Geminus. — Mentionné dans une lettre du pape Pelage
7. Gaudiosus. — ■ Siégea au concile de Constantinople, en 680 16.
VI. Les martyrs. — • On ne peut omettre le nom de saint Ignace d'Antioche qui, dans sa vie retouchée par le Métaphraste, nous est montré débarquant à Pouzzoles : Appulit Puleolos, Huspitio autem cxceptus simul cum militibus ab iis, qui illic erant fidelibus, cum eos quoque valere jussisset in Domino, venil Romam ".
Artemas, dont la passio est l'ouvrage de Pierre, travaillant par ordre d'Etienne, évêque de Pouzzoles, qui a retouché une pièce plus ancienne, probablement au xe siècle. On y apprend le nom du martyr, mais ni celui du magistrat ni la date. Il est mentionné au martyrologe hiéronymien le 25 et le 26 janvier 18.
Alfius, Phildelfius et Cyrinus font partie d'un groupe de 18 martyrs mis à mort en 251 ". Les trois premiers sont mis à mort en Sicile; on ramène les quinze autres de Rome à Pouzzoles, où ils sont interrogés et mis à mort. Actes très douteux, qui n'ont d'autre garantie que le Ménologe de Basile 20.
Dasius, Zosimus, Januarius, Dorothea ou Dorotheus Sussimus et Januaria, qu'on ne sait trop où attribuer, à Nicomédie ou à Pouzzoles. Tout ce qu'on a proposé à ce sujet n'est que conjectural ".
Les noms de saint Janvier, évêque de Bénévent et de saint Procule, patron de Pouzzoles sont plus célèbres. On lit au martyrologe hiéronymien : 18 octobre : Puleoli. Januarii et Euticis; 19 octobre : Neapoli, Sussi, Januarii Festi, Desiderii. In cimitero Puleolis. Proculi, Eutici (p. 133); 21 octobre : Neapoli, Festi... Campania Proculi, Eutici (p. 134).
Il existe des Acta Vaticana anciens et des Acta Puteolana, les uns et les autres sujets à caution, refaits probablement par Jean Diacre ou à son époque, ce qui les rend difficilement utilisables. Il n'en est pas de même des Acta Bolonensia qui peuvent remonter au début du ve siècle et qui ont été publiés par A. -S.
pontij., dans Corp. script, ecel. lat., t. xxxv, lre part., p. 56.
— " Corp. inscr. lat., t. x, n. 3298. — 12 Corp. script, eccl. lat., t. xxxv, lre part., p. 442. — "Labbe, Concilia, t. iv, col. 1060. — " Id., ibid., t. iv, col. 1314. — ls Jane, Reg. pont, rom., p. 84, n. 636. — '"Labbe, Concilia, t. v, col. 692.
— " Acta sanct., februar. t. 1, p. 27, c. v. — 18Ch. Dubois, op. cit., p. 172; Lanzoni, op. cit., p. 142. — ™ Acta sajicf.,maii t. n, p. 509. — 20P. G., t. cxvn.col. 447. — 2I Ch. Dubois, op. cit., p. 173, note 2.
POUZZOLES ET CM MES
Mazzocchi, Actorum Bononensium S. Januarii... vindiciœ, Neapoli, 1759, et critiqués par le même dans ses Commenlarii in vctus marmoreum S. Neapolilanse Ecclesise kalendarium, t. i, p. 269-279. Cette pièce est exempte de fables, elle concentre l'action à Pouzzoles et ses environs immédiats. Les événements sont dégagés de merveilleux et tels qu'on peut se les figurer; ici l'arrestation de saint Janvier est motivée par sa demande de rendre visite à Sosius dans sa prison. Il existe aussi une Vie grecque, dite du moine Emmanuel, longtemps dédaignée comme apocryphe et qu'une publication plus récente a, en partie, réhabilitée. Nonobstant certaines retouches, on y peut retrouver un fond qui remonterait jusqu'à la première moitié du vie siècle. D'après ces remarques, on aboutirait à un fait historique survenu en 305 (sous le Ve consulat de Constantin César et de Maximianus César), peut-être au mois d'avril — celle du 19 septembre au calendrier de marbre peut être d'une translation — - celle du 23 septembre se rapporterait à la translation de Sosius — ■ celle du 15 au 20 octobre à la translation de Proculus.
La date du 21 avril est donnée par les ménologes grecs; d'après Eusèbe, la persécution cessa en Italie au mois de mai 305; enfin la Vie grecque de saint Janvier donne il est vrai le 19 septembre pour la mort et pour la translation, l'une en 305, l'autre en 315, cependant elle s'accorde avec Eusèbe et les ménologes pour marquer l'arrestation au 17 avril.
Les martyrs sont : Sosius, diacre de Misène; Januarius, évêque de Bénévent avec Festus et Desiderius, diacre et lecteur de cette Église; enfin Proculus, diacre de Pouzzoles, Eutychès et Acutius de Pouzzoles. Mentionnons encore au xiv kal. nov. du martyrologe hiéronymien : in cimeterio Puteolis Prnculi, Prosdoci et Nice matris e(ius Tasie) virginis Astibusli; ceux-ci sont inconnus sauf le martyr Procule.
Voici le résumé historique qu'on peut retenir : Sosius, diacre de Misène, emprisonné à Pouzzoles par ordre du gouverneur de la Campanie. Januarius, évêque de Bénévent, de passage à Pouzzoles avec le diacre Festus et le lecteur Desiderius lui rend visite en prison; on les arrête et tous quatre sont condamnés à être livrés aux bêtes dans l'amphithéâtre. Au jour dit on les y amène, m:>is le gouverneur est absent et la peine est commuée; les quatre chrétiens sont décapités près de la solfatare et on leur associe trois habitants de Pouzzoles qui leur ont manifesté de l'intérêt, ce sont : Procule, Acutius et Eutychès.
Les corps sont enterrés près de la solfatare, celui de saint Janvier dans un endroit appelé Marcianum (aujourd'hui Convento dei Cappuchini), pour les autres on ne sait, peut-être en différents lieux. Mais au ive siècle, les corps sont déterrés et réclamés par leurs concitoyens : les Misénates emportent Sosius; les Bénéventins enlèvent Festus et Desiderius, les Napolitains réclament Janvier, enfin les Pouzzolans transportent Procule, Acutius et Eutychès au prœtorium Faleidii.
La Vie grecque date les différentes translations des corps des martyrs de la même année on eut lieu le transfert de saint Janvier à Naplcs (en 315); elles paraissent très rapprochées.
Le pnrlorium Faleidii se trouvait à un carrefour : in contrivio ipso, attenant à une basilique dite basilica Sancti Stephani. Aux xv et xrv« des kalendes de novembre le martyrologe hiéronymien commémore à Pouzzoles Eutychès et Procule : /;; cimilcria Puteolis Proculi l, etc., et ce cirniterium paraît bien être le
1 Édit. De Rossi-Duchesne, p. 133. — 'Corp. inscr. lat., t. vi, n. 1944. — ■ Scherillo, dans l'Encyclopedia dell' Ecclesiastico, t. iv, au mot Pozzuoli, p. 913-snt. — ■ Galante, Memorie dell' antico cenoblo Lacullaiw, Napoll, 1869. —
prsetorium Faleidii, ce qui devait s'entendre, comme à cette époque, d'une villa appartenant à Falcidius2, terrain qui garda son nom même lorsqu'il fut devenu un cimetière chrétien, avec une basilique dédiée à saint Etienne.
VII. Églises. — « Prsetorium et basilica étaient situés in contrivio. Il existe un endroit de la via Campana, la via Celle, où le chemin qui se dirige vers le Cigliano, et la route qui, dans l'antiquité, longeait Pouzzoles au Nord se réunissent et constituent un contrivium. Là précisément ont été reconnus les restes d'une basilique chrétienne primitive, dont l'entrée était tournée vers l'Orient et dont le pavage subsistait presque entièrement, soutenu par la voûte d'un souterrain; deux chapelles latérales, à droite et à gauche, existaient sur les côtés extérieurs.
« Non loin de là, les traces d'une autre basilique ont été, à ce qu'il paraît, reconnues également. Un amoncellement de ruines assez étendues donne à croire qu'il y avait au même endroit un ensemble d'édifices importants 3. On a voulu y voir l'emplacement du prœtorium qui fut, au début du Moyen Age, transformé en monastère. C'est possible. En tout cas, précisément en ce lieu, parmi les ruines d'une des basiliques, a été retrouvée l'inscription chrétienne de C. Nonius Flavianus, prouvant indubitablement qu'il y avait là, dès l'époque romaine, des sépultures chrétiennes.
« Le prœtorium Faleidii était, aux vi« et vne siècles, un monastère, de même que l'ancienne villa de Lucullus à Naples, le castrum Lucullanum '. Quand ce monastère fut-il fondé? On ne sait. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'en l'année 600, il était désert et presque complètement abandonné par les moines, à cause de l'état d'insécurité du pays. La lettre du pape Grégoire, qui nous fournit ces renseignements, fait mention d'une église attenante au monastère, peut-être la vieille basilique de Saint-Étienne : Quia vero monasterium Puteolis constitutiim quod Falcidis dicitur, ita esse destitution a monachis perhibetur, ut non solum Dei illic opus minime eclebrelur, sed eliam pêne pro dereliclo, quod dici grave est. habeatur 5.
« Les autres églises de Pouzzoles que nous connaissons encore sont :
« L'église construite près de la solfatare en l'honneur de saint Janvier. On ne sait p:is la date de sa fondation (peut-être le IV« siècle).
« L'ancien temple d'Auguste, devenu postérieurement la cathédrale consacrée à saint Procule, et mentionnée pour la première fois au xe siècle 6. Quand eut lieu la transformation du temple païen en église chrétienne? Ce fut probablement quand, au moment des invasions, la plus grande partie de la ville devint inhabitable et que les Pouzzolans se réfugièrent dans l'acropole grecque, le castrum du Moyen Age. Nous avons vu plus haut qu'en 600 le prœtorium Faleidii était abandonné. Il semble difficile de croire que dans ces conditions, les chrétiens y aient laissé les corps de Procule, d'Acutius et d'Eutychès; ils durent les transporter au contraire dans le castrum et y consacrer une église à leur patron Procule. C'est vers les vi>'-vne siècles que le temple d'Auguste fut vraisemblablement consacré à saint Procule.
« On sait enfin que le corps de sainte Julienne, martyrisée à Nicomédie, sous l'empereur Maximien fut transporté en Italie, et déposé à Pouzzoles, où un mausolée fut érigé en son honneur (après 304)'. »
VIII. Fresques. — ■ Aucun vestige de catacombes chrétiennes n'a été, jusqu'à présent, découvert à Pouz-
5 S. Grégoire, Epist. ad Adeodatum abôatem Neapolitanwn, dans /'. /.., t. 1. XXVII, col. 1113. ■ — ' Capasso, Momim.
Neap. iluc. t. u.c. i, n. 406. — : Act<i sanct., tebr. t. a,
POUZZOLES ET CUMES
zoles. Aucune fresque, originaire de Pouzzoles, représentant les martyrs pouzzolans Procule, Acutius et Eutychès, n'est parvenue jusqu'à nous. Mais le culte de ces martyrs ne resta pas localisé à Pouzzoles; associé à celui de saint Janvier, il se répandit de très bonne heure à Naples. Dans une crypte des catacombes de saint Sévère, à Naples, des peintures, datant des IVe et ve siècles, nous offrent des images de saints, parmi lesquelles celle de saint Eutychès et probablement aussi celle de saint Acutius l. Des peintures des catacombes de Saint- Janvier, beaucoup plus récentes (vme et ixe siècles) représentent les sept martyrs de Pouzzoles 2. IX. Épigraphie. — Peu d'inscriptions chrétiennes.
1. Nous avons cité celle de l'évêque Théodore, en 435 : Voir ci-dessus, col. 1678.