‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 226 sur 477 · XVIII. Les successeurs de saint Remi. — 16. Romanus · texte numérisé non relu

XVIII. Les successeurs de saint Remi. — 16. Romanus

17. Flavius. — On le voit siéger, en 535, au concile d'Auvergne.

18. Mappinius. — En 549, il envoya son archidiacre Proladius le représenter au concile d'Orléans. On possède deux lettres de lui adressées à l'évêque saint Nizier de Trêves et à l'évêque Vilicus de Metz l. Flodoard a connu diverses chartes où il était nommé, entre autres une donation de la reine Suavegotta, femme de Thierry Ier et une précaire de sa fille Theudechilde 2.

Bibl. — Rivet, Hist. litt. de la France, t. m (1735), p. 306-307; P. L., t. lxviii, col. 43.

19. Egidius. — « Trop zélé pour les intérêts politiques du roi d'Austrasie Sigebert, son souverain, il consacra un prêtre chartrain appelé Promotus pour exercer le ministère épiscopal dans la partie austrasienne du diocèse de Chartres, avec résidence à Châ-

lMon. Germ. hist., Epist., t. m, p. 126, 129. — 'Hist. Remens. Eccl., 1. II, c. i. — 3 Hist. Francor., 1. V, c. xvm. — 'Ibid., 1. VI, c. m, xxxi; 1. VII, c. xiv, xxxm; I. IX, c. xiv; 1. X, c. xix; De virtutib. S. Martini, 1. III, c. xvn. — ' Duchesne, Fastes épiscop. de l'anc. Gaule, t. m, p. 83. — ' Hist. Francor., 1. X, c. xix. — ' Hist. Remens. Eccl., 1. II,

teaudun; ce pourquoi le concile de Paris lui écrivit, le 11 septembre 573, une lettre où il est rappelé à l'observation des canons. Cet évêque était un vieil ami de Frédégonde et se fit volontiers son instrument. Grégoire de Tours avait été consacré par lui (573); il est pourtant obligé de dire à son propos plusieurs choses désagréables. Il dit qu'on l'accusait d'avoir trempé dans les intrigues qui amenèrent la mort de Mérovée, fils de Chilpéric (577) 3. Childebert II, auprès duquel il n'était pas moins puissant qu'auprès de son père Sigebert, l'employa à plusieurs reprises comme ambassadeur auprès de ses oncles Chilpéric et Contran. Il reçut de lui plus d'un mauvais conseil. A la fin il découvrit qu'Égidius conspirait contre lui et il dut le traduire devant un concile des évêques de son royaume. Ce concile se réunit à Metz, au mois de novembre 590. L'évêque de Reims y fut déposé et le roi l'exila à Strasbourg 4. Au temps de sa faveur il fut célébré par Fortunat (III, xv). F"lodoard avait sous les yeux plusieurs chartes reçues ou délivrées par lui 6. »

20. Romuljus. — Fils de Loup, duc de Champagne, succéda à Égidius qui venait d'être déposé 6. Flodoard analyse ses principales chartes et mentionne en particulier son testament confirmé par le roi Childebert II; il occupa le siège épiscopal de 590 à la fin de 593 '.

21. Sonnatius. — Archidiacre de Romulfus, évêque avant l'année 613, siège au concile de Paris, en 614, et au concile de Clichy, en 627. Flodoard a analysé son testament (593-10 oct. 631).

Bibl. — V. de Buck, dans Acta sanct., ortob. t. vin (1853), p. 899-901; Dom R. Ceillier, Hist. des aut. eccl., t. xvn (1750), p. 599-601; 2e édit., t. xi, p. 693- 695; Rivet, Hist. litt. de la France, t. m (1735), p. 538- 540; Maassen, Concilia œvi merov., 1893, p. 202; P. L., t. lxxx, col. 441.

22. Leudegisilus. — Flodoard place son épiscopat sous le règne de Dagobert; il le met en rapport avec Abbon, évêque de Troyes, ce qui n'est pas possible 8.

23. Angelbertus. — Flodoard parle d'un procès qu'il soutint devant le roi (Dagobert ou Sigebert III), contre l'évêque d'Auvergne Gall II, à propos de certains biens situés au delà de la Loire détenus sans droit par l'église Saint-Julien de Brioude.

24. Lando. — Contemporain de Sigebert III (634- 656). Flodoard a connu son testament.

25. Nivardus ou Nivo. — « A Reims et dans les monastères de ce diocèse, on possédait encore, au xe siècle, plusieurs chartes de cet évêque, ou faisant mention de lui. Elles ont été dépouillées, tant par son biographe ", contemporain d'Hincmar, que par Flodoard 10. Elles le montrent en rapport avec le roi Clovis II, le maire austrasien Grimoald et son fils Childebert. Il siégeait donc en 657 et peut-être auparavant. Sa signature figure au bas des privilèges de Berthefrid d'Amiens (664) et de Drauscius de Soissons (667). Il est encore mentionné dans un acte de 673 ", relatif au monastère de Fontenelle. Obit, le 1er septembre (673) ». »

Bibl. — Bibl. hagiogr. lat., 1901, n. 902; Stilting, dans Acta sanct., septembr. t. i, p. 267-277.

26. Reolus. — « Ancien comte de Champagne, il joua, comme évêque de Reims, un rôle politique important. Sa signature figure au testament de saint Amand (17 avril 674) 13. Le continuateur de Frédégaire (ni, 5) le nomme à propos d'événements de 678 et de 687. Cette dernière année, il fut au premier rang de

c. iv. ■ — 8 Hist. Remens. Eccl., 1. II, c. v. — * Mon. Germ. hist.. Script, wvi merov., t. v, p. 157. — '" Hist. Reviens. Eccl., I. II, c. vu, x. — " Script, eevi merov., t. v, p. 610. — u L. Duchesne, Fastes, t. m, p. 84. — u Script, sévi merov., t. v, p. 484, et la note de Duchesne, op. cit., t. ni, p. 85, note 2.

ceux qui excitèrent Pépin d'Héristal contre le majordome Berthaire et la Neustrie. Flodoard rapporte diverses fondations et divers documents de cet évêque sans qu'il en ressorte une plus grande précision pour sa chronologie. Il signa au privilège d'Ausbert pour Fontenelle en 688 ou 689 '. »

Bibl. — Bibl. hagiogr. lai., 1901, n. 1042.

27. Rigobertus. — « Avec cet évêque nous atteignons le vmc siècle. Les documents analysés par Flodoard le montrent en rapport avec Pépin d'Héristal (687- 714), Dagobert III (711-715) et Thierry IV (720-737). Bien qu'il fût le parrain de Charles- Martel, il ne voulut pas prendre parti entre lui et le maire de Neustrie, Bagenfrid. Après sa victoire de Vincy (717), Charles l'exila en Gascogne et donna l'évêché ou plutôt son temporel à Milon, qui détenait déjà, au même titre, l'évêché de Trêves. Un arrangement intervint cependant entre les deux titulaires, et Bigobert put officier dans sa cathédrale. Son anniversaire était fêté le 4 janvier2 » : l'année est incertaine3, peut-être vers

Bibl. — Acta sanct., jan. t. i, p. 174; Anal, boll., t. n, 1883, p. 473-474; Bibl. hagiogr. lat., 1901, n. 1051- 1052; L. Demaison, Explication d'un passage de la vie de saint Iiigoberl, dans Trav. de l'acad. de Reims, t. lxviii, 1879-1881, p. 501-507; Mabillon, dans Acta sanct. ord. S. Bened., t. m, lre part. (1672), p. 529- 531; 2e édit., p. 496-498; Ponton d'Amécourt, dans Mém. de la Soc. fr. de numism. et d'arch., 1870, p. 85; Al. -F. Poquel, Vie de saint Rigoberl, archevêque de Reims, in-8°, Reims, 1876; Revue de Gascogne, t. xiv, 1873, p. 195, 577; Surius, Vitee sanct., t. i (1618), p. 60-65.

28. A bel. — « Fn 743, Pépin se décida à faire déguerpir Milon et, sur l'indication de saint Boniface, il donne l'évêché de Reims à un moine scot 4 du monastère de Laubach 5, appelé Abel. Le pallium fut demandé aussitôt pour lui par Boniface et les princes francs et le pape Zacharie l'envoya. Peu après, Boniface écrivit au pape une nouvelle lettre où il ne maintenait plus sa demande de pallium pour Abel 6. Celui-ci est mentionné comme » archevêque » dans le capitulaire que Pépin publia le 2 mars 744, après le concile de Soissons, avec Ardobert de Sens qui se trouvait, au point de vue du pallium, dans la même situation que lui 7. Deux ou trois ans plus tard, Abel prit part à une démarche collective de plusieurs évêques auprès du roi de Merde, Aethelbald. Milon cependant n'était pas mort et il parvint à évincer Abel 8. » E. Beusens a publié une pierre tombale qu'il attribue à saint Abel, moine de Lobbes et archevêque de Reims'; c'est une croix à longue haste autour de laquelle planent douze colombes; il est permis de conserver des doutes sur l'authenticité de ce monument. Abel mourut vers le 5 août 751 (ou 750).

Bibl. — Mabillon, Acta sanct. ord. S. Bened., t. m, lre part. (1672), p. 568-572; 2e édit., p. 530-534; Acta sanct., aug. t. il, 1735, p. 111-117; Ghesquière, Acta sdnct. Belgii, t. vi, p. 353-364; De Ram, dans Biogr. belg., t. i, p. 1-4.

29. Tilpinus. — Ce Tilpin est devenu le légendaire archevêque Turpin; il était moine de Saint-Denis. Sa chronologie s'établit ainsi qu'il suit : il mourut d'après Hincmar "' la vingt-troisième année après la mort de Carloman, soit en 794. Le même Hincmar, dans l'épi-

1 Vila Ausberti, xvm, Script, eeui merov., t. v, p. 630. Reolus est mentionné plusieurs fois dans la vie de S. Nivard, c. i, ix, x. L. Duehesne.op. ci(., t.in.p. 85. — * L. Duchesne, Fastes, t. m, p. 85-86. — 3 Flodoard, llist. Remens. Eccl., 1. II, c. xi-xv. — • Script, œvi merov., t. iv, p. 58. — 6 Sic Duchesne; c'est le monastère de Lobbes. — ■ ' Jaffé, Regesta pontif., n. 2270, 2271. — ' Capitularia, t. i, p, 29.

taphe de Turpin, dit qu'il siégea quadragenis amplius annis et Flodoard précise en indiquant l'an 47e de l'épiscopat. Le point de départ tombe donc en 748 ou 749. Fn 769 il siège dans un synode romain. Flodoard a lu son nom dans une charte de la lre année de Carloman (768-769). Peu avant 780, le pape Hadrien lui écrivit à l'effet de confirmer les droits de l'église de Reims et le chargea d'une enquête sur la personne de Lui, proposé pour le siège de Mayence. Anniversaire le 2 septembre. Épitaphe rédigée par Hincmar ".

Bibl. — Th. Auracher, dans Zeilschrijt fur roman. Philol., t. i, 1877, p. 259; Der altfranzôsische Pseudo Turpin der Arsenalhandschrilt BLF 283, dans Roman. Forschungen, t. v, 1889-1890, p. 137-171; Baist, Mittheilungen zu Roland-Turpin, dans Verhandl. 43. Philol.-Ve'rs., 1896, p. 96-97; Acta sanct., jan. t. n (1643), p. 875; 3e éd., t. m, p. 491 ; A. Boucherie, dans Revue des langues romanes, t. n, 1871, p. 118-120, 126-132; t. m, 1872, p. 180; F. Castets, dans Publ. soc. étud. lang. roman., t. vu, 1880, p. i-xn; S. Ciempi, Disserlazione critico-fùologica sopra un codice in pergamena del sec. xu concernente alla cronaca attributa ail' arcivescovo Turpino, dans Mem. accad. Torino, t. xxv, 2e part., 1820, p. 65-92; De vita Caroli Magni et Rolandi historia Joanni Turpino, archiepiscopo Remensi, vulgo tributa, in-8°; Florentine, 1822; L. Gauthier, Les épopées françaises, t. i (1865-1867), p. 70-88; t. n, p. 168- 173; 2e édit., t. i, p. 99-121; t. m, p. 179-184; Huet de Froberville, Dissertation critique sur deux ouvrages intitulés Chronique de Turpin, in-12, Orléans, 1785; E. Lesne, La lettre interpolée d'Hadrien Ier à Tilpin et l'Église de Reims au /.ve siècle, dans Le Moyen Age, 1913, p. 325-348, 389-413; De Martonne, Examen de quelques opinions émises au sujet de la Chronique dite de Turpin, dans Mém. Soc. antiq. de France, 1835, p. 301- 317; P. Meyer, dans Romania, t. xvi, 1887, p. 61-62; Notices et extr. des mss, t. xxxii, 2e part., 1888-1890, p. 59-62; t. xxxin, lre part., p. 31-33; G. Paris, De pseudo Turpino disseruit, in-8°, Paris, 1865; O. Schultz. Der provenzalische Pseudo Turpin, dans Zeitschr. roman. Philol., t. xiv, 1891, p. 467-520; cf. Romania, t. xx, 1891, p. 327.

30. Yulfarius. — «Après la mort de Turpin, Charlemagne laissa vaquer le siège de Beims pendant neuf ans environ, per annos circiter novem, dit Hincmar. ce qui conduisait à l'année 803. Flodoard attribue à l'évêque Vulfaire les qualités de missus dominicus et s'exprime à ce propos en termes qui rappellent ceux du Capitulare missorum de 802 '-. Vulfaire n'était point encore installé quand il fut chargé de cette mission. C'était un homme de confiance. Cùarlemagne lui commit la garde de quinze otages saxons. Fn 811, il signa le testament de l'empereur. Fn 813, il présida à Beims un des quatre grands concile de l'empire; en 814, alors que déjà Louis le Pieux avait succédé à son père, il en tint un autre, celui-ci provincial, à Noyon, pour régler une question de limites entre i r diocèse et celui de Soissons. C'est lui qui célébra l'ordination de Frotaire, évêque de Toul, dans la province de Trêves 13. Il était mourant au moment où le pape Etienne IV consacra Louis le Débonnaire, dans sa ville épiscopale, au mois d'octobre 816 l4. »

XIX. Reims dans le royaume franc. — Après la bataille de Soissons, Clovis se trouva maître de Reims, en 486. La guerre avait entraîné la défaite de Sya-

— ■ Duchesne, op. cit., t. III, p. 86. — * Éléments tTerchéol. chrét., t. i, 1885, p. 206, fig. 209. — l0 De villa Xoviliaca, dans P. L., t. cxxv, col. 1123. — " Flodoard, llist. Remens. Eccles., 1. Il, c. xvn. — " Capitularia, t. i, p. 100. " Flodoard, Historia Remensis Ecclesitv, 1. II, c. xviu. — 11 L. Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, t. III, p. 87.

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grius et l'armée franque, à Reims comme ailleurs, paraît avoir eu la main lourde; toutefois, il n'y a pas lieu d'admettre que le vase de Soissons ait été enlevé à Reims. Grégoire de Tours se borne à parler de quadam ecclesia ', et pseudo-Frédégaire 2, Hincmar 3 et Flodoard 4 n'en savaient probablement pas plus que lui. Mais les Francs s'établirent dans Reims et ses environs, comme nous l'apprend une Vie de saint : Circumquaque reyiones fama ipsius (S. Quinidii) occupavil Alpas Cottias, Appenninas villas, ltaliam pervayatur, Romam non usque latuit. Reyna Gallorum, Remis denique cum suis gennanicis populis, Pyrenœa juya non eam texerunl 5. Après la mort de Clovis (novembre 511), Reims fit partie du lot de son fils Thierry6. Lorsque la descendance de Thierry prit lin, en 555, Clotaire Ier réunit le Rémois à ses états ainsi que toute l'Austrasie et, en 556, Childebert dévasta la Champagne rémoise jusqu'aux portes de la ville '. Celle-ci était encore, à cette époque, efficacement défendue par son enceinte gallo-romaine : murorum Remensium septa 8. Un passage de Grégoire de Tours nous montre deux individus entrant un matin dans la ville, au son des cloches et se faisant indiquer la demeure d'un prêtre 9. Flodoard a recueilli un souvenir d'après lequel il existait aux portes mêmes de la cité des maisons de prostitution que saint Rémi fit fermer l0. Quelques années après l'incursion de Childebert, ce fut au tour de Chilpéric d'envahir le Rémois qui venait d'être attribué, en 561, à Sigebert, le nouveau roi d'Austrasie, qui s'en ressaisit, et ses successeurs, jusqu'à la fin du vie siècle, ne cessèrent pas d'occuper la civitas Remorum.

Au vie siècle, Grégoire de Tours désigne Reims sous les noms de Remis u, civitas Remis 12, urbs Remensis ou Remenisum " et oppidum Remense 14. L'expression payus Remensis désigne le territoire de Reims, et il emploie deux fois les mots Campania Remensis u, en parlant de la portion de cette région naturelle, vulgairement connue sous le nom de Champagne, comprise dans Civitas Remorum.

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