ROIS (TITRES DES
videbatur, usus est. A partir de Dioctétien les modes vestimentaires de l'Orient sont admises et imposées partout et la couronne se montre sous forme de bandeau de métal comme nous le voyons sur les statues de porphyre des tétrarques de Saint-Marc de Venise (voir Dictionn., t. xiv, col. 1460, fig. 10454). On voit aussi le laurier stylisé, posé à plat sur le sommet du crâne comme ferait un bandeau formé de feuilles (voir ibid., t. xiv, col. 1461, fig. 10455). Constantin habitum regium gemmis et caput exornavit perpeluo diademate, dit Aur. Victor. Sur le magnifique médaillon du Cabinet de France, ce diadème paraît souple et suit la forme de la tête étant posé sur les cheveux : au sommet un cabochon et de chaque côté des cabochons et des pierreries serties d'or, rapprochées par des charnières qui permettent d'emprisonner la tête pour se terminer par deux rubans que terminent des pois (voir Dictionn., t. m, col. 2639, fig. 3236). Même type sur le médaillon d'argent de l'empereur Constant du Cabinet de France. Quelques autres médaillons, tels que celui de Constance II (?) du British Muséum et le même empereur du monastère de Rida (Bulgarie) montrent un bandeau ou filet plat bordé de deux rangs de perles surmonté d'un cabochon entouré de perles. On peut se reporter à la statue de Barletta (voir Dictionn., t. xiv, col. 1564, fig. 10469) et au disque de Théodose conservé à Madrid (voir Dictionn., t. iv, col. 1178, fig. 3776); c'est un type admis et invariable auquel s'applique exactement ce qu'en disent Ararnien Marcellin à propos de l'empereur Julien : ambitiosum diadema, lapidum futgore distinclum, et Libanius : Xi9ox6XXt;tov Tatvtav. C'est à ce même type que se rapportent ces paroles de Mamertin dans le panégyrique de Maximien : Trabeœ vestrse triumphates, et fasces consulaires, et sellœ curules et hsec obsequiorum stipatio, et [ulgor, et illa lux dioinum vcrticem claro orbe complectens, vestrorum sunt ornamenta merilorum.
Nous ne voyons rien de pareil sur les monnaies des rois mérovingiens qui sont généralement d'une exécusion si grossière que le type représenté, de face ou de profil, semble viser moins à la ressemblance qu'à la caricature. Sur quelques-unes de ces monnaies la tête royale a pour diadème un rang de perles. Ce qui est décisif pour le sujet qui nous occupe c'est que dans la tombe du roi Childéric, qui fut enterré avec tous les somptueux insignes de la royauté, il n'est fait aucune mention d'une couronne. Nous ne pouvons omettre à ce propos la mention d'une plaisante méprise qui dura longtemps. Dans certaines tombes d'époque barbare on trouva parfois deux ou trois cercles de bronze de même module et un cercle semblable mais surmonté d'une sorte de branche de même métal, courbée, allant d'un côté à l'autre. La destination de ce cercle à bande ne parut pouvoir être qu'une couronne jusqu'au jour où on découvrit un seau en bois, à peu près convenablement conservé et encore pourvu de son armature et de sa poignée.
Certaines monnaies franques offrent un diadème assez analogue à ceux en usage pour les basileis byzantins, insigne dénommé spanoclista dans le Liber pontificalis qui arrange ainsi le mot grec è7TavG>xXsi.aToç, ce qui veut dire une couronne ouverte par le haut. Constantin Porphyrogénète en reporte l'invention à Constantin le Grand qu'il nomme xap.7)Xâuxiùv, dont on a fait camelaucum (voir Dictionn., t. il, à ce mot), qui est une sorte de casque, ainsi que traduit Bède : Super caput autem geslat pileum in modutn parvuli calamauci, sive cassidis, qui extendebalur supra capitis summitalem. Théophane attribue au roi Totila un couvre-chef couvert de pierreries : xau.riXx6xt.ov 8iaXi.Gov. Polémius Silvius, dans son Laterculus, attribue à Constantin l'invention d'un diadème pour arrêter ses cheveux qui s'écartaient de son front : Constantinus senior, qui
chrislianœ religionis ministros privilegiis comnuinivil, diadema capiti suo, propter refluenles de fronte propria capillos (pro qua re saponis ejusdem cognominis odorala conjectio est) quo constringerenlur, invenit, cujus more hodie custoditur.
Si on veut bien se reporter à l'ivoire Barberini (voir Dictionn., t. iv, col. 1156, fig. 3773) et au disque d'argent de Kertch (voir Dictionn., t. iv, col. 1 184, fig. 3778) ainsi qu'à la mosaïque de Saint-Vital de Ravenne (voir Dictionn., t. vm, col. 517, fig. 6422), on verra que de Constantin à Justinien la forme et la matière du diadème n'ont guère changé. Un camée qui représente peut-être Honorius et Marie, nous montre sur le cabochon qui est au sommet du diadème, un chrisme gravé (voir Dictionn., t. xiv, col. 1565, fig. 10470).
Pour Charlemagne et ses successeurs on se reportera aux monuments que nous avons donnés de Charlemagne et de Charles le Chauve (voir Dictionn., t. m, fig. 2621; 2624; 2650). Il n'y a pas la moindre confiance à accorder à ce que dit Montfaucon des couronnes des rois de la première race qu'il tire des statues du portail de Saint-Germain-des-Prés (xie siècle) et d'autres monuments de pareille époque.
H. Leclercq.
ROIS (Titres des). — On connaît assez généralement la hiérarchie honorifique romaine qui a précédé l'empire d'Occident : Ordre sénatorial : a) VlRl illustres; b) Viri spectabiles; c) Viri clarissimi. — Ordre équestre : a) Viri per{ectissimi; b) Viri egregii. En Gaule, suivant la Notifia dignitatum, le prœfectus prœtorio est Vir illustris; est aussi classé parmi les Viri illustres le magister equitum Galliarum; mais le dux traclus Armoricani et Nervicani, le dux Belgicœ secundœ, le dux Germanicie primœ portent chacun le titre de Vir spectabilis, qui est également donné au vicarius septem provinciarum. Enfin, dans les inscriptions du ve siècle, comme dans celles du vie, les consuls sont qualifiés Viri clarissimi. — Vir per/ectissimus est dans les inscriptions le titre du prœses; Vm egregius celui du procurator. Par-dessus eux tous se trouvait l'empereur qu'on n'appelait pas vir mais Dominvs noster, en y ajoutant divers adjectifs tels que forlissimus, piissimus, clementissimus, vicloriosissimus, gloriosissimus, etc. De ces épithètes, celle de gloriosissimus est celle que le droit canonique paraît avoir le plus souvent employée, sans d'ailleurs supprimer les autres ou les équivalents. On le voit par les canons de l'Église d'Afrique : IIe concile de Carthage, 390; concile de Telepte, 418; Codex canonum Ecclesiœ Africanœ, 419. — Cet usage pénétra parmi les sujets des rois wisigoths tant en Gaule qu'en Espagne. Ainsi, au concile d'Agde (506), le préambule porte que l'Assemblée des évêques s'est faite avec la permission du roi des Wisigoths Alaric II : Ex permissu Domini nostri gloriosissimi, magniftcenlissimi piissimique régis. Le concile de Narbonne (589) se réunit : per ordinationem gloriosissimi Domini nostri Reccaredi régis. Le IIIe concile de Tolède (589) a lieu : anno régnante quarto gloriosissimo atque piissimo ac Deo fidelissimo Lomino Reccaredo rege. C'est dans ce concile que les Wisigoths abjurèrent l'arianisme. La profession de foi catholique y fut signée par six évêques ariens et plusieurs grands seigneurs wisigoths : Signum Gussini, Viri illustris, proceris ; Fansa, vir illuster, anathematizans, subscripsi; Afrila, VIR illuster, etc., enfin le roi Reccarède : gloriosissimus DOMINUS noster Reccaderus rex. Cette opposition entre le roi, Dominus, et les virise retrouve au concile de Séville, en 618, anno nono regni gloriosissimi principis Sisebuti. Au concile, les évêques siègent : cum tribus viris Sisisclo, redore rerum publicurum, atque Suanilane, actore rerum fiscalium. — Un usage analogue est établi par l'étude des documents ostrogoths et anglo-saxons. — En France, le plus ancien