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RÉPONS

qu'elle était à Rome. A Rome, dit Amalaire, on répétait après le verset les répons en entier depuis le commencement1. En Gaule, au contraire, on ne chantait pas tout le répons après le verset, mais on reprenait au milieu, c'est-à-dire qu'on ne répétait que la deuxième moitié. Voici deux exemples qui rendront la chose claire; d'après YOrdo romain, nous avons :

Justus germinabit sicut lilium 'j Et /lorebit in œlernum ante Dominum.

f. Plantatus in domo Domini, in atriis Dei noslri.

On répète : Juslus germinabit, etc.

En Gaule on répétait seulement : El florebit, etc.

Cet exemple offre dans les deux cas admissibles un sens raisonnable; il n'en allait pas toujours ainsi; qu'on prenne pour exemple le répons que voici :

Tu es Pelrus ]| ait Dominus ad Simonem.

f. Ecce sacerdos magnus qui in diebus suis placuit Deo.

En Gaule on obtenait ceci :

Ait Dominus ad Simonem : Ecce sacerdos, etc.

H. Leclercq.

REQUIES. — I. Requies. IL Requiescere III. Hequietio. IV. Requietorium.

I. hequies. — Ce mot signifie l'idée de repos, la cessation du travail et il a fait bon service dans la littérature latine profane, où nous n'avons pas à nous en occuper. La Vulgate en fait usage dans des acceptions variées telles que : Requies sabbati sanctificata est Domino (Exod., xvi, 13); Requiem tribuere alicui (Deut., m, 20); Hœc est requies mea (Is., xxvm, 12); Habere requiem in aliquo (I Macch., vm, 12), au sens de placer sa confiance en quelqu'un. Mais c'est principalement dans la langue ecclésiastique que le mot a pris un sens spécial, celui du repos dans la tombe et de l'attente de la vie future : In requie mortui requiescere fac memoriam ejus (Eccli., xxxvm, 24); Ingrediemur enim in requiem, qui credidimus (Hebr., iv, 3). L'épigraphie nous en donne d'innombrables exemples. A Stein am Anger (Savaria) en Pannonie, nous trouvons ceci 2 :

HIC-POSITVS-EST- FLORE NT INVS INFANS -QVI-VIXIT-ANNOS-SEPTEM ET-REQVIEM-ADCEPIT-IN-DEO PATRE-NOSTRO-ET-CHRISTO-EIVS

Dans une lettre, sainte Radegonde parle de la crypte où reposaient ses compagnes, les nonnes de Poitiers : Ut in basilica... ubi etiam mullœ sorores nostrœ condilœ sunl in requie, sive perjecta, sive imperjecta... corpusculum meum ibi debeat sepeliri 3.

L'emploi des mots requiem et requiem seternam dans la liturgie funéraire leur a conféré une valeur spéciale et on désigne couramment la messe pour les défunts par le nom de messe de requiem qui est le premier mot de l'introït ou plus brièvement encore : un requiem.

A Kairouan, à gauche et à quelques mètres de l'endroit où la piste de Kairouan à Sfax pénètre dans le camp du côté de Kairouan; à 2 m. 50 de profondeur; hauteur : 0 m. 305; largeur : 0 m. 297; hauteur des lettres : 0 m. 036 :

+ In nomine Patri et Filii et Spfiritujs S(an)c(t)i,am(en) ! — In hoc lumulo requiebit corpus famulo Xr(ist)i, Sisinni, filius Firmo leclor(is). Requiem etcrnam abeat. Bixit in fide Xr(ist)i unnos LXV. Migrabit ab hoc s(œ)c(u)lo die XXI [m(ensis)] iuni V annos D(omi)ni mil(es)imo XXX, indictio I. Audi at bocem D(omi)ni et resurgat + in bila eterna. Am(en) !

Inscription contemporaine des premiers Sanhadjites, à la veille des grandes invasions arabes.

Bibl. — Ch. Saumagne, Note sur des inscriptions de J-misie, dans Bull, archéol. du Comité, 1929, p. 370-

371. [W. Seston, Sur les derniers temps du christianisme en Afrique, dans Mélanges d'arch. et d'hist., t. lui, 1936,p.l 11 ;cf. aussi, ibid., l'épitaphed'El-Djem,p.l04.]

La nécropole chrétienne d'Ain Zara située à 14 kilomètres au sud-est de Tripoli, découverte en 1911, a rendu cent vingt et une tombes à ciel ouvert dont la moitié seulement avaient conservé leurs épitaphes primitives, la plupart mutilées, appartenant à l'époque de la domination vandale en Afrique (ve-vie siècle). L'ne des formules liturgiques qu'on y a pu lire vingtsix fois — et la mutilation des tombes invite à la croire plus fréquente — est le Requiem ivternam del tibi Dominus et lux perpétua luceat tibi, paroles qui se lisent dans un apocryphe appelé le IVe livre d'Esdras dont les deux premiers chapitres forment le Ve livre d'Esdras. On y lit ce qui suit : Ideoque vobis dico, génies, quse auditis et intelligitis, expectate pastorem vestrum. Requiem octernitatis dabit vobis, quoniam in proximo est ille, qui in fine sœculi adveniet. Parati estote ad praemia regni, quia lux perpétua lucebit vobis per œternitatem temporis. Fugite umbram sœculi hujus, accipite iocunditatem glorire vestrae. Ego lestor palam salvatorem meum. Commendatum Domini accipite et iocundamini gratias agentes ei, qui vos ad cœlestia régna vocavit... singulis eorum capilibus imponebat coronas...

On n'a pu parvenir à fixer la date de composition du Ve livre d'Esdras, on a parlé du nc ou du me siècle. Il est vrai que Edm. Rishop (voir Diclionn., t. ix, col. 1735), dans une note nébuleuse in illustration of the book of Cerne, a découvert « que l'expression requies pour signifier l'état du bienheureux n'est pas romaine d'origine, mais gotho-gallicane ». Ceci découle de « la comparaison des inscriptions funéraires relevées dans le Corpus de De Rossi (Inscripliones christianœ urbis Romœ, t. m) » qui « montre que c'est au milieu du ve siècle mais surtout à partir de 475 que cette idée de « repos éternel >■ est devenue familière à la piété romaine, en vertu probablement d'une influence de la liturgie gothique due à la prise de Rome. » Aucune réfutation de cet oracle du « Savant » Bishop n'est possible puisque le tome troisième des Inscripliones christianœ urbis Romœ sur lequel il fonde son affirmation n'a jamais été publié et, nous sommes en mesure de l'affirmer, n'a jamais existé. Jusqu'au moment où on invoquera des textes véri fiables, il faudra tenir que les inscriptions de Aïn Zara ont dès le Ve siècle popularisé, en Tripolitaine, la prière Requiem œternam sans attendre l'occupation de l'Italie par les Goths au milieu du vie siècle 4.

II. requiescere. — Comme pour le substantif, le verbe a servi dans la langue courante et on l'y rencontre depuis l'époque classique jusqu'à la décadence; les bons auteurs comme Propercc en font usage pour mentionner le repos au lit, Martial pour le repos de la tombe, mais nous ne voulons ne nous occuper que des auteurs chrétiens et, cette fois encore, il faut se borner à un choix, surtout à partir du Ve siècle où la formule : requiescere in pace se montre partout et, avec ses variantes, envahit tout. Tout va bien lorsqu'elle est exprimée correctement, comme à Vienne :

HIC REQVIESCIT IN PACE ARME NTA RIÂ QVAE-VI XI T ANN Mil MENS III SVRRICTVRA CV N dies DNI ADVE RM ....surr[e\ctura cu[m] dies domini advefne Jri[t\.

1 Amalaire, De ordine antiphonarii, c. xvm. — " Corp. inscr. lat., t. m, n. 4221. — 3 Labbe, Concilia, t. v, col. 871. — ' J.-B. Frev, dans Rivista di archeol. crist., 1933, p. 129.

Bibl. — Collombet, Histoire de l'Église de Vienne, t. I, p. 232; Vitu, dans Bull, de l'Isère, série II, t. m, 1856, p. 147; Edm. Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. n, n. 401, pi. cclxxxiii; Aug. Allmer, Inscript, de Vienne, t. iv, n. 1846, p. 303; Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2104.

Mais que ne trouve-t-on pas, car il semble que ce mot requiescat in pace soit pour les lapicides une véritable pierre d'achoppement. A Cherchel (propriété Riflard), route d'Alger, sur une plaque de marbre rectangulaire (0 m. 29x0 m. 65); hauteur des lettres : 0 m. 04 :

BONE MEMORIAE-SATVRINIVS

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