‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 401 sur 477 · SA1JSTT-ANDRÊ L'ATA BARBARA PATRICIA OU JUXTa · texte numérisé non relu

SA1JSTT-ANDRÊ L'ATA BARBARA PATRICIA OU JUXTa

| pr&sepe. — Cette église, très ancienne, fut dédiée i par la générosité d'un goth nommé Flavius Valila Theodobius sous le pontificat de Simplicius (468- 483); c'était une salle richement ornée du palais j du Junius Bassus, consul ordinaire en 331 (voir Dictionn. t. xn, col. 2347). Nous n'en connaissons rien, car il fut détruit en 1686, mais du moins avons-nous les descriptions de Philippe de Winghe, de Ciampini, Vetera monimenta, t. i, de San Gallo (ms. bibl. Barberini), de Panvinio (ms. Vat. lat. 6780, fol. 63), de P. Ugonio (ms. Barberini, 1053-1057), de Severano (Setle chiese, p. 85-86), de Grimaldi (ms. Vat. lat. 6437, fol. 36-37). Un manuscrit de Sienne a conservé le texte d'une inscription qui se lisait sur l'abside du monument primitif et qui se retrouve presque identique dans la Sylloge de Pierre Sabinus [Diehl, 59] :

IVNIVSBASSVS-VCCONSVL ORDINARIVSPROPRIA IMPENSA A SOLO FECIT ET • DEDICAVIT FELICITER

Ce Junius Bassus fut probablement consul en 317 et le père de cet autre dont le sarcophage est célèbre (voir Dictionn., t. n, col. 608; t. i, col. 897). Il avait décoré sa maison de mosaïque qu'on appelait opus sectile dont quelques fragments sont conservés (voir Dictionn., t. vu, col. 510-511).

La basilique de Junius Bassus demeura basilique civile jusqu'à la fin du ivc siècle; nous en lisons alors cette mention dans la notice de Simplicius : Dedicavit basilicam bealo aposlolo Andréa juxta basilicam S. Mariée. L'inscription qui fut alors tracée dans l'abside nous a été conservée par cette dédicace [Diehl, 1785] :

Hœc. tibi. mens. Valilœ. devovit. prsedia. Christe

Cui. testator. opes, delulit. ipse. suas Simpliciusque. papa, sacris. eœlestibus. aptans

Lffecit. vere. muneris. esse lui Et. quod. apostolici. dcessenl. limina. nobis

Martyris. Andreœ. nomine. compnsuit Utitur. hac heeres. titulis. ecelesia. justis

Succedensque. domo. mistica. jura, local Plebs. devota. veni. perque. hœc. commerlia. disce

Terreno. censu. régna, superna. pelé

Valila nous est également connu par la charta Cornutiana (voir Dictionn., t. m, col. 881-883), où il est question de donations faites par Theodovius que J.-B. de Rossi corrigeait en Theodorius, et cette lecture fut acceptée par le P. Bruzzo ' et par L. Duchesne 2; mais en étudiant une des inscriptions de la corniche du podium du Colisée, qui marquaient

1 Regesto délia chiesa di Tivoli, p. 15-17, dans Sludi e documenti di storia e diritlo, t. i, 1880. — ! Liber prtntificalis, édit. L. Duchesne, t. i, p. cxlvii.

ROME. LES ÉGLISES AU MOYEN AGE

les places des personnages de distinction, préfets, consuls ou patriciens, Chr. Huelsen a lu le nom de FL. THEODOBIVS, qui était le vrai nom de Valila. Flavius n'était pas son gentilitium, mais un prœnomen que plusieurs autres barbares, au ive et au ve siècle, adoptèrent comme titre de noblesse '.

Le pape Simplicius consacra l'édifice auquel il laissa sa décoration en opus seclile; il ajouta seulement la mosaïque de l'abside dont Ph. de Winghe et G. Marin ont laissé des descriptions et Ciampini un croquis. Au commencement du vne siècle, à côté de l'église, s'éleva un monastère dont parle la notice de Grégoire II (715-737) : monasterium iuxta S. Mariam maiorem posilum S. Andreœ apostoli, quod Barbarse nuncupatur. D'après L. Duchesne *, la fondatrice serait Barbara, correspondante et amie de S. Grégoire le Grand. Dans la notice du pape Léon III (795-816), cette église est désignée une fois comme : ecclesia S. Andreœ quœ ponitur iuxta prœsepem, et une autre fois : S. Andrese cata Barbara palricia.

Bibl. : Adinolfl, n, p. 220; D. Angeli, p. 50; M. Armellini, 1™ éd., p. 115; 2e éd., p. 851; Bock, dans Chrislliche Kunstblàtler, mars 1869; L. Bruzza, dans Studi e docum., t. i, 1880, p. 15-17; Bruti, vol. vu (tom. vi), fol. 177-193; Cancellieri, De secret. Vat., t. m, p. 1541; Ciampini, Vêler, monim., t. i, p. 242; Corvisieri, dans // Buonarotli, 1870, p. 47; L. Duchesne, dans Lib. ponlif., t. i, p. 410, n. 7; t. ii, p. 44, n. 84; Le même, Mél. d'arch. et d'hist., t. xxvii, 1907, p. 487 sq. ; Ferri, dans Archiv. d. real. Soc. rom. du stor. patr., t. xxvii, p. 161; Grimaldi, dans Ms. Vat. lat. 6437, fol. 36-37; P. Kehr, Ital. pont., t. i, p. 56-57; Chr. Huelsen, // fondalore délia basilica di S. Andréa suit' Esquilino, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1899, p. 171-176; Le même, Le chiese, p. 179-181, n. 32; J. de Laurière, La colonne dite de Henri IV à Rome, in-8", Tours, 1883; Martinelli, p. 338-340; [G. Lugli, La basilica di Giunio Basso sull' Esquilino, dans Rivista di archeol. crist., t. vin, 1932, p. 221-255;] H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 337-342; Marucchi, / lavori al intarsio délia basilica di Giunio Basso sull' Esquilino, dans Bull, délia comm. arch. comm., 1893, p. 89-104; Panciroli, 1" éd., p. 215; 2e éd., p. 245; De Bossi, Inscr. christ., t. n, part. I, 1888, p. 436; Le même, La basilica profana di Giunio Basso sull' Esquilino dedicata poi a S. Andréa ed appella cata Barbara patricia, dans Bull, di arch. crist., 1871, p. 5-29, 41-64.

7. saint-eusèbe. — La plus ancienne mention de ce titre est l'épitaphe d'un clerc trouvée dans la catacombe de Pierre et Marcellin et portant la date de 474; au même temps appartient un graffite qui fait mention de Olympius leclor de d(ominico) Eusebi. On voit ses prêtres souscrivant aux conciles romains de 499 et de 595. En 921, le moine Benoît André du Mont Soracte parle d'une ecclesia Sancli Eusebii iuxta macellum parvum.

Bibl. : Adinolfl, i, p. 290; D. Angeli, p. 132 sq.; M. Armellini, 1" éd., p. 232; 2« éd., p. 807; G. Bianchini, Memorie délia chiesa di S. Eusebio, dans ms. Vat. 8081, c. 103-107; Bruti, vol. xvm (tom. xvn), fol. 304-310 (ital.); vol. xn (tom. xi), fol. 227-230 (lat.); vol. vu (tom. vi), fol. 209-217; L. Duchesne, dans Mél. arch. et hist., t. vu, 1887, p. 223; Forcella, t. x, p. 401-410; Heuzen et C.-L. Visconti, Bassorilievi délie iscrizioni militari votive dissepellite prcsso la chiesa di S. Eusebio sull' Esquilino, dans Bull, délia comm. arch. com. di Roma, 1876; Chr.

1 Chr. Huelsen, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1899, p. 171 sq. — * Liber pontificalis, t. i, p. 487. — 3 De Rossi,

Huelsen, Le chiese, p. 251, n. 4; P. Kehr, Ital. pont., t. i, p. 38; J.-P. Kirsch, Die rômischen Titelkirchen, p. 58 sq. ; [H. Krautheimer, Corpus basilicarum, t. i, s. v. ;] Lubin, p. 335; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 342-344; Martinelli, p. 102; Nibby, p. 214; Panciroli, V« éd., p. 307; 2e éd., p. 166; Piazza, p. 483; P. Ugonio, Stazioni, p. 258.

8. sainte-bibiane. — Basilique très ancienne qui fut dédiée par le pape Simplicius entre 468 et 483, restaurée par Léon II. On lit dans la notice de Simplicius : Et aliam basilicam inlra urbem juxta palatium Licinianum beatœ martyris Bibianse ubi corpus ejus requiescit. Le palatium Licinianum désigne les édifices qui se trouvaient dans les jardins de l'empereur Licinius Gallus. A côté de l'église fut établi le plus ancien cimetière urbain; il existait dès le vie siècle et est désigné sous le nom ad ursum pileatum (voir Dictionn., t. xiv, col. 1062).

Bibl. : Adinolfl, i, p. 281 sq.; D. Angeli, p. 71; Armehini, lre éd., p. 167; 2e éd., p. 804; Bruti, vol. vu (tom. vi), fol. 219-251; vol. xn (tom. xi), fol. 215-224 (lat.); vol. xvm (t. xvn), fol. 290-300 (ital.); [E. Donckel,Der Kultus der hl. Bibiana in Rom, dans Riv. di arch. crist., t. xiv (1937), p. 125-135]; Ferri, dans Arch. délia r. Soc. rom. di st. patr., t. xxvii, 1904, p. 133 sq.; Forcella, t. xi, p. 109-122; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 213, n. 19; P. Kehr, liai, pont., t. i, p. 38; [B. Krautheimer, Corpus basilicarum, t. i, s. v. ;] Lubin, p.- 330; Martinelli, p. 82; Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 344; Nibby, i p. 134; Panciroli, 1" éd., p. 250; 2e éd., p. 662; Severano, Sette chiese, p. 674; F.-M. Torrigio, Délia chiesa di S. Bibiana e sua consacrazione, dans ms. Vat. 7752.

9. sainte-croix-ex-Jérusalem. — Basilique fondée par Constantin dans le Palatium Sessorianum, mentionnée à plusieurs reprises dans le Liber pontificalis et dans les actes du concile romain de 501 : Hierusalem basilica Sessoriani palatii. On lit dans la notice du pape Hadrien Ier (772-795) : basilica Hierusalem quœ in Suxorio est, et dans celle de Léon III (795-816) : Ecclesia Jérusalem quœ ponitur in Susurrio.

On ne sait d'où vient le nom de Sessorianum; I il y avait, à Borne, une Porta Sessoriana; le mot vient peut-être de consessus, « tribunal ». Il se pourrait que le Sessorium fût réuni au Latran et aux jardins de l'Esquilin, que l'impératrice Ste Hélène (voir Dictionn., t. vi, à ce nom) y ait eu son habitation et qu'il ait suffi de transformer la basilique du palais pour en faire une église : Eodem tempore fecit Constantinus Augustus basilicam in palatio Sessoriano ubi etiam de ligno sanctœ crucis Domini nostri Jesu Chrisli 1 posuit. Au ve siècle, Galla Placidia et Valentinien III j la décorèrent, ce qui fit l'objet d'une inscription I conservée dans la sylloge de Pierre Sabinus 3. A cette même époque, son nom de Jérusalem fut remplacé par celui de basilica Heleniana. S. Grégoire - le Grand l'érigea en « titre » qui succéda à celui de Nicomède, et l'église fut restaurée par Grégoire II ! (720).

Sainte-Croix-en-Jérusalem formait une dépendance du palais pontifical, on y célébrait les offices du vendredi saint. L'Ordo d'Einsicdeln a conservé la description des cérémonies '. On y fait encore la statio du vendredi saint.

Bibl. : Adinolfl, i, p. 271-280; D. Angeli, p. 113. 606: Armellini, lre éd., p. 203; 2e éd., p. 795; B. Besozzi, La storia délia basilica di santa Croce in Grriisalemme, Roma, 1750; G. Biasotti et S. Fesarini, dans Studi romani, t. i, p. 265 sq.; Bruti, vol. vu

Bull, di arch. crist.. 1872, p. 37-38; Inscr. christ, urb. Iiom., t. n, part. I, p. 435. — * Id., ibid., t. n, part. I, p. 34.

ROME. LES ECxLISES AU MOYEN AGE

(tom. vi), fol. 231-265; Ciampini, De sacr. œdif., p. 116; A. Colasanti, L'epitaffio di Benedetto VII, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1902, p. 73-87; L. de Correris, De Sessorianis prœcipuis passionis D. N. J. C. reliquiis commentarius, Romae, 1830; G.-B. Cristofari, Tavola sinotlica di S. Croce in Gerusalcmme, ln-8°, Siena, 1886; P. Crostarosa, Inventario dei sigilli impressi sulle legole del tetto di S. Croce in Gerusalemme in Roma, dans Nuovo bull. d'arch. crist., 1901, p. 119- 144, 291-294; L. Duchesne, dans Liber ponlificalis, t. i, p. 196; Ferrucci, Bonifazio VII, 1856; Forcella, t. vin, p. 181-202, 517 sq.; Galletti, Inscr. rom., xxxii, n. 41; H. Grisar, La basilica romana di sanla Croce in Gerusalemme e l'oratorio laleranense délie santa Croce, dans H. Grisar, Analecta romana, t. i (1899), p. 556-564; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 243, n. 29; P. Kehr, Ital. pont., t. i, p. 25; [Krautheimer, Corpus basilicarum, t. i, s. v. ;] Lubin, p. 333; Martinelli, p. 94; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 345-351 ; Le même, Di alcuni antichi monumenti, p. 94-95; Nibby, p. 194 sq.; H. Nicquet, Titulus sanclœ Crucis seu historia et mysterium D. N. J. C. libri duo, in-4°, Lugduni Batavorum, 1695; [S. Ortolani, S. Croce in Gerusalemme, coll. Le chiese di Roma illustrate, n. 6;] Panciroli, lre éd., p. 295; 2e éd., p. 149; Panvinio, De prœcipuis basilicis, p. 199, 216; G. Pennachi, De inventa Jerosohjmis a Constantino Magno imperalore Cruce D. N. J. C, in-8°, Romœ, 1892; Piazza, p. 541; Ch. Rohault de Fleury, Mémoire sur tes instruments de la Passion, Paris, 1870; J.-B. de Rossi, dans Bull, di arch. crist., 1872, p. 37; Serrano, p. 76; Severano, Sette chiese, p. 616; A. Stegensek, Architeklonische Untersuchung von S. Croce in Gerusalemme in Rom, dans Rom. Quarlalschr., 1900, p. 176-186; Tomassetti, Via Prenestina; Trombi, dans Annali dei Certosini, Napoli, 1773-1779; P. Ugonio, Stazioni, fol. 201.

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