DEP VII IDVS DEC
La tablette est en marbre, brèche rouge, le revers taillé en corniche. On commença à graver les lettres A B sur un module qui parut trop petit et on recommença en grandeur plus que doublée, la dernière ligne qui ne comprend que la date est plus petite. La paléographie est celle du i\e siècle. Le texte est construit au datif : Abundio presbytero martyri sancto et le jour de la depositio, ce qui convient à un tombeau, mais on ne sait dans quel cimetière se trouvait ce tombeau. Il est vrai qu'on a mentionné plus haut un Abundius, prêtre, associé au groupe de martyrs ensevelis au cimetière situé à 26 milles de la voie Flaminienne. Sans doute il n'est pas impossible qu'un martyr dont le nom ne se lit pas dans les fastes anciens, les itinéraires, les translations se montre à Rome avec le titre de martyr, mais on n'en connaît pas d'autre exemple. Une autre difficulté surgit de la date de depositio au vu idus decembris qui ne concorde ni avec le 28 août ni avec le 16 septembre, elle n'est pas résolue, pas plus que la raison pour laquelle des martyrs condamnés à Rome auraient été exécutés aune telle distance. La catacombe et la passio des martyrs de Rignano offrent un curieux sujet d'étude '.
H. Lkclehcq.
RIGNIEUX-LE-FRANC. — Voir Dictionn., t. v, col. 2511, n. 239, fig. 4735.
RIGOMAGENSIS (CIVITAS). — (Voir Dictionn., t. xn, col. 1168.) Cf. L. Duchesne, La ciuilas Rigomagensium et l'évêché de Nice, dans Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. Xliii, 1882, p. 36-46; Aug. Longnon, La civitas Rigomagensis, dans Bulletin de la Société des Hautes- Alpes, t. VI, 1887, p. 304-313, et dans Mélanges Renier, p. 395-404; Sauvaire, Inscriptions romuincs ù liriançonnet, dans Bulletin archéologique du Comité des trav. historiques, 1912, p. clviii-clx; F. Arnaud, Le site de Rogamagum ou civitas Romagensium, dans Bulletin archéologique du Comité, 1922, p. lxxii-lxxiii.
RIIVIINI. — La cathédrale primitive de Rimini s'élevait hors de l'enceinte romaine entre la voie Flaminienne et la mer2; elle est désignée dans un écrit composé entre la fin du xe et le commencement du XIe siècle5, sous le nom d'Ecclesia bcati Gaudenlii... episcopi Ariminensis palriw... in qua... sub ipso ara beatissimum corpus quiescit. A une époque plus ancienne, entre la fin du vne et le début du vine siècle, la porte de la ville conduisant à la basilique portait déjà le nom de porta sancli Gaudcntii '.
Ce Gaudentius occupe une large place dans les légendes hagiographiques romagnoles. Les unes le font vivre avant la paix de l'Église, le font venir d'Ephèse à Rome, sub Maximiano et Diocleliano, en 290, et le font ordonner évêque par le pape Damase (366-384) qui l'envoie à Rimini où il est mis à mort par un certain consul Marcien. D'autres légendes ne sont pas plus raisonnables, peut-être moins encore, et ne méritent pas qu'on s'y arrête. Un groupe différent fait vivre Gaudentius à l'époque du conciliabule de Rimini, en 359, ce qui ne paraît pas une solution plus heureuse
' Corp. iriser, lai., t. xi, n. 4076; De Hossi, Bull, ili arch, crisl., 1883, p. 134-159, pi. xu; E. Diehl, inscr. lat. clir. net.. n. 2012. — * Tonini, Storia civile e sacra riminese, t. ii, p. 57-58. — J Analecta bollandiana, 1882, p. 115. — ' Tonini, op. cit., p. 475. — " F. Lanzoni, Le origini délie
si on veut bien songer que si l'évêque de Rimini avait fait alors une vigoureuse opposition à la politique de l'empereur Constance, les défenseurs de l'orthodoxie, Athanase, Hilaire et les autres n'eussent pas manqué de lui rendre hommage. En définitive, on entrevoit bien l'existence d'un évêque Gaudentius, on ne sait à quelle date le placer et rien ne prouve qu'il fut martyr 6.
Cette ville n'est pas favorisée. On lui a attribué les martyrs Victor et Corona, qui appartiennent à l'Egypte6; un martyr Julien, sous Dèce'(?); un certain martyr saint Venance dont Rhaban Maur reçut les reliques entre 830 et 836, pourrait bien être l'évêque de Salone.
La liste épiscopale de Rimini est très incertaine à ses origines. Il ne semble pas possible d'y retenir les noms de trois personnages dont le premier, anonyme, aurait reçu l'ordination des mains du pape Denys (259-268), et le second appelé Hubert ne peut prendre place qu'au x° ou au xie siècle; Venance, enfin, qui, comme on l'a vu plus haut, serait de Salone.