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RELIGIEUSE

riches modèles de vases sacres, il est peu élevé et la coupe lui donne l'aspect d'un ciboire moderne. Les émaux sont transparents, d'une extrême ténuité et fort variés. Des bandes de filigranes, enrichies de perles, bordent la coupe et le pied du calice et les divisent en six compartiments. Le nœud est rond, recouvert de filigranes, de glands en or et de losanges émaillés. Des pierres, dont quelques-unes sont gravées, enrichissent ce calice précieux; on remarque sept émeraudes, six grenats, cinq saphirs, un faux onyx, neuf agates, plusieurs cornalines, une pierre de jaspe, un morceau de lave du Vésuve.

Ce calice est mentionné dans l'inventaire de 1669 : Un calice de Sainct Remy, de fin or, garni de plusieurs pierres précieuses, tout à l'entour d'iceluy, avec une platine aussi d'or, faicte en l'année 1367, l'ancienne ayant été perdue. Les dicts calice et platine pèsent ensemble six marcs et six onces et demie. Sur le pied est l'inscription suivante : Quicumque. hune, calicem. invadiaverit. velab. hac. ecclesia. Remensi. aliquo. modo, alienaverit anathema sit. Fiat. Amen. En 1790, il était porté sur l'inventaire et, en 1792, enlevé et porté au district. Il fit partie du Cabinet de France jusqu'en 1861, date à laquelle Napoléon III le fit restituer à la cathédrale.

Cette pièce rare n'a jamais appartenu à saint Rémi, car elle a été exécuté au xne siècle. On a supposé sans preuves que ce calice remplaçait celui dont il est fait mention dans le testament de saint Rémi.

Bibl. — Ch. Cerf, Origine et date du calice dit de Saint-Remi, dans Congrès archéol. de France, t. xxvm, 1861, p. 157-160; Cf. Annales archéologiques, de Didron, t. ii, p. 363, pi.

XLIX. Le diptyque d'Amiens. — Voir Dictionn., t. m, col. 2056, fig. 3084.

Bibl. — Cf. Cerf, Feuille de diptyque en ivoire conservée au musée d'Amiens, où sont représentés trois miracles opérés par saint Rémi de Reims, dans Travaux de l'acad. de Reims, t. lxxiii, 1882-1884, p. 229-238.

L. Le « talisman ». — Voir Dictionn., t. m, col. 696- 698, fig. 2632. Depuis l'époque où nous avons donné la description de ce joyau, alors entre les mains de l'impératrice Eugénie, celle-ci l'a fait remettre au trésor de la cathédrale de Reims.

LI. Le vase de Soissons. — Ce vase, aujourd'hui célèbre et légendaire, aurait été enlevé à l'Église de Reims. La première trace de son origine rémoise se trouve dans la Chronique du pseudo-Frédégaire, 1. III, c. xvi, dans Script, rer. meroving.,, t. ii, p. 98; Hincmar en a tiré parti dans la Vita S. Remigii, dans ibid., t. m, p. 292; Grégoire de Tours, Hist. Franc., 1. II, c. xxvii, se contente de dire que le vase fut enlevé à une certaine église : de quadem ecclesia.

LU. Sarcophage. — Nous avons donné comme étant de Reims (voir Dictionn., t. rv, col. 295, lig. 3621) un sarcophage que nous avons dans la suite restitué à Marseille (voir Dictionn., t. x, col. 2267, fig. 7766).

LUI. L'administration monétaire. — « La cité, comprise dans le ducatus Campanise était soumise à l'autorité du roi, représenté par un duc l. La cité possédait une prison et d'autre part un atelier monétaire s'élevait également dans ses murs. On conserve à la Bibliothèque nationale un triens ou tiers de sou en or, frappé sous le règne de Sigebert Ier (561-575) et qui porte l'inscription REMVS Cl VI T 2. Un sou d'or et

1 Grégoire de Tours, Hist. Francor., 1. IV, c. xlvi; VI, iv; IX, xi, xiv ; X, m, cite les ducs Loup et Wintrion; Reolus, qui fut évêque de 673 à 689, fut comte de Champagne; cf. Flodoard, Hist. Remens. Ecoles., 1. II, c. vu. — 'M. Prou, Catalogue des monn. meroving., p. 224, n. 1028; De Belfort, Descript. des monn. mérov., t. m, n. 3759. — 3 Id., ibid., t. m, n. 3755-3758; A. Blanchet, Manuel de numismatique.

trois tiers de sou, datés du règne de Théodebert (534- 537), semblent être également des produits de l'atelier de Reims3. Enfin, on cite deux monnaies pseudoimpériales de Justinien (527-565) où se lit, dans le champ, le monogramme RE, qui signifie Reims4.

« De nombreux monétaires avaient établi leurs offices dans la cité; toute une série de monnaies, frappées du vie au vme siècle, nous ont révélé les noms de certains d'entre eux 5. Les premiers monétaires furent des ouvriers échappés des anciens ateliers impériaux 6. Il est plus que probable que, durant la période franque, des monétaires et des orfèvres — car les deux métiers étaient exercés indifféremment par le même individu — venus de Trêves ou d'Amiens, se fixèrent à demeure à Reims et y continuèrent les traditions de l'artisanat impérial. Cette hypothèse paraît reposer sur le fait que la fabrique des pièces d'or de Justinien est tellement semblable à celle des monnaies de Théodebert qu'on ne peut s'empêcher d'y reconnaître l'ouvrage d'un artiste qui aurait travaillé pour le roi austrasien7.» Sur les pièces de Théodebert on découvre dans le champ le sigle RE (mus). Or, sur les monnaies impériales des ive et ve siècles, les noms des ateliers gaulois sont toujours marqués dans le champ. Si cette technique se rencontre encore à Reims au vie siècle, c'est que les monétaires de l'époque continuaient, sans plus, les traditions de leurs prédécesseurs du Bas- Empire.

« Les ateliers monétaires de Reims devaient être fort réputés dans tout le nord de la Gaule, car le type spécial de monnaie qui s'y créa influença les offices des régions voisines 8. »

LIV. Bibliographie. — On trouvera au cours de ce travail les références aux textes et aux ouvrages utilisés pour sa composition; il serait superflu de les grouper et de les transcrire une fois encore. La ville de Reims est privilégiée, elle possède depuis un siècle (1842) une académie locale qui n'a cessé de procurer des ouvrages d'un très grand mérite. Il est permis de dire que l'histoire et l'archéologie y marchent du même pas et ont inspiré des écrits qu'on ne saurait trop louer, nous voulons parler de ceux de Flodoard et de dom Marlot. C'est avec un sentiment de regret que nous ne pouvons leur faire à cette place l'hommage qui leur serait dû eu égard à l'utilité que nous avons tirée de la mémorable Historia Remensis Ecclesiœ et de Y Histoire de la ville, cité et université de Reims. Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux notices de M. Ph. Lauer aux Annales de Flodoard, in-8°, Paris, 1905, p. v-xxix et de Henri Jadart, Dom Guillaume Marlot, historien de Reims ( 1596-1667 ), dans Travaux de l'académie de Reims, t. xci, 1893, p. 1-154. Enfin il n'est que juste de dire ce que nous devons aux travaux de H. Jadart et de L. Demaison, les deux savants qui, de nos jours ont le mieux approfondi l'histoire et les gloires de la ville de Reims.

H. Leclercq.

RELIGIEUSE. — Ce terme sert à désigner une femme engagée par des vœux dans la vie monastique; il a une signification plus restreinte que ancilla Dei (voir Dictionn., t. i, à ce mot) et nonne (voir Ibid., t. xii, à ce mot) et il équivaut presque à sanclimonialis. Dans la correspondance de saint Grégoire Ier (590-604) nous lisons la mention d'une Adeodata, ancilla Dei qui est, un peu plus loin, appelée religiosa" ; cette

t. i, p. 199. — ' De Belfort, Descript. des monn. meroving., t. m, n. 3751-3752. — » Id., ibid., t. m, n. 3760-3792. — 6 M. Prou, Catalogue, p. Lxxxi. — 7 Ch. Lenormand, dans Revue de numismatique, 1853, p. 280. — s F. Vercauteren, Étude sur les civitates de la Belgique seconde, in-8°, Bruxelles, 1934, p. 55-57. — e S. Grégoire, Registrum, 1. VII, epist. xxvm.

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