CARO MEA
per XPM CREDO RESV SCitabitur
De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p. 497, n. 1087.
Revel-Tourdan. Épitaphe de Gundisclus, en 547.
IN SPE RESVFFE
XIONIS MESERECORDIAE XPI E. Le Riant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. n, p. 151, pi. ccci.xxm, n. 467.
Cette formule se retrouve aux environs, à Merlas : in spe resurre[ctionis mise]recordiœ xpi, E. Le Blant, op. cit., t. n, p. 148, n. 464; ...in spe resure.... vite aeternse; p. 149, n. 465; à Revel-Tourdan : in spe resurrecxiones meserecordiœ xpi, p. 169, n. 468; à Grenoble : [in spe resurr]exio[nis miserioc]rdii<e C[risti], p. 171, n. 470 a.
On la trouve plus fréquemment encore sur des inscriptions non datées :
ANIMA IN CARNEM REDEVNTE RESVRGET.
De Rossi, Bull, di arch. crist., 1881, p. 19, Rome.
MERITA RESVRGIS TEMPORALIS TIBI DATA REQVETIO. Id., ibid., 1877, p. 35, Rome.
SVRGATIS PARITER CHRISTO PRAESTANTE BEATI. Corp. inscr. lat., t. ix, n. 5566, Tolentino.
EXP(e)CTAT CHRISTI OPE RVRSVS SVA VIVEfre] CARNE. Corp. inscr. lat., t. x, n. 7972, Alghero.
CREDO RESVRGERE. Corp. inscr. lat., t. x, n. 1377, 1380, Noie; Capoue, n. 4525.
RESVRRECTVRVS IN CHRISTO. E. Le Blant, op. cit., t. n, n. 427, Vienne; 429, ibid.; 452, ibid.
SVRRECTVRVS CVM [dies] DNI ADVENERIT. Id., ibid., t. n, p. 47, n. 402, Vienne.
RESVRRECTVRVS CVM SANCTIS. Id., ibid., t. n, p. 81, n. 419, pi. cccin, Vienne.
H. Leclebcq.
RÉSURRECTION DU SAUVEUR. — I. Le récit des synoptiques. IL Le récit de saint Jean. III. Résurrection et Apparitions. IV. Monuments.
I. Le récit des synoptiques. — Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Madeleine et Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des parfums pour embaumer Jésus. Quand le premier jour de la semaine commençait à luire, Marie-Madeleine et l'autre Marie vinrent au sépulcre apportant les aromates qu'elles avaient préparés, et elles se disaient entre elles : « Qui nous retirera la pierre devant l'entrée du sépulcre? » Et voici qu'il se fit un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur descendit du ciel, et s'approchant, il renversa la pierre et s'assit dessus. Son visage était comme l'éclair et son vêtement comme la neige. A cause de lui les gardes furent atterrés d'effroi et devinrent comme morts. Et en regardant, les femmes virent que la pierre, qui était fort grande, avait été roulée de côté. Alors l'ange, prenant ia parole, dit aux femmes : « Ne craignez point, vous; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point
RESURRECTION DU SAUVEUR
ici; car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez et voyez le lieu où le Seigneur avait été mis. » Étant entrées, elles ne trouvèrent point le corps du Seigneur Jésus, lit tandis qu'elles étaient saisies de frayeur et qu'elles baissaient le visage vers la terre, elles virent un jeune homme assis du côté droit, vêtu d'une robe blanche, qui leur dit : « Hâtez-vous d'aller dire à ses disciples qu'il est ressuscité, et voici qu'il vous précède en Galilée, c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. » Elles sortirent aussitôt du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie et s'enfuirent, car le tremblement de la peur les avait saisies, et elles ne dirent rien à personne à cause de leur crainte et coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint au-devant d'elles, en disant : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent, et embrassèrent ses pieds et l'adorèrent. Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point; allez, dites à mes frères de partir pour la Galilée; c'est là qu'ils me verront. » De retour du sépulcre, elles racontèrent toutes ces choses aux onze et à tous les autres.
Dans ce récit, saint Matthieu ne fait aucune allusion à Marie-Madeleine en particulier; saint Marc nous apprend que Jésus apparut d'abord à Marie-Madeleine, saint Luc ne sépare pas Marie-Madeleine de Jeanne et de Marie, mère de Jacques (Matth., xxvm, 1-10; Marc, xvi, 1-8; Luc, xxiv, 1-10).
IL Le récit de saint Jean. — Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vint au sépulcre dès le matin, comme les ténèbres régnaient encore; et elle vit que la pierre avait été ôtée du sépulcre. Pille courut donc, et vint auprès de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus aimait. Et elle leur dit : « Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre et nous ne savons où ils l'ont mis. >■ Pierre sortit donc avec cet autre disciple, et ils allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble; mais cet autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre, et s'étant baissé, il vit les linges posés à terre, cependant il n'entra pas. Simon-Pierre, qui le suivait, vint aussi, et entra dans le sépulcre, et il vit les linges posés à terre, et le suaire qu'on avait mis sur sa tète, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre endroit. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra, il vit et il crut... Ils s'en retournèrent chez eux. Cependant Marie se tenait dehors, près du sépulcre, pleurant, lit tout en pleurant, elle se baissa et regarda dans le sépulcre, et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tète, l'autre aux pieds, à l'endroit où avait été déposé le corps de Jésus. Ils lui dirent : » Femme pourquoi pleures-tu? » Elle leur dit : « Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais où ils l'ont mis. » Ayant dit cela, elle se retourna et vit Jésus debout, mais elle ne savait pas que ce fût Jésus. Il lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? » Pensant (pic c'était le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis et je l'emporterai. » Jésus lui dit : « Marie! » Elle se retourna et lui dit : « Habboni » (c'est-à-dire « Maître »). Jésus lui dit : « Ne me touche pas, [ou mieux : Ne me retiens pas], car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va vers mes frères et dis-leur : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie-Madeleine vint annoncer aux disciples : a J'ai vu le Seigneur et voici ce qu'il m'a dit » (Joa., xx, 1-18).
III. Résurrection et appabitions. — Les évangélistcs nous rapportent une suite d'événements dont la
1 [Attesté dès le me s. par la fresque de la chapelle — ou du baptistère — de Doura-Europos : P. V. C. Baur, dans Preliminary Report V o/ the Excavations at Dura- Europos, New Haven, 1934, p. 270-275, pi. xlii-xlvhi.]
discussion appartient aux exégètes. Nous n'avons ici qu'à décrire les monuments figurés de l'antiquité chrétienne qui visent à interpréter les scènes qu'on vient de décrire. C'est un fait digne d'attention que l'art chrétien primitif, celui des catacombes et de la renaissance constantinienne, s'est abstenu de représenter aussi bien la crucifixion que la résurrection. Celle-ci, semble-t-il, aurait dû inspirer les peintres, les mosaïstes, les sculpteurs, il n'en fut rien et la raison n'est pas claire, car cette représentation à la fois consolatrice et triomphale paraissait s'imposer à leur imagination et à leur effort. On s'est posé la question de savoir comment la résurrection s'était faite. Il n'est guère probable que l'ignorance de ce mystère ait détourné les artistes d'en essayer une figuration plus ou moins symbolique. Le Moyen Age n'avait pas plus de lumières qu'eux-mêmes sur ce point et il y a heureusement suppléé en montrant le Sauveur debout, surgissant d'une tombe entr'ouverte parmi l'éclat des rayons lumineux. Rien de semblable dans l'antiquité chrétienne et ce sont les arts mineurs qui, seuls, se sont essayés à figurer les scènes que décrivent les évangiles et ces scènes se ramènent toutes à la visite des saintes femmes au tombeau, par conséquent aux apparitions du jour de Pâques.
IV. Monuments. — Il semble que, dès le v" siècle, un type fut admis dans l'iconographie chrétienne, celui de la visite des saintes femmes au tombeau du Christ1. Nous le rencontrons dans trois catégories principales de monuments : les miniatures, les ivoires, l'orfèvrerie. Pour les miniatures, le monument le plus ancien et le plus remarquable est l'évangéliaire de Rabula, écrit et enluminé au monastère de Zagba en Mésopotamie, en 586 (voir Dictionn., t. xiv, au mot Rahula). Si on veut bien se reporter à la représentation donnée (voir Dictionn., t. m, col. 3075, fig. 3380) on verra la scène interprétée de façon très claire. Au centre, un édifice devant lequel trois soldats sont bousculés ou terrassés, c'est l'épisode décrit par saint Matthieu; à gauche, l'ange assis adresse la parole à deux femmes; à droite, ces mêmes femmes sont prosternées aux pieds du Sauveur. Les arbres du fond montrent que la scène se déroule dans un jardin, celui de Gethsémani.
Évidemment, cette apparition interprète le texte des synoptiques où nous avons lu que Jésus vint audevant des saintes femmes.
La scène du tombeau, moins vivante, réduite à un édifice flanqué à droite d'un ange, à gauche de deux femmes, reparaît sur toute une série d'ampoules de Monza et de Robbio qu'on peut voir Dictionn., t. i, col. 1738, fig. 457; col. 1739, flg. 158; col. 1741, fig. 459; col. 1744, fig. 461; t. xi, col. 2762, fig. 8 139.
C'est encore cette même apparition qui est interprétée sur deux plaques d'ivoire que nous avons données déjà (voir Dictionn., t. i, col. 2929, fig. 988, et col. 293(1, fig. 989) où l'ange s'adresse à trois femmes.
Quant à la boîte de bois à couvercle peint faisant partie du trésor du Sancta Sanctorum, elle appartient au xe siècle 2.
Dans un certain nombre de sarcophages de la Gaule méridionale, le centre de la composition est occupe par une croix gammée où le chrisme est entouré d'une couronne de laurier; au-dessous la croix latine, accostée de deux soldats romains (voir Dictionn., t. vin. col. 955-960, fig. 6544-6548). Depuis 1857 on admettait l'interprétation de F. Piper; on aurait ici une représentation symbolique de la résurrection, et cette
— ' Ph. Lauer, Le trésor du Sancta Sanctorum.dan^ Monuin. et Mém., Piot, t. x\, p. 97-99; C.-R. Morey, The painted panel jrom tltc Sancta Sanctorum, dans Festschrift von }'. Clemcn, 1926, p. 150-157.
RÉSURRECTION DU SAUVEUR