IV. ROME SOUTERRAINE. — I. Destination
- Il serait superflu de définir ici et de décrire les catacombes; elles sont familières à tous les lecteurs du Dictionnaire qui pourront se reporter à ce que nous avons exposé à ce sujet au tome n, col. 2376- 2450. Le nom, aujourd'hui consacré pour désigner des cimetières souterrains et qu'on applique à des excavations disséminées en Italie, en Egypte, en Afrique, et à Paris même, est spécifiquement romain comme nous l'avons dit (voir Dictionn., t. n, col. 2487- 2512) et désignait à l'origine un petit cimetière situé sur la voie Appienne : ad Cutaeumbas qui porta, dans la suite, le vocable de Saint-Sébastien et ne cessa jamais d'être visité pendant le Moyen Age (voir Dictionn., t. xiv, col. 855-900). Deux étymologies ont été proposées : ou bien le nom fut donné d'après deux mots de la basse latinité, tirés du grec : xarâ « auprès » et x.\)tj.ooç « excavation », c'est-à-dire un lieu où les tombes sont juxtaposées; ou bien [et c'est le plus vraisemblable) le nom fut inspiré par une circonstance topographique, un pli de terrain, une dépression que traverse la voie Appienne.
Le mot « catacombe » appliqué à toutes les nécropoles chrétiennes voisines de Borne évoque surtout une idée à la fois glorieuse et tragique. On se représente volontiers sous le nom d' ■ Église des catacombes • la communauté romaine traquée par la police impériale pendant les siècles de persécution et contrainte à vivre cachée dans des lieux humides et obscurs, à y célébrer le culte et à y vénérer les reliques des martyrs. Il y eut certes des lieux de prière dans les catacombes, témoin la Cappella greca (voir Dictionn., t. n, à ce nom); on y vit administrer le baptême (voir Dictionn., t. n, à ce mot) et l'eucharistie, on y mit à mort des clercs et le pape Sixte II en personne; néanmoins si on s'y réfugia et si on s'y cacha ce ne fut qu'exceptionnellement et en petit nombre. La véritable destination de ces souterrains fut de recevoir les corps non seulement des martyrs mais encore des fidèles, les uns avant
confessé leur foi dans les supplices, les autres ayant expiré dans la communion de l'Église.
Le mobilier funéraire des catacombes, s'il nous était parvenu dans son intégrité, aurait aidé à résoudre nombre de questions qui se posent touchant l'organisation de l'Église et de la société primitive chrétienne; malheureusement les générations ont apporté un véritable acharnement à bouleverser et à détruire ces antiques témoins. Les chrétiens ont creusé des loculi à tort et à travers, les Goths et les Lombards ont tout saccagé, enfin, pendant près de trois siècles, les explorateurs ont été surtout les exploiteurs de cette mine, en apparence inépuisable.
IL Avant Antoine Bosio. — Les grandes translations de corps saints, — quels qu'en aient été la fréquence et le nombre — accomplies au ixe siècle, mettaient les reliques à la portée des fidèles habitant Borne et dispensaient les pèlerins d'entreprendre une série de fatigantes excursions aux abords de la ville sur des routes de moins en moins entretenues. On cessa dès lors de visiter les cimetières souterrains qui s'ensablèrent, s'obstruèrent et finirent par être oubliés pendant ries siècles. Ce ne fut que dans la première moitié du xve siècle qu'on s'y aventura : en 1432 un certain Johannes Lonk, de 1433 à 1480 quelques frères mineurs, en 1467 des Écossais, en 1469 un abbé de Saint-Sébastien visitèrent quelques galeries de la catacombe de C.alliste et y laissèrent leurs noms avec la date rie leurs visites. En 1475, ries humanistes s'introduisirent dans ce même cimetière et dans celui des Saints-Pierre-et-Marcellin; leur excursion aurait pu tinir de façon tragique pour leur chef Pomponius Ictus (voir Dictionn., t. vin, col. 1041-1051) et pour son confrère Pantagathus qui se qualifiaient l'un de ponti/ex maximus, l'autre de sacerdos academiie Homanse, une plaisanterie que la police pontificale n'était pas d'humeur à apprécier. Ils le savaient du reste et se gardèrent d'ébruiter les trouvailles faites au cours de leurs visites l.
Pendant un siècle environ le silence se fait et il
1 Cf. Ci. Lumbroso, dans Archiv, delta Soc. rom. di stor. pair., 1889, p. 21ô-2:S9; J.-B. de Rossi, dans fin».
di <inli. criai., 1890, p. 81-94; ('.. Stomaiolo, dans Nuovo
bull. ili arch, crisl., 1906, |>. H7-7G.
ROME SOUTERRAINE
faut attendre un esprit curieux et érudit, quelque peu superficiel, 0. Panvinio (voir Diclionn., t. xm, à ce nom), pour s'intéresser aux catacombes et les décrire mais sans les avoir visitées ; il s'est contenté de recueillir tout ce qu'on en avait dit avant lui et composa ainsi son De ritu sepeliendi morluos apud veleres christianos et de eorum cœmeteriis, paru en 1568. Selon lui il a existé quarante-trois catacombes: pour les quatre encore connues, il n'a pas pris la peine de les visiter.
Le 31 mai 1578, quelques coups de pioche donnés au hasard par des terrassiers dans une vigne de la voie Salaire, à deux milles de Rome, révélèrent d'anciennes galeries funéraires où ils aperçurent des sarcophages, des peintures et des inscriptions. La nouvelle circula dans Rome ' et attira quelques savants, dont le cardinal Baronius qui y fit plusieurs visites, les érudits Alonzo Chacon (Ciacconio), Pompeo Ugonio, Philippe de Winghe et Jean l'Heureux qui prirent des croquis et des notes dont personne ne s'occupa après eux (voir Diclionn., t. ix, col. 75- 78). Il paraît probable que le cimetière ainsi découvert était celui de Thrason ou celui des Giordani.
III. Depuis Antoine Bosio jusqu'à J.-B. de Bossi. — Nous avons déjà fait connaître la carrière et les travaux de celui qui fonda la science nouvelle et, le premier, lui imposa son nom de Roma solterranea dans un livre fameux (voir Dictionn., t. n, col. 1084- 1093). Antoine Bosio, né à Malte en 1576, avocat à Rome, n'avait que dix-huit ans lorsqu'il s'engagea pour la première fois dans les catacombes où, peut-on dire, il passa le reste de sa vie jusqu'en 1629, sauf le temps de composer son livre qui ne parut qu'en 1632. Infatigable, il retrouva les entrées, s'y glissa et explora les catacombes de la voie Tiburtine, ensuite celles de la voie Appienne, passa sur les autres grandes voies qui partaient de Rome et visita trente nécropoles. En même temps qu'il explorait les ambulacres et les cubicules, parfois au péril de sa vie, il rassemblait tous les textes littéraires susceptibles de l'instruire sur le christianisme primitif, laissant quatre in-folios de mille pages écrits de sa main et contenant les notes qui lui permirent la composition de son ouvrage dont l'oratorien Severano assura la publication. Il reçut un accueil chaleureux, et, comme la langue italienne le rendait peu accessible, il fut traduit en latin par Paul Aringhi (voir Dictionn., t. i, col. 2843-2845).
L'attention se dirigea sur la Rome souterraine dont la polémique religieuse s'empara contre le protestantisme. Aussitôt on s'empressa à déblayer des galeries funéraires pour en retirer des reliques et leur faire rendre témoignage. On creusa, on fouilla, sans méthode, sans prudence, accumulant les destructions et les ruines. Les protestants soutinrent de leur côté que toutes ces découvertes trop concluantes n'étaient qu'impostures. L'Anglais Burnet (1685- 1686), le Français Misson (1688), les Allemands Zom et Fehmel (1703 et 1713) ne voulurent voir dans les catacombes que des excavations d'origine païenne et dans les fresques l'œuvre des moines du Moyen Age. Il y avait certes de graves objections à faire contre la custodie des reliques et Mabillon les avait énoncées avec une sincérité dont on ne lui fut pas reconnaissant. Ciampini et Fabretti, très courroucés, se défendirent mal et ne firent faire aucun progrès scientifique à la connaissance des catacombes; Fabretti avait cependant découvert deux catacombes inconnues de Bosio. Boldetti a laissé des Osservazioni (1720) qui ne sont utiles que dans la mesure où elles suppléent à tout ce que nous ignorons, et Marangoni (voir Dictionn., t. n, col. 974-976; t. x, col. 1730- 1735) avait rédigé un inventaire de toutes ses trou-
vailles personnelles qui a péri dans un incendie. Il n'y a pas même un souvenir à donner à Bottori (voir Dictionn., t. n, col. 1096-1098) qui a composé un commentaire aux planches de Bosio.
Vers la fin du xvnr3 siècle, pendant un très long séjour à Rome, Séroux d'Agincourt, qui préparait une Histoire de l'art par les monuments, sollicita et obtint l'autorisation de détacher des fresques; il ne réussit, lui et ceux qui l'imitèrent, qu'à amener leur destruction.
Au xixe siècle seulement le régime changea. Entre 1830 et 1838, Désiré Raoul-Rochette (voir Dictionn., t. xiv, col. 2064-2065) donna lecture à l'Académie des inscriptions de Trois mémoires et fit paraître un Tableau des catacombes qui révélaient une conception nouvelle et vraiment digne de l'histoire. Un progrès s'affirme avec la nomination de Settele, en 1837, en qualité de conservateur des cimetières sacrés. En 1843, le P. G. Marchi lui succéda et exerça une heureuse influence (voir Dictionn., t. x, col. 1821- 1825). Il reprit les explorations suivant la bonne méthode, délaissée depuis deux siècles; on lui doit des fouilles bien conduites au cimetière Ostrien (voir Dictionn., t. xm, col. 112-130) qu'il nommait par erreur « cimetière de Sainte-Agnès »; il identifia la tombe de S. Hyacinthe (voir Dictionn., t. vi, col. 2328-2331) et sut résoudre la question des arénaires : il démontra d'une façon définitive que les nécropoles souterraines étaient non pas, comme on l'avait soutenu, d'anciennes carrières de sable utilisées ensuite pour la sépulture, mais bien des galeries creusées expressément par les chrétiens afin d'y enterrer leurs morts (voir Dictionn., t. n, col. 2407-2415, fig. 2181). « Le P. Marchi rendit aux catacombes le service d'en proclamer hautement la valeur, d'en faciliter sans cesse l'accès, d'y guider lui-même tous ceux qui manifestaient le désir de les parcourir. Il avait projeté d'écrire un traité sur les plus anciens monuments de l'art chrétien à- Rome; il voulait y réunir, classer et commenter toutes les œuvres subsistantes. Une seule partie de ce recueil a vu le jour; elle concerne l'architecture : Monumenti délie arti cristiane primitive nella metropoli del cristianesimo, disegnati ed illustrati. I. Architettura délia Roma solterranea, Roma, 1844. L'est une analyse des divers types de construction que l'on rencontre dans les catacombes et des divers aspects qu'elles présentent. Marchi en revient aux conceptions de Bosio. Le reste de son ouvrage ne devait jamais paraître. Il recula devant l'immensité de la tâche dont il s'était chargé; il sentit qu'il n'aurait ni le temps ni les moyens d'achever cette immense entreprise. Les événements politiques de 1848-1849 achevèrent de le détourner de son dessein; il se résigna au silence \ » Il avait d'ailleurs initié celui à qui était réservée la gloire d'écrire la Roma solterranea cristiana.
IV. De Rossi. — Voir Dictionn., infra, à ce nom. Nous n'ajoutons rien à ce que nous en avons dit, sinon qu'il a été guidé par une méthode inspirée d'une critique vraiment scientifique et qu'il est du nombre de ceux qui eurent l'intention de tous les résultats auxquels ils sont parvenus. Sur le terrain il découvrit dix cimetières nouveaux et douze cryptes de martyrs; dans le cabinet, il énonça les règles définitives et exposa les conséquences historiques d'une science qu'il n'a pas créée mais renouvelée, fécondée et transformée. On a dit de lui avec justesse que « le bonheur extraordinaire de ses fouilles vint tout simplement de ce qu'il ne marchait jamais au hasard et n'entamait jamais une recherche sans savoir très
1 Cf. Rômische Quartalschrift, 1888, p. 209-217. — » M. Besnier, Les culacombes de Rome, 1909, p. 15-16.
ROME SOUTERRAIN
nettement au préalable ce qu'il voulait trouver et comment, à quelles conditions, clans quelle direction il devait le trouver. Les découvertes antérieures avaient toujours été accidentelles et fortuites. De Rossi s'arrangea pour ne rien laisser à la chance, et c'est pour cela que la chance l'a si constamment favorisé. Il nous est facile, grâce à ses livres et aux confidences qu'il aimait à faire à ses amis, de nous rendre compte des principes qui l'inspiraient et de sa façon de procéder. A l'exemple de Bosio, mais avec plus de rigueur, il entendait étudier les catacombes sur le terrain : l'examen topographique et géologique du sol et du sous-sol de la campagne romaine était, à ses yeux, le préambule nécessaire de ses investigations. A l'exemple de Bosio encore, mais en profitant de tous les progrès accomplis depuis trois siècles, J.-B. de Rossi jugeait indispensable d'éclairer l'observation du terrain par la mise en œuvre des textes littéraires, des sources antiques et médiévales.
« Tandis qu'avant lui on déblayait les catacombes à l'aventure et sans aucun plan d'ensemble, de Rossi s'astreignit à suivre un ordre déterminé, qu'il demanda aux documents de lui indiquer. Il avait à sa disposition une mine précieuse de renseignements, ignorés ou négligés par ses prédécesseurs; c'était une série de listes des cimetières romains, écrites au vne et au vme siècles, alors que la Rome souterraine était encore visitée régulièrement par les fidèles *. Un des papyrus de Monza (voir Diclionn., t. i, au mot Ampoules, et t. xi, au mot Monza 2), rédigé vers l'année 600, reproduit le texte des étiquettes de flacons en verre renfermant chacun quelques gouttes d'huile prises dans les lampes qui brûlaient aux catacombes devant les sépultures des martyrs les plus célèbres; les étiquettes, également sur papyrus, donnent les noms de tous les saints dont les tombes avaient été mises à contribution; le catalogue les récapitule et énumère les noms dans l'ordre même où les tombes se présentaient aux regards des pèlerins, le long des grandes routes. D'autre part, on possède dans [le Catalogue des cimetières de Rome 3, dans la Notitia ecclesiarum urbis Romse 4, dans le De tocis sanctis marturum quse sunt loris civilalis Romœb\, dans les Gesla regum Anglorum de Guillaume de Malmesbury ", dans un manuscrit anonyme d'un moine d'Einsiedeln ', la copie d'itinéraires composés, un peu plus tard, à l'usage des visiteurs de ces sépultures illustres. Ces petits guides passent en revue successivement les cryptes et les basiliques des voies anciennes et notent les distances qui les séparaient de la ville et les unes des autres. De Rossi se dit, avec raison, que si l'on voulait retrouver et identifier les catacombes, dont beaucoup étaient encore inconnues, dont beaucoup aussi avaient reçu de leurs premiers explorateurs des noms incertains et contestables, il fallait prendre comme point de départ des travaux sur le terrain les évaluations numériques des itinéraires. Mais ceux-ci ne renferment pas seulement des noms de cimetières et des chiffres de distances. Ils nous font savoir aussi, comme le catalogue du prêtre Jean, quelles étaient dans chaque cimetière les principales tombes qu'on y vénérait. De 1593 à 1850 on n'avait retrouvé que trois cryptes historiques; De Rossi estima qu'il était possible, en s'aidant des itinéraires, d'en découvrir bien davan-
1 De Rossi a étudié l'ensemble des sources littéraires de son sujet au tome Ier de la Roma sotterranca, p. 1 1 1-183 ; il revient encore sur cette matière au tome ni, p. n-xxxu; cf. Dictionn., t. n, col. 2376-2*100. — '[Voiraussi H. Valentlni-G. Zucchettl, Codice topografico delta Città di Roma, t. Il {Fonli per la storia d'Ilalia, t. 88), p. 29-47.1 — [J Va-
tage. Au déblaiement pénible et souvent stérile de toutes les galeries souterraines que le hasard pouvait révéler, il substitua, de propos délibéré, la recherche des sépultures les plus importantes; c'est là que devaient s'accumuler les oeuvres d'art et les souvenirs des premiers siècles; en limitant l'effort à ce point précis, l'archéologue le rendrait plus profitable et ne frapperait qu'à coup sûr.
« On voit de place en place, dans les catacombes, de grands effondrements, des masses de matériaux éboulés. Bosio et ses successeurs n'avaient pas essayé de faire des fouilles au travers de ces amoncellements de décombres; ils reculaient devant les difficultés de la tâche et pensaient que sous les ruines les sépultures avaient dû, elles-mêmes, être entièrement détruites. De Rossi voulut, au contraire, porter hardiment la pioche dans les endroits en apparence les plus dévastés; il était convaincu que l'on y ferait, malgré tout, un riche butin et que les tombes historiques s'y cachaient. Nous savons par le Liber pontificalis qu'à la fin du ive siècle le pape Damase fit exécuter de grands travaux destinés à faciliter aux fidèles l'entrée des cryptes des martyrs (voir Dictionn., t. iv, au mot Damase) 8; il perça des lucernaires pour éclairer le sous-sol et bâtit des escaliers monumentaux. Les décombres que l'on aperçoit par intervalles dans les cimetières proviennent de l'écroulement de ces lucernaires et de ces escaliers, construits en mauvaises pierres et vite tombés en ruines lors de l'abandon des catacombes. L'événement justifia l'heureuse audace de J.-B. de Rossi : en quelques années il avait reconnu douze nouvelles tombes historiques dont la situation correspondait exactement au signalement qu'en donnent les itinéraires des vne et vme siècles.
« Un autre élément d'information lui permit de contrôler a posteriori l'exactitude de ses intuitions et de ses déductions. Épigraphiste éminent, il ne pouvait négliger le secours que les inscriptions apportent à l'histoire et à l'archéologie. Les grafïites (voir Dictionn., t. vi, à ce mot) des premiers siècles nous font suivre, pour ainsi dire, à la piste les martyrs célèbres; lorsque les noms des pèlerins et des curieux se multiplient sur les parois des galeries, c'est qu'on approche d'une crypte respectée, où la foule accourait; souvent à côté de simples signatures ou de pieuses invocations, se lisent les noms des martyrs enterrés tout auprès : il y a là de précieuses indications que de Rossi a su mettre à profit. Les inscriptions métriques ne lui ont pas rendu moins de services. Le pape Damase avait fait placer sur les principales tombes de longs textes épigraphiques renfermant l'éloge en vers des saints dont elles abritaient les restes; les itinéraires nous ont gardé la copie d'un certain nombre de ces poèmes; De Rossi s'est appliqué à retrouver les originaux; il en a recueilli les débris épars et souvent il a pu les reconstituer presque tout entiers, à force de patience et d'ingéniosité. Pour assurer l'identification d'une crypte historique, rien ne vaut la découverte de quelque fragment d'épitaphe damasienne.
« Ce n'est pas à dire assurément que tout soit inattaquable et définitif dans les théories de J.-B, de Rossi. Sur un certain nombre de points des recherches ultérieures ont infirmé ou ébranlé ses conclusions. Les découvertes de J. Wilpert nous
lentini-Zucchetti, op. cit., p. 49-66. — * Ibid., p. 67-99. — s Id., ibid., p. 101-131. — • Id., ibid., p. 133-153. ' Id., ibid., p. 155-207. Cf. aussi B. Pcsci, L'ttinerario romano ili Si^erico arciuescovo di Canterbury... (anno 990), dans Rivista di archeol. crist., t. xm, 1936, p. 43-60. " A. Ferrua, Ejiiqrammata Danutsiana, Rome. 1941.]