SAINTE-MARIE IN CAP, TOLIO OU DE ARA CŒLI
— Les origines de cette très ancienne église remontent au vne siècle. Le nom du sanctuaire et du monastère qui lui est annexé est toujours, jusqu'au xme siècle, S. Mariœ in (ou de) Capitolio; le nom d'Ara cceli ne se rencontre pas avant le xive siècle.
Bibl. : D. Angeli, p. 266, 607; G. Angelini, L'Acropoli di Roma e L'Araceli, dans Cosmos calholicus, 1«-15 janv. 1900; M. Armellini, lre éd., p. 376; 2e éd., p. 540; L. Bellinzoni, Il presepio ed il bambino dell' Ara cceli. dans Vlllustraz ital., 1885; Bruti, vol. m (tom. n), fol. 207 V.-303 v. ; vol. xxm (tom. xxn), fol. 58-162; D. Cacchiatelli, Progello per la decorazione délia jacciata délia chiesa di S. Maria in Aracœli, in-8°, Pesaro, 1826; Capitoli (Ultimi) délie memorie storiche del S. Bambino di Aracœli, Roma, 1898; P. F. Casimiro, Memorie istoriche dello chiesa
e convento di S. Maria in Aracœli di Roma, Rome, 1736; A. da Cipressa, Discorso storico sopra la prodigiosa immagine di Cesi Bambino che si venera in Roma nella chiesa di D. Maria in Aracœli..., in-16, Roma, 1861; Forcella, t. i, p. 111-286, 541-544; j [I. Grassi, La Madonna di Aracœli, dans Rio. di archeol. crist., t. xvm, 1941, p. 65-96); Chr. Huelsen, Le Chiese, p. 323-324, n. 28; The legend of Aracœli, dans Journal of the brit. and amer, archeol. Soc. in Rome, t. iv, 1907, p. 39-48; C. Maes, La scala d' Aracœli montata a ginocchi, dans II Cracas, 26 juin- 3 juillet 1887, p. 12-17; P. Mazio, Délia ricostruzione delta chiesa d' Aracœli nei secoli xv-xvi, dans II Saggiatore, t. i, 1884.. p. 168; Nibby, p. 341; Panciroli, lre éd., p. 470; 2e éd., p. 67; L. Paris, La scala d' Aracœli molliplicala nei suoi cxxiv gradini, in-8°, Roma, 1552; Piazza, p. 568; [B. Pesci, // problema cronol. délia Madonna di Aracœli alla luce délie fonti, dans Rio. di arch. crist., t. xvm, 1941, p. 51-64]; J.-B. de Rossi, Musaico di S. Maria in Aracœli esistente nella cappella del Palazzo Colonna, dans Miscell. Francescana, 1886, p. 65-68; Le même, Le origini délia chiesa dell' Aracœli, dans Bull, di arch. crist., 1894, p. 85-89; Valesio, Spiegazioni di una bolla d'Anacleto, antipapa, in cui si descrivono gli antichi confini del Monte Capilolino, concesso al monaslero e chiesa di S. Maria d' Aracœli, allora in cura dei monaci de S. Benedelto, dans Calogerà, Opuscoli, t. xx, Venezia, 1739; J. Vetter, L'Ara Cœli, Souvenirs historiques, Rome, 1886; Ant. de Waal, Aracœli oder die Sibylle des Augustus. Eine miltelalterliche Légende, 2e éd., in-16, Rome, 1902.
11. saints-seroe-et-bacchus. — On lit dans la notice de Pascal Ier (817-824) que ce pape trouva le monasterium SS. Sergii et Bacchi posl formam aquœduclus patriarchii Laleranensis rébus omnibus desolatum, il y mit un couvent de moines : c'est peut-être cette communauté ou une autre qui est déjà mentionnée dans la biographie de Léon III (795-816) par ces mots : monasterium S. Sergii.
Bibl. : M. Armellini, l'e éd., p. 610; 2e éd., p. 117; Cristofori, Storia dei Card., p. 494; L. Duchesne, dans Liber ponlificalis, t. n, p. 24; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 462, n. 51 ; P. Kehr, Ital. pont., t. i, p. 34; Martinelli, p. 400.
12. sainte-marie-in-cannapara. — Cette église est souvent nommée entre le xne et le xive siècle; elle était située [dans la partie nord de] l'ancien Forum romain, sur l'emplacement de la basilique .^Emilia. Il y aurait eu une église construite dès le vne ou le vme siècle dont il resterait des sculptures chrétiennes.
Bibl. : M. Armellini, lre éd., p. 352; 2e éd., p. 530; Bruti, vol. m (tom. n), fol. 416-418; A. Bartoli, Ultime vicende e trasformazioni cristiane délia Basilica Emilia, dans Monumenti antichi des Lincei, xxi, 1912, p. 758 sq. ; Chr. Huelsen, Foro romano, 1905, p. 24, 51, 56; Jordan, Topographie, t. n, p. 250; R. Lanciani, Storia degli scavi, t. i, p. 132; H. Marucchi, Le Furum romain, 1903, p. 263; Le même, Bas. et égl. de Rome, p. 241-243; Martinelli, p. 218.
13. saint-tuêodore. — Diaconie décorée de mosaïques pas après le vne siècle. Mentionnée dans les églises objets des dons de Léon III (795-816) et sous Grégoire IV (827-844). [Son église, à l'origine une petite chapelle, est édifiée au milieu des restes imposants des horrea Agrippiana. L'abside seule remonte au viie siècle; le corps principal de l'église, en forme de rotonde, serait du xme seulement.] La mosaïque [très restaurée] de l'abside montre le Christ assis sur le globe du monde, tenant sa croix de la main gauche et bénissant de la main droite; on y voit S. Pierre et S. Paul, S. Théodore et un autre saint qui est peutêtre S. Cléonique.
ROME LES EGLISES AU MOYEN AGE
Bibl. : D. Angeli, p. 579; M. Armellini, lre éd., p. 640; 2e éd., p. 530; [A. Bartoli, Gli horrea Agrippiana e la diaconia di S. Teodoro, dans Monumenti antichi des Lincei, xxvn, 1922, p. 329 sq.]; Bruti, vol. xvn (tom. xvi), fol. 64-74 (ital); vol. xn (tom. xi), fol. 50- 57 (Iat.); vol. iv (tom. m), fol. 92-104; Fr. Cecconi, Memorie storiche délia diaconia di S. Teodoro martire alla falde del Palalino, in-4°, Roma, 1716; Forcella, t. x, p. 281-316; vol. xm, p. 504-509; [J. Lestocquoy, dans Rivista di archeol. crist., t. vi, 1930, p. 272-273;] H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 243-246; Martinelli, p. 311; Nibby, p. 736; Torrigio, Historia del martirio di S. Teodoro sequilo nella ciltà d'Amasia, in-4°, Roma, 1643; Chr. Huelsen, Le Chiese, p. 489, n. 3.
14. sainte-axaûtasje. — (Voir Dictionn., t. i, col. 1919-1924, fig. 514-515). Église très ancienne dont l'origine remonte peut-être à la première moitié du ive siècle. Le pape Damase la fit décorer de peintures (cf. De Rossi, Inscr. christ., t. n, part. I, p. 150); son titulaire est mentionné au concile romain de 499 et sa condition hiérarchique fut spécialement rehaussée pendant la période byzantine du vne-ixe siècle. Léon III (795-816) la restaura et l'enrichit de ses dons, ainsi (pie Grégoire IV (827-844).
Cette église renfermait autrefois le tombeau de famille- du pape Jean VII (705-707), (ils d'un administrateur du palais impérial nommé Platon. Sainte- Anastasie dépendant du palais, les fonctionnaires s'y faisaient enterrer. L'inscription placée par JeanVU nous a été conservée; elle nous apprend cpie Platon. l'ir illustris et chargé de cura palatii, mourut en 686 et sa femme. Plat ta, en 687; à cette date, le palais impérial n'était pas abandonné. Voici le texte de l'inscript ion | Diehl. 201 a] :
In templn Dimc Anastasia;.
l'Ilimn fuiieres persolvens munia bnstn
Quo pulcr illustris membra locanda dedil Adjeeit tilulos proies veneranda Joannes
Ne tanins quovis cssel honore ininor.
Hic iacet iile Plato qui multa per agmina luslrans
lit maris nmlisoni per frein longa volan.s Claruil insignis regnn gratusque minister
Celebremque sua preestitit (-s.se manu.
Post ergo multipliées quos prisca palatia lionne
l'nt'slilcranl curus longo re/ecta gradu Pergit ail «terni divina palatia régis
Sumere cum meritis prœmia firma Tiei.
Plato. v. ill. cura palatii urbis Romse vix. ann. : pi. m. lxvi. dep. : m. nob. die vu. indic. : xv. Imp. : dn : Justiniano Aug. ano. ti p. c. ejus ano n.
Ribl. : D. Angeli, p. 29-32, 606; M. Armellini, lre éd., p. 1 1 1 ; 2e éd., p. 532; Le même, // titolo di S. Anastasia, in-8°, Roma, 1884; Bruti, vol. xvn (tom. xvi), fol. 45-64 (ital.); vol. xn (tom. xi), fol. 36-49 (lat.); F. Capello, Drevi nolizie dell' anlico e moderno sluto délia chiesa collegiala di S. Anastasia di Roma, in-4°, Roma, 1722; Se. Coppa et G. F. Vagliadolid, // trojeo délia bonlà per il giorno feslivo solennizato in Roma a' 5 di maggio, nell'insigne basilica di S. Anastasia, in-4°, Roma, 1680; G. M. Crescimbeni, L'istoria délia basilica di S. Anastasia titolo cardinal izio, Roma, 1722; L. Duehesne, Notes sur la topographie de Rome au Moyen Age, dans Mil. d'arch. et d'hist., t. vu, 1887, p. 387-413; Forcella. t. x, p. 33-54; H. Grisar, L'Anustasis et l'Apostoleion di Roma, dans Analcclu Romana, 1899, p. 594-610: Chr. Huelsen, Le chiese, p. 172-173, n. 20; E. Junyent, La maison romaine du tilre de Sainle-Anaslasie, dans Rio. di urch. crist., t. vu, 1930. p. 91-106; [R. Krautheimer, Corpus Rasilicarum, t. î, s. v. ;] Martinelli, p. 54: IL Marucchi, Sainte- Anastasie, dans Le Forum romain el le Palatin, Paris, 1903, p. 389-392; Le
même, Bas. et égl. de Rome, p. 246-247; Panciroli, lre éd., p. 706; Severano, Sette chiese, p. 342; G. Ugonio, Stazioni, p. (il.
15. sainte-marie-antique. — (Voir Dictionn., t. v, col. 2006-2047, fig. 4580-4600.) Église très ancienne construite sur les ruines de la bibliolheca templi Divi Augusti, agrandie et décorée sous Martin I" (649-653), Jean VII (705-708), Zacharie (741- 752), Paul I" (757-767) et Hadrien I" (772-793), enrichies des dons de Grégoire III (731-741) et de Léon III (795-816). Le pape Léon IV (845-847) décida l'abandon de l'église que menaçait la ruine du palais impérial; elle fut remplacée par la basilique Sainte-Marie-Nouvelle.
Bibl. : Voir t. v, col. 2063-2065; ajouter D. Angeli, p. 260 sq.; Armellini, lre éd., p. 431; 2e éd., p. 159; H. Grisar, S. Maria Antiqua différente da S. Maria Nova, Roma, 1895; Chr. Huelsen, Foro romano, 1905, p. 141-157; Le même, Le chiese, p. 309-310, n. 8; R. Lanciani, dans Memorie dei Lincei, t. i, p. 497-499; H. Marucchi, Ras. et égl. de Rome, p. 247-262; [E. Tea, La basilica di Santa Maria Antiqua, Milan, 1937:] J. Wilpert, Mosaiken und Malereien, t. i et n.
16. SAiNT-cÉRAiRE-iN-PALATio. — Monastère fondé au commencement du ixe siècle parmi les ruines des palais impériaux. La plus ancienne mention se lit dans la Translatio SS. Marcellini el Pétri de Einhard, où on voit que le moine Basale, fuyant Constantinople en 824, in monte Palatino apud alios Grseeos, qui ejusdem professionis eranl. cum quatuor discipulis suis hospilium liubuit.
Bibl. : Armellini. 1"' éd., p. 187; 2« éd., p. 517; Alf. Bartoli, Scoperta dell' oratorio e del' monastero di S. Cesario sul Palalino. dans Nuovo bull. di arch. crist., 1907, p. 191-204; Le même, Notizie degli scavi. 1020. p. 3 sq.; L. Duehesne, La chapelle impériale du Palatin, dans Bull. ail., t. vi, 1885. p. 117-421; Le même, Le Palatin chrétien, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1900, p. 17-28; Fcdele, dans Arch. soc. romana, t. xxvn, 1903, p. 345; Chr. Huelsen. Le chiese, p. 232-233, n. 10; P. Kehr, Ital. pont., t. i. p. 103; J. P. Kirsch, dans Rom. Quartalschr., 1907. p. 148; R. Lanciani, Ruins and excavations, p. 171: Storia degli scavi, t. n, p. 46; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 262-265; Le même, Guide du Palatin, 1898; Le même, Le Forum et le Palatin, 1903.
Il existe une autre église sous le même vocable sur la voie Appienne, appelée faussement in Palalio par suite d'une confusion avec la chapelle intérieure du palais impérial. On y trouve une allusion, en 603, dans le Régeste de S. Grégoire le Grand à propos de la translation des portraits de l'empereur Phocas et de sa femme Leontia, in oratorio sancti Csesarii intra Palalio. Mentions dans la notice de Serge Ier (687- 701) : oraculum beati Cxsarii quod est intra palalium. D'après les notices d'Etienne III (768-772) et de Serge II (844-847), cet oratoire se trouvait situé in vesliario, c'est-à-dire dans la partie occidentale du palais de Latran, près du baptistère. L. Duehesne a voulu renvoyer à tort les passages de la correspondance de S. Grégoire et de la notice de Serge Ier au monastère du Palatin (Duehesne, au Liber pontiflealis, t. î. p. 481. n. 16; Chr. Huelsen, Le chiese. p. 234. n. 12).
17. SAINT-SÉBASTIEN IX PALATIO. Église qui rappelle le martyre du saint, martyre en deux actes; d'abord in campa, les flèches, ensuite in hippodromo, les fouets; le corps aurait ensuite été précipité dans un égoût qui est peut-être celui qui se trouvait au pied même du Palatin, le long de la voie Triomphale. Un oratoire exista probablement in Palatio dès le Ve siècle, bien qu'on n'en rencontre pas de mention avant l'an 1001. Au xue siècle, ce fut le siège d'un
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monastère bénédictin on fut élu le pape Gélase II en 1118.
Bibl. : Armellini, 2* éd., p. 524; P. Fedele, Una chiesa del Palatino. S. Maria in Pallara, dans Archivio délia R. Soc. rom. di slor. patria, t. xxvi, 1903, p. 313-380; [1). Lugano, San Benedetto sul Palatino e sul foro Romano, dans Rivista storica benedettina, 1924, p. 201 sq.;| H. Marucchi, Bas. et eut. de Rome, p. 265-206; Mon. Germ. hist., Scriptores, t. îv, p. 768; t. vu, p. 692; J.-I3. de Rossi, dans Bull, di arch. crist., 1867, p. 15-16; E. Stevenson, // cimitero di Zotico, 1871 ; P. A. Uccelli, La chiesa di S. Sebastiano martire sul colle Palatino e l'rbano XII P. M., in-8°, Roma, 1876.
18. 8AINT-QEORQES-AU-VÊLABRE. — Dans la notice de Léon II (082-683), on lit ce passage ajouté plus tard : huius... iussu ecclesia iuxta vélum aureum in honore beati Sebastiani edificata est, nec non in honore martiris Georgii; cette mention est la plus ancienne pour la basilique, car le témoignage d'une épitaphe sur un LECTOR DE BELABRV, en 482 (voir Dictionn., t. vin, au mot Lecteur) peut se rapporter au domicile du défunt plutôt qu'au titre de Saint-Georges. On trouve une autre mention dans la notice du pape Zacharie de la diaconia sancti Georgii sita regione secunda ad vélum aureum. Quant au nom de Velabrum ou Velavrum, on en fit, plus tard, vélum aureum. On trouve bien dans la correspondance de S. Grégoire le Grand une ecclesia sancti Georgii posita in loco qui ad sedem dicitur (Registr., 1. IX, ep. vu), mais elle n'appartient pas à Rome mais à Palerme.
Bibl. : D. Angeli, p. 157; M. Armellini, lre éd., p. 253; 2e éd., p. 630; D. Bartolini, De S. Zaccaria P. M. commentarius, in-8°, Ratisbonne, 1879; P. Batiffol, Inscriptions byzantines de Saint- Georges au Vélabre, dans Mél. d'archéol. et d'hist., t. vu, 1887, p. 419-431; Bruti, vol. xvn (tom. xvi), fol. 33-45 (ital.); vol. xn (tom. xi), fol. 28-36 (lat.); G. Cozza Luzi, Velabrcnsia. Studio storico critico sulla chiesa di S. Georgio in Velabro. Sue memorie ed epigrafe, dans Bessarione, 1899, t. vi, p. 58; Forcella, t. xi, p. 383-391; P. Federico da S. Pietro, Memorie istoriche del sacro lempio, ossia diaconia di S. Georgio in Velabro, Roma, 1794; Martinelli, p. 106; Marucchi, p. 266-270; Nibby, p. 234.
19. sainte-makif.-ix-cosmedix. — (Voir Dictionn., t. x, col. 2079-2084.) Cf. G.-B. Giovenale. La basilica di S. Maria in Cosmedin, in-4°, Roma, 1927. •
XXII. Églises de la IIIe région. — Cette région comprenait l'amphithéâtre Flavien, Ludus magnus, qui a pris, depuis, le nom de Colisée; nous avons décrit ce monument (voir Dictionn., t. i, col. 1648- 1665, flg. 415).
1. saint-clément. — (Voir Dictionn., t. m, col. 1873-1902, fig. 3019-3030; t. xm, col. 19, fig. 9272.) Depuis l'époque où nous avons groupé les résultats acquis touchant cette basilique, de nouvelles études ont eu lieu et les fouilles de 1857 ont été complétées ou, en partie, corrigées par celles de 1912 à 1914. Les résultats obtenus, à la suite des recherches longues et consciencieuses de M. l'abbé E. Junyent, ajoutent et modifient en partie les conclusions auxquelles J.-B. de Rossi avait abouti. Les voici sommairement. Sous la basilique inférieure de Saint- Clément subsistent les restes 'de deux maisons distinctes, à étage, du type de Vinsula et non de la maison pompéienne. La première, appelée domus démentis du nom d'un homonyme du pape, remonte au ier siècle. Vraisemblablement, elle servit assez tôt à des réunions de chrétiens. Vers le milieu du me siècle, ceux-ci en ayant acquis la propriété, reconstruisirent l'étage et y aménagèrent une grande
aula voûtée, pourvue d'annexés, tout en conservant les parties basses des murs du pourtour. Ce devint une église, un dominicum, dénommé depuis lors titulus démentis. Sous le pape Sirice (384-399), de grands changements y furent apportés. X.'aula reçut deux rangées de colonnes et fut changée en une basilique avec nef centrale à éclairage direct. Dans la suite, le prêtre Mercurius, qui fut pape sous le nom de Jean II (533-535), y fit de grandes transformations; probablement il lui donna son atrium et son abside. Mais celle-ci fut prise aux dépens de la seconde maison au-dessus de laquelle l'église Saint-Clément est construite. Il s'agit d'une habitation privée de la fin du Ier siècle dont les substructions sont conservées, et dans laquelle fut établi le culte de Mithra, depuis le début du me jusqu'à la Tin du ive siècle. Dans la suite, cette basilique inférieure fut restaurée sous les papes Hadrien (772-795) et Léon V (847). Après l'incendie du quartier du Latran par les hordes de Robert Guiscard (1084), ses ruines émergeaient à peine au-dessus des décombres accumulés. La basilique supérieure date du début du xne siècle. Son atrium correspond à celui de la basilique inférieure, mais sa nef à bas-côtés est moins large : le bas-côté de droite de la basilique inférieure est resté en dehors du périmètre de l'édifice du xnc siècle. Outre le titulus démentis, il en est quatre autres à Rome où l'on peut retrouver des restes dégagés appartenant aux constructions primitives : le titulus Pudentis, le titulus Equitii, le titulus Bijzantis et le iitulus Anastasiœ. Tous paraissent présenter une évolution architecturale analogue à celle que nous venons de rappeler.
On doit se reporter aux deux excellents travaux de E. Junyent, La primitiva basilica di San Clémente e le costruzioni antiche circostanti, dans Rivista di archeologia cristiana, t. v, 1928, p. 231-278, et // titolo di San Clémente in Roma, dans Studi d'antichità cristiana, t. vi, Roma, 1932. L'auteur a eu le grand mérite de débrouiller l'enchevêtrement de constructions profanes, chrétiennes et mithriaques sousjacentes à la basilique du xne siècle. L'examen méthodique des appareils de construction, trop négligé jusqu'ici, a permis d'apporter une solution nouvelle à tous les problèmes qui se posaient depuis les fouilles heureuses du P. Mullooly
Deux maisons, voisines mais bien distinctes, avaient été bâties, après l'incendie de Néron, au fond de la vallée qui sépare le Celius de l'Esquilin. Dans l'une, on installa un sanctuaire chrétien; dans l'autre, un mithrseum. Là où de Rossi pensait qu'une même maison avait abrité successivement les deux religions rivales, il faut donc distinguer deux lieux de culte.
Ayant fait à Mithra et à ses fidèles sa part, l'auteur retrace l'histoire du sanctuaire chrétien. Si les textes sont d'une pauvreté désespérante, les murs du monument portent la marque de ces vicissitudes. La partie supérieure de la maison chrétienne fut rasée au milieu du ine siècle pour être remplacée par une construction de brique dont les façades aux baies amples et nombreuses existent encore; elles furent, en effet, respectées par les papes Sirice et Jean II qui remanièrent cette construction du ine siècle et lui donnèrent la forme basilicale (fig. 10653). On dressa tout d'abord une double rangée de colonnes pour soutenir le toit; et, au début du vie siècle, on prolongea la nef ainsi obtenue par une abside. Celle-ci enfonça le mur de la maison voisine pour venir se loger comme une tumeur au-dessus de l'antre de Mithra, muré depuis plus d'un siècle.
Après le désastre que nous avons rappelé, la nouvelle basilique fut consacrée le 26 mai 1128, soli-
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dénient plantée sur les monuments séculaires entassés sous elle l.
A quelle époque commença-t-on à célébrer le culte chrétien dans ce Dominicum démentis dont les murs les plus anciens remontent au milieu du i" siècle? Au temps de S. Jérôme, le sanctuaire de S. Clément passait déjà pour très ancien; il l'était bien, en effet, si l'érection du titre remonte au nre siècle.
Bibl. : Adinolfi, i, p. 305; D. Angeli, p. 96; M. Armellini, 1™ éd., p. 195; 2e éd., p. 124; Basilica of S. Clémente, dans Dublin Revieiv, t. xvn, 1871, p. 402-420; Bruti, vol. iv (tom. m), fol. 230 V.-244 (ital.); vol. xvn (tom. xvi), fol. 199-208 (lat.); Forcella, t. iv, p. 499-511; G. Gatti, Di un nuovo monumento epigrafico relativo alla basilica di S. Clémente, dans Bull. d. comm. archeol. com. di Roma, 1889; F. Gori, II santuario del persiano Dio Mitra ultimamente scoperlo a S. Clémente in Roma, dans 77 Buo-
Ve éd., p. 269; 2e éd., p. 182; Piazza, p. 496; Th. Roller, Saint-Clément de Rome. Description de la basilique souterraine récemment découverte, in-8°, Paris, 1873; P. Rondini, De S. Clémente papa et martyre ejusque basilica in Urbe Roma libri 2, in-4°, Romae, 1706; J.-B. de Rossi, Prime origini délia basilica di S Clémente, dans Bull, di arch. crist., 1863, p. 25-31, 39; Le même, Le pitture scoperte in S. Clémente, ibid., 1864, p. 1-6, 39-40; Le même, / monumenti scoperti sotlo la basilica di S. Clémente sludiati nella loro successione stratigraftea e cronologica, ibid., 1870, p. 125-127, 129-168; Le même, Musaici cristiani, fasc. 3, 4; Al. Thompson, Récent excavations in Roma, in-8°, Edinburgh, 1866; V. Tizzani, Délia Commission di archeologia sagra del museo cristiano Pio e dell' antica basilica di S. Clémente, Roma, 1886; P. Ugonio, p. 122; V. Waille, Note sur une inscription et des peintures murales de la basilique de Saint-
10653. — Élévation du sanctuaire chrétien et de la maison mithriaque. D'après Minuta di archeologia cristiana, t. v, 1928, p. 261, fig. 9.
narolti, 1871; J.-G. Gray Gordon, The house and the basilica of San Clémente, dans Journal of (lie british and american archaeol. Society in Rome, t. m, 1901 ; Le même, The church of S. Clémente in the lighl of M. Wilperl's récent researches, ibid., t. iv, 1907, p. 98-109; Th. Gsell-Fels, Romische Ausgrabungen im letzten Decennium. Die Unterkirche S. Clémente, in-8°, Hildburghausen, 1870; A. Guerber, La basilique de Saint-Clément à Rome et les récentes découvertes qu'on y a faites, dans Mém. de la Soc. mon. hisl. d'Alsace, 2e série, t. v, p. 74; C. Hessel, Die altchristlichen Basiliken Roms, insbesonders die Basilika S. Clémente, s. 1., 1869; E. Junyent, voir ci-dessus, col. 2946; P. Kehr, Ital. pont., t. I, p. 44; [R. Krautheimer, Corpus Basilicarum, t. i, s. v. ;] G. Lignana, Letter on Rome and the Slavs, transi, by Rev. S. B. Burtchaell, in-8", Rome, 1876; Martinelli, p. 90; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 287-308; Le même, Un ricordo délia prima Crociala in Roma, Roma, 1890; O. Montenovesi, Un' iscrizione postconsolare inedita in S. Clémente di Roma, dans Miscell. di stor. e cuit. eccl.. t. n; G. Mullooly, Brevi notizie dell' antiche pitture discopcrle nella Basilica soilcrranea di S. Clémente in Roma; Le même, S. Clément pope and martyr and his basilica in Roma, in-8°, Rome, 1873; Nibby, p. 170; Nota delli pittori che hanno dipinlo nella chiesa di S. Clémente papa e martire, dans Ms. Vat. 863.5, c. 45-46ft; Panciroli,
Clément à Rome, dans Atti del Congr. inter. di scienze stor. (Roma, 1-9 avril 1903), vu, Stor. dell' arte, p. 171-176; Fr. 'Wickhofï, Die Fresken der Katharinenkapclle in S. Clémente zu Rom. Ein Beitrag zu ihrer Datierung, dans Zeitschr. fur bild. Kunsl, xxiv. 11 Aug. 1889; G Wilpert, Le pitture délia basilica primitiva di S. Clémente, dans Mél. d'arch. et d'hist.. 1906, p. 251-303.
2. SAINTE-FÉLICITÉ. — (Voir Diclionn., t. v, col. 1280-1289, fig. 4327, 4328.)
Bibl. : M. Armellini, 2e éd., p. 136; T. Marcelli, Lettera al sig. Duca di Yentignano C. delta Yalle sopra un' antica cappella cristiana scoperta di fresco in Roma nelle Terme di Tito, in-8"; N'apoli, 1813; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 308-311 ; De Romanis. Le Terme di Tito, Roma, 1882; H. Grisar, Hisl. de Rome et des papes, t. i, p. 177, fig. 46.
3. SAiNT-Piz/uiE-fis-LiE.xs. — (Voir Dictionn., t. m, col. 3-12, fig. 2380, 2381, 2383.)
Cette église remonte à la fin du iv* siècle sous le vocable des Saints-Apôtres; au Ve siècle, elle fut restaurée par le pape Sixte III et l'impératrice Eudpxie, femme de Valentinien III, ce qui lui valut pour un temps le nom de basilica Eudoxiana. mais ii'em-
1 C. Cecchclli, .San Clémente, Roma, 1930; cf. E. Junyent, Per la scoperta di un se/)o/cro nella basilica di S. Clémente, dans Riv. di arch. crist., t. vi, 1929, p. 241-245.
ROME. LES ÉGLISES AL' MOYEN AGE
pécha pas de lui attribuer une antiquité fabuleuse consignée au martyrologe hiéronymien, 1er août : Romœ dcdicatio ecclesiœ a B. Petro conslruclœ et œdificatœ, lit-on dans le ms. de Rome, et Romœ dedicatio primas ecclesiœ a B. Petro apostolo constructœ, dans le ms. de Wissembourg. Le ms. d'Epternach se contente de ces mots : Natale s. Pétri ad vincula. (Voir Dictionn., t. m, col. 4.)
Bibl. : Adinolfi, t. n, p. 108-113; D. Angeli, p. 504; M. Armellini, 1" éd., p. 553; 2e éd., p. 20; Bruti, vol. xvm (t. xvii), p. 337-398 (ital.); vol. xn (t. xi), fol. 268-279 (lat.); Michelange Buonarotti, Lettera giustificarsi contro le calumnie decjlj emuli e dei nemici suoi sul proposito del sepolcro di papa Giulio, Irovala e pubblicata con illustrazioni da S. Ciampi, in-8°, Firenze, 1834; Fr. Cancellieri, Lettera al ch. sig. canonico Domenico Moreni sopra la statua di M osé del Buonarotti nella chiesa di S. Pietro in Vinculis, con una bibliografia mosaica, in-8°, Firenze, 1823; A.-M. Daniel, Michelangelo's Moses and Grœco- Roman sculpture, dans Journal of the brit. and amer, archœol. Society in Rome, t. iv, i, 1907, p. 32-58; L. Duchesne, dans Mél. d'archéol. et d'hist., t. vu, 1887, p. 222; P. M. Ferri, Disegno rappresentante il primiiivo progetto di Michelangelo pel monumento sépulcrale di papa Giulio II, dans Miscellanea d'arte, janvier 1903, p. 11-14; Forcella, t. iv, p. 75-97; t. xin, p. 423-425; [Ant. Gasparoni,] Il Mosè a S. Pietro in Vincoli, capo d'opéra in scullura di Michel- Angelo Buonarotti, illustrato, descritto e messo a confronte con le altre due statue che sono in Roma, rappresentanti il medesimo sogetto l'una alla fontana délie Terme, a S. Giovanni l'altra, in-8°, Roma, 1839; L. Giampaoli, Memorie délie sacre catene di S. Pietro apostolo con discorso storico sopra la basilica e canonica Eudossiana in Roma del ch. abate M. Monsacrati, in-8°, Prato, 1884; H. Grisar, Le reliquie dei sette fralelli Maccabée. Il sarcofago coi sclte comparlimenti ecc. Le lamine di piombo relative ai santi Maccabée, dans Civiltà cattolica, série XVII, t. ni, 1898, p. 719 sq. ; Le même, Dell' insigne tradizione romana intorno aile catene di S. Pietro nella basilica Eudossiana. Il carmo spolelano del secolo V in onore délia catena ecc. Le più anliche traslazioni di particella délia catena romana. Una visita al litolo di Eudossia e aile catene di S. Pietro, dans Civiltà cattolica, j série XVII, t. ni, 1898, p. 205-221; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 418-419, n. 16; P. Kchr, Ital. pont., t. i, p. 47; [Kirsch, Titelkirchen, p. 45-52;] J. de Laurière, Une inscription énigmatique à l'église de Saint- Pierre-ès-Liens à Rome, dans Bull, mon., 5e série, t. vm, p. 122-148; Lubin, p. 342; G.-B. Mari, La basilica di S. Pietro in Vincoli, dans Ms. Bibl. Brancacciana de Naples ///. B. 7, fol. 198 sq. ; Martinelli, Roma ex elhn., p. 284; F. Martinelli, Memorie di S. Pietro in Vincola e délie Carine; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 311-319; P. Mencacei, Courte notice sur les chaînes de saint Pierre, 3e éd., in-12, Rome, 1866; en italien, 1867; M. Monsacrati, De catenis S. Pétri dissertalio, Romœ, 1750; Romœ, 1823; Nibby, p. 663; Notizie délie catene di S. Pietro apostolo e corne fu edificata la chiesa di S. Pietro ad Vincula, dans Ms. Vat. 6745, c. 826-90; Palmieri, Notizie istoriche délie sacre catene di S. Pietro, Roma, 1846; Panciroli, lre éd., p. 685; 2« éd., p. 208; Piazza, p. 507; E. Pistolesi, Del Mosè di Michelangelo, Roma, 1852; Privilegi, istromenti, atti e donazioni spettanti ai canonici regolari di S. Pietro in Vincoli, compilés par I. Gigliucci, Ms. de l'Arch. de Saint-Pierre-ès-
1 Liber pontifiealis, édit. Duchesne, t. i, p. 170. — ' Ibid., t. i, p. 187. — ' R. Vieillard, Les titres romains et les deux éditions du Liber pontifiealis, dans Rivista di archeol. crist..
Liens; M. Rampolla del Tindaro, Del luogo e del sepolcro dei Maccabei, dans Bessarione, 1er févr. 1897, p. 655-662; 1" mai 1897, p. 9-22; Torrigio, Sacri tro[ei, p. 126; P. Ugonio, p. 50.