‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 228 sur 477 · NOSTRO KAR0L0 CL0RI0SISSIM0 RECE FRANC0RUM · texte numérisé non relu

NOSTRO KAR0L0 CL0RI0SISSIM0 RECE FRANC0RUM

a. nom. Hoc vol. libri Sacramentariorum continet;

b. seu; c. sacerdote; d. degens; e. imperium; /. honore; g. cœnubii; h. ipse domnus pretiosus; i, contempnentibus; /. ejus; k. a beato per; /. exaratusest;m. sumpsit; r. concurrens; o. indictio; p. omis; q. epacta; r. domno.

Les trois pages suivantes étaient remplies par des peintures : fol. 2 r° en face du prologue, le portrait du prêtre Godelgaud (flg. 10600) que nous donnons ici d'après Mabillon; fol. 2 v°, saint Grégoire le Grand et fol. 3 r° saint Rémi. Au fol. 3 v° devaient commencer les Benedictiones episcopales dont on trouve le texte complet dans l'édition de U. Chevalier (p. 306-315). A un feuillet indéterminé commençait le Liber sacramenlorum Romanse ecclesiee (p. 316-357). Il s'ouvre à la veille de Noël et se poursuit, le propre des saints intercalé dans le propre du temps, jusqu'au 1er dimanche avant cette fête (p. 343). Les offices les mieux fournis comprennent six parties : oratio, super oblata, conteslada (préface), injra actionem, post communionem, super populum. Le texte des fériés principales (Jeudi, Vendredi et Samedi saints, Rogations) semble avoir été copié dans toute son ampleur; on doit en dire autant du canon (p. 343) et des cérémonies du baptême par triple immersion, suivi immédiatement de la confirmation (p. 345-353); suivent la consécration des vases sacrés, la messe d'anniversaire de la dédicace de l'église, celle de mariage, les bénédictions de l'eau, du sel et du pain, enfin deux messes votives (p. 353-357). A la fin du manuscrit, Dom H. Ménard

REIMS

signale deux autres peintures, sans inscription, représentant des prêtres en costume sacerdotal et il conjecture que ce pourrait être le copiste Lambert. La page suivante contenait une post-face latine, écrite en caractères gras, dont Mabillon a conservé les premiers mots : Ego Lautberlus servus servorum Dei. Il s'y donnait de nouveau comme le copiste et le peintre du livre, et précisait l'avoir commencé la 29e année et l'avoir achevé la 31e du règne de Charles roi des Francs; il faisait ensuite valoir la difficulté de cette écriture et îéclamait les prières du pieux lecteur. Au

ÎOOOO. — Le prêtre Godelgaud.

D';iprès U. Chevalier, Sacramentaire et martyrologe

de l'abbaye de Saint-liémy, l'JOO, pi. i.

verso du dernier feuillet se lisait une inscription, constatant la possession de ce livre par les frères de Saint- Remi, depuis sa donation par Godclgaud jusqu'au temps de l'abbé Hincmar (t 9C7).

Ajoutons que sur les trois portraits du commencement on lisait ces inscriptions :

CKC-rFeroûPioc-rrATTA

CKC FeMiriCCenCOFB-FGMP CGO GODEIGAVDFFBT

Bibl. — Ménard et Mabillon, voyez ci-dessus; L. Delisle, Mém., p. 87-89, n. xn; Ad. Ebncr, Quellen uiul Forschungen zur Gcschichte und Kunstgeschichte des Missale Romanum im Mittelalter : lier Ilalicum, in-8°,Freiburgi, 189G, p. 380, n. 3; p. 454; U. Chevalier, Bibliothèque liturgique, t. vu; Sacramentaire et martyrologe de l'abbaye de Saint-Remy, in-8°, Paris, 1900, p. vi-xii, p. 305-357.

4. Varie, Reg. 151. Ce manuscrit a été signalé par L. Bethmann, dans VArchiv de Pertz, t. xn, 1854, p. 270, et passé sous silence par H. Ehrensbcrger, Libri liturt/ici bibliolhecœ apostolicœ Valicana manuscripti, 1897. Au contraire Ad. Ebher, op. cit., p. 237, l'a mentionné, comme portant la mention Liber sancli Remigii, studio fratrum Flotvei et Adaloldi (une deuxième fois avec la date de 1272. Au fol. 5 on lit : De ministris Remcnsium ecclesiw quos inordinate Ebo episcopus ini'cnit. Il se compose de deux parties, écrites par deux mains différentes au ixe siècle. Du fol. 54 au fol. 61, se trouvent le canon et diverses messes; la suite est relative à la pénitence.

5. Martyrologe de l'abbaye de Saint-Remi, manuscrit perdu et, probablement détruit lors de l'incendie de 1774. La Bibliothèque nationale en possède une copie, ms. lai. 17 189, dans les papiers de dom Ursin Durand. Le martyrologe occupe les fol. 398 à 411. On se proposait de l'imprimer, car en haut du 1er fol., à gauche, on a écrit : « Petite vignette, moyen titre »; et avant le début : Reglet. L'importance de ce texte avait été mise en pleine lumière par J.-B. De Rossi qui lui a consacré une notice dans son édition du Martyrologium hieronymianum, dans Acta sanct., novemb. t. il, pars la (1894), p. [xxxv]. Malheureusement, il n'avait pu copier le texte lui-même et la transcription qu'il s'était procurée était assez imparfaite pour qu'il fût utile de reproduire fidèlement la copie. C'est ce qu'a fait U. Chevalier, dans Sacramentaire et martyrologe de l'abbaye de Saint-Remy, 1900, p. xm-xvi, p. 1-

U pourra être utile de mentionner à la suite les autres textes liturgiques publiés dans le même ouvrage.

6. Martyrologe de la métropole de Reims (p. xvixxi, 23-71), d'après un manuscrit des archives de Reims dont la date est comprise entre "les années 1261 et 1271.

7. Calendrier de la métropole de Reims (p. xxixxvi, 72-91) d'après le manuscrit 326 de la bibliothèque de Reims avec les nombreux articles nécrologiques qui en font partie, annotés avec le concours de L. Demaison. Les variantes relevées dans les manuscrits 327 et 328 de Reims sont insérées dans l'introduction.

8. Premier ordinaire de la métropole de Reims (p. xxvi-xxxi, 261-305) imprimé par fragments dans un manuscrit du British Muséum (Reg., 11, B. Xin), dans lequel le document est intitulé : Ordo Remensis ecclesie legendi atque cantandi per revolutum circulum anni. C'est, à proprement parler, un recueil de rubriques et de formules du culte, dont la composition peut remonter à la première moitié du xnc siècle.

9. Second ordinaire de la métropole de Reims, rédigé au xme siècle (p. xxxi-l, 92-305), publié d'après le ms. 326 de Reims qui a dû être copié vers l'année 1274; les variantes des mss 327 et 328 se trouvent dans l'introduction.

10. Prosaire de Reims et de Paris (p. l-lii, 358- 394), d'après le ms 695 de la bibliothèque d'Assise. Il faut y distinguer quatre parties : 1° (fol. 1-55 = p. 358-367). Pièces se rapportant aux diverses parties de la messe, origine rémoise; 2° (fol. i-Lin = p. 367- 373). Recueil de proses formé à Reims entre les années 1257 et 1259; 3° (fol. Lvn-cxvxp. 373-379). Recueil de proses formé à l'abbaye de Saint-Victor de Paris, presque toutes sont l'œuvre d'Adam de Saint-Victor; 4° (fol. cxvi-cxcn = p. 379-394). Autre recueil de prose d'origine parisienne. Le volume a dû être copié peu après l'année 1280 pour Geoffroi de Bar, doyen de N.-D. de Paris, cardinal en 1281.

11. L' Évangéliaire slave, appelé « Texte du sacre » jouit d'une notoriété qui impose d'entrer à son sujet dans quelques détails. C'est un manuscrit curieux et d'une véritable importance historique. Saint Procope, apôtre russe et premier abbé de Sazawa (Bohême), qui mourut vers 1030, écrivit de sa propre main un texte des Évangiles, coordonné selon le rite et dans la langue de sa nation. C'est le plus ancien monument connu de cette langue et de cette écriture. Vers 1395, l'empereur Charles IV, prince très ami des lettres, se trouvait en possession de ce précieux autographe qui se termine par une rubrique dont voici la traduction :

« De l'ère de Notre-Seigneur, 1395. Ces évangiles et épîtres, qui sont écrits en slavon, sont ceux qu'on chante aux fêtes, lorsque l'abbé célèbre en habits

REIMS

pontificaux. Mais la première partie de ce livre qui est selon le rite russe, est écrite de la main de saint Procope, abbé, et c'est feu l'empereur des Romains, Charles IV, qui, pour l'honneur de saint Jérôme et de saint Procope, a donné ce texte russe à notre abbaye. Daignez, Seigneur, lui accorder le repos éternel. Ainsi soit-il. »

L'empereur Charles fit exécuter par des libraires ou calligraphies de son temps et de son pays, c'est-àdire en Bohême, un recueil des épîtres et autres leçons liturgiques, pour faire suite au texte des évangiles. Le tout fut relié magnifiquement, revêtu d'une plaque d'argent doré enrichie de pierreries et déposé, comme don de l'empereur, au monastère de Saint-Jérôme en Bohême, qu'il avait fondé. En 1451, ce monastère fut dépouillé de la relique dont il avait eu la propriété jusqu'alors, elle passa à Constantinople entre les mains des Grecs schismatiques. Vers le milieu du xvie siècle, Charles de Lorraine, cardinal et archevêque de Reims, en devint possesseur; il ajouta des bijoux et des reliques de son Église aux somptueux ornements qui décoraient la couverture. Dans les grandes cérémonies, le cardinal portait lui-même ce texte, suspendu à une chaîne d'or passée à son cou. Il en fit don au trésor de sa métropole. François II, en 1559, et, l'année suivante, Charles IX, roi de France, au début de leurs règnes, vinrent à Reims s'y faire sacrer par Charles de Lorraine. En ces deux circonstances, le texte de l'Évangile fut placé sur l'autel, et c'est en étendant les mains sur ce texte que ces jeunes rois, avant de recevoir la couronne, prêtèrent le serment d'usage d'être fidèles à l'Église et de rendre à tous bonne justice. A partir de cette époque, le manuscrit fut employé en semblable circonstance aux couronnements de Henri III, de Louis XIII et de Louis XIV. Telles furent les circonstances qui lui valurent le nom de Texte du sacre sous lequel il est connu.

Cependant, au cours des siècles, les notions précises étaient obscurcies touchant la tradition de ce volume et avaient fait place à des fables touchant l'idiome et l'écriture de l'Évangéliaire. En 1717, Pierre le Grand s'arrêta quelques heures à Reims pour visiter le trésor de la cathédrale; on lui présenta l'Évangéliaire dont il baisa la couverture. Les seigneurs de sa suite ouvrirent le livre et purent lire la première partie, consacrée aux fragments liturgiques des Évangiles, mais la seconde partie demeura pour eux lettre morte et il n'en fut plus question.

En 1799, Silvestre de Sacy publia une notice dans laquelle il déplorait la perte du manuscrit original, ce qu'il imputait au vandalisme révolutionnaire. Cette imputation fut reproduite, en 1836, par M. Kopitar, bibliothécaire de l'empereur d'Autriche, dans un ouvrage intitulé : Glagolita Golzianus. Après quoi l'auteur s'avisa de vérifier son affirmation et s'enquit du sort de l'Évangéliaire auprès de Louis Paris qui lui répondit que le manuscrit se trouvait à la bibliothèque de Reims. On sait aujourd'hui que Kopitar était mal renseigné et que, dès 1835, à l'occasion d'un voyage en France Alex. Ivanovitch Tourguenev (1784- 1845) eut l'occasion de constater et de signaler à ses compatriotes l'existence du manuscrit, ce qui mit Kopitar de fort méchante humeur : « Il est plaisant, écrivait-il, de voir maintenant les Polonais et les Russes se vanter de la découverte de l'Évangéliaire de Reims. Elle m'appartient, attendu que j'ai le premier exprimé l'hypothèse que le manuscrit n'était peutêtre pas brûlé. »

Vers 1840, un polonais, Corvinus Jastrzembski fit connaître que la première partie du manuscrit était en langue slave et en caractères cyrilliens, tandis que la seconde, postérieure de plus de trois siècles, était également slave mais en caractères glagolitiques ou

Mi/riens. Dès lors, à Vienne, à Saint-Pétersbourg et à Prague des érudits parlèrent d'une publication possible. A Prague on se borna à des vœux impuissants; à Paris, Champollion-Figeac inséra dans la Paléographie universelle de Silvestre une dissertation accompagnée de deux feuillets reproduits en fac-similé. Ce fut alors que Silvestre entra en rapport avec Kopitar pour entreprendre une édition dont ce dernier écrirait l'introduction et la traduction latine. Aussitôt un certain Safarik annonça que le profit de la publication se chiffrerait à 100 000 frs à partager entre Silvestre et Kopitar. C'est une méchanceté gratuite, mais on vit paraître une admirable publication intitulée : Evangclia slavice quibus olim in regum Francnrum oleo sacro inungendorum solemnibus uli solebal Ecclesia Remensis, vulgo Texte du sacre, ad exemplaris simililudinem descripsit et edidit Silvestre..., in-4° de 62 feuillets et xix pages de texte, avec 62 planches gravées et coloriées, Paris, 1843, chez l'auteur. Avec préface latine et traduction latine du texte, ligne par ligne.

Cependant le polonais Jastrzembski ne perdait pas de vue l'idée de publier lui-même le manuscrit dont il avait le premier donné une exacte description, mais la publication de Silvestre l'y fit renoncer, celle de Hanka lui donna le coup de grâce. Silvestre avait reçu de l'empereur Nicolas Ier une allocation de 13 000 francs, Hanka obtint l'ordre de Sainte-Anne au second degré pour son édition parue à Prague en 1845. En 1853, le P. Martinof forma le projet d'une nouvelle édition qui fut réalisée par Louis Léger : Notice sur l'évangêliaire slavon de Reims dit Texte du Sacre, in-4°, Reims,

La première partie est attribuée par la note que nous avons transcrite ci-dessus, mais à tort, suivant le dernier éditeur, à saint Procope, ermite de Sazawa, près Benesor, au sud de Prague. Si le manuscrit date bien du xie-xne siècle, d'après les caractères paléographiques, ce qui correspond à peu près à l'époque où vivait saint Procope, L. Léger fait observer que cependant ce saint n'a jamais pratiqué que la liturgie slave en caractère glagolitique, tandis que le manuscrit est en caractères cyrilliques; ce qui lui fait croire que cette première partie avait probablement été apportée peutêtre à Sazawa, pour être transcrite en caractères glagolitiques. Le texte est sans intérêt philologique, vu la négligence du copiste. La seconde partie, postérieure de plusieurs siècles à la première, a été écrite à Saint- Emmaùs de Prague, à qui, ainsi qu'on l'a vu, Charles IV avait donné la première partie du volume. On sait que ce prince obtint le 9 mai 1346 une bulle du pape Clément II, l'autorisant à fonder en Bohême un monastère où la liturgie serait célébrée en langue slavonne, monastère qu'il fonda à Prague le 21 novembre de la même année; les offices du manuscrit glagolitique constituent une sorte de propre de l'Église slave de Prague.

La notice de L. Léger précède la reproduction héliographique du manuscrit et comprend une bibliographie qui remplit sept pages de format in-4°, on peut y ajouter V.-A. Frantser, K istorii uzdanii reimskago Evangelija, dans la Revue russe du ministère de l'Instruction publique, juillet 1900 et L. Léger, Nouveaux documents concernant l'évangéliuire slavon de Reims, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1901, p. 172-

Missel de Saint-Nicaise de Reims, conservé à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg sous la côte Q. V. 1. 78 exécuté dans les dernières années du xme siècle, sans doute avant 1297. A raison de cette date tardive nous n'avons pas à nous en occuper dans le Dictionnaire.

Bibl. — \V. Bakhtine, Observations sur un missel de Saint-Nicaise de Reims, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscript., 1928, p. 362-368.

REIMS

XLVII. Épigraphie. — Elle n'est représentée à Reims que par un petit nombre de monuments.

1 . Grégoire de Tours mentionne à Reims une église : Quidam apud Belgicœ secundsc provinciam id est suburbano Rhemensis urbis, basilicam in honore beati marlyris (Juliani) studiose construxit l. Ce serait là, d'après Flodoard, qu'aurait été inhumé Attolus, contemporain de saint Rémi : Sepultusque cum fllio et ftlia post altare in ecclesia beati Juliani martyr is, hune sepulturee declaratur habere titulum templi pinnaculo innotatum 2. Attolus remplissait une charge civile : jure jovens plèbes, voici son épitaphe; elle nous apprend qu'il fonda des hôpitaux :

HIC ICITVR NVLLVM LATEAT QVID TERRA RETENTAT

NEC SI QVIS CVPIAT DISCERE CASSVS EAT SVBTVS ENIM TRIA CONSISTVNT MONVMENTA PETRINA

IN QVIBVS ALMORVM CORPORA CONDITA SVNT HIC PATER EST ATOLVS NOTO NATAQVE SEPVLTVS

EXPECTANTQVE DIEM NVNC DOMINI PROPERAM ILLIVS CERTE NATVS MEMORATVR ELANVS

NATA DEINDE SVA DICITVR EVFRASIA QVI PLACVERE DEO DICTIS FACTISQVE SVPREMO

NVNC PARITER QVORVM MEMBRA TENENT LOCVLVM IS STRVXIT BIS SENA SVIS XENODOCHIA REBVS

IVRE FOVENS PLEBES DIVITMS INOPES SIC PROPRIVM CENSVM COELVM TRANSVEXIT AD ALTVM

IN QVO SVSCEPIT QVOD MISERANDO DEDIT HOC TOTVM SVB AMORE SACRI STVDIOQVE REMICI

OB QVOD PRAERVTILVM DETINET IPSE POLVM

Cette inscription copiée dans l'église Saint-Julien par Flodoard a pu être composée vers le second quart "du vie siècle puisque Attolus était contemporain de saint Rémi, lequel mourut peu après 530. Nous avons dit qu' Attolus, si on interprète le 12e vers de l'épitaphe, paraît avoir été « un fonctionnaire, chargé de fonctions civiles ». Cette interprétation tout à fait plausible a été contestée, afin de faire du défunt un des membres de Yordo honoratorum civium prœclarus, ou bien un individu de naissance sénatoriale. « Rien ne nous autorise à voir en ce personnage un magistrat municipal », nous assure-t-on, et nous tenons que c'est exactement le contraire qui est vraisemblable. Outre qu'au vie siècle les sénateurs ne sont plus légion, en Gaule, ceux qui peuvent encore se parer de ce titre ont bien soin de ne pas l'envelopper d'une périphrase qui peut signifier tout autre chose. Quant à découvrir qu'un « fonctionnaire chargé de fonctions civiles » diffère d'un magistrat municipal, c'est précisément le contraire.

Bibl. — Flodoard, Historia Ecclesiœ Remensis, 1. I, c. xxm ; Dom Marlot, Metropolis Remensis historia, t. i, p. 206; E. Le Blant, Inscript, chrét. de la Gaule, t. i, 185G, p. 441, n. 334.

2. Épitaphe de Jovin (voir Dictionn., t. vu, col. 2745-2752, fig. 6344).

3. Calice de saint Rémi (voir Dictionn., t. n, col. 1643), au sujet duquel Flodoard écrit dans VHisloria Remensis Ecclesiœ, 1. I, c. x : Quod vas usque ad noslra tempora perduravit, donec jusum, in redemplionem datum est christianorum, ut a ministris diaboli Nortmannis reilimeret precium argentei calicis, quos de potestale tenebrarum redemeral e/Jusus sanguis calicis, Christi videlicet passionis. Cette longue inscription devait probablement se répartir sur la lèvre et sur le pied du vase :

HAVRIAT HINC POPVLVS VITAM DE SANCVINE SACRO INIECTO AETERNVS QVEM FVDIT VVLNERE CHRISTVS REMICIVS REDDIT DOMINO SVA VOTA SACERDOS

Bibl. — E. Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. i, p. 445, n. 336.

4. A Thuisy, canton de Verzy, fragment d'un seuil de maison, qui pourrait venir de Luches, où se trouvait un castrum détruit au xve siècle (fig. 10601); ce que Le Blant interprète par ces mots : Hic Floren...iacet.

Bibl. — E. Le Blant, Nouveau recueil des inscr. chrét. de la Gaule, 1892, p. 81, n. 58; O. Hirschfeld, dans Corp. inscr. lat., t. xm, n. 3446.

TùPkO R g N / I AO rT

10601. — Fragment de seuil.

D'après Le Blant, Nouveau recueil des inscr. clirét.

de laGaule, 1892, p. 81, n. 58.

5. Binson, près Châtillon (Marne). Pierre calcaire, hauteur : 0 m. 29; largeur : 0 m. 30; aujourd'hui au musée du Louvre (fig. 10602) :

VRSICINA VIVAT IN DEO DEFVNCTA ANNORVM XXV 'IN PACE DORMI AM ET REQVIESCAM

D E F V N Ç TAANN oKVM ÀAAE^f R F QV&S CA M

10602. — Pierre de Binson.

D'après Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule,

pi. 38, n. 229.

Citation du ps. iv, 9 : In pacc in idipsum dormiam et requiescam.

Bibl. — E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. i, p. 450, n. 336 c, pi. ccxxix : Revue de Champagne et de Brie, 1876, p. 167; H. Jadart, dans Bulletin monumental, 1889, p. 110; O. Hirschfeld, dans Corp. inscr. lat., t. xm, p. 540, n. 3448.

XLVIII. Le calice de saint Rémi. — Ce vase liturgique est en or pur, relevé d'émaux cloisonnés, de filigranes et de pierres précieuses: c'est un des plus

1 Miracula S. Juliani, 1. II, c. xxxn. — 'Mat. Eccl. Remens., 1. I, c. xxm.

REIMS

Page 1