‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 258 sur 477 · REVUE · texte numérisé non relu

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figure est étroitement associée à l'histoire du labaruin (voir ce mot). Cela parut trop simple et on proposa d'y voir le rappel de la victoire du Christ sur la mort, de l'Église sur le paganisme, plutôt que le mystère de la résurrection. Mais de cet usage devait naître l'idée de représenter la résurrection elle-même. La transition serait faite par un sarcophage conservé à Rome, au palazzo Cesi, sarcophage déjà connu de Bosio.

Devant le symbole ordinaire et à sa base, on voit Jésus ressuscité se faisant adorer par les saintes femmes. De là on est venu à représenter la résurrection elle-même suivant trois types anciens : le sarcophage d'Honorat (voir Dictionn., t. v, col. 2468, fig. 4713, en bas, à gauche) et de Saint-Celse à Milan (voir Dictionn., t. xi, col. 1070, fig. 8067, il ne s'agit pas de la résurrection, mais de l'incrédulité de saint Thomas); l'autre dans l'ivoire de Munich (voir Dictionn., t. i, col. 2929, fig. 988); le troisième dans les ampoules de Monza. L'élément commun et caractéristique de ces trois types est le tombeau du Christ, autour duquel s'ordonne la composition. Les ampoules de Monza- Bobbio concordent dans une certaine mesure avec les renseignements des pèlerins sur les constructions constantiniennes vers l'époque du ve-vie siècle. L'ivoire de Munich offre un caractère hellénistique indéniable. Le tombeau a la forme d'un cube sur lequel pose un tambour soutenant une coupole, et on soutient qu'il n'existait de monuments de ce type qu'en Gaule : le trophée de la Turbie, le monument des Jules, la tour d'horloge à Aix, d'autres revendiquent une origine orientale, particulièrement l'Asie Mineure. Peut-être serait-il permis de rappeler que le cube et le tambour ont bien quelque chose à voir avec le phare d'Alexandrie.

Enfin, à l'extrême limite chronologique de nos études nous devons accorder une mention aux miniatures du célèbre psautier Chloudof (voir Dictionn., t. xiv, col. 1962). L'iconographie chrétienne connaît trois manières de représenter la résurrection : 1° les saintes femmes au tombeau; 2° la descente aux enfers (voir Dictionn., t. iv, col. 682); 3° Jésus surgissant d'un sarcophage. Ces compositions se sont formées successivement dans l'art byzantin pendant une durée de plusieurs siècles, cependant elles se rencontrent toutes sur les miniatures du psautier Chloudof. Les saintes femmes n'y sont représentées qu'une seule fois, mais le tombeau lui-même s'y voit assez souvent avec David, prédisant la résurrection du Sauveur. Le Christ ressuscité est représenté deux fois à l'entrée ou à côté de l'édicule sépulcral. Une miniature nous montre enfin Jésus au moment même de la résurrection, cherchant à se soulever d'une banquette à l'intérieur du tombeau et ceci nous paraît être le plus curieux effort tenté pour atteindre l'instant de la résurrection l.

H. Leclf.rcq.

REVOCARE IVI ISSAM. — On lit dans la Vie de saint Germain de Paris, par Venance Fortunat, c. lx : Accidit ut sanctus vir Germanus remeans de Namnetico, domum Nnmichi illustris illustraretvestigio. De cujus veste matrona raplo fideliter filo recondit in oratorio, quœ valeludinem inruens, vigiliis in honore sancti sollemniter cclebratis ac missa revocata, de pressenti curata est. On lit de même dans la Vie de sainte Radegonde, c. xiv : Quid egeril circa sancti Martini alria, tempia, basilicam, flens, lacrymis insatiata, singula jacens per limina, ubi missa revocata, vestibus et ornamento, quo se clariori cultu solebat ferre in palalio, sacrum componit altare. Le sens de cette expression missa revocata a attiré l'attention de Du Cange et de

1 Cf. Seminarium Kondakovianum. Recueil d'études offert à J.-J. Smirnov, Prague, 1928. t. n, p. 68, pi. ix, n. 1.—

Mabillon qui ont conclu à missam explere, complere ou expletam reddere. Le mot missa venait de missio ou dimissio qui signifie le renvoi de l'assistance, et saint Avit dit à ce propos : A cujus proprietale sermonis, in ecclesiis, palatiisque sive prœtoriis, missa fieri pronuntiatur, cum populus ab observatione dimiltitur. Un texte de Grégoire de Tours est bien clair : sa mère est avertie surnaturellement d'avoir à contribuer à vaincre le fléau de la peste inguinaire en assistant à la vigile de saint Bénigne et en faisant célébrer une messe : Vade et vigila totam noctem in honore, ac revoca missas et liberaberis a plaga2; on sait que cette locution est fréquente chez Grégoire de dire que les laïques célèbrent des messes : Si qui nunc frigorilici in e jus honore [de saint Sigismond] missas dévote célèbrent, ejusque pro requie Deo ofjeranl oblalionem; stalis compressis tremoribus, restinctis febribus, sanitali pristinœ restaurantur 3. Aussi célébrait-on la messe pour le repos de l'âme de ceux qu'on estimaient déjà entrés dans la gloire et la liturgie mozarabe prie pro spiritibus pausanlium, c'est-à-dire pour rendre grâces à Dieu de leur salut. Dans un autre passage, le même Grégoire de Tours fait usage du mot « célébrer » en parlant d'une femme qui per annum inlegrum assidue orationi vacabat, celebrans quolidie missarum sollemnia et o/Jerens oblalionem pro anima viri, non di/Jisa de Domini misericordia, quod haberet dejunclus requiem, in die qua Domino oblalionem pro ejus anima delibasset : semper sextarium Gazeti vini prsebuil in sacrificium basilicœ sanctœ '. Ce qui suit n'est pas moins important : Sed subdiaconus nequam réservons gulœ Gazetum, acetum vehemenlissimum ofjerebat in calice, muliere non semper ad communicandi gratiam accedente. Ainsi donc, chaque fois qu'elle faisait offrir le saint sacrifice pour son mari, elle ne communiait pas, quoiqu'elle y assistât, et Grégoire appelle cette assistance celebrare. Mais ici se pose la question de savoir ce que devenait le contenu du calice ministériel si la femme ne communiait pas, et que le prêtre ne consommait lui, que le vin consacré dans son propre calice. Usait-on de deux calices, un pour le prêtre, un autre pour la communiante prévue? Mabillon avoue : non capio; mais on peut s'en tenir là et remarquer simplement que, pour Grégoire, celebrare a le même sens que revocare dans le texte où il parle de sa mère et nous retrouvons encore ce même sens dans le testament de saint Yriex, affirmant par le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et les mérites de tous les saints : Ut in oratorio sancti Hilarii in cella mea, quinla jeria omni tempore maturius matutina et missa revocetur.

H. Leclercq.

REVUE ARCHÉOLOGIQUE. Fondée

en 1844 et désormais centenaire, a publié des travaux,

des bibliographies et des inscriptions auxquels il faut

rendre un hommage d'admiration et de reconnaissance

H. Leclercq.

REVUE DE L'ART CHRÉTIEN. — Fondée par l'abbé J. Corblet en 1857, disparue en 1914, avec son volume LXIV. Pas plus que nous n'avons donné un aperçu des richesses archéologiques contenues dans les Annales archéologiques de E. Didron et dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques ou dans le Bulletin monumental d'Arcisse de Caumont, nous ne pouvons entreprendre ici un dépouillement fort utile à la science, mais qui ne différerait pas d'une table des matières et, par conséquent, ne doit pas Irouver sa place ici. Nous devons à ce recueil un souvenir reconnaissant pour tout ce qu'il nous a appris et les services qu'il nous a rendus.

H. Leclercq.

'Grégoire de Touis, De gloria martyrum, 1. I, c. LI. — ■ ■ Id., ibid., 1. I, c. lxxv. — • Id., ibid., 1. I, c. lxv.

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