ET- HOC- PETO
AEGO-SYNCRATIVS-A BOBIS-VNIBERSIS SODALIBVS-VT- SENE -BILE- REFRIGER ETIS $ SYNCRATIORVM P
in-8°, Paris, 1909, p. 595-599. — " Cotte manière de voir fut admise par P. Lejay, dans Revue critique, 1909, p. 102; M. Niedennann, dans Berliner philologische Wochensclwift, t. xxix, 1909, col. 1093-1094; Cuny, dans Revue des études anciennes, t. XI, 1909", p. 92; H. Cagnat, dans Journal dis savants, 1909, p. 1 12. — ■ " G. Kaitiel, Riscripliones greecec Sicilite et Italim, n. 638. — " Corp. inscr. lai., t. xiv, n. 3323.
REFRIGERIUM
...et hoc pcto œgo( = ego) Syncratius a bobis ( = vobis) unibersis ( = univcrsis ) sodalibus ut sene ( = sine) bile refrigeretis.
De là on a conclu que ces expressions, usitées sous l'empire dans les religions les plus diverses, dérivent de la langue des mystères grecs * et du paganisme égyptien 2. On connaît cette douce manie qui tend à déposséder le christianisme de tout ce qu'il peut revendiquer d'original et de personnel pour en découvrir la source dans les religions païennes. Il a pu arriver et il est certainement arrivé que les fidèles ont fait des emprunts et se soient assimilé ce qu'ils trouvaient ailleurs, mais il faudrait les tenir pour bien frustes s'ils n'avaient su découvrir par eux-mêmes et dans la lecture de leurs livres saints la notion de fraîcheur qui soulage et d'appliquer cette pensée à l'âme. Du moment qu'il fallait découvrir une origine égyptienne ou autre, on eut recours aux néo-platoniciens, l'explication ne pouvait qu'être applaudie, elle le fut, même par le R. P. Lagrange, souvent mieux inspiré, qui opina que « les chrétiens avaient peut-être transporté et sans doute aussi transformé une formule osirienne ». Nous venons de voir, en effet, une inscription de Pétélie, on en pourrait citer d'autres à Rome où on entend les fidèles d'Adonis, et plus souvent ceux d'Osiris, émettre le vœu que le dieu donne « l'eau froide », tô ■jiuxpôv GStop, à leurs morts. Celle-ci a été lue sur la voie Nomentane 3 :
IVLIA-POLITICE
DOESE
OSIBIS
TOPSYCRON
HYDOR
ce qu'il faut lire : Dis manibus. lookux LToXiTiÇe Soiq goi "Otripiç tô tywypov ûSojp.
Ce vœu n'était pas rare en Egypte. « Dans toutes les formules que nous connaissons jusqu'à présent, l'âme égyptienne, comme l'âme grecque, redoute surtout les ténèbres de la nuit et appelle à grands cris la lumière. Elle demande à pouvoir entrer à volonté dans sa syringe et en sortir, se rafraîchir à son ombre et boire l'eau de son lac chaque jour... prendre le frais sous ses sycomores 4. »
L'analogie avec le refrigerium chrétien est purement apparente. Ce n'est pas Osiris ou quelque autre dieu qui a suggéré l'idée de rafraîchissement, c'est l'Évangile. Lorsque le mauvais riche reçoit le châtiment, il se trouve dans une température surchauffée : crucior in hac flamma, dit-il, et il demande comme soulagement que le pauvre Lazare humecte d'eau sa langue, ut rejrigeret linguam meam 5. L'eau que Jésus propose à la Samaritaine deviendra une fontaine jaillissante 6. En voilà plus qu'il n'en fallait pour suggérer l'idée de « rafraîchissement » que nous retrouvons dans un monument mémorable du 11e siècle, l'épitaphe de Sentrius Volusianus, martyr à Marseille qui, avec ses compagnons furent brûlés vifs : Q VI V!M ignis FASSI SVNT et ce ne sont ni Adonis ni Osiris qui ont dû suggérer la belle acclamation qu'on met sur leurs lèvres :
REFRIGERET NOS Qui poTEST
(voirDirtionn., t. x, col. 2247-2250, fig. 7754, 7755). La
1 Creu7.er, Relig. del'antiq.,t.m,c. Il, § 2, n. 5. — ■ G. Lafaye, Histoire du culte des divinités d'Alexandrie, 1884, p. 96, n. 2; Alb. Dietrich, Nekuya, in-8°, Leipzig, 1893, p. 95 sq.; Lagrange, dans Le correspondant, 25 juillet 1910, p. 225. — s G. Kaibel, Inscr. grsec. Italise et Sicitiœ, n. 1705. — 'G. Maspéro, Éludes de mytliol. et d'arch. égypt., t. i, p. 354. — * Luc, xvi, 24. — e Joa., iv, 13-14. — ' Eusèbe, Hisi. eccl.,
métaphore se présentait comme d'elle-même et après Marseille nous la retrouvons à Lyon, en l'an 177, où « les bourreaux (qui torturaient Sanctus) firent rougir au feu des lames d'airain et les lui appliquèrent sur les parties les plus délicates du corps. Or, Sanctus demeura inébranlable... la source céleste d'eau vivifiante qui sort du sein du Christ le rafraîchissait et le fortifiait7 ». Ainsi on a dit très justement que « l'idée d'une réfrigération bienfaisante à l'âme humaine est aussi ancienne que le christianisme lui-même, et si l'on veut établir une connexion avec la croyance égyptienne, c'est à l'origine du christianisme qu'il en faut chercher et marquer (si on le peut) le point de suture8 ».
Tous les textes qui nous offrent refrigerare peuvent se rattacher aux deux types que voici " :
1° Le verbe est pris d'une manière absolue, au sens in transitif de « être dans le rafraîchissement », c'est-àdire dans la paix, dans le bonheur. Cette acception n'est pas inconnue aux païens, comme en témoigne, par exemple, l'inscription romaine d'un luperque, (h)uius loci refrigera(n)s 10, mais les chrétiens, comme nous le verrons, s'en servent beaucoup plus communément, surtout à Rome, en Afrique, sur les épitaphes et dans les textes hagiographiques et littéraires. C'est de la même manière que rejrigcrare est construit quand il signifie « se bien traiter », « banqueter » comme dans l'inscription des Syncralii qu'on vient de lire; usage sans doute exclusivement païen.
2° Le verbe est accompagné d'un complément à l'accusatif et se présente d'ordinaire comme une prière adressée à Dieu pour qu'il « rafraîchisse » le défunt, donc pour qu'il l'accueille dans le bonheur éternel. Les inscriptions chrétiennes ne sont pas seules à nous l'offrir, nous le trouvons dans la littérature, chez Commodien qui écrit n :
Si refrigerare cupis aninuvn, ad martyres i,
chez Antonius Honoratus qui, dans son Epistola consolaloria (vers 437) montre un ange assistant un chrétien martyrisé : consolons eum et réfrigérons eum 12, le contexte indique le sens physique de « rafraîchir ».
« Dans cette tournure, le complément du verbe représente toujours une personne, qu'on cite son nom même ou qu'on lui substitue un pronom ou encore un substantif, anima, spiritus, etc. Est-ce là ce que nous offre l'inscription de Feltre?
« En apparence, dans les deux passages où s'y lit refrigerare, la construction du verbe avec l'accusatif est identique à celle que nous venons de rappeler en second lieu; mais il faut prendre garde qu'elle renferme un génitif intercalé chaque fois entre l'accusatif et le verbe : d'abord le nom du défunt, ad memoriam Hos(tilii) Flaminini refrigerfare), puis au pronom qui en tient lieu, at memor ( iam ) ejus refrigerar(e). La symétrie est parfaite, et nous sommes fondés à dire que, dans les deux cas, le complément direct ne désigne nullement la personne d'Hostilius Flamininus, mais quelque chose qui lui appartient, sa memoria, son souvenir ls. Dès lors le sens est bien de « raviver la mémoire », la « conserver toujours fraîche ». Explication plus que hasardeuse et que nous croyons inacceptable. Il faut s'en tenir au sens habituel de refrigerare par l'idée d'un banquet donne pour rafraîchir, ce qui revient à garder vivant le souvenir du défunt.
IL REFiaoEiiATiO. — L'emploi de ce terme est
1. V, i, 21-22. — s P. de Labriolle, Iietrigerium, dans Bull, d'ancienne lillér. et d'archéol. cliréliennes, t. n, 1912, p. 219. — 'A. Audollent, Ilerum refrigerare, dans Strena Buliciuna, 1924, p. 285. — 10 Corp. inscr. lut., t. vi, n. 2160. — » Cotnniodien, Instructions, \. Il.cann. xvn, vs. 19, édit. Dombart, p. 82. — 1! P. L., t. l, col. 569, ligne 12-17. — 13 A. Audollent, op. cit., p. 286.
REFRIGERIUM
exceptionnel chez les auteurs chrétiens l. Le suffixe en — ium s'est suhstitué au suffixe en — atio, comme il est arrivé souvent dans le latin d'Église 2.
III. REFRIGERIUM. — On n'oserait presque dire que c'est Tertullien qui a « lancé » ce mot; du moins il lui a assuré un large développement en lui donnant plusieurs significations. Il en est une, tout d'abord, qu'on peut écarter. Il n'est pour rien dans le prétendu sens d'agape servant à la fois de commémoraison funèbre et de suffrage pour les défunts; les preuves qu'on en apporte ne disent rien de pareil, mais il y voit une idée de «fraîcheur» matérielle. Quoiqu'on pense de la part qui lui appartient dans la composition de la Passio Perpetuœ (voir Dictionn., t. xm, à ce nom), il est certain que dans la vision où la martyre décrit son jeune frère, elle dit avoir aperçu Dinocrate triste, angoissé auprès d'un puits dont la margelle était trop élevée pour que l'enfant pût atteindre l'eau afin cl'étancher sa soif; dans une seconde vision elle le retrouve tout gaillard, joyeux de pouvoir puiser l'eau pour s'y désaltérer : Video... Dinocraten mundo corpore, bene restitum, refrigerantem.
Dans l'Adnersus Praxean, Tertullien se reluse à admettre ce que* dit la Genèse que Dieu le Père se promenant le soir dans le Paradis s'y soit reposé sous un chêne auprès d'Abraham : Ceterum quale esl ut Deus onmipotens Me invisibilis quem nemo vidit hominum nec videre polest... Me altissimus in paradiso ad vesperam dcambulaverit... et apud Abraham sub quereu refrigeraveril 3.
Enfin saint Cyprien parle du refrigerium à propos de l'extinction soudaine de la fournaise à l'instant où Ananias, Misaël et Azarias y furent précipités : quibus inclusis in caminum cesserunt ignés et refrigerium flammée dcderunt 4. VA Paul Orose raconte que, lors de la guerre contre Jugurtha repenlina pluvia silientibus Romanis et sestuantibus refrigerium potumque prœbuil1'.
A l'idée de « fraîcheur » matérielle s'associe celle de « réfection », également matérielle avec le soulagement physique qu'elle comporte. Ce sens est donné au réconfort que goûtent sainte Perpétue et ses compagnons lorsque les diacres de Carthage attachés au service du soulagement des confesseurs de la foi parviennent à faire sortir ceux-ci pendant quelques heures de l'horrible cachot où une chaleur malsaine les asphyxie : Tune Tertius et Pomponius, benedicli diaconi qui nobis ministrabant, constituerunt prsemio ut paucis horis emissi in meliorem locum carceris refrigeraremus 6. Le même sens de soulagement est indiqué par Tertullien lorsqu'il nous montre les pauvres gens admis gratuitement à participer à l'agape : ...Quantiscumque sumptibus conslct (hsec cena) lucrum est, pietatis nomine facere sumptum, siquidem inopes quosque refrigerio isto jui'iimus '. De même, Tertullien justifie la prolongation de certains jeûnes jusqu'au soir, d'après la pratique montaniste, par cet argument qu'il est impie ante famulorum carnem refrigerare quam Domini *; de même encore il établit la supériorité des refrigeria de l'esprit sur ceux de la chair '. Dans le traité De anima ln, pour combattre certaine théorie sur la prétendue persistance d'une parcelle d'âme dans le corps des défunts, il observe qu'il faut se garder de faire état d'une histoire communément répandue d'après laquelle, dans un cimetière, on aurait vu un cadavre se reculer pour faire de la place à un autre cadavre : si réellement le
1 Tertullien, De anima, c. xliii; S. Ambroise, De fuga seeculi, c. v, n. 31, P. L., t. XIV, col. 584 : Dominas dixii per Miclia'<un prophetam : Surgite hinc, quia non est vobis liic refrlgeratio. — ! Koffmann, Gesehiclile des Kirchenlateins, p. 100-101. — 'Tertullien, Adv. Praxean, c. xvi, édit. Oehler, t. n, p. 675. — 4 S. Cyprien, Epist., VI, 3, édit. liai Ici, p. 483. — ' Chose, Histor.,l. V, c. xv, P. L., t. xxxi, cul. 950. — * Passio Pvrpeluar, c. m. — ' Tertullien, Apologelicum, c. xxxix, 16. — " Tertullien, De jejuniis, c. x.
mort en question avait pu effectuer un tel geste, il ne se serait pas borné là, il se serait donné un peu plus d'aise, sibimel ipsi refrigerasset, en changeant de position plus complètement, en étirant dans le sépulcre ses membres raidis.
Ainsi que nous l'avons déjà fait entendre, le mot refrigerium passa, sans beaucoup attendre, de la signification physique et matérielle à la signification morale, toutefois il y eut une nuance intermédiaire et comme une transition entre ces deux sens. C'est encore Tertullien qui, dans son traité De fuga in persecutione, nous dit que jamais les disciples ne songèrent à s'affranchir de la persécution en se rachetant de la cruauté de leurs ennemis, quoiqu'ils ne manquassent pas d'argent, car un grand nombre de fidèles riches se chargeaient de leur entretien : Quse (pecunie) Mis utique non deeral ex prœdiorum pretiis ad pedes eorum depositis, cerle multis locupletibus viris ac feminis, qui his etiam refrigeria subminislrabant n. Au c. ix du De virginibus velandis, le même Tertullien reproche vivement à un évêque d'avoir agrégé une vierge de vingt ans à l'ordo viduarum. Si l'évêque se considérait comme tenu de lui prêter assistance : si quid reirigerii débiterai episcopus, n'avait-il pas bien des moyens de le faire sans violer la règle établie? Cui si quid refri-gerii debuerat episcopus, aliter utique salvo respeetu disciplinée preestare potuissel, ne taie nunc miraculum, ne dixerim monstrum, in ecclesia denotaretur, virgo vidua 12. Dans ces deux exemples, refrigerium exprime la notion d'une aide surtout pécuniaire, mais pas exclusivement pécuniaire.
« En revanche, quand Perpétue raconte que le soldat préposé à la garde de sa prison y laissait entrer un grand nombre de chrétiens ut et nos et Mi invicem refrigeraremus13; quand Tertullien, adversaire résolu des unions mixtes, demande àprement quel pourra bien être le refrigerium de la chrétienne mariée à un païen, et obligée de suivre son mari dans des banquets bien différents de l'agape chrétienne : ...Ubi spiritus? Ubi refrigerium? Ubi divina benedictio? " Quand Commodien avec son inflexible rudesse, trace au chrétien ce programme de vie 16 :
Rxcurre, labora, suda, cum tristitia pugna... Si refrigerare cupis animam, ad martures il
ou que le traducteur latin de l'oeuvre grecque de saint Irénée appelle le Christ pacem et refrigerium eorum qui in dormitionem ierant 16, il va de soi que, dans tous ces textes, c'est le sens moral de réconfort, de soulagement spirituel qui prévaut et qui prépare le sens proprement religieux ". »
IV. Le bonheur céleste. — - Le canon de la messe romaine contient cette formule au mémento des défunts : Ipsis Domine et omnibus in Christo qnicscenlibus locum refrigerii, lucis et pacis ut indulgeas deprecamur. Le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix est ainsi clairement désigné, c'est le séjour de la béatitude des élus. « Tertullien a, comme on sait, une théorie personnelle sur les destinées de l'âme après la mort. Il croit que, seules, lésâmes des martyrs ont directement accès dans le paradis. Les autres âmes sont obligées à une sorte de stage dans les enfers, d'où elles ne sortiront que, lors du retour du Christ, pour être réparties entre le ciel et le géhenne "*. Mais durant cette période
— • De oralione, c. xxv, édit. Oehler, t. i, p. 581. — l0 De anima, c. U, édit. Oehler, t. Il, p. 638. — ll De fuga, c. xn, édit. Oehler, t. i, p. 485. — " De virginibus velandis, c. ix, édit. Oehler, t. i, p. 896. — ■ " Passio Perpétue, e. ix, cf. c. xiu : Sinile illos réfrigèrent. — " Ad uxorcm, 1. II, c. vi, édit. Oehler, 1. 1, p. 692. — " Instnut., 1. Il, v. 17-19, edit. Dombart. — '• S. Irénée, Ado. hœrcses, I. III, c. xvn, 4; P. (',., t. vu, col. 925. — " 1'. île Labriolle, op. cit., p. 216-217. — ■ " De anima, c. lv.
RE FRIGERIUM
d'attente, elles reçoivent déjà les châtiments ou les récompenses qu'elles ont mérités pendant leur vie terrestre. Or, Tertullien emploie le mot refrigerium aussi bien pour signifier la félicité provisoire, ainsi goûtée dans le sein d'Abraham l, que le bonheur définitif octroyé par l'ultime verdict divin 2. Chez ses successeurs qui n'acceptent pas ce dédoublement, refrigerium continue à exprimer, d'une façon générale, les joies d'outre-tombe, promises par Dieu à ses élus. Il en est de même dans la Vulgate 3 et sur les monuments funéraires 4. »
Ces derniers sont nombreux et nous offrent un choix de formules très variées que nous allons grouper ici à raison de leur importance au point de vue dogmatique. Celui-ci a déjà été relevé dans le Dictionn. (t. iv, au mot : Défunts; t. xiv, au mot Purgatoire) où nous avons montré que cette idée de refrigerium est un témoin de l'antique croyance des fidèles à l'issue souhaitée de l'expiation des fautes dont l'âme n'était pas purifiée au moment de la mort.
Parmi tous les textes portant la mention du refrigerium, il en est un que nous citons à cause de son antiquité et de sa formule complète; il provient de l'hypogée des Haviens, au cimetière de Domitille, et appartient au 11e siècle, il est encore attaché à la paroi d'une galerie 5.
...IS SPIRITVS TVVS IN REFRIGERIO
Il n'est pas possible et il ne serait pas utile de transcrire ici tous les textes épigraphiques sur lesquels nous lisons le souhait du refrigerium; l'épitaphe de Yolusianus et de ses compagnons à Marseille montre que cette formule était courante et comprise de tous les fidèles à partir du 11e siècle. Au siècle suivant nous pouvons mentionner en 291, à Rome, cimetière de Prétextât :
EX VIRGINIO TVO BEN EMECO VIXSISTI LIB-ENI C ONIVGA INNOCENT ISSI MACERVONIA-SILVANA REFRIGERA C-VM SPIRITA- SANCTADEPKAL APR TIBERI ANO II ET DIONI COSS
Ex virginio tuo bene mec[um\ vixisti liben\ter] confuga innocentissima C.ervonia Silvana réfrigéra cum spirita sancla dep\osita] kal\endas] apr\ilis] Tiberiano II et Dion[e] cous.
Bibl. — Boldetti, Osservazioni, p. 87, cap. xix;
1 Adversus Marcionem, 1. IV, c. xxxiv, édit. Kroymann, p. 537 : ...Eam itaque regionem, sinum dico Abrahœ, etsi non cœlestem, sublimiorem tanien inferis, intérim refrigerium prœbere animabus justorum (ici Kroymann suppose une lacune : il manquerait quelque chose comme contendimus) donec consummalio rerum resurrcctionem omnium plenitudine mercedis expungat. — De Anima, c. lviii, édit. ReifTerscheid-Wissowa, p. 394 : Omnis ergo anima pêne inferos, inquis? velis ac nolis, et supplicia jam illic et refrigeria. — De idolatria, c. xni, édit. Oehler, t. i, p. 88 : Sic et Eleaïar apud inferos in sinu Abralice refrigerium consecutus, contra dives in tormento ignis constitutus alternas malorum et bonorum vices aemula retributione compensant. — De monogamia, c. x, édit. Oehler, t. i, p. 776 : Enim vero et pro anima ejus orat (l'épouse chrétienne et son mari défunt) et refrigerium intérim adpostulat ei, et in prima resurrectione consortium, et offert annuis diebus dormitionis ejus. — Adv. Marc, 1. III, c. xxiv, édit. Kroymann, p. 419 : Ceterum vester Christus pristinum slatum Judivis pollicetur ex restitutione terne et post decursum vilœ apud inferos in sinu Abralue refrigerium. — De resurr. carnis, c. XVII, édit. Kroymann, p. 46 : Simplicior quisque faulor sententiee nostrœ putabit carnem etiiun id circo reprœsentandam esse judicio, quia aliter anima non capiat passionem tormenti seu refrigerii utpote incorporalis. — De resurr. carnis, c. LXIII, édit. Oehler : Cujus si hauseris fontes, nullam poteris sitire doctrinam,
D. Georgi, Ad Baronium, ad ann. 291 ; Muratori, Nov. thés, vêler, inscr., p. ccclxix, 1 ; Marangoni, Cose gentilesche, p. 3G0; A. Lupi, Epit. S. Severœ, p. 168; Bianchini, Hist, eccl. quadr., t. n, p. 199; Mamachi, Orig. christ., t. i, p. 64; 2e édit., t. i, p. 68; De Prato, Ad Sulp. Sever. Opéra, t. i, p. xliii ; A. Zaccaria, De rébus ad eccles. hist. perlinentibus, t. i, p. 111; Le même, Storia letter., t. n, p. 368-369; De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, n. 17, p. 23; Leclercq, Mon. Eccl. lilurg., t. i, p. 29*, n. 2873; E. Josi, Le iscrizioni dutate dcl museo di Preleslato, dans Rivista di arch. crist., t. xn, 1935, p. 23, n. 2.
Inscription d'origine cimétériaie, conservée au Latran, datée de l'année 363 :
REFRIGERIO BENEMERENTI IN PACE QVI VIXIT ANN PLVS MINV NXL DEPOSITVS llll-IDVS MAIAS DN IVLIANO AVG M II - ET SALLVSTIO CO
Bibl. — De Rossi, Inscr. christ, urb. Romse, t. i, p. 88, n. 158.
L'emploi de la formule in refrigerio se continue longtemps; on la trouve sur une inscription du cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin, à Rome, datée de l'année 506 :
OPTATAE-CONIVGI KARISSIMAEBENE MERENTI-SABINIAE-FILVIXIT ANNIS-XXXIII-SEPVLTA IN REFRI.