuilles et même des fruits. Au bout de deux ou trois ans il avait la taille des vieux arbres. Ce miracle s'ébruita, chaque jour on accourait nombreux voir l'arbre du saint qui rendait célèbre par ses vertus une île jusqu'alors inconnue ' ». Le reclus coupa l'arbre. C'est à ce même genre de réclusion qui comporte des entretiens, que s'était voué un certain Jean qui « pour l'amour de Dieu, se soustrayant aux regards humains, vint habiter la petite cellule d'un oratoire, près de l'église du bourg de Chinon. Il cultivait de ses mains un tout petit jardin et y planta des lauriers; sous leur ombre, le saint homme s'asseyait pour lire et écrire 8 ». Sainte Radegonde faisait grand cas du personnage et le'consultait à l'occasion *.
Il n'était pas possible à tous de subir une discipline qui exigeait une vigueur plus qu'humaine. On vit, à Bordeaux, un jeune garçon nommé Anatole supplier son maître, un marchand, de le laisser se reclure. Quand cette permission lui eût été accordée, le gamin fit choix d'un réduit si étroit qu'un adulte n'aurait pu y tenir. Il s'y enfonça et y vécut, enfermé, pendant sept ou huit ans; un beau jour le mur de pierres de tailles s'écroula, l'homme s'élança dehors, i1 était fou10. Un abbé auvergnat, nommé Salvius, pour échapper aux responsabilités de sa charge, se cacha dans une cellule avec la résolution de n'en plus sortir, il s'anémia au point qu'on le crut mort, et on le i étira de son taudis. A peine eut-il repris ses sens qu'il s'y jeta et s'y enferma de nouveau pour de longues années; il ne consentit à en sortir que pour devenir évêque d'Albi (574)".
Même en faisant très large la part de l'originalité, de la singularité et, parfois, d'un certain désordre dans les idées, on ne peut méconnaître chez la plupart des reclus une véritable bonne foi d'intention et, parfois, un esprit pratique fort recommandable. Voici saint Lupicin qui trouve le moyen de s'aménager une recluserie fort acceptable. Dans les ruines d'une maison, il réserve une cellule assez grande à son usage pour lui permettre de s'y promener, tout en échappant aux regards des hommes; une lucarne par laquelle on lui passait sa nourriture était trop élevée pour permettre de l'apercevoir et la porte était hermétiquement close. Une canalisation amenait à l'intérieur l'eau d'une source voisine. Devenu vieux, il appela l'homme qui prenait soin de lui et lui dit : « Après le temps de se cacher vient le temps de se manifester. Appelle les fidèles, mes frères et mes fils, à qui je veux dire adieu; qu'ils viennent me visiter. » A l'aurore du troisième jour il ouvrit la porte et tous ceux qui se trouvaient là entrèrent, il les salua, les baisa, rendit grâces au Christ et demanda au peuple de chanter ses louanges. Alors, se couchant à terre, il rendit l'esprit u. ■
Celui-ci était un reclus perpétuel, il y en eut de temporaires. Ce fut le cas de saint Sénoch, fondateur d'un monastère près de Tours. On nous dit qu'il utilisa pour son logement de vieilles murailles qu'il releva de leurs ruines; puis, un jour, se soustrayant à la vue de ses frères, il s'enferma dans une cellule, priant nuit et jour u. Mais cette belle ardeur tomba et Sénoch quitta sa recluserie pour aller rendre visite à sa famille du Poitou, on l'en vit revenir tout lier de son escapade, mais l' évêque Grégoire de Tours le réprimanda tant et si bien que Sénoch protesta de sa résolution d'une perpétuelle réclusion : Ille ita se dixit includere ut nunquam humanis aspectibus apparerel. Cette fois
Patrum, ex. — " Id., In gloria Confessorum, c. xxu. — » Baudonivie, Vita S. Radegundis, c. iv. — "> Grégoire de
Tours, llist. Prancur., 1. \ 111, c. x.wiv. — " Id., ibitl., 1. VII, c. i. — " Grégoire de Tours, \ itw Patrum, c. XIII. — " Id., ibid., c. xv.
RECLUS
l'évêque le lui déconseilla et lui proposa deux périodes distinctes : de la Saint-Martin à la Noël et pendant le carême l. Pendant le reste de l'année il se contenterait de soigner les malades.
Dans certains cas il était permis de sortir de la recluserie', mais on a quelque peine à se figurer par quel artifice un reclus pouvait avoir le gouvernement d'un monastère. Un nommé Leoniamis qui, tantôt à Vienne, tantôt à Autun, pratiqua la réclusion pendant plus de quarante ans sans que « personne ne vît son corps ni son visage et ne le connût autrement que par sa conversation ». Quoi qu'il en fût, il gouvernait, en qualité d'abbé, les moines dont les cellules entouraient la sienne et des nonnes qui demeuraient jusque dans l'intérieur de la ville 2. Pour le reclus Maixent, qui, lui aussi, gouvernait tout un monastère, à l'approche d'un parti de soldats, ses moines enfoncèrent sa porte et l'entraînèrent de force 3.
On voit parfois des reclus sortir de leur cellule pour rendre visite à un évêque ou bien ouvrir leur porte pour recevoir un personnage réputé pour sa sainteté. Parmi tous les reclus gallo-romains, un des plus célèbres est Eparchius, plus connu sous le nom de saint Cybard d'Angoulême. Il habitait Périgueux, quand il se résolut à mener une vie plus parfaite. Il devint clerc alors qu'il se trouvait au monastère de Sedaciacum, au diocèse de Périgueux et se fit reclus à Angoulême en 537. Autour de lui se réunirent quelques moines qui constituèrent un monastère dont il fut l'abbé. Son temps se passait en prières. Jamais il ne fit cuire de pain, car il vivait de celui dont les fidèles lui faisaient aumône. S'ils lui donnaient en outre de l'or ou de 'l'argent, il l'employait au soulagement des pauvres et au rachat des captifs. Son souvenir est inséparable d'un acte d'affranchissement de cent soixante-quinze esclaves dans l'église d'Angoulême, le 31 mars 558. Éparchius inspirait une grande confiance, on recourait à lui pour la guérison des pustules malignes par l'imposition du signe de la croix; il était de ces reclus qui se laissaient voir et qui conversaient, car il obtenait presque toujours la grâce des condamnés à force d'intercession. Lorsqu'il mourut, a la suite d'une courte maladie, le 1er juillet (?) 581, il n'avait pas quitté sa cellule depuis quarante-quatre ans 4.
IV. Recluses. - — Le nombre des recluses est moins élevé que celui des reclus, mais il offre quelques noms célèbres. Sainte Geneviève s'imposait chaque année plusieurs mois de réclusion entre l'Epiphanie et le jeudi saint, afin de se préparer à la fête de Pâques 5. A Chartres, Monegundis ayant perdu une de ses filles, s'enferma dans une maisonnette entourée d'un jardinet ce qui lui attira des hommages qu'elle voulut fuir, en conséquence elle quitta Chartres pour Tours où elle mourut dans sa recluserie s. Nous avons parlé déjà de sainte Radegonde (voir ce nom). Dans son monastère de Sainte-Croix de Poitiers, une nonne sollicita de l'abbesse la permission de vivre recluse dans une cellule. Quand celle-ci fut prête, l'abbesse dit : « Voici la cellule, que désires-tu maintenant? » La nonne demanda d'y être enfermée. « Alors, ses compagnes se réunirent en chantant des psaumes; des flambeaux furent allumés et Radegonde prenant la religieuse par la main, la conduisit jusqu'à la cellule. Elle dit adieu à ses sœurs, leur donna à toutes le baiser de paix et fut recluse (reclusa est). On mura l'entrée de la cellule 7.
Toute médaille à son revers : sous l'épiscopat de Grégoire de Tours, le même monastère de Sainte-Croix de Poitiers posséda une nonne qui sollicita la faveur de
1 Id., ibid., c. xv. — ' Vita S. Eugendi, dans Passiones Vileeque sanctorum, édit. Krusch, p. 156. — 3 Grégoire de Tours, Hist. Franc, 1. II, c. xxxvii. — ' J. de La Mui'tinière, Saint Cybard. Étude critique de textes, dans Bulletin
sortir du monastère pour vivre en recluse de la basilique de Saint-Hilaire. Elle accusait l'abbesse de toutes sortes de crimes. Saisie de repentir, elle revint au monastère et demanda de se reclure dans une cellule particulière : Ut se in cellulam secretam reclauderel. Après peu de temps, elle brisa, pendant la nuit, la porte de la cellule, et prit la fuite.
V. Épiqraphie. — Nous n'avons pas rencontré de texte épigraphique portant la mention reclusus pour la période antérieure au ixe siècle, mais dans la basilique de Sidi-Abich, à 1 500 m. d'Enfidaville, sur la route d'I'ppenna (Tripolitaine), dans le pavement de la sacristie à gauche de l'abside, une mosaïque tombale rectangulaire, divisée en trois registres superposés.
Au sommet, une croix grecque dans une couronne cantonnée de quatre fleurons :
V I T A L I S F A M V L V S AEI EREMITA